Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
6 Février 2006
Enfin le voilà, le premier sondage sur la présidentielle 2007 a été publié dans Marianne de cette semaine. Réalisé par l'institut CSA, ce sondage met fin à une longue série d'enquête d'opinion, qui ne mesurait que la popularité des personnalités supposées présidentiables. Ce sondage a donc été réalisé sous la forme d'un sondage traditionnel: "parmi ces candidats, pour lequel seriez-vous susceptible de voter si le scrutin avait lieu dimanche prochain?" A cette occasion, des candidats probables ont été désgnés (Arlette Laguillier, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet, François Bayrou, Jean-Marie Le Pen, pur ne citer qu'eux)... tandis que pour le PS, l'hypothèse retenue est celle de Ségolène Royal, opposée pour l'occasion à Nicolas Sarkozy (hypothèse 1) puis à Sarkozy et Villepin (hypothèse 2).
Résultats: d'abord 33% d'absention, qui s'annonce un chiffre élevé bien que conforme à la tendance d'augmentation à chaque scrutin de l'absention, les élections présidentielle restant plus populaires que des élections régionale ou européenne... Au premier tour, deux scénarios. 1/ en cas de non-présence du premier ministre, le président de l'UMP arriverait en tête, devant Ségolène Royal, tous les autres candidats ne dépassant pas les 15% ! 2/ en cas de présence du locataire de Matignon, celui-ci n'obtiendrait que 12% des voix, pénalisant d'abord François Bayrou puis son ministre de l'Intérieur, qui rétroraderait alors en seconde place, derrière la présidente de Poitou-Charente. De ces intentions de vote qui, à noter, se font dans un contexte d'envolée de la compagne de François Hollande, il ressort trois conclusions: 1/ bonne nouvelle par rapport à 2002, le FN ne parvenant pas au second tour et ne réalisant pas un score "convenable" sans doute au profit de Nicolas Sarkozy ; 2/ la stratégie de François Bayrou ne semble pas prendre, les Français ne votant pas en masse au centre, et l'UDF est même menacée par un score "mauvais" si la droite présente Villepin (plus modéré que Sarko) ; 3/ dans tous les cas, le PS l'emporte derrière sa grande figure du moment qui obtient au second tour 51% des voix contre le "très populaire" et hyper-médiatique ministre de l'Intérieur.
Outre la méfiance maladive des homme politiques (notamment de gauche) pour de tels sondages, il faut se méfier de cette enquête, réalisée alors qu'aucun candidat officiel n'est réellement parti dans la bataille, et surtout que la stratégie du PS (et plus largement de la gauche) n'est encore connue de personne ! La poularité, toute éphémère qu'elle peut être (comme s'en sont rendus compte MM. Raffarin et de Villepin), n'est donc pas un gage de réussite, surtout autant de tant avant l'échéance... à notre, cependant, une réaction socialiste, selon laquelle ce sondage est une bonne chose car il montre que la gauche, alors qu'elle n'est pas au mieux de sa forme et que son projet reste des plus flous, peut l'emporter, en particulier sur l'UMP de Sarkozy. Et ce responsable socialiste d'ajouter : "Si elle est la mieux placée pour battre la droite et amener la gauche au pouvoir, alors les militants la désigneront, le moment venu"... mais, ça, on le savait déjà !