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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Lettre ouverte à M. Daudigny

Monsieur Daudigny (photo), monsieur le président du Conseil général de l'Aisne,
Je suis un simple militant du parti socialiste, dont vous êtes, dans mon département, l'une des grandes figures. Vous sollicitez aujourd'hui l'appui des socialistes axonais pour être notre candidat aux sénatoriales de septembre prochain. Dans une lettre que vous nous avez adressé, vous expliquez votre choix et, par la présente, je vous réponds. Selon vous, le vote organisé ce lundi dans les sections du parti n'a pas pour finalité de réaliser un choix, et donc de voter pour vous (alors que vous êtes seul candidat), mais d'entériner cet état de fait en vous donnant notre appui. "Tous derrière un seul homme" en d'autres termes. Bien sûr, pour remporter ce scrutin, le PS a besoin d'unité derrière son candidat. D'autant plus que la situation de la gauche en général, dans notre département, est assez confortable: elle a sauvé trois des cinq sièges à la députation l'an dernier (même si le PS ne dispose que de l'un de ceux-là) et elle a, comme partout ailleurs en France, réalisé de bons scores lors des municipales, qui lui a permis de maintenir ses positions ou de les renforcer dans les villes axonaises.

J'ai décidé, après lecture de votre profession de foi, de me déplacer pour participer à ce vote et de ne pas voter en votre faveur (j'ai fait le choix du "Non", puisqu'il s'agit d'un référendum sur votre candidature). Non que je souhaite la victoire d'un candidat de droite, qui ne ferait que renforcer la majorité de droite que la Haute Assemblée connaît depuis sa création. Non que je remette en cause votre dévouement pour notre département, ni même la réussite de vos actions qui, notamment dans le domaine touristique, tente de sortir la tête de l'eau. L'Aisne mérite que son patrimoine, trop méconnu et pourtant si important (tant culturel que naturel), soit mis en valeur et on ne peut vous reprocher de ne pas y oeuvrer. Je ne vais donc pas contester l'efficacité de la majorité départementale que chaque scrutin général, depuis votre accession à la présidence du Conseil général, vient maintenir, voire conforter. Toutefois, faire de vous, occupant déjà un mandat au sein de l'exécutif départemental, un possible sénateur ne me convainc pas. Et ce, pour trois raisons, que je vais vous exposer ci-dessous.

Dans votre courrier, vous écrivez « Alors faire fi de ce fameux cumul ? Le débat demeure ouvert pour l’avenir, si la règle s’applique à tous. Mais, comment imaginer, dans la situation institutionnelle actuelle, se priver d’une chance réelle pour notre département au prétexte d’un idéal encore virtuel ? En 2008, la moitié des présidents de Conseils généraux en France, de toutes sensibilités politiques, sont aussi parlementaires dont une majorité sénateurs ». Permettez-moi de vous dire, M. Daudigny, que c’est avec de tels raisonnements, qui privilégient le court terme au détriment de ces idéaux - que de telles pratiques empêchent de défendre - , qu’aucun gouvernement, pas même socialiste, n’a eu le courage de mettre en œuvre cet idéal du non-cumul des mandats, qui se maintient dès lors dans le domaine du virtuel ! Faut-il pratiquer ce que les autres font, sous prétexte que rien ne l’interdit ? N’est-ce pas plutôt l’occasion de se distinguer de ces autres, dont les pratiques – passées et actuelles – ont éloigné nos compatriotes, vos électeurs, de la politique? Vous ne rendez service ni à la politique ni aux Français en agissant ainsi.

Et moi qui croyais, peut-être trop naïvement, que la politique se résumait à la défense de valeurs et de grands principes. Qu’être à contre-courant de tous les autres, à court terme, dans la pratique et dans le discours politique, était le moyen le plus habile, sur le moyen et long terme, de faire avancer notre pays dans le bon sens. Une autre information, que vous nous donnez dans votre profession de foi, m’incite à ne pas vous accorder ma voix : vous nous informez que Georges Fourre, « conseiller général du canton de Charly-sur-Marne, membre du groupe socialiste et républicain du Conseil général, élu de la commune chef-lieu depuis 31 ans » sera votre suppléant pour cette élection. Le cumul pour vous, le cumul pour lui. Et pas l’ombre d’une parité avec le choix d’un homme qui a commencé sa carrière politique alors que je n’étais même pas né. Comment voulez-vous que je m’investisse pour que vous soyez mes candidats, vous et ce monsieur (dont je ne conteste pas l’action et la participation – sans doute active – à une politique qui réussit dans notre département) ?

Parce que je défends une autre vision de la politique, basée sur le non-cumul des mandats, la participation du plus grand nombre des citoyens à la prise de décision qui les concerne (en ne monopolisant pas les places pour les mêmes personnes) et la diversité, je ne vous apporterais donc pas mon soutien dans un scrutin qui, quoi qu'il arrive, vous permettra de recevoir l'appui d'une majorité - qu'on peut imaginer confortable - des socialistes axonais. Ceux qui défendent votre candidature me disent que vous êtes le socialiste le mieux placé, reconnu par les élus locaux du département - les grands électeurs - pour votre action, pour râvir à la droite républicaine un des trois sièges mis en jeu prochainement. Et moi qui croyais qu'une candidature reposait d'abord sur des idées, sur un programme et non sur des personnes: je tiens à vivre en démocratie, et non dans une oligarchie où le pouvoir reste entre les mains des soi-disants et autoproclamés "meilleurs" (qui cumulent les fonctions pour ne pas les donnés aux moins bons d'entre nous).

Qu'une autre personne, même moins connue, se lance dans cette campagne sénatoriale avec un projet à présenter aux grands électeurs, qui repose sur des propositions et qui lui permette de gagner leur confiance, m'aurait semnblé la voie la plus souhaitable... Moi-même élu du Conseil Régional des Jeunes, travaillant au côté des socialistes picards et en collaboration, chaque fois que cela est nécessaire, avec la majorité que vous dirigez, je préfèrerais vous savoir entièrement dévoué à la cause de mon département qu’occupé, à Paris, à réfléchir à des questions nationales non moins importantes. Pourquoi ne pas faire confiance à un(e) jeune élu(e) axonais(e), membre de la majorité départementale, pour participer à cette aventure ? Ce qui permettrait, autrement, de parvenir à ce but que vous vous fixez : « conjuguer l’un avec l’autre [la participation à la vie d’un département et le fauteuil au Palais du Luxembourg] sera un atout pour notre département ». Sachez que, par la démarche qui est aujourd'hui la mienne, c’est aussi ce que je recherche !!

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J'ajoute, après publication de cette lettre ouverte, une information concernant le vote de ma section. Résultat qui n'avait pas sa place dans le corps de l'article et que je vous livre donc par un commentaire. 10 militants (sur 25 inscrits) se sont déplacés: 8 ont voté "pour" cette candidature, 1 a réalisé un vote nul et 1 (moi en l'occurence) s'est prononcé "contre". Une des adhérente, venue votée, a eu ce soupir: "pour qui croyez-vous que je vienne voter?"... ce qui explique l'importance de l'absentention (dans cette section !).
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