Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
13 Janvier 2006
La question est d'une pertinence évidente, car cette période de début d'année marque la succession des voeux des différentes ministres à la presse, l'occasion de donner une ligne directrice à la nouvelle année mais aussi de faire un bilan de 2005. Pour certains, à gauche, les ministres affichent un insoutenable optimisme, qui voient dans le "drame" des banlieues une parenthèse malheureuse, qui couvait en France deuis des décennies,et dont l'origine est ancienne. Ce qui sous-entend que la gauche y voit un véritable "drame" qu'il ne faut pas minimaliser et auquel il faut apporter une vraie réponse, bien loin de celle que propose l'équipe de Villepin. Le diagnostic est bon, que l'on soit de gauche ou de droite: les banlieues qui se sont enflammées ont exprimé à tout un pays leur ras-le-bol d'une vie vraiment pourrie, qu'aucun de messieurs les ministres n'accepteraient de vivre !
L'erreur principale des hommes politiques est en fait un héritage, celui des années des Trente glorieuses, notamment sous Giscard, lorsque les responsables politiques ont lancé de grands chantiers de construction de barres HLM qui marquaient un progrès, par la multiplication de logements sociaux, dits "à loyer mdéré"... c'est en effet un progrès dans la quête, pour tous, d'un toit, et de conditions de vie dessentes, mais aujourd'hui, la crise provient assurément de cet aménagement non réfléchi de ces banlieues. Les quarties les plus sensibles n'offrent aucun avenir à leurs enfants, qui plongent alors dans le trafic, la recherche d'argent par tous les moyens, et une non-croyance en la république (d'où les attaques contre le symbole qu'est l'école, lieu sensé être un lieu d'égalité républicaine, et de quête des valeurs de notre république)...

Je reviendrais plus tard sur l'école républicaine, mais il faut se pencher aujourd'hui sur la question de l'aménagement du territoire... pour résoudre les trois problèmes de ces territoires en marge de la société. D'abord, ces zones supportent un chômage des jeunes frôlant souvent les 40%: qui peut s'en satisfaire sans rien faire? Le gouvernement ne semble pas sensible à ce problème, même si heureusement les élus locaux se débattent pour implanter de nouvelles entreprises et encourager les embauches. Je propose un grand plan de lutte contre le chômage dans ces quartiers, en développant les zones franches urbaines et en aidant au retour à l'emploi, avec la gratuité des transports publics (bus, train) pour les chômeurs, l'accès à des stages pour tous les chômeurs (pour une reconversion facilitée) et l'apprentissage dès 14 ans (voilà une réponse du gouvernement, sans doute la meilleure, mais la seule).
Deuxièmement, doit être entreprise une véritable action dans le domaine des transports, qui n'irriguent pas vraiment ces banlieues, aujourd'hui, d'où la nécessité d'un vaste plan d'action, avec un partenariat entre Etat, Région et département, pour revitaliser ces zones par une densification du réseau de transport. Sur le front de l'urbanisation, une véritable action doit naître, pour détruire les barres HLM, les remplacer par des pavillons, entourées d'un cadre naturel agréable. La superficie peut être augmentée par l'acquisition par les municipalités des maisons abandonnées, des anciennes zones industrielles délaissées et des territoires en friche. A ces nouveaux quartiers seront adjoints un vrai réseau de transport et des services publics bien implantés, même s'ils sont déficitaires (poste, école)... ainsi qu'une maison de l'emploi, dotée de plus de moyens (financiers et humains). Pour 2006, une vraie priorité au banlieue, au nom de l'Equité et de la Solidarité nationales.