Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
11 Octobre 2008
Certes, certaines émissions proposées par France 2 depuis la rentrée ne sont pas des plus intéressantes (comme le "Service maximum" de Julien Courbet, qui ne permet pas de décompresser après une journée de travail aussi bien que pouvait le proposer l'émission de Laurent Ruquier), mais les grands rendez-vous d'information sont sur le service public. "Un oeil sur la planète", désormais présenté par Etienne Leenhardt, "Mots croisés" et "C dans l'air" par Yves Clavi (respectivement sur France 2 et France 5) ou encore "Des racines et des ailes" avec Louis Laforge sur France 3, n'ont pas d'équivalent sur TF1 ou M6 ! Et considérer, comme le sous-entendait Nicolas Sarkozy en lançant la réforme du service public de l'audiovisuel, que France Télévisions n'a ni de grandes ambitions, ni les moyens de ses ambitions, c'est caricaturer un groupe qui a su se diversifier et qui apporte aux téléspectateurs des programmes adaptés à tous les goûts. Et même si on peut contester certains choix, on ne peut pas considérer que le service public ne répond pas correctement aux attentes de ceux que les programmes parfois débilisants des chaînes privées n'intéressent pas. Pour des personnes intéressées par l'information qui, comme moi, surfent sur le Net ou écoutent des stations de radio autres que RTL2 ou NRJ, on peut dire que France 2 propose des programmes particulièrement attractifs.
Et les courbes des audiences de la fameuse "grand' messe" du 20 heures sont là pour le rappeler: au-delà de la guerre d'images et d'ego entre PPDA et Laurence Ferrari, on ne peut que constater la poursuite de la baisse de l'audience du JT de TF1 (entamée sous le règne de PPDA) au profit d'un JT de France 2 particulièrement attractif. Il faut dire que les JT de TF1 ne m'ont jamais attiré: le journal de Jean-Pierre Pernaut, qui en est la plus parfaite caricature (raillée par exemple par Nicolas Canteloup), et qui passe cinq minutes sur l'actualité avant d'enchaîner sur trente minutes à évoquer la France d'en -bas et ses traditions, me répulse au plus haut point. Face à cela, le journal de David Pujadas (qui augmente son audience depuis la rentrée) propose des sujets intéressants, des réactions en direct d'invités ou de correspondants à l'étranger, mais aussi des dossiers permettant d'approfondir des sujets qui ne font pas la "Une" et qu'il serait dommage de ne pas évoquer.
Je citerais deux exemples:
- lundi, le correspondant de la chaîne en Inde évoquait cette tendance qui fait que les jeunes femmes achètent de plus en plus de crèmes pour blanchir leur peau, victimes qu'elles sont d'une sorte de fascination des hommes pour les femmes occidentales. Ces pratiques de consommation, qui boostent les salons de beauté, ont-elles des conséquences préjudiciables sur leur santé? Si c'est le cas, elles n'en savent rien... Ou l'on comprend que, sous couvert de propager la démocratie et les droits de l'homme, les pays occidentaux exportent - parfois sans le vouloir - un modèle qui fragilise l'équilibre social de pays aux traditions bien différentes.
- jeudi, un envoyé spécial au Congo proposait de suivre une équipe de policiers et de naturalistes, traquant les braconneurs qui, dans l'une des réserves les plus grandes d'Afrique, chassent sans limite éléphants et gorilles, au point de menacer l'équilibre de certaines espèces. Ce reportage passionnant, réalisé alors qu'une association internationale venait de publier un rapport tirant la sonnette d'alarme, permettait d'évoquer une réalité méconnue à travers des images choc et l'action de personnes engagées dans des combats aussi juste que la préservation de la biodiversité.
J'ai eu l'idée de cet article après avoir vu, ce midi-même, dans la partie magazine du JT de la mi-jorunée, présenté par Laurent Delahousse, un reportage sur le drame que vit depuis quelques mois un agriculteur installé dans le Puy-de-Dome. Ce reportage d'un peu plus de douze minutes, signé Marie-Pierre Farkas, a été diffusé dans l'émission "13h15 le samedi". Un magazine "au ton dynamique et décalé sur l’actualité, l’air du temps et la politique" (comme il se présente sur son site Internet, que vous pouvez visiter en cliquant ICI) qui propose également une rétrospective des principaux évènements de la semaine qui, ce samedi, est tout simplement exceptionnelle ! Quant au reportage, il plonge au coeur d'une partie rurale d'Auvergne, où un jeune agriculteur de 29 ans non-auvergnat s'est installé, avant d'être pris pour cible par des personnes encore recherchées (assassinat de son troupeau, incendies de son véhicule et d'une partie de son exploitation). Le reportage, qui plonge au coeur de la mentalité de la France profonde, dénonce ainsi les réflexes xénophobes de certains habitants qui, comme en Corse, refusent de voir un jeune n'étant pas originaire de la région devenir propriétaire d'une terre auvergante. Les témoignages sont poignants. La réalité décrite presque inimaginable. Et les valeurs mises en avant fondamentales. Régulièrement, David Pujadas a l'occasion de signaler les prix décrochés par des journalistes de la chaîne: je me souviens avoir fait la "promotion" d'un excellent reportage sur les conditions d'acceuil des immigrés en Europe de l'est (reportage qui avait été récompensé), et je ne serais pas étonné de voir, dans quelques mois, ce sujet à son tour valorisé. En attendant, je ne peux que vous encourager à le visionner !
En souhaitant longue vie à ce programme qui, le samedi par des reportages, et le dimanche par l'interview d'une personnalité politique, fait honneur au service public. Avec un tel travail, pas étonnant que l'audience moyenne des JT du week-end se stabilisent à des niveaux qui ne peuvent qu'encourager le travail de ces journalistes qui nous informent vraiment. Et qui méritent notre total soutien.