Ce blog rassemble mes idées et constitue une modeste pierre pour bâtir une alternance en 2022.
3 Novembre 2007
C'est l'une des bonnes intentions à la mode... la transparence d'un Etat que l'on veut (ou voulait ?) irréprochable. Ainsi, dans la synthèse finale de son rapport, le Comité chargé de moderniser nos institutions jugeait-il utile de rappeler que "la transparence et la responsabilité ne caractérisent guère de système actuel de parrainage des candidatures à l'élection présidentielle". Ce qui n'est pas faux... et, avant de parler de transparence, je ne vous laisse par sur votre faim... sachez que le Comité préconise, pour y remédier, d'imaginer "une procédure nouvelle [la rupture ?] visant à démocratiser l'exercice par un élargissement du nombre de parrains et l'intervention d'un vote à bulletins secrets à une date déterminée". Pourquoi pas? sauf qu'il faudra être beaucoup moins flou pour savoir de quoi il pourrait s'agir.
Venons-en, à présent, au sujet de cet article, consacré aux annonces faites par Nicolas Sarkozy, lors du conseil des ministres décentralisé de mercredi, à Ajaccio: une forte hausse de son salaire et du budget de l'Elysée, par souci de transparence. Que cela signifie-t-il? La réponse est peut-être dans le bilan du rapport du Comité Balladur qui propose "que le budget de la Présidence de la République, comme d'ailleurs celui des autres pouvoirs publics constitutionnels, soit soumis à un contrôle de la Cour des comptes". Cette proposition doit faire plaisir au dépité socialiste de l'Aisne, René Dosière, qui a consacré quelques heures à l'examen du budget élysée sous l'ère Chirac ! Ainsi, que le budget de l'Elysée passe de 65 à 100 millions d'€uros (afin d'y intégrer les conseillers "prêtés" par d'autres ministères), comme on l'a entendu, et que ce budget soit désormais plus transparent, ne devrait pas choquer les citoyens... qui sont demandeurs de cette transparence...
... comme le montrent les débats qu'a suscité le déplacement du gouvernement dans l'île de Beauté afin d'y tenir le second Conseil des ministres décentralisé (après l'Alsace qui est, avec la Corse, la deuxième région la plus à droite de France !). Les citoyens français, sans désapprouver la méthode, veulent savoir combien un tel déplacement peut leur coûter: plus que le prix du voyage, c'est l'impact écologique de ce déplacement qui a parfois été abordé. Personnellement, plus que le côut financier de ce séjour (le chef de l'Etat et les ministres doivent arpenter l'Hexagone à la rencontre de leurs électeurs !), c'est l'importance des forces de l'ordre déployées et les mesures draconiennes de sécurité qui ont paralysé le centre-ville de la préfecture corse (pas de stationnement à partir de telle heure, quadrillage du quartier... avec ce vieillard qui réclame, devant les caméras de télévision, à pouvori rentrer chez lui, panier de courses à la main) qui me posent le plus de problème. Ces mesures, qui confirment ce qu'on avait déjà vu à Strasbourg ou à l'occasion d'autres déplacements, ne sont-elles pas trop excessives, en plus d'être coûteuses?
Transparence aussi en ce qui concerne le salaire du président de la République, aligné sur celui du premier ministre et de ses principaux homologues européens. Que le chef de l'Etat gagne autant que le chef du gouvernement, d'accord. Que le président français ait un salaire similaire à celui du chancelier allemand ou du premier ministre britannique, d'accord... mais, n'oublions pas, dans le calcul, les avantages en nature... qui avaient eu tendance à exploser sous Chirac. Mais, si la transparence joue son rôle, on derait, dans le budget de l'Elysée, constater une modération de ce côté-là... y a-t-il donc lieu de polémiquer sur le sujet? Je dirais "non" car d'autres personnalités, artistes, sportifs ou grands patrons, gagnent des sommes beaucoup plus importantes et opaques que le chef de l'Etat. Qu'un président (par définition unique) gagne 20 fois le SMIC, cela ne me choque pas... si seulement les rémunérations des grands patrons du CAC 40 pouvaient se limiter à cette somme ! Si un président de la République peut s'en compter, en plus des avantages liés à sa fonction, pourquoi un dirigeant d'entreprise ou un sportif ne pourrait-il pas s'en contenter?
Transparence enfin dans les chiffres du chômage !! Pour le mois de septembre, le gouvernement annonce une baisse de plus d'1% du taux de chômage officiel (selon les catégories de l'ANPE) et, le même jour, Alcatel-Lucent annonce une nouvelle charette de licenciements. D'où cette question de bon sens, que le Français moyen se pose: comment peut-on faire baisser le chômage alors que chaque semaine, au 20h, on nous annonce des plans de suppression d'emplois dans une nouvelle grande entreprise installée dans l'Hexagone? Si le président veut jouer la transparence totale, pour un Etat irréprochable, qu'il mette en place de nouveaux indices permettant d'avoir une vision réaliste des chiffres de l'emploi en France car, tout le monde s'en doute, les retraités du Babyboom et les ouvriers en invalidité ou décédés alimentent artificiellement cette baisse du chômage, sans que les créations d'emplois ne suivent le même rythme. Et cette transparence, plus que jamais nécessaire (j'encourage la gouvernement à tenir bon, sur cette voie !), il nous en faudrait de bonnes doses un peu partout.