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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Obama-Palin, les deux Amérique

Déjà, il y a quatre ans, cette césure entre deux Amérique bien différentes avait été souligné à l'occasion du scrutin opposant le républicain Bush au démocrate Kerry: dans un livre faisant le portrait croisé des deux hommes, la journaliste Christine Okrent expliqué les fondements de cette thèse. Force était de constater en 2004 que, malgré l'impopularité mondiale de celui qui venait d'achever son prermier mandat, c'est l'Amérique conservatrice, en manque de sécurité, qui avait clairement dominée au point de donner à W. la victoire dans des "swing states" dont l'électorat (féminin ou d'origine étrangère) ne lui était pas acquis d'avance. Force est de constater en 2008 que l'opposition entre ces deux Amérique est encore majeure, le scrutin opposant le républicain McCain au démocrate Obama révélant plus qu'une fracture entre les deux modèles de société qu'ils proposent. Dès lors, à deux jours maintenant du vote des citoyens américains, alors que les deux camps jettent leurs dernières forces dans la bataille, il est clair que celui qui parviendra à faire basculer les indécis l'emportera... peut-être de manière assez nette. Malgré les inquiétudes sur le retour du phénomène "Floride" en référence au recomptage des voix qui eut lieu dans cet Etat en 2000 pour départager deux candidats au coude-à-coude.

Pour simplifier, le vote n'ayant pas lieu au niveau fédéral (ce qui fait peser une grande incertitude sur les sondages nationaux publiés chaque jour par la presse américaine), il faut observer ce qui se passe dans chacun des Etats fédérés (lisez l'article très intéressant de JSS sur les résultats du vote de 2004, pour comprendre l'impact du mode de scrutin, en cliquant sur la carte ci-contre). D'un côté, on trouve les Etats traditionnellement républicains qui, quel que soit le candidat, vote pour le représentant du parti de l'éléphant: ces électeurs, conservateurs en matière sociale, libéraux en matière économique et attachés à la réussite individuelle, vivent massivement dans les Etats ruraux de l'Amérique profonde, celle des Etats du centre du pays. De l'autre côté, on découvre l'Amérique métissée des villes (grandes ou moyennes), essentiellement sur les côtes, ces zones de contact avec l'extérieur: les électeurs de ces Etats, des côtes orientale et occidentale du pays, sont plus progressistes que les précédents, préférant la solidarité au niveau national pour donner à chacun cette éaglité des chances attachée au fameux rêve américain, et qu'un jeune avocat métis, sénateur depuis deux ans, incarne à merveille. Ainsi, d'après les derniers calculs des spécialistes, John McCain peut conmpter sur le soutien de 145 grands électeurs (dans les Etats qu'il gagnera quoi qu'il arrive), alors qu'Obama ne devrait pas en obtenir moins de 240... alors que la majorité requise pour accéder à la Maison-Blanche est de 270 ! Ou l'on voit que le candidat démocrate dispose d'un avantage certain sur son adversaire... d'autant que les sondages effectués Etat par Etat lui donne une avance dans certains des swing states.

Dans la théorie, les deux camps devraient se neutraliser, les électeurs républicains et démocrates représentant chacun environ 40% du total des citoyens (comme la gauche et la droite en France, environ). Et, même si ce chiffre se réduit côté républicain alors qu'il se renforce côté démocrate, il reste 20% d'électeurs volatiles, qui ne votent pas systématiquement pour un camp mais étudie les programmes des candidats avant de faire le choix de celui qui répond le mieux à leurs attentes. Et, parce qu'ils habitent dans des Etats ni très ruraux ni très urbanisés, dans des Etats où des migrants essentiellement d'origne africaine ou latino-américaine s'installent, leur vote est indécis... et de leur choix dépendra le résultat final de leur Etat, et de l'ensemble du pays. Particularité de ces Etats-clés cette année? Ce sont presque tous des Etats qui ont plutôt tendance à voter républicain, comme lors du dernier scrutin lorsqu'ils ont permis à George W. Bush de battre assea facilement John Kerry. Dès lors, ce sont les électeurs de ces Etats que les deux camps essaient de séduire jusqu'à la dernière minute; et le moins que l'on puisse dire est que les cadres des deux partis s'engagent. Pour la seule journée de vendredi, le camp républicain a assuré quatre grands meetings dans des Etats républicains menacés, tandis que les démocrates en comptaient pas moins de neuf dans des Etats que les républicains pourraient bien perdre (Barack Obama, Joe Biden et Bill Clinton en ayant animé trois chacun !).

Et ces derniers jours montrent une chose: les républicains sont plus que jamais sur la défensive, obligés de convaincre les indécis de ne pas voter pour un socialiste, qui veut (horreur !) organiser la redistribution des richesses. Et les arguments pleuvent: comme celui d'Arnold Schwarzeneger, gouverneur de la Californie, qui proposait au candidat démocrate de participer à son prochain film pour "muscler ses jambes bien maigrichonnes". Ca, c'est de l'argument ! Sans compter la masse de dollars que cette campagne aura brassé: certains journalistes américains ont calculé que cela représenterait environ 1 milliard de dollars pour les deux candidats, avec un très net avantage à Obama qui a renoncé à un de ses arguments de campagne (il avait promis de financer sa campagne avec de l'argent public dans les limites autorisés, mais a préféré des fonds privés sans limites). Une méthode qui oblige le camp républicain, largement distancé sur ce terrain, à dépenser de l'argent là où Obama en dépense, c'est-à-dire dans les Etats qui menacent de pencher le plus sérieusement côté démocrate. Une méthode qui permet au sénateur de l'Illinois de se payer un spot de trente minutes de publicité sur les chaînes américains, à une heure de grande écoute (juste avant une finale de championnat national de je ne sais plus quel sport, dont le début a été retardé pour l'occasion), pour expliquer son programme et rappeler son parcours. Une publicité qui, aux States, ne semble pas choquer... il faut dire que c'est dans la tradition américaine de dépenser tant d'argent (qui serait bien utile ailleurs), qui est un ingrédient incontournable d'une campagne réussie.

Le vote aura donc lieu dans deux jours. Sauf que, grâce à la procédure anticipée, près d'un tiers de l'électorat aura voté avant même cette date, l'inscription massive de jeunes sur les listes électorales et l'intérêt suscité par ce scrutin laissant craindre un temps d'attente encore plus important qu'à l'habitude le 4 novembre. Or, ceux des électeurs qui auront déjà voté sont ceux qui ont déjà fait leur choix, soit parce qu'ils soutiennent sans réserve la vision républicaine du monde et de la société américaine, soit parce qu'ils ne veulent pas voter contre Obama à la dernière minute préférant lui apporter un soutien réfléchi qu'un changement d'avis dans l'isoloir le jour fatidique. Pour cette raison, je crois que le vote anticipé massif qui se dessine est plutôt une bonne nouvelle pour le candidat démocrate, en faveur duquel la majorité de ces votants se sera sans doute prononcée. De même, la forte participation qui devrait marquer ce scrutin est le signe d'une envie de changement de la part des électeurs américains qui, après huit ans d'une administration Bush (qu'ils ont fini par détester), veulent un changement de mode de gouvernance, de génération et de discours politique. Or, qu'il s'agisse évidemment d'Obama ou de Sarah Palin (qui fortifie la base électorale de son colistier), ces deux "bêtes politiques" y répondent. Et, même si la gouverneure de l'Alaska peut quelque peu nous effrayer, il faut dire que pour une part importante de l'électorat, la part la plus conservatrice, Mme Palin symbolise également ce changement dont Washington aurait besoin.

Pour tous ceux qui adhèrent à son idéologie (Dieu, famille, patrie -sic), elle est la vice-présidente idéale. Elle dont le fils est parti, sur la demande de Dieu, en Irak pour défendre la patrie et participer à ce conflit voulu par Dieu. Elle dont la fille est enceinte à l'âge de 17 ans sans être mariée. Elle qui a récemment donné naissance à un enfant trisomique, tout en en connaissant l'état au début de sa grossesse. Si une certaine Amérique se retrouve dans ce parcours et ces idées, la démocratie fait que cela les concerne. Mais a-t-on besoin, pour l'équilibre du monde et le bien-être des hommes, d'une Amérique qui sombrerait dans cette vision? Ce serait à désespérer, une fois de plus, des Américains. Espérons qu'ils ont vraiment conscience de l'enjeu du scrutin et du fait que tous les regards du monde sont braqués sur leur choix. Un choix qui ouvrira, ou non, une nouvelle ère pour la planète.

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J
Déjà, merci pour la citation et les encouragements.<br /> Deuxièmement, la très probable élection d'Obama à été le suet de l'émission d'Yves Calvi vendredi dernier sur France 5 (vote noir à la maison france). Je vous conseil de regarder l'émission sur le site de la chaîne...<br /> J'ai trouvé pertinent ce que disait l'un des intervenants. La France vote Obama car Obama est aux etats unis. C'est pour éloigner nos vieux démons. C'est aussi car le rêve américain fait rêver les francais en panne de réussite. etc....<br /> Vraiment, je vous la conseil !<br /> Enfin, mon tour je te félicite pour ton article. Grâce à toi, j'ai appris pas mal de choses aujourd'hui... <br /> Moi qui pensait m'être lever pour rien ce matin ;-)
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A
<br /> C'est bien normal ! Le but d'une communauté sur Overblog est de donner aux lecteurs toutes les clés pour comprendre un sujet et de permettre à des blogueurs de se compléter vers un même objectif...<br /> et, sur ce thème, nous nous complétons.<br /> <br /> Puisque nous en sommes aux conseils sur les programmes télé à regarder, je conseille à tous ceux que cela intéresse d'aller visionner les deux émissions spéciales "week-end" de Laurent Delahousse:<br /> 13h15 le samedi et 13h15 le dimanche, ainsi que tous les JT de France 2 depuis hier soir (dimanche) jusqu'à demain soir (mardi), disponibles en ligne, et qui sont très bien faits !<br /> <br /> <br />
B
Je pense, malgré que nous sommes en 2008<br /> C'est sans doute l'acceptation d'un president de couleur <br /> Surtout chez les personnes agées ...<br /> <br /> Si il arriverai la meme chose chez nous<br /> Tout comme une femme presidente par exemple <br /> Je vois mal la population soutenir de tels changements<br /> Déjà qu'a la moindres reforment, tout le monde proteste ...
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A
<br /> Si les Américains élisent Obama, il est vrai que ce sera uné véritable révolution... marquée à jamais dans l'histoire du pays. Comme l'élection de Kennedy avait vu l'arrivée au pouvoir d'un<br /> catholique !<br /> <br /> En ce qui concerne la France, les Français se disent prêts à élire un Noir (80% d'après un sondage du JDD ce matin, et un peu moins pour un Arabe), mais le feraient-ils vraiment? Pas si sûr, en<br /> effet. En revanche, je crois que l'élection d'une femme poserait moins de problèmes car la France a dépassé le problème des clivages sexuels, comme la loi sur la parité (parfaitement respectée pour<br /> la constitution des listes aux municipales par exemple) est désormais admise par le plus grand nombre. A l'exception (notable) des hommes politiques. Mais c'est un autre débat...<br /> <br /> <br />