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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Et si on remettait tout à plat?

Trop de réformes tue la réforme. Lancer des ballons d'essai dans l'opinion pour qu'elle s'en saisisse et, en fonction des sondages, prendre la décision la moins courageuse. Prendre des mesures en fonction du contexte sans chercher à s'attaquer aux vraies causes des problèmes. Faire de la comm' (ou de la pub) au lieu de se remettre en cause et de rélancer une démocratie sociale vivace. Voilà autant d'affirmations qui peuvent facilement caractériser la pratique du pouvoir sous l'ère Sarkozy. Et, l'actualité regorge encore d'exemples pour illustrer tout cela. Ainsi, même si elle n'émane pas du gouvernement, la proposition du directeur de la CNAM, qui a accordé un entretien aux Echos hier, relève de la même logique: lancer une idée, créer la polémique et donner au gouvernement l'occasion de trancher en fonction de ce que pense l'opinion. Tout le monde a entendu parler de cette proposition: si la ministre de la Santé donne son accord, les médicaments qualifiés de "confort" ne seront plus remboursés qu'à 35% par la Sécu (contre 100% actuellement), l'écart étant supporté par les mutuelles. Face à la grogne des syndicats, des associations et de l'opposition, et à l'inquiétude des patients, Roselyne Bachelot a essayé de nous vendre sa solution, totalement incohérente: les cotisations pour les mutuelles n'augmenteront pas parce que le prix des médicaments concernés va baisser; les Français ne disposant pas de mutuelle seront remboursés à 100% en attendant qu'ils puissent en souscrire une, avec le "chèque santé" existant.

Ces annonces, hier sur le plateau du 20 heures de France2, sont symptomatiques de cette gouvernance creuse et sans vision. Putôt que de réfléchir à l'avenir de la Sécu, déséquilibrée par un déficit qui pourrait la fragiliser gravement dans les prochaines années, en remettant tout le système à plat et en mettant en place un nouveau dispositif qui préserve les principes de base du modèle français, on prend des mesurettes par à-coups. Depuis six ans, les gouvernements successifs allongent la liste des médicaments déremboursés, mettent en place des franchises ou, aujourd'hui, transfèrent des déremboursements vers les mutuelles, qui dénaturent la solidarité nationale... et ce, sans jamais proposer une vision globale qui, seule, peut permettre une réforme efficace de cette Sécu à laquelle nous sommes tous attachés. Vous aviez dit rupture? Dans le style, oui. Mais, sur le fond des dossiers, ce sont toujours les mêmes solutions, les mêmes sacrifices demandés à la même partie de la population qui sont la base des soi-disant réformes efficaces que nous vend le gouvernement. Si ces solutions étaient si bonnes, les réformes Douste-Blazy n'auraient pas eu besoin d'être complété si peu de temps après leur mise en place. Je n'ai pas de solution précise à proposer aujourd'hui. Mais, je ne peux que constater que cette ligne politique, qu'un président doit savoir fixer, manque cruellement à notre pays !

Autre exemple: la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public, voulu par Nicolas Sarkozy. Parfait illustration de l'idée lumineuse, née dans l'esprit de notre président mais qui est si stupide que la commission chargée de la mettre en place n'a fait que reculer... pour mieux proposer des mesurettes tout aussi stupides. Le président se croit proche de la France d'en bas alors que la plupart des téléspectateurs est davantage gênée par les coupures de publicité qui ponctuent les programmes du soir sur les chaînes privées (deux au lieu d'une désormais sur TF1 !) que par celles, nettement moins gênantes, sur le service public ! Finalement, seuls les écrans publicitaires d'après 20 heures, les moins gênants et les plus rentables, seront supprimés... l'argent perdu (car il est tout simplement perdu) étant compensé par une foule de taxes (et oui, encore !)  sur les opérateurs mobiles, sur la télévision par Internet, sur les béénfices des groupes privés de l'audiovisuel. Quel manque de clarté ! Après l'inflation législative, qui fait que tous les gouvernements, de droite comme de gauche, multiplient les lois pour donner l'impression d'agir (même si aucun décret d'application ne suit), le nouveau président a inventé l'inflation des taxes. Un problème de financement? Et, hop, on crée une nouvelle taxe. A tel point que notre système fiscal, qui manquede clarté, s'assombrit encore davantage... il faudra beaucoup de courage à un prochain gouvernement pour s'y attaquer, le clarifier et en faire un outil efficace au service de l'économie et du pays !

Et, je profite de cet article pour relayer les courriers de deux lecteurs de Marianne, lus dans l'un des derniers numéros de l'hebdomadaire, concernant la politique familiale. " Prévue pour encourager une natalité défaillante, l'aide aux familles se montre de plus en plus inadaptée avec l'arrivée de populations déshéritées. Nous encourgeaons la natalité chez les plus démunis qui n'ont pas les moyens d'élever leurs enfants et accentuons leur paupérisation. Ne serait-il pas plus judicieux d'accorder des allocations massives pour les trois premiers enfants et de les limiter, voire les supprimer pour les suivants? Quand les aides familiales deviennent largement supérieures au salaire, on ne fait qu'alimenter la pauvreté " (Jacques Guillemain de Versailles). " Notre système de solidarité vis-à-vis des familles est lourd: pour chaque prestation, il faut présenter à divers organismes un nouveau dossier et des justificatifs qui attestent du revenu et du nombre d'enfants. Pourquoi ne pas regrouper les aides et allocations en une seule dont le montant serait fixé en fonction de la déclaration de revenus, et qui serait distribuée soit sous forme d'une réduction d'impôt, soit, pour ceux qui ne paient pas l'impôt, par le versement d'un complément de revenu? L'allocation unique permettrait de réduire le coût de gestion supporté financièrement par tous, tout en maintenant pour chacun les aides qui existaient auparavant " (Eloi Jutteau de Vincennes). Des pistes de réforme très intéressantes mais qui, là aussi, nécessiteraient une vision d'ensemble et des objectifs clairs pour que cette autre jungle gagne en cohérence. Un chantier pour le prochain quinquennat?
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J
Il parait qu'il y a 24 prestations différentes servies par la CAF ... On se demande pourquoi ils se sont arrêtés en si "bon" chemin! Il auraient dû en créer ...240! Ou, mieux encore : inscrire dans le préambule de la Constitution qu'il en sera créé une par semaine! Ahurissant!
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