Après Sarko l'Américain (qui courut se faire photographier dans le ranch des Bush aussitôt élu président de la Républicain), voilà Sarko l'Européen convaincu, sauveur d'un continent à la dérive ! Et, déjà, les perspectives pour les six prochains mois, au cours desquels le Conseil européen sera présidé par l'europhobe président thèque, Vaclav Klaus, ne s'annoncent pas brillantes. Tant cet homme, populaire malgré son récent virage à droite et son ultra-libéralisme décomplexé, s'annonce lui-même comme un adversaire de l'Europe telle qu'elle fonctionne actuellement. Et celui qui s'apprête donc à endosser l'habit laissé par Nicolas Sarkozy fait déjà frémir les eurocrates de Bruxelles... qui s'empressent de rappeler que présider le Conseil européen ne signifie pas présider, ni représenter seul, l'Union européenne. Au moins, cet argument a-t-il le mérite de rappeler que, contrairement à ce qu'on a voulu nous faire gober ces six derniers mois, Sarko n'a pas présidé l'UE mais n'a que présidé les réunions du Conseil européen, une des trois principales instances du pouvoir exécutif européen ! Mais, il n'en demeure pas moins que, durant cette période de présidence française de l'Union, notre président a tenu le haut de l'affiche et a su imposer son dynamisme et sa volonté de voir les choses bouger à nos partenaires et aux technocrates de Bruxelles. Au point d'en déboussoler quelques-uns qui ne regrettent d'ailleurs pas que cette période s'achève: car, même si cet activisme - que nous connaissons en politique intérieure depuis dix-huit mois - a permis d'avancer sur certains des dossiers à l'ordre du jour de cette présidence, la méthode Sarko n'a pas fait que des heureux. A commencer par nos partenaires allemands qui, à l'image d'Angela Merkel ou des ministres sociaux-démocrates de la Grande coalition, n'ont pas hésité à calmer les ardeurs d'un président français se croyant le seul sauveur du continent. Sans oublier nombre de titres de la presse européenne qui saluèrent cette indéniable volonté de changement mais aussi le caractère brouillon d'une présidence qui a multiplié les initiatives... sans qu'elles n'aboutissent toutes à un résultat probant.
Mais, de l'avis général, la présidence Sarko du Conseil européen aura été une période de travail intense, sur des dossiers complexes, pour lesquels des solutions ont pu être trouvées en évitant les divisions et les menaces de veto. Ainsi, les accords en matière d'immigration et d'écologie doivent être salués... ce que ne manquèrent pas de faire les députés européens qui, sur tous les bancs, ont massivement applaudi Sarko venant faire son discours-bilan des six mois écoulés. Mais, ces réussites ne doivent pas cacher deux demi-échecs sur deux des priorités affichées par la présidence française, à savoir les problèmes institutionnels et l'Europe de la défense. Dossiers sur lesquels les solutions n'ont pas été trouvées, et qui devront donc être gérés par la présidence tchèque à compter du 1er janvier. Et, notamment en ce qui concerne le fonctionnement de l'UE, le traité de Lisbonne ayant été rejeté par les Irlandais, la panne se poursuit... même si un nouveau vote populaire, qui devrait aboutir à un "Oui", tant les négociations avec la classe politique irlandaise ont conduits à des concessions, est prévu prochainement. De quoi rapprocher l'Europe démocratique des citoyens !! Lesquels garderont peut-être à l'esprit la manière avec laquelle l'Europe est parvenue à gérer la crise financière, preuve s'il en fallait une que l'UE peut agir pour ses peuples. Et certains de pousser un "Ouf" de soulagement: heureusement pour nous, cette crise s'est produite quand Sarko l'hyper-actif était aux commandes. Ce qui a été incontestablement un atout, tant l'activisme de notre président a inévitablement produit des effets positifs quant à la manière de faire face à cette situation financière et économique plus que délicate.
On ne peut donc contester la réussite de cette présidence française de l'UE. Et, moi qui mettait en garde les électeurs lors de la dernière présidentielle (en insistant sur le fait que l'élu de 2007 allait avoir à jouer ce rôle), je dois bien avouer que je ne suis pas certain que Ségolène Royal, si elle l'avait emporté, ait pu faire mieux. Sans doute aurait-ce été une présidence différente dans le style et les priorités (la question sociale ayant sans doute été, à juste titre, plus présente). Mais, nous ne pouvons pas refaire l'histoire. Et je referme donc tout de suite cette parenthèse par laquelle je voulais donc souligner le bon bilan du chef de l'Etat dans cette période. Dès lors se pose une question: la présidence française de l'UE, et son succès, a-t-elle été, selon vous, l'évènement de l'année 2008? Que la réponse soit "Oui" ou "Non", je vous invite, dès maintenant, à répondre au nouveau "sondage de la quizaine" que je viens de mettre en ligne et qui le restera jusqu'au 4 janvier prochain. Et n'oubliez pas de laisser vos commentaires pour expliquer votre choix et, si aucune des réponses ne vous convient, de préciser celui auquel vous pensez. Bon dimanche à tous !