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JES6 - Pour une France Juste, Ecologique et Sociale

Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.

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Le "club Med" made in Sarko

Ca y est... il a fini par le vendre à ses partenaires, son projet d'UPM (Union Pour la Méditerranée) ! Le président sarkozy a convaincu ses partenaires d'adhérer à son projet d'Union Méditerranéenne lors du dernier sommet de l'UE qui s'est tenu à Bruxelles. Pour y parvenir, il lui a fallu faire preuve de pédagogie et, surtout, faire quelques concessions aux plus sceptiques de nos partenaires européens. Car, depuis qu'il en a fait l'une des clés de sa politique extérieure, Nicolas Sarko devait faire face à l'hostilité d'une majorité des Etats membres de l'UE:
- d'une part, le fait que ce projet avait été présenté, par celui qui n'était alors que candidat à la présidence de la République, comme une "voie de garage" permettant de freiner les ambitions européennes d'une Turquie dont il ne voulait pas ("si la Turquie était européenne, on le saurait depuis longtemps"). Or, une fois au pouvoir, il du faire machine arrière et, face aux autres Etats européens, accepter de poursuivre les négociations d'adhésion avec Ankara;
- d'autre part, la méthode Sarko sur la scène internationale avait commencer (et continue) à déplaire à des pays qui voyaient en notre président un opportuniste, mettant ses partenaires devant le fait accompli et cherchant à tirer la couverture pour lui. L'affaire bulgare, qui avait fini par court-circuiter (dans les médias et dans l'opinion !) les efforts de la diplomatie européenne, aurait pu faire capoter le projet;
- enfin, le contenu même su projet, associant les Etats riverains de la Méditerranée, avait irrité la chancelière allemande (photo), qui craignait pour l'équilibre d'une UE qui pourrait se diviser sur deux fronts (le front central autour de l'Allemagne et le front méditerranéen autour de la France).

Bref, nos voisins d'outre-Rhin craignaient pour l'avenir du couple (et du moteur) franco-allemand, auquel ils accordent visiblement plus d'importance que notre gouvernement. Et ce ne sont pas les appels répétés de Sarko à la constitution de deux nouveaux couples (franco-algérien et franco-britannique) qui risque de rassurer l'Allemagne ! Or, se pose un problème majeur: comment continuer de construire une Europe indépendante, et forte sur la scène internationale, en menant une politique nationale toujours plus tournée vers l'extérieur (que ce soit vers la Méditerranée ou vers Washington)? La réponse est venue de cette réunion: l'UPM associera tous les Etats de l'UE, et pas seulement ceux du pourtour méditerranéen, nos futurs partenaires africains et proche-orientaux. L'unité de l'Europe, et la clarté de sa politique étrangère, en dépendaient ! Ce point ayant été éclairci, il n'en demeure pas moins que nos partenaires ne sont pas plus convaincus: sans doute attendent-ils de voir ce qui ressortira de la réunion programmée en juillet, alors que Sarko assurera la présidence tournante de l'UE !

Et en attendant, on peut tout de même regretter que, comme en politique intérieure, super-Sarko (déjà seul sauveur de l'Europe) ait tenté (pour l'instant, avec succès) d'imposer un choix qui n'a été que peu discuter avec des pays qui étaient pourtant les premiers concernés. Le projet doit-il se bâtir autour de l'amitié franco-algérienne, célébrée à Constantine à l'automne? Sans doute pas. Ce projet, au demeurant fort intéressant, contient quelques points positifs, qu'il faut bien évidemment souligner:
- montrer au monde que l'Europe peut mener une politique cohérente de partenariat avec des régions stratégiques du monde est un signal fort qui peut relancer l'UE;
- profiter de ce projet pour aider certains pays du bassin méditerranéen à trouver leur propre modèle démocratique est aussi une bonne nouvelle pour les Palestiniens, les Tunisiens ou encore les Algériens... à condition que les actes suivent les paroles;
- nouer des partenariats, basés sur la confiance réciproque entre les pays concernés, sur des sujets aussi capitaux que la gestion des flux migratoires, la lutte contre le terrorisme ou la coopération économique mérite d'être exploré... à condition que la France parvienne à se détacher de l'image qui lui colle à la peau depuis l'arrivée de Sarko au pouvoir. La création d'un ministère de l'identité nationale, la mise en place de l'immigration choisie, le fameaux discours de Dakar ou encore l'affaire des tests ADN ayant quelque peu enâchés notre image !

Si l'Europe trouve, ici, l'occasion de construire son identité, de bâtir auprès de ses habitants une légitimité affaiblie par les référendums français et néerlandais ou encore de porter le message que l'on attend d'elle, au-delà de ses frontières, on ne peut qu'espérer (et souhaiter) le succès de cette UPM. Source: l'essentiel de cet article est inspiré d'un dossier publié sur le site Web Rue89.com (cliquez ICI pour y accéder).

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