Rédigé par Aurelien Royer et publié depuis
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C'est en tout cas la thèse développée hier par les journalistes du site de l'hebdomadaire Marianne à propos de l'amendement, qui a crée la polémique jusque dans les rangs de l'UMP, proposé par le sénateur de l'Oise Philippe Marini et que je qualifiais moi-même hier de provocation. Voici ce que l'on pouvait lire sur Marianne2.fr sous le titre "Marini permet au gouvernement de se refaire une virginité sociale": "Le projet d'amendement du sénateur Philippe Marini, qui proposait de déduire des impôts les pertes des boursicoteurs n'avait évidemment aucune chance d'être adopté. Mais il a permis au gouvernement, attaqué sur son plan de relance fort peu social, de multiplier les réactions humanistes indignées. Patrick Devedjian ne trouvait pas l’idée « formidable » , Frédéric Lefebvre jugeait qu’elle n’avait de sens que si elle se concentrait sur les petits porteurs… Finalement, c’est François Fillon qui a porté le coup de grâce à l’amendement Marini au projet de loi de finances 2009 (...) Promettant de donner un avis défavorable , le Premier ministre a lâché contre la proposition du sénateur des arguments massue : la proposition « créerait de fortes inégalités », désavantagerait les détenteurs de plan d’épargne en entreprise et ne limiterait pas son effet aux petits actionnaires. Coup de grâce pour enfoncer le texte dix pieds sous terre : « il n’appartient pas au contribuable de compenser les pertes des actionnaires ». Comme si cela ne suffisait pas, Christine Lagarde a prévu une intervention en séance au Sénat lundi après-midi pour remettre les pendules à l’heure : « la proposition n’est pas dans le plan de relance, explique un de ses conseillers.La priorité n’est pas à sauver les boursicoteurs mais à investir pour relancer l’économie ».
(...) Habituellement protégé par l’Elysée, Philippe Marini est livré au déchaînement synchronisé des ministres pour avoir brisé un tabou : on ne refait pas le coup du sauvetage des banques ! De même que le paquet fiscal plombe toutes les réformes dans l’opinion, le plan de sauvetage des banques de Christine Lagarde décrédibilise tant et si bien les mesures de lutte contre la crise que chaque discours présidentiel (Rethel, association des maires de France, Douai…) est précédé d’une longue autojustification des milliards prêtés aux banquiers. Pas question que quiconque brise l’union sacrée. La « priorité » du jour, c’est rassurer les entreprises, les collectivités locales et les employés. L’argumentaire de la gauche soulignant que le plan de relance ne comportait rien sur le « pouvoir d’achat » a déjà fait assez de mal comme ça. Vécu comme une provocation, l’amendement Marini n’a été soutenu du bout des lèvres que par Jean-François Copé, qui trouvait l’idée « séduisante ». C'est une bien belle trouvaille en effet que de balancer un amendement scélérat pour permettre à tout le gouvernement de se refaire une virginité sociale à peu de frais (gratuitement, même), avec l'aide opportune des médias qui ont fait mine de croire qu'un tel projet avait des chances de passer…" Cette brillante analyse, signée Sylvain Lapoix, laisse entendre que cet amendement, qui a suscité tant de réactions, notamment d'indignation, aurait été préparé. Et certains lecteurs du site de Marianne, ayant posté un commentaire à la suite de cet article, enfonçant le clou en rappelant que Sarko était venu, à Compiègne, la ville dont Marini est le maire, pour visiter les pauvres... il y a seulement quelques jours ! "Lien de cause à effet? Oui" répond un Internaute.
Changeons de sujet. Sans trop s'en éloigner. L'autre information politique de ces derniers jours concerne la direction de l'UMP, avec la nomination de Xavier Bertrand (photo) comme secrétaire général par intérim en attendant sa possible élection fin janvier... ce qui augurerait d'un remaniement gouvernemental. Celui qui a la charge des affaires sociales, justement, pourrait donc devenir le patron du parti présidentiel et, en vertu des règles édictées par Jacques Chirac, celui-ci ne devrait pas pouvoir cumuler ce poste avec sa fonction ministérielle. Ces éléments appellent deux remarques: 1- Patrick Devedjian, jusque-là patron (effacé) de l'UMP, devenu ministre de la Relance, a tout simplement abdiqué. On se souvient qu'il avait demandé à Sarko de prendre personnellement la tête du parti (ce qui aurait bafouer la pratique selon laquelle le chef de l'Etat se place au-dessus des partis !), voyant à quel point sa tâche était difficile. Or, s'il profite de son entrée au gouvernement pour ne pas cumuler les deux, celui à qui on a confié l'intérim va, de fait, cumuler les deux fonctions pendant environ six semaines. 2- alors que l'hypothèse Brice Hortefeux, qui aurait permis au président de la République de garder la main sur le parti par l'intermédiaire de son fidèle ami de 30 ans, s'est envolée, c'est donc l'élu de Saint-Quentin qui, avec cette place, pourrait bien renforcer ses ambitions personnelles. Et, alors que François Fillon devrait garder son poste à Matignon en cas de remaniement (car, encore populaire, il représente la réforme et l'effacement), Xavier Bertrand pourrait s'imposer comme présidentiable... ce dont il rêve pour 2017 ou 2022 (si Copé venait à le concurrencer trop fortement) ! Et c'est dans ce contexte qu'un livre qui lui est consacré vient de sortir, retracant le parcours, fait de trahisons pour occuper les honneurs, du ministre du Travail, médiatique et apparemment sympathique, mais qui s'avère être un "faux gentil". En tout cas, si vous voulez en avoir le coeur net, visitez les sites d'information politiquement correct: vous y trouverez forcément un portrait de la "figure montante" ou du "nouvel homme fort" (c'est au choix !) de l'UMP,s a nomination étant l'occasion de donner dans l'éloge... tout sarkozyen !