Pourquoi les Français ne font plus confiance à certains hommes politiques? Comment expliquer que les électeurs boudent, en certaines circonstances, les partis de gouvernement en s'abstenant? Et bien, l'actualité politique de ce début de semaine nous donne quelques éléments de réponse, que je vais me contentais de lister... vous laissant le soin, vous, lecteurs, de les commenter.
- Jean-François Copé, ou comment "cumuler plus pour gagner plus": le député-maire de Meaux (50 000 habitants), par ailleurs président du groupe UMP au Palais Bourbon, ne doit pas trouver à s'occuper. Ou alors il considère qu'environ 7000 € de salaire par mois ce n'est pas suffisant. Car, il vient de décider d'intégrer un cabinet d'avocats d'affaires en prenant un poste à mi-temps ! On laissera à ses électeurs, notamment les Meldois, le soin de juger de cette démarche.
- Alain Juppé, ou comment ne pas laisser la place aux autres après avoir été désavoué: la défaite électorale, lors des législatives de juin dernier, avait coûté à l'ancien premier ministre son poste de ministre d'Etat en charge de l'écologie et du développement durable. Ce résultat semblait être un message adressé au maire de Bordeaux, qui a retrouvé ce fauteuil après la démission de son successeur: il avait d'ailleurs laissé entendre qu'il ne sera peut-être pas tête de liste lors des prochaines municipales. Et bien finalement, il change d'avis et défendra son siège en mars prochain: quelle surprise !
- David Martinon, ou comment être adoubé (et parachuté) par sa Majesté: On aurait cru "une intronisation. Avec en prime le déplacement du président, qui vient dire aux habitants de sa ville: "voilà, c'est lui que j'ai choisi; ce sera donc lui !". C'est ainsi que Marielle de Sarnez, invitée hier soir de France Info, a commenté le parachutage du porte-parole de l'Elysée, David Martinon, à Neuilly, où il sera tête de liste lors des municipales de mars prochain. Et, comme en Sarkozie, rien d'important ne se fait sans Sarko, c'est le chef de l'Etat qui a adoubé son poulain pour conquérir l'un des sièges sans doute les moins difficiles à conquérir en France. Il faut dire que Sarko a retenu la leçon du cas Arno Klarsfeld, lui aussi parachuté, avec la médiatisation qui s'imposait, dans un secteur de la capitale dont les habitants ne se sont pas laissés pièger ! Martinon, maire et porte-parole: il faut bien que ces pauvres gens aient de quoi vivre !
- Nicolas Sarkozy, ou comment revenir à la Chiraquie en coulisse: "Sarkozy a nommé son ami Pierre Charon au Conseil économique et social. Il s'agit de récompenser un expert en communication tenu à l'écart de l'Elysée pour avoir déplu à Cécilia. Le concept de "République irréprochable" du chef de l'Etat, porté au cours de sa campagne, trouve enfin tout son sens" (Marianne, semaine du 29 septembre). Nommer ses proches dans un conseil dont l'efficacité est assez souvent mise en cause, et voilà comment jeter par la fenêtre une bien belle promesse.
- Nicolas Sarkozy, ou le retour à l'Empire: "Pierre de Bousquet de Florian, préfet des Hauts-de-Seine, nommé par Sarkozy chez Sarkozy, a expédié une lettre de menace à Philippe Kaltenbach, maire socialiste de Clamart, coupable d'avoir parrainé six familles de sans-papiers. Il lui promet des pousuites judiciaires en cas de récidive. Sous l'Empire, le pouvoir, c'était le préfet, pas le maire" (Marianne, idem).
- Nicolas Sarkozy, ou le double langage: "Le gouvernement va offrir aux détenteurs d'actions la possibilité d'opter pour un prélèvement fiscal obligatoire de 16%, en lieu et place du taux maximal de 24% payé au titre de l'impôt sur le revenu dû sur les dividendes. Et voilà comment on peut, côté cour, parler de l'équité tout en créant, côté jardin, un régime (très) spécial pour les gros actionnaires" (Marianne, idem). Sarko est donc un vrai stratège: comme au temps d'Athènes, il sait parler aux foules (ses interventions tapent toujours dans le mille). Mais, dans la réalité, comme le paquet fiscal l'a montré, il veut rzelancer la croissance en redistribuant des millions d'€uros aux catégories de la population qui consomment le moins, parce qu'elles épargnent le plus.
- Nicolas Sarkozy, ou l'équité injuste (et qui confirme mon petit commentaire précédent): "Lu dans le Monde, à propos du déficit de la Sécu: "Le gouvernement renonce à la taxe sur le "grignotage" des barres chocolatées ou sur les stock-options". Les uns continueront donc à grignoter des barres chocolatées au détriment de leur santé, les autres continueront à se gaver de stock-options exonérées de cotisations sociales, au détriment de la santé financière de pays" (Marianne, idem). Rien de plus à dire... c'est clair !
- Sarko, Fillon, MAM et les autres, ou quand les lois ne s'appliquent pas à tous: l'enquête du magazine Auto Plus, révélée hier, et qui pourrait bien devenir récurrente (car ce n'est pas la première fois !), sur la conduite de nos drigeants, est assez révélatrice de la formule "faites ce que je dis, pas ce que je fais". Quand on exerce les fonctions les plus importantes, quand on se veut le représentant d'un Etat irréprochable, on a pas le droit de se conduire ainsi... les limitations de vitesse, les lignes blanches, les feux tricolores sont valables pour tous les automobilistes, président de la République ou simple citoyen. Ces attitudes, qui mettent la vie d'autres personnes en danger, sont tout simplement inacceptables !! Ce qui me révolte le plus dans cette affaire, ce sont les commentaires de certains Parisiens interrogés par France 2, pour qui le président se voulant hyperactif et pressé, il est normal qu'il multiplie les transgressions au code de la route !! Saluons tout de même la prudence de Jean-Louis Borloo et Rachida Dati qui, bien que respectant le code de la route, font tout de même leur boulot: qu'ils soient félicités (car, dans le gouvernement, ça n'a pas l'air facile de concilier prudence au volant et action politique).
Alors, une République irréprochable, où les hommes politiques au pouvoir seraient des modèles d'honnêteté politique, ne faisant que des promesses réalistes et (vraiment) justes, c'est pour 2012?