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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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C'est la Journée mondiale du refus de la misère

Il y avait l'abbé Pierre, puis les responsables de son organisation Emmaus, ainsi que ses héritiers spirituels des enfants de Don Quichotte, pour dénoncer, chaque année, les problèmes de logement auxquels les Français les plus modestes sont confrontés. Qu'il s'agisse de Français menacés d'expulsion - à cause de retards dans le paiement d'un loyer souvent exorbitant - ou de ceux qui sont déjà à la rue, vivant dans des conditions de vie qu'un Etat ne saurait tolérer. Certes, la misère, cela peut donc s'apparenter à l'absence d'un toit. Mais, compte tenu de la crise actuelle, la misère c'est aussi la précarité sociale, conséquence d'une baisse du pouvoir d'achat des foyers les plus fragiles. Accès aux soins, éducation des enfants, qualité de la nourriture, accès aux loisirs (culturels ou sportifs) sont autant d'occasions, pour les plus vulnérables, de se priver de certains de ces services publics censés être universels. En ces temps de crise, les chiffres sont inquiétants. La part des familles modestes qui repoussent une dépense de santé croît chaque année, la nécessité d'avancer la dépense ou de ne pas être intégralement remboursée (parfois faute de mutuelle) expliquant ce choix... qui augmente les risques sur la vie des personnes concernées, en particulier des enfants. Et une question vient à l'esprit: un Etat responsable et qui souhaite défendre certaines valeurs peut-il laisser cette situation évoluait sans réagir?

Il est clair que non. Et, pour que les citoyens soient conscients de cette réalité, des associations tirent régulièrement la sonnette d'alarme. Et, cette année, en anticipant la journée mondiale de lutte contre la misère, ce sont les responsables du Secours Populaire Français qui expliquent dans les médias que la situation des familles de travailleurs pauvres sont plus que jamais menacées. Sous-entendu: compte tenu de la crise financière, et économique qui devrait suivre, et vu l'interventionnisme ambiant, il serait bon que le gouvernement, qui s'apprête à faire adopter par le Parlement son projet de budget pour 2009, fasse quelques choix plus "sociaux". En consacrant une partie de son argent à une redistribution vraiment solidaire qui protégerait des conséquences de la crise ceux qui étaient déjà fragiles avant qu'elle n'éclate. Faute de quoi ce sont ceux qui sont déjà parmi les moins à plaindre qui s'en sortiront le mieux... contribuant à creuser encore un peu plus l'écart qui exiete entre ces deux Frances, qui ne vivent pas la crise dans les mêmes proportions. Et, le problème, c'est que l'écart tend à se creuser, comme l'augmentation du nombre de familles - dont l'un deux parents travaille à temps partiel - contraintes de s'inscrire, par prévention, aux Restos du coeur pour, en cas de grosses difficultés, pouvoir nourrir leurs enfants le prouve. Et d'autres statistiques vont dans le même sens.

Invité de France Info, hier midi, le président du Secours Populaire Français (dont vous pouvez visiter la page spéciale consacrée à cette journée, sur son site Internet, en cliquant sur l'image ci-contre), Julien Lauprêtre, lançait un appel solennel aux pouvoirs publics et aux citoyens français sur la situation que les bénévoles de son organisation constatent sur le terrain. Pour lui, l'augmentation - de 15 à 20% seon les régions - du nombre de demandes n'est pas "un orage qui survient dans un ciel serein, mais il y a déjà des mois que nous sommes alertés par ce qui s'est passé avec les émeutes de la faim". Il rappelle par ailleurs que les enquêtes d'opinion montrent une véritable inquiétude de la part des Français les plus modestes, parmi lesquels 85% craignent pour l'avenir de leurs enfants et 39% décident de repousser le financement d'un soin faute d'argent. Aux personnes qui, vivant avec des salaires les plaçant sous le seuil de pauvreté, sont des "habitués" (l'expression, qui n'est pas de lui, est consternante) s'ajoutent de plus en plus de jeunes qui ne parviennent pas à manger à leur faim, ainsi que des personnes âgées de plus en plus nombreuses. Sans compter les membres de familles monoparentales, le revenu du seul parent ne suffisant souvent pas à payer toutes les charges que représentent le loyer, l'essence de la voiture pour aller travailler, les factures d'eau, d'électricité et de gaz, les frais de scolarité des enfants... Et pourtant, dans ce contexte, la générosité des Français, lors des catastrophes qui fragilisent des pays pauvres, n'est pas atteinte. Même si le montant des aides qu'ils accordent aux associations travaillant en France diminue, crise du pouvoir d'achat oblige.

Bref, la misère reste le fléau qui continue de dessimer les populations les plus fragiles dans les pays sous-développés... mais aussi, de plus en plus, dans des pays riches comme la France. Qu'un pays développé voit le nombre de ses pauvres augmenter, que certains travailleurs ne puissent pas vivre dans des conditions décentes, c'est inquiétant. Et c'est une raison supplémentaire de proposer un modèle de développement économiqie alternatif, à la fois pour l'équilibre du monde et pour la cohésion de notre propre pays ! Les écarts se creusent entre les individus... et une meilleure répartition des richesses produites devient plus que jamais nécessaire. Indispensable même.
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