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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Jour J: le monde retient son souffle

Depuis une demi-heure, à sept heures locales, les bureaux de vote de New York sont ouverts pour accueillir les votants. Et force est de constater que, depuis l'ouverture des premiers bureaux en milieu de matinée, heure française, la forte participation - qui pourrait être l'une des principales raisons de la victoire de Barack Obama - se confirme. A ce jour, près du tiers des électeurs se sont déjà déplacés, en utilisant la procédure de vote anticipé, qu'une trentaine d'Etats pratiquent. Ce chiffre avait atteint un taux jugé historique de 20% en 2004... c'est dire l'intérêt des citoyens américains pour ce scrutin, assurément historique. Dès lors, la mobilisation des électeurs qui sont d'habituels abstentionnistes pourrait faire la différence: or, les jeunes, les minorités ethniques (noire et latino) ou religieuse (comme les Juifs de Floride) pourraient faire basculer certains des Etats-clés que se disputent les candidats. Et, à ce petit jeu, le démocrate peut sortir vainqueur, ces catégories de la population - se sentant oubliées par les projets socio-économiques des politiciens de Washington - basculant plus facilement dans le camp démocrate.

Avec une telle participation, on pourrait croire que le risque d'un vote serré, tout comme le spectre d'un recomptage, s'éloigne... mais, en resserrant l'écart entre les deux prétendants dans des Etats conservateurs que le démocrate pourrait finalement emporter (parfois de justesse), la possibilité d'une annonce tardive des résultats reste importante... d'autant plus que, dans certains comtés, le manque de machine (une pour 750 électeurs, ce qui correspond au seuil légal) pourrait devenir un problème en cas de forte mobilisation, augmentant les temps d'attente et reportant la fermeture des bureux de vote. Une participation qui devrait, au final, être la plus élevée de l'histoire du pays: avec une mobilisation qui pourrait dépassée de 12 points celle de 2004 ou de 30 points celle de 2000 (d'après certains analystes américains), elle pourrait dépasser 63%, seuil le plus élevé de l'histoire du pays... c'était en 1960 pour la victoire de John F. Kennedy. Et, un exemple le confirme: dans deux villages du New Hampshire, où les bureaux sont déjà fermés, le résultat a été connu une demi-heure après l'ouverture des opérations de vote, à minuit, heure locale. Dans ces villages, Dixville Notch et Hart's Location, tous les habitants étaient présents pour déposer leur bulletin - papier - dans l'urne. Et le résultat a donc déjà été proclamé: Barack Obama a respectivement obtenu 15 et 17 voix, contre 6 et 10 à son rival républicain... alors que jamais un candidat démocrate n'était arrivé en tête dans ces deux petits coins perdus du Nord-est des Etats-Unis !

De là à y voir un signe - celui d'Américains votant pour le sénateur métis parce qu'il incarne une nouvelle ère, quelle que soit sa couleur de peau -, il n'y a qu'un pas facile à franchir. Et, il n'y a pas que les supporters d'Obama qui croient en ces signes. Lors d'un de ses derniers meetings, le sénateur de l'Arizona, en visite dans une ville connue pour la venue supposée de soucoupes volantes dans les années 1960, a affirmé avoir reçu le soutien des extra-terrestres... Une pointe d'humour après des heures de meeting et de vol en avion pour relier chacune des sept destinations qui étaient au programme de McCain hier. Et le sénateur républicain de montrer qu'à 72 ans, il est capable de gérer un emploi du temps de président de la première puissance mondiale. Capacité qui le pousse à tenir, encore aujourd'hui, jour de vote, deux meetings, dans deux Etats-clés du sud du pays, le Colorado et le Nouveau-Mexique, voisins de son fief de l'Arizona. Et, alors qu'il a décidé - comme la plupart des prétendants à la Maison-Blanche avant lui - de consacrer cette journée de mardi à prendre un peu de repos, Barack Obama a lui tenu trois meetings hier, pendant que son colistier Joe Biden en assurait deux et Hillary Clinton un. Et c'est au cours d'un de ces meetings que le sénateur de Chicago a annoncé, ne pouvant retenir ses larmes (photo), la mort de sa grand-mère maternelle, celle qui l'a élevé, et au chevet de laquelle il s'était rendu, interrompant sa campagne pendant trente-six heures le mois dernier. Un deuil de dernière minute qui ne l'aura pas empêcher de parler tel un président, en haranguant la foule à voter "to change the world" avec une déclaration aussi simple que pertinente: "si votre vote peut faire basculer votre ville, votre comté ou votre Etat, elle peut changer la Nation et s'il peut changer la Nation, il peut changer le monde". Pas mal, non?

En tout cas, une fois est sûre: même si l'Amérique ne change pas le monde, le monde pourrait bien avoir eu une influence sur les changements que s'apprêtent à vivre les Américains. Conscients du fait que le choix est très attendu un peu partout sur la planète, ils peuvent constater que les médias étrangers, venus de tous les continents, sont massivement présents à New York et Washington, ou encore Chicago et Phoenix (les QG des deux candidats). Et c'est probablement à Chicago, dans la ville du candidat démocrate, que cette présence est la plus remarquable. Il faut dire qu'en cas de victoire du sénateur de la ville, près d'un million de personnes est attendu sur le lieu de rassemblement où le possible 44ème président des Etats-Unis prononcera son discours de vainqueur... ou, s'il venait à perdre, la reconnaissance de sa défaite. Et, tout se prépare: les forces de sécurité sont déjà déployées, les agents municipaux préparent les dispositifs d'acceuil de ces milliers de personnes attendues, les commerçants profitant de la vague Obama pour vendre des milliers d'objets à l'effigie du candidat (tee-shirts, casquettes, badges...). Les supporters d'Obama expliquant qu'ils veulent être prêts à fêter sa victoire et à pouvoir dire à leurs enfants: "j'y étais"... comme certains de leurs parents ont pu leur dire: "j'ai vécu l'élection historique de John F. Kennedy". Et, dans la bouche des Américains, cette comparaison revient fréquemment: avec une forte participation et une victoire nette du candidat métis, le 4 novembre marquerait le début d'une nouvelle ère pour le pays et pour le monde. Et cette euphorie, qui fait qu'aucune campagne n'a autant passionné et mobilisé les foules, est un signe supplémentaire que quelque chose est en train de se produire de l'autre côté de l'Atlantique. Allez, plus que quelques heures à patienter...

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