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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Dévaloriser la parole politique? Laissons faire le gouvernement...

Tous les responsables politiques sont d'accord: les Français ont été longtemps fâché avec la politique, leur confiance en ce qu'ils pouvaient leur dire étant relativement faible. Il faut dire que ceux qui ont le pouvoir manient, avec une certaine efficacité, cette langue de bois qu'ils promettent pourtant d'éradiquer. Quand on entend des ministres vous faire des promesses ahurissantes, qu'ils ne peuvent évidemment pas tenir et que certains médias - qui font alors correctement leur boulot - montrent qu'elles sont intenables, comment voulez-vous avoir confiance en la parole politique? Quand on est pas capable de faire la moindre auto-critique, ni de reconnaître ses erreurs, pour en tirer des leçons, mérite-t-on de diriger le pays? Doit-on maintenir notre confiance en des hommes et des femmes qui répètent, à chacune de leurs interventions, que "le parler-vrai, c'est leur domaine " ou que "dire la vérité, c'est un peu ma marque de fabrique", comme a pu le dire récemment le ministre du Budget, Eric Woerth, aux 4 vérités de Télématin? Peut-on avoir confiance en des hommes ou des femmes qui, en théorie veulent la limitation du cumul des madats et qui, dans les faits, parce que les règles actuelles l'autorisent, le pratique à la première occasion? Peut-on continuer de croire que tout va bien, que la France est mieux armée que ses voisins, que la politique du gouvernement finira quoi qu'il arrive par donner les bons résultats alors que la crise n'a pas été endiguée par l'océan Atlantique? Peut-on encore concevoir que la politique doit rester un métier, que ces professionnels - qui alternent dans les grands ministères et qui se coupent de plus en plus des réalités de terrain - sont convenablement armés pour prendre les bonnes décisions?

Autant de questions que les électeurs, en ces temps difficiles, sont en droit de se poser. D'autant plus que les petites phrases dévalorisant, à mon sens, encore un peu plus la parole politique se multiplient. Deux exemples récents viennent le prouver. Et le dernier en date, nous le devons au premier ministre qui, face à la crise (sur laquelle je reviendrai dans un prochain article), en appelle à l'unité nationale. Un peu comme McCain aux Etats-Unis qui n'en finit pas de répéter qu'il est Américain avant d'être républicain, le chef du gouvernement en appelle à l'unité, sans nous expliquer les risques que cette crise fait peser sur la France, sans nous exposer les choix qui s'offrent à lui ni les principes sur lesquels reposeront ses futures décisions. Citation: "La situation, mes chers amis, elle réclame du sang froid, de la ténacité, mais aussi de l'unité nationale. Il y a des moments où, dans la vie d'un pays, il faut faire bloc. Il y a des moments où le sens de l'intérêt général doit l'emporter sur celui des intérêts particuliers". Au premier abord, qui pourrait critiquer cette prise de position, dès lors que le premier ministre appelle chaque courant politique à mettre ses querelles politiciennes au placard pour faire de grands choix consensuels, dès lors qu'ils concernent l'avenir du pays? Sauf que la formulation est plus que maladroite: on a presque l'impression que c'est parce que la situation est actuellement grave qu'il faut privilégier l'intérêt général. La responsabilité d'un gouvernement n'est-elle pas de le privilégier toujours, en faisant des choix et en montrant aux Français que ces choix vont dans le sens de l'intérêt général? Apparaître comme l'homme du rassemblement, voilà l'ambition d'un François Fillon confronté à une situation délicate dont son gouvernement n'est certes pas entièrement responsables mais qui, dans la gestion de la suite des évènements, le sera clairement.

Il est un autre exemple qui, ces derniers jours, à de quoi surprendre. On mettra de côté la façon dont la ministre de l'Intérieur et le grand rabbin de France ont crié à l'acte antisémite absurde et impardonnable lorsque que, en quelques semaines, plusieurs jeunes de confession juive ont été aggressé dans le XIXème arrondissement de Paris. L'enquête ayant montré qu'il s'agit d'une aggression gratuite portée contre le premier jeune que ceux qui l'on commis ont rencontré... le caratère antisémite n'ayant donc pas été prouvé. Ce qui n'enlève rien à la gravité de l'acte. Mais, cette précipitation à s'emparer d'un fait divers pour un tirer un quelconque bénéfice politique, ou éviter d'en être une victime politique, est inquiétant. La dernière sortie de la garde des Sceaux, Rachida Dati, en la matière, est éclairante. Après la mort d'un détenu dans la cour d'une prison près de Grenoble, abattu au fusil à lunette de l'extérieur de la prison, la ministre de la Justice se rend immédiatement sur place et s'empresse de déclarer qu'il était "lié au grand banditisme et devait être entendu dans une autre affaire d'assassinat". La réaction de l'avocat de la victime ne s'est pas faite attendre, celui-ci considérant que la ministre souhaitait cacher les dysfonctionnements sécuritaires de l'établissement - qui n'est pas le seul en France  - en considérant qu'un tel règlement de compte était inévitable. Et l'avocat de s'interroger sur l'absence de mesures de sécurité qui aurait du accompagner l'incarcération de cet homme s'il était réellement soupçonné d'appartenir à la guerre des gangs qui touche Grenoble depuis deux ans. Il est clair que la réaction de la ministre, le soir même de cet assassinat, en évoquant le profil de la victime comme la cause de l'acte sans s'interroger sur les conditions qui l'ont favorisé, est plus que maladroite. Bref, ces deux exemples me confortent dans l'idée qu'il est urgent de faire émerger une nouvelle génération d'hommes politiques, qui puissent être porteurs d'un espoir de "révolution démocratique"... Une génération porteuse d'une réforme institutionnelle qui permette au plus grand nombre de participer à la vie politique du pays.
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