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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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La clairvoyance en politique? C'est trop rare !

Il ne va pas être question aujourd'hui de m'acharner sur Sarko et sa politique (ce que je fais très rarement) ni de pousser de gros coups de gueule (ce que je devrais faire plus souvent), mais de constater, à travers quatre exemples, que la clairvoyance fait souvent défaut dans la bouche de nos hommes et femmes politiques, toutes tendances confondues. Commençons par l'annonce des candidatures aux élections sénatoriales dans l'Aisne: en lisant la presse locale, ce samedi matin, j'obtiens la confirmation que le président du Conseil général, M. Daudigny, sera bien le candidat socialiste à ce scrutin de septembre. Dans l'article, deux informations méritent d'être soulignées: 1- il rappelle qu'en cas de victoire, il ne démissionnera pas de son poste actuel afin de cumuler les avantages des deux fonctions... au service du département ! Ce que je dénonçais hier, je peux encore le regretter aujourd'hui. 2- il affirme que sa candidature et ce possible cumul ne créeront pas de tensions au sein du PS local, des rumeurs évoquant la possible élection du premier secrétaire départemental au poste de président du Conseil général. Sauf que, manque de clairvoyance oblige, il est clair qu'une partie - même ultraminoritaire (je ne connais pas le résultat final du vote interne, que je ne risque d'ailleurs pas de trouver sur le site du PS axonais, dont la dernière mise à jour date... de juin 2007 !) - des militants socialistes de l'Aisne ne voit pas d'un bon oeil ce cumul...

Changeons de sujet. Occupé que j'ai été pendant les mois de mai et juin, notamment en raison des écrits que me réclamait l'IUFM sur ma pratique d'enseignant pendant cette passionnante et lourde année de stage, j'accumulais le retard dans la lecture des numéros de Marianne, hebdo auquel je suis abonné. Je viens de lire un dossier consacré aux conséquences du jugement rendu par le tribunal de Lille dans l'affaire du mariage annulé pour cause de non-vriginité de l'épouse. Je ne vais pas revenir sur une affaire déjà abordée (il y a quelques temps déjà) sur le blog Debattons, notamment. Mais, dans le dossier, une double-page consacré au rôle des associations aidant les jeunes femmes musulmanes à se sortir de situations familiales inimaginables dans la patrie des droits de l'homme m'a passionné. Qu'y apprend-on? Que l'Etat et la justice ne se donne pas les moyens d'apporter une aide financière et/ou morale à des jeunes femmes mariées de force, littéralement violées (car non consentantes) pendant la supposée nuit de noce, et dont un homme a profité pour obtenir la nationalité française. La justice ne semble pas touchée par le cas de ces femmes utilisées comme des objets, "la condition de leur honneur" (d'après les propos d'une jeune femme évoquant ses parents et leur sens, soi-disant développé, de la famille). Certaines responsables d'associations, regrettant que la justice français laisse se perpétrer sur le sol national des pratiques qui tendent à disparaître dans les pays d'origine de ces familles, en appelent également à l'Etat. L'une d'elles décrit son épuisement devant les ministres qui passent et l'obligation de les convaincre et, surtout, de leur arracher un peu de leur attention. "Quand nous demandions que les manuels d'instruction civique consacrent quelques pages aux mariages forcés, de belles âmes indignées nous répondent que cela n'a pas lieu d'être puisque le principe d'égalité règne en France" ajoute-t-elle. A quand un peu de clairvoyance face à ce problème?

J'aimerais finir cet article par un véritable coup de gueule (qui montre, une fois de plus, le décalage entre ce que font certains hommes politiques et leurs discours, ce décalage entre leur vie et celles de ceux qu'ils sont sensés représenter), avant de réellement conclure par un bien joli proverbe africain qui pousse à réfléchir sur notre vision de l'étranger, cet immigré en puissance qui menacerait la cohésion de la nation. D'abord, donc, le coup de gueule. Lu dans Marianne, un article consacré à la nouvelle montre de Sarko avec ce titre "La tocante qui fait un peu tocard": l'histoire d'un cadeau offert par Carla à son mari. Une belle montre de 45680€. Sarko portant au poignet, pour simplement avoir l'heure (outil indispensable pour cet homme pressé !), une montre qui représente 35 Smic d'après Marianne et, en réalité, 44 Smic net. Autrement dit, en arrêter de vivre, un simple de ses "chers concitoyens" mettrait près de quatre ans, soit la fin de son mandat, à se l'offrir. On est plus dans le manque de clairvoyance, mais dans la perte des réalités et dans l'indécence la plus totale. D'autant plus que, d'après l'article, Sarko "fait passer le cadeau qui "vaut de la thune" autour de la table" à chacun de "ses déjeuners en ville avec des intellectuels". Certes, tout cela est du domaine de l'image, du symbolique... mais, en ces temps difficiles pour beaucoup, ce genre de symbole s'apparenterait bien vite à la goutte d'eau qui ferait déborder le vase de l'impopularité !

Heureusement, des occasions existent pour parler de choses bien plus fondamentales. J'ai récemment acheter un livre intitulé "365 pensées de sages africains" (Editions de la Martinière, 32€) où chaque double-page (correspondant, vous vous en doutiez, à un jour de l'année) associe une photographie à un proverbe ou à une pensée venu du continent noir... A la page du 4 juillet, on peut lire ce texte appartenant à la tradition orale africaine:
Cher frère blanc,
Quand je suis né, j'étais noir,
Quand j'ai grandi, j'étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.
Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu est né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu est malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.
Alors, de nous deux,
Qui est l'homme de couleur?

Je suis en train de me demander si, dans le cadre d'un cours d'éducation civique ou de géographie, et en partenariat avec un collègue de français, il ne serait pas intéressant d'étudier un tel texte avec des collégiens... Il manque encore à notre société cette tolérance et ce respect mutuel sans lesquels le vivre ensemble que la République souhaite sauvegarder n'a pas de sens. Et il faut, surtout, un peu plus de clairvoyance de la part de nos politiciens: qu'ils se souviennent que derrière chaque immigré, clandestin ou non, il y a un être humain, peut-être (et même sans doute) miséreux et malheureux. Bonne journée et bon week-end à tous !

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