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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 13:54

Faut-il encore croire en la politique? Les partis, les politiciens, les élus peuvent-ils changer les choses, redresser la France, donner l'espoir au peuple de vivre mieux? L'actualité me rend pessimiste.

A l'extrême droite, le FN surfe sur la vague de ses succès électoraux (aux municipales, au second tour des législatives partielles), occupant l'espace médiatique mais aussi les murs de nos villes (j'ai aperçu, cette semaine, une affiche avec une Marine Le Pen comparée à Marianne et ce slogan: "Unis, les Français sont invincibles !"). Poudre aux yeux.

A l'extrême gauche, la possible victoire du parti anti-austérité d'Alexis Tsipras en Grèce donne des ailes aux responsables de notre Front de Gauche. La dissolution du Parlement hellène pourrait donner les clés du pouvoir à la gauche radicale, lui donnant l'occasion de dire ce qu'elle vaut. Un espoir existe peut-être, mais je suis sceptique.

A gauche, l'impopularité croissante du couple exécutif et l'absence de résultats des politiques social-libérales du président Hollande ne laisse pas entrevoir la possibilité de changer de cap. L'alternative, incarnée par les frondeurs et par Martine Aubry, finira-t-elle par s'imposer? Rien n'est moins sûr.

A droite, l'UMP, qui devrait bientôt changer de nom ("le Rassemblement"?), ne se redressera que dans le sillage du saint-homme qui en a pris les rênes fin novembre et qui croit que le peuple français peut se retourner. Il sait notre capacité, sous les coups d'une actualité déprimante, à oublier le passé. La fenêtre d'un retour, par rejet du présent, existe...

Quant aux autres mouvements, de Debout la France à Nouvelle Donne, en passant par EELV ou l'UDI, ils devront proposer une autre façon de faire de la politique pour espérer creuser un sillon, monter les sondages et espérer devenir une alternative forte.

 

Je crois de plus en plus que l'alternative réelle ne viendra que des citoyens, hors des formes traditionnelles de la politique politicienne. Je rêve d'une personnalité qui saurait émerger, apolitique, pour construire un projet simple avec de grands principes, de grandes orientations, et le porter au plus haut niveau.

Notre classe politique est fatiguée, usée. Les dirigeants qui se répartissent les postes exaspèrent les citoyens. Le sentiment d'une caste de privilégiés vivant au-dessus de nos préoccupations quotidiennes, ne connaissant pas les réalités de terrain (sur les fins de mois difficiles, l'impossibilité d'épargner, la difficulté à se loger...), se diffuse.

A mon sens, LA réforme qui peut nous sortir de cette ambiance est constitutionnelle: imposer le mandat unique (un seul mandat à la fois) et renouvelable une fois (deux mandats identiques consécutifs, point). Le renouvellement des élites ferait respirer notre démocratie. Et celui qui aspire à servir son pays, sa communauté, la cité aura toujours la possibilité de se faire élire aux trois niveaux de responsabilité qui existent (soit six mandats !).

 

Reste à définir le FOND d'un projet de société qui puisse fédérer les Français.

Dans un des numéros de "Face à Eldin" (courte séquence du Petit Journal de Canal+ où un politique passe une journée avec Cyrille Eldin), la sénatrice UDI Chantal Jouanno a défini, en peu de mots, son mouvement: "Etre centriste, c'est être pour l'Europe, le libéralisme social, l'écologie et la décentralisation".

Cela m'a marqué car, dans notre époque, savoir définir une pensée par une phrase positive ("être pour") contenant quatre objectifs clairs, c'est rare. Je les partage... même s'il reste à savoir ce qui se cache derrière ces mots.

De la même manière, j'essaie donc de réfléchir à ce projet qui pourrait nous sortir de la crise, de la morosité, du pessimisme qui ronge la France. Ma liste, encore partielle, contient pour l'heure quatre adjectifs:

* Une politique féministe: il est temps de garantir l'une des égalités les plus fondamentales et qui n'existe toujours pas en 2014 (bientôt 2015), l'égalité hommes-femmes. On pense immédiatement aux salaires, pour lesquels les secondes gagnent toujours moins que les premiers pour un poste identique et à compétences égales. On le constate. On réduit l'écart. Mais on n'impose toujours pas de le gommer. Cette égalité fondamentale mérite un combat fort, prioritaire, et des sanctions lourdes pour ceux qui ne la garantissent pas. Dans tous les domaines.

* Une politique durable: je me refuse à dire "écologiste" pour trois raisons. D'une part, ce terme a été galvaudé, devenant synonyme de préservation de l'environnement, de la biodiversité, de privation humaine pour sauver faune et flore. (C'est nécessaire, mais présenté ainsi, c'est réducteur). D'autre part, et c'est la conséquence de ce point, parler de politique écologique résonne tout de suite comme une punition, une avalanche de taxes punitives. Enfin, et tout est lié, l'adjectif est trop politiquement identifié à EELV, un mouvement qui s'enferme justement dans une vision réduite (et parfois trop moralisatrice et punitive) de la protection de l'environnement.

Je préfère donc le terme "durable" dont la triple action (économique, sociale et environnementale... que j'apprends à mes élèves de 5ème) correspond davantage à un projet de société. Mener une politique durable, c'est ouvrir de grands chantiers pour créer de l'emploi, distribuer du pouvoir d'achat, garantir de nouveaux sociaux aux travailleurs, tout en atteignant des objectifs clairs de protection de l'environnement. Cela peut concerner les transports, le logement. Des politiques d'aménagement du territoire, réfléchies, en lien avec le redécoupage territorial et la protection de l'environnement, sont à imaginer !

* Une politique étatique: il ne s'agit pas de faire de l'antilibéralisme, mais, au contraire, d'imposer enfin un libéralisme juste. L'Etat doit réinventer le(s) service(s) public(s), ces secteurs où tous les citoyens doivent bénéficier du même service, avec la même qualité sur tout le territoire. Le tout, sans subir des augmentations de tarifs continuelles. Ainsi, l'Etat doit s'emparer de certains secteurs (éducation, santé, énergies, transports, Poste...) où il serait seul maître à bord, sans aucune structure privée, pour garantir l'égalité des chances et d'accès à ces services de TOUS les citoyens. En échange de nos impôts, nous avons besoin de services publics forts, qui savent s'adapter au monde actuel (ce que La Poste ne sait pas faire, par exemple).

* Une politique équitable: du temps où ce blog s'appelait "JES6", le "E" de cet acronyme signifiait "Equité". En le créant en 2006, je m'étais refusé de signifier "Egalité" comme dans notre devise républicaine. Pourquoi? Parce que l'Etat doit garantir l'égalité des citoyens mais ceux-ci se différencient ensuite, via leur mérite, leur travail, leur énergie, leur volonté, dans la réalisation de leurs vies. Il arrive un moment où garantir l'absolue égalité (l'égalitarisme de la gauche radicale) est un rêve... qui ne mérite pas d'être exaucé. L'Etat doit simplement intervenir pour que les inégalités ne soient pas disproportionnées. Ainsi, il ne me choque pas que des écarts de salaires existent entre les travailleurs, de l'ouvrier non qualifié au patron, si cela reste de l'ordre du raisonnable. Il resterait, tout simplement, à inventer des limites hautes comme il existe des limites basses (SMIC, RSA...).

(Lire aussi mon prochain article sur "la double part").

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Published by Aurelien Royer - dans Vers 2017
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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 17:40

A la question de savoir ce qu'elle pense de la course des prétendants à la présidence de l'UMP, Marine Le Pen (invitée de Ruth Elkrief sur BFM TV) a parlé d'une "guerre des gangs", sous-entendant que l'UMP allait se fissurer entre plusieurs camps, chacun dirigé par un porte-flingue qui espère prendre la main sur le parti afin d'être le plus légitime dans l'autre course... celle de la présidentielle 2017 ! Or, cette "guerre", rebaptisée "compétition" par l'UMP, oppose un bon nombre de candidats (supposés), car au tandem Copé-Fillon devraient s'ajouter Alain Juppé (la semaine prochaine) ou encore quelques jeunes loups de la "génération d'après" (on parle de Bruno Le Maire, ancien conseiller de Sarko pour la réalisation de son projet présidentiel). La présidente du FN en a profité pour s'en prendre à NKM, candidate qu'elle avait appelé à faire battre (en vain) aux législatives, en rappelant que "malgré la droitisation du discours sarkozyste, qu'elle dénonçait tant, elle est restée la porte-parole du candidat, espérant sans doute une bonne place en cas de victoire". La guerre des gangs serait-elle aussi le bal des ambitieux?

 

C'est ce que craignent nombre de dirigeants (et j'imagine, de militants) de l'UMP: l'ambition personnelle de tous ces candidats à la présidence de l'UMP, qui va à l'encontre de l'intérêt collectif du parti renvoyé dans l'opposition, conduira-t-elle à un éclatement du parti? Les deux visions qui semblent s'affronter (rester sur une ligne bien à droite et décomplexée ou recentrer le discours sur les valeurs centristes de l'ancienne UDF) vont-elles conduire à une scission du parti, à l'image de ce qui se passe à l'Assemblée (car, à la gauche du groupe UMP s'ajoute un groupe centriste, présidé par un autre ambitieux, Jean-Louis Borloo)? Le duel Copé-Fillon, que certains refusent alors qu'il semble inévitable, va-t-il conduire à la division de la droite? Interrogé sur cette situation, l'ancien ministre Alain Juppé a confirmé ces craintes: pour lui, la compétition est "inutile et dangereuse". Selon lui, elle pourrait mener à "une division du parti alors qu'il a besoin de se rassembler". Du coup, pour passer le mauvais cap d'un quinquennat dans l'opposition et pour préparer les prochaines échéances électorales (au cours desquelles il faudra essayer de reconquérir les territoires perdus depuis 2004), M. Juppé pourrait se lancer dans la course... comme s'il était la personnalité capable d'éviter l'éclatement et se plaçant en recours pour devenir la clé de voûte de la nouvelle UMP !

 

Saluons, tout de même, que l'UMP devrait suivre la voie tracée par le PS, qui se trouvait dans la même situation après le départ de son leader naturel, Lionel Jospin, en 2002. Le parallèle est d'ailleurs intéressant: Nicolas Sarkozy, dernier UMPiste à avoir eu le pouvoir, est à l'UMP ce que Jospin fut au PS; M. Copé, bien implanté dans son territoire (cumulard à Meaux), est à l'UMP ce que François Hollande, dirigeant du parti pendant que le leader était au pouvoir, fut au PS. Sans aller jusqu'à imaginer que M. Copé devienne le candidat de l'UMP en 2017 sans être le président de son parti (tel Hollande candidat pendant qu'Aubry avait le PS), on sait d'ores et déjà que le principal parti de la droite aura recours aux mêmes moyens que son pendant de gauche: élection directe par les militants pour la tête du parti (alors que, depuis 2007, le chef de l'UMP était nommé depuis l'Elysée), primaire pour choisir le candidat en 2017... Ce que l'UMP a longtemps critiqué concernant la gauche, elle l'utilisera dans les prochains mois !

 

Mais, ce parti n'est pas à une contradiction près. Ces derniers jours en ont donné d'autres exemples: ainsi, en écoutant M. Carrez (photo), président de la Commission des finances deGilles-Carrez.jpg l'Assemblée, le gouvernement "met en place une politique que l'on appelle de l'austérité car, maintenant que la campagne est terminée, finies les belles promesses; on passe à la dure réalité !". Personnellement, j'en souris: il est assez croutillant d'entendre ces dirigeants de l'UMP utiliser les arguments qu'ils dénonçaient quand les socialistes les employaient du temps de Sarkozy. Quand la droite mettait en place des plans de rigueur pour faire des économies, tout en refusant de le dire, la gauche criait à l'austérité et l'UMP montait au créaneau. Désormais, c'est l'inverse... Autre exemple de situation cocasse: pendant la campagne des législatives, les candidats UMP dénonçaient la politique qui consistait à créer des postes de fonctionnaires, dans l'Education, la Police et la Justice, alors que l'Etat n'en a pas les moyens. Après la défaite, les responsables du même parti dénoncent la cure d'austérité que le gouvernement fait subir aux ministères non prioritaires, pour lesquels une baisse des fonctionnaires est prévue pour ne pas plomber le budget de l'Etat. Bilan des courses: hier, on dénonce la création de postes et aujourd'hui, on dénonce leur suppression. Et la droite veut incarner une opposition crédible et rigoureuse? Désormais, j'en ris !

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 15:45

42,78% d'abstention au 1er tour. 44,60% d'abstention au 2nd tour. Le scrutin législatif restera comme le moins mobilisateur de la Vème République... Et chacun, commentateur médiatique ou politicien(ne), de se désoler que la participation ait eu du mal à dépasser le seuil des 50%. Pire: côté UMP, on utilise ce triste record pour expliquer que la majorité élue n'est pas représentative... comme elle avait fait souligner que, si on comptait les blancs et nuls, François Hollande aurait été le premier Président à ne pas franchir 50% de votants (avec 51,64% des exprimés et 4,68% de blancs et nuls, il n'a obtenu que 48,63% des votants). Evidemment, chacun partage ce triste constat. Personnellement, j'ai tendance à penser que les Français se mobilisent volontiers pour choisir le premier personnage de l'Etat qui, dans notre imaginaire, détient le pouvoir tel un "monarque républicain". En revanche, quand il s'agit de choisir les députés, l'implication est moindre: le camp vainqueur mobilise ses électeurs et obtient une majorité (ce fut le cas en 2007) tandis que les vaincus, après la claque présidentielle, se démobilisent et entament une cure d'opposition de cinq ans.

 

Malheureusement, personne n'évoque le moyen de sortir de cette spirale d'abstention ! Or, n'appartient-il pas à nos responsables politiques de s'interroger sur ce phénomène et, faute de pouvoir mobiliser les électeurs, de trouver une réponse institutionnelle? En attendant que la gauche s'en empare (elle a cinq ans pour le faire), voici mes propositions:

Problème n°1: les triangulaires. Ma solution: les interdire ! Seuls les deux candidats arrivés en tête du 1er tour peuvent se maintenir au second.

Problème n°2: la parité (même si le nombre de femmes progresse encore, notamment grâce aux nouvelles élues socialistes, on reste sous la barre des 50% de femmes à l'Assemblée). Ma solution: pour l'Assemblée nationale, mettre en place un scrutin binominal à deux tours. Ainsi, chaque parti investit deux candidats (un homme et une femme) qui deviendront tous deux députés de plein exercice dans des circonscriptions logiquement plus vastes.

Problème n°3: l'abstention. Ma solution: organiser les législatives le même jour que la présidentielle. Les citoyens se déplacent dans leur bureau de vote pour désigner leur candidat à la présidentielle et aux législatives les mêmes dimanches (ce qui donnera quinze jours aux prétendants à la députation pour faire campagne dans l'entre-deux-tours, tout en liant les enjeux de ces deux votes).

 

Problème n°4: la représentativité des petites formations. Dans le débat actuel, l'enfumage est à tous les niveaux. Prenons les deux cas les plus visibles: les Verts et le FN. D'un côté, on entend, dans la bouche des leaders de droite, leur désolation qu'un groupe de 17 députés EELV puisse apparaître à l'Assemblée alors que l'écologie ne pèse que 2,5% à la présidentielle ! Mais, se rendent-ils compte, ces responsables politiques, qu'avec 17 députés sur 577, les Verts obtiennent 2,9% des sièges disponibles... pas si loin, donc, de leur poids politique réel ! De l'autre, côté FN, les leaders du Front dénoncent le fait que leur parti ne dispose que de deux députés pour représenter les 18% de citoyens qui ont voté pour Marine Le Pen le 22 avril dernier. Certes, ce décalage est, pour une démocratie comme la nôtre, choquante. Toutefois, il faut rappeler que seuls 13,6% des électeurs ont voté FN au premier tour des législatives pour lesquelles 577 candidats étaient en lice (chiffres officiels du ministère de l'Intérieur)... près de 5 points sous le score présidentiel de Marine ! Deuxième arnaque: Marion Maréchal, élue dans le Vaucluse (où la probabilité de l'emporter était, compte-tenu du terreau local favorable, peu négligeable !), répète qu'elle sera, du haut de ses 22 ans, la représentante des "jeunes". Personnellement, du haut de mes 26 ans, je n'ai absolument pas envie d'être représenté par cette jeune fille, aussi talentueuse que sa tante... mais qui s'enflamme en se croyant porte-drapeau de toute une génération ! Pour lutter contre ces enfumages frontistes, une réforme institutionnel est donc nécessaire...

 

Ma proposition: réformer le bicamérisme "à la française". Contrairement à une certaine époque, où je préconisais la suppression du Sénat, je souhaite que le Parlement conserve ses deux assemblées et que leurs modes de désignation restent différents. D'un côté, scrutin binominal majoritaire à deux tours pour l'Assemblée nationale, qui reste la chambre dominante dans le processus législatif. De l'autre, scrutin de liste à la proportionnelle (intégrale ou non?) pour les sénateurs, désormais choisis pour 5 ans, au suffrage universel DIRECT !

 

Dans le cadre de cette réforme institutionnelle majeure, une refonte du calendrier électoral est à envisager. Première décision: tous les élus, du conseiller municipal au Président, seront élus pour un mandat de 5 ans. Deuxième décision: les mandats nationaux ne sont pas cumulables avec d'autres fonctions et ne seront renouvelables qu'une fois (soit deux mandats consécutifs maximum). Troisième décision: les citoyens seront convoqués trois fois tous les cinq ans. Années finissant par 2 ou 7 (printemps): élections présidentielles et législatives sur les mêmes dimanches. Années finissant par 4 ou 9 (printemps): élections européennes et régionales (il n'existerait plus d'élections cantonales car, avec une réforme de la décentralisation, le double découpage départements-régions serait simplifié) sur les mêmes dimanches. Années finissant par 0 ou 5 (automne): élections sénatoriales et municipales sur deux dimanches. Dernière décision (soumise à débat): étendre le jour de vote au week-end complet (samedi et dimanche, de 8h à 19h, partout !). L'ensemble du projet serait évidemment soumis à référendum dès que possible !

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 13:17

Depuis qu'il est devenu le premier opposant au nouveau Président, Jean-François Copé multiplie les attaques et les sorties publiques. Peut-être anticipe-t-il son éviction de la direction de l'UMP, tant le passage de son actuel poste de secrétaire général à celui de président (qu'il convoite) ne semble pas acquis ! En attendant, alors qu'il occupait déjà le champ médiatique du temps de la présidence Sarkozy (pour nous expliquer que tout ce que faisait le gouvernement était bon pour la France), le voilà en première ligne pour critiquer l'action de l'équipe Hollande... avec le tact et le sens de la mesure qu'on lui connaît. Sa stratégie est finalement simple à comprendre: pour gagner la présidence du principal parti de droite, il faut attaquer la gauche dans tous les sens, sur tous les sujets, pour plaire aux électeurs et aux militants qui devront se prononcer à l'automne. Ainsi, dès qu'il le peut, il sort ses griffes.

 

1- La question de la solidarité gouvernementale: après avoir dénoncé la venue de Cécile Duflot en jean au Conseil des ministres, l'UMP a donc profité de la sortie de la ministre du Logement sur le cannabis pour rappeler qu'un membre du gouvernement est tenu à une forme de solidarité qui doit l'empêcher de s'exprimer à titre personnel. La secrétaire nationale des Verts ne faisait qu'exprimer le point de vue de son parti, alors que le pays est en pleine période électorale au cours de laquelle le gouvernement ne peut pas agir pleinement (tournant donc au ralenti). Plus que le fond, c'est la façon de se jeter sur cette fausse affaire qui amuse: d'une part, contrairement à l'époque Sarkozy, ni le président ni son Premier ministre n'ont piqué de colère ni même appelé Mme Duflot pour la recadrer (preuve qu'il n'y a là, pas matière, à dramatiser !); d'autre part, il est curieux de s'étonner qu'une personnalité politique puisse lancer un débat public sur un sujet qui divise les Français... On savait qu'à l'UMP, il vaut mieux "fermer sa gueule" et suivre la sacro-sainte ligne définie par le "grand chef". Dommage qu'on vienne à dénoncer une occasion de débattre !

 

2- La place du Front de gauche dans l'équipe au pouvoir: alors que les cas d'alliance indirecte entre des candidats UMP et FN se multiplient (avec l'ambition, clairement affichée, de faire battre la gauche, comme s'il s'agissait d'une maladie à éradiquer !), les dirigeants de l'UMP sortent invariablement le même argument. Pourquoi serait-on choqué d'une alliande UMP-FN, alors que personne n'est choqué d'une possible entente entre le PS et son allié du Front de gauche? Et la droite de ressortir certaines interventions publiques de Jean-Luc Mélenchon, rappelant son manque (indéniable) de mesure et sa volonté de faire des coups d'éclat médiatiques. Problème: tandis que l'alliance avec le FN choque parce que les dirigeants qui l'évoquent mettent en avant leur proximité idéologique et leur accord avec certaines positions du parti d'extrême-droite, l'UMP n'attaque le Front de gauche que sur la personnalité de son leader, et non sur certaines propositons... Sauf celle qui concerne le SMIC à 1700€. Au prétexte que cette proposition serait suicidaire pour la France (car elle plomberait la compétitivité de nos entreprises), l'UMP s'acharne à questionner le président: comment rendre compatibles les deux visions du PS et du Front de gauche sur le SMIC? Et M. Copé de continuer à poser cette question, dans les médias, sans prêter attention à la réponse de M. Hollande qui réaffirme, avec constance, que son projet présidentiel prévaut !

 

3- Le retour de la retraite à 60 ans: c'est LA grande affaire de la semaine écoulée. Portée par Marisol Tourainne en Conseil des ministres, l'engagement d'un retour à la retraite à 60 ans pour les travailleurs qui ont commencé à travailler à 18 ou 19 ans et qui ont cotisé pendant 41 annuités a donc été validé. Là où l'UMP criait au flou, le président Hollande a répondu par la concertation, la discussion et sa capacité à trancher: parmi les éclaircissements apportés, de nouveaux droits ont été donnés à certaines catégories, notamment aux femmes qui ont interrompu leur carrière pour élever des enfants. A celles-là, le gouvernement offre deux trimestres de cotisations afin de pouvoir profiter, plus vite, de ce droit à partir en retraite à 60 ans. Que dit M. Copé? Que cette réforme est "un cadeau électoral qui devra être payé par l'impôt de tous les Français". Concernant cette affirmation, j'ai trois remarques à faire: a) je trouve scandaleux qu'un dirigeant puisse parler de "cadeau" le fait de permettre à des femmes de partir en retraite anticipée après avoir élevé leurs enfants et, en dehors de cette pause, avoir travaillé toute leur vie (en atteignant le nombre d'années de cotisations requis). Les cadeaux, en millions d'€uros, faits aux grandes fortunes de ce pays, au début du quinquennant précédent, sans le moindre résultat économique associé, seraient-ils comparables à la décision du nouveau gouvernement?

 

b) M. Copé semble s'étonner que la mesure soit financée par une hausse des cotisations (répartie, de manière équitable, entre salariés et patrons). Mais qu'aurait-il dit si aucun dispositif de compensation n'avait été trouvé? Par ailleurs, ce dispositif me paraît équilibré: il s'agit simplement de mettre en application un simple principe de solidarité (tous les salariés font un effort financier pour remplir la caisse commune et les plus méritants ou ceux qui en ont besoin profitent du surplus obtenu pour voir leur vie améliorée). Il n'y a que la droite pour être choquée ! c) A l'heure où le leader de l'UMP dénonce les incohérences de la gauche (en pariant sur les désaccords qui pourraient naître entre ses différentes composantes), il est drôle de constater que la droite n'est pas, non plus, à une contradiction près. Ces cinq dernières années, le gouvernement s'est vantée de maintenir une politique familiale encourageante, qui permet à notre natalité de se maintenir au plus haut niveau européen. Dans son clip de campagne pour les législatives, l'UMP met en avant la famille comme une des premières valeurs qu'elle veut défendre (notamment pour s'opposer au mariage homosexuel et au droit d'adoption pour ces couples). Dès lors, pourquoi dénoncer une mesure de justice qui permet à ces mères qui ont élevé leurs enfants, contribuant ainsi à la bonne santé démographique de notre pays, de partir en retraite un à deux ans plus tôt? L'UMP sous-entendrait-elle qu'elles ne sont que des "fainéantes" qui vont profiter d'un système laxiste?

 

4- La chasse contre René Dosière: alors que le député de ma circonscription, nationalement connu pour ses travaux sur le budget de l'Elysée et des ministères, est concurrencé par un candidat PS investi par la rue de Solférino, le candidat Dosière doit faire face aux attaques de son adversaire investie par l'UMP. Dans le tract de celle-ci, la dernière page est consacré au "vrai bilan de M. Dosière": en plus d'expliquer qu'il n'a rien apporter à son territoire (zéro nouvelles entreprises implantées, zéro emplois créés), oubliant que la politique économique n'est pas du ressort d'un seul député (notamment quand il est dans l'opposition), la candidate explique que le député sortant s'est attaqué au contrôle des dépenses de l'Etat sous les seuls mandats de Chirac et Sarkozy. Et de préciser que, dans les années 1980, M. Dosière était maire de Laon dans une ambiance luxueuse et dépensière et, qu'en tant que député, il ne contrôlait pas le budget de la présidence Mitterrand. Outre le fait - spécialité UMP - d'attaquer un adversaire sur des faits qui remontent à plus de 25 ans (M. Dosière a quitté la mairie de Laon quand j'avais trois ans !), la prétendante à nos suffrages utilise un argument non valable. Il me semble parfaitement normal que le député de gauche ait contrôlé les budgets cités dans la période 1995-2012 quand un président de droite dirigeait le pays: il s'agit là d'un bel exemple du travail de contre-pouvoir qu'un parlementaire d'opposition doit faire. De la même manière, il me paraît normal qu'un parlementaire de la majorité ne fasse pas ce travail, pour ne pas risquer d'être soupçonné de complaisance. Ainsi, s'il est réélu (ce que je souhaite), M. Dosière devra laisser ce travail à un élu de l'opposition !

 

Mauvaise foi. Arguments bancals. Dénonciations d'incohérences, sauf quand elles concernent son propre camp... M. Copé démontre, aux Français, que le métier d'opposant n'est pas facile ! Espérons qu'une fois le congrès UMP passé, il cessera de se ridiculiser et de polluer l'espace public avec ses prises de position sans intérêt ! En à peine un mois, il est devenu le politicien le plus agaçant qui soit.

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 20:05

Quand elle était majoritaire, la droite dénonçait l'attitude irresponsable et indigne d'une gauche qui appelait à la démission d'un membre du gouvernement impliqué dans une "affaire". Renvoyés dans l'opposition par le peuple souverain, les ténors de l'UMP usent aujourd'hui des méthodes qu'ils dénonçaient hier: après sa condamnation à verser 1€ symboliques à des patrons qu'il avait traité de "voyous" en septembre dernier, Arnaud Montebourg est donc sommé de démissionner du gouvernement par le duo Morano-Copé. La gauche, Premier ministre en tête, s'empresse alors de rappeler le nouveau ministre est condamné pour des propos qu'il n'a pas tenu dans l'exercice de ses fonctions... contrairement à des ministres UMP qui profitèrent d'avantages douteux (logée chez un ami d'un ami de Ben Ali, fumant des cigares payés par l'argent de nos impôts...) dans le cadre de leurs fonctions ! Ajoutons que, concernant M. Montebourg en particulier, il a été condamné par des patrons qui ont porté l'affaire en justice... alors que d'autres dirigeants politiques n'ont pas été poursuvis pour avoir tenus les mêmes propos !

 

Devenue opposante, la droite multiplie les attaques contre le nouveau pouvoir. A titre d'exemples:

1- L'attitude discourtoise de F. Hollande qui, le jour de l'investiture, n'a pas raccompagné son prédécesseur jusqu'à sa voiture, puis s'en est pris à sa politique dans son discours d'intronisation, sans même souligner un fait positif du quinquennat finissant. Tout en en ayant été membre, je n'ai pas souvenir d'un N. Sarkozy se félicitant de la politique de son prédécesseur: ses critiques contre le CPE de D. de Villepin ou encore la tendance à reculer devant les syndicats défilant dans les rues ont aussi caractérisé l'ancien chef de l'Etat.

2- La tenue de Cécile Duflot, se présentant en jean le jour du premier conseil des ministres à l'Elysée: je me demande comment des responsables politiques et des médias peuvent s'attarder à commenter un fait aussi banal. La ministre écolo a bien le droit de porter les vêtements de son choix, d'autant qu'il ne me ssemble ni vulgaire ni impoli de porter un jean de nos jours ! Ce qui me choque davantage, c'est que la leader d'EELV ait été interrogée, dans Le Nouvel observateur, sur les raisons de ce choix vestimentaire: au détour d'une question, il lui a fallu se justifier (en expliquant que son pressing était fermé, jour férié oblige) comme si elle était en position d'accusé. Je suggère, à l'UMP, de faire son rôle d'opposante et de présenter, dès le retour des députés à l'Assemblée, un projet de référendum populaire pour inscrire dans la Constitution un code vestimentaire pour le Conseil des minsitres !

 

3- La tenue de ce même Conseil des ministres un jour férié. D'une phrase: Mme Boutin, renvoyée dans ses cordes par Nadine Morano elle-même (qui expliquait que la République et ses élus n'avaient pas à respecter une fête à caractère religieux), ne semble pas capable d'ouvrir la bouche pour nous entretenir de sujets majeurs. Qu'elle se taise !

4- En voulant faire "proche du peuple", le Président Hollande coûte beaucoup plus cher que son prédécesseur pour ses voyages à l'étranger et en province: selon l'UMP, les déplacements en train supposent des dispositifs de sécurité bien plus onéreux que ceux réalisés avec l'avion présidentiel. Il faudrait, en effet, poster des forces de l'ordre à chaque pont, chaque tunnel emprunté par ledit train, afin d'éviter tout acte terroriste. Malheureusement pour l'UMP, le style Hollande est aux antipodes de leur conception de la fonction présidentielle: l'actuel chef de l'Etat privilégie ses convictions (transport en commun, moins polluant, plus rapide et plus pratique) à son rang. D'ailleurs, en ne se déplaçant qu'en avion, Sarko coûtait en réalité plus cher: navette Elysée-aéroport; achat de l'appareil; prix du carburant et de ses fonctionnalités; coût des avions de chasse escortant "Air Sarko One"... L'ensemble du dispositif représentait une dépense souvent dénoncée par le député de l'Aisne, René Dosière.

 

Bref, avec toutes ces "affaires", la droite française montre qu'il est bien plus difficile d'être dans l'opposition qu'au pouvoir. Pire: l'UMP, et ses principaux dirigeants (qui aspirent tous à être candidat(e) à une Présidentielle), démontre qu'elle n'est pas à la hauteur de cette mission... En sur-réagissant à chaque non-événement, M. Copé semble oublier un élément majeur de notre vie politique: pour diriger le pays, il faut gagner la confiance d'une majorité de Français. Pour l'instant, il est dans la phase n°1, celle de la conquête de la présidence de son parti (rampe de lancement vers l'Elysée en 2017, croit-il). D'où ces attaques, féroces et répétées, contre le nouveau gouvernement... auquel les sympathisants UMP, tout aussi nuancés et sages que leurs dirigeants, proclament majoritairement sa défiance ! Problème: avec ces propos imbéciles, M. Copé se met à dos une part majeure de l'électorat national. En usant d'une stratégie droitière qui vient de perdre Nicolas Sarkozy, le député-maire de Meaux est l'un des politiciens les plus impopulaires de France. Mauvais débatteur, plein de mauvaise foi et d'ambition personnelle, il finit par nous fatiguer. J'en suis, personnellement, venu à zapper dès qu'il est invité quelque part. Jusque-là, j'avais la patience de l'écouter. Depuis le 6 mai, je ne peux plus... Il m'insupporte ! D'ailleurs, dans la course à la direction de l'UMP, il n'est jamais le favori: ni les sympathisants, ni l'ensemble des Français n'aimerait le voir diriger ce parti. Tout un symbole !

 

Pour diriger l'UMP, les Français verraient bien François Fillon. Que ce soit du côté des sympathisants ou de l'ensemble des panels interrogés, le Premier ministre sortant a la faveur des Français... comme s'il devait être exempté de toute responsabilité dans l'échec de son candidat à la présidentielle. Certes, celui qui se verrait bien maire de Paris n'a pas de réseau au sein même de l'UMP. Mais, avec sa candidature à la députation (il se fera élire dans une circonscription parisienne sans danger) et sa ligne modérée, celui qui a dirigé l'action du gouvernement Sarkozy pendant toute la durée du mandat (ce dont il est fier... quand il raconte, à Lionel Jospin qu'il rencontre le 8 mai dernier, qu'il l'a battu en terme de longévité à Matignon !) apparaît comme un homme neuf. Il faut dire que le président battu a, par sa défaite, pris la responsabilité de son échec. Au point que ses ministres, dont le premier d'entre eux, nous jouent les novices: expérimentés, au contraire des nouveaux membres du gouvernement Ayrault, ils semblent ne pas comprendre que le peuple français les tient, même partiellement, tout aussi responsables de l'échec sarkozyste. Si la France en est là, c'est du fait de la politique du Président sortant, appliquée avec zèle par des ministres rarement critiques à l'égard du vaincu. Copé ou Fillon? En 2017, la droite aura fort à faire pour convaincre...

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 21:27

En 1981, la grande question, au lendemain de la victoire historique de François Mitterrand, était de savoir si les communistes allaient entrer au gouvernement et dans quelle proportion. Trente-et-un ans plus tard, en 2012, la même question se pose après la victoire, non moins historique, de François Hollande: les écologistes vont-ils faire leur entrée au gouvernement? Combien de postes leur seront "réservés"? Les délégués du parti se sont exprimés lors d'une réunion: pour une grande majorité (plus de 80%), la participation au gouvernement est nécessaire. Le parti revendique trois places, dont au moins un ministère dit "de plein exercice". Les noms d'Eva Joly, de Cécile Duflot (qui a par ailleurs annoncé qu'elle quitterait, telle Martine Aubry au PS, son poste de secrétaire nationale d'EELV), de Jean-Vincent Placé (un symbole de la diversité, version coréenne) ou encore de Yannick Jadot (ancien de Greenpeace, devenu député européen à l'occasion des élections de 2009) circulent. C'est d'ailleurs fort de ce score aux dernières européennes (plus de 16%, devant le PS) que les écologistes réclament une place de choix dans le gouvernement. Pour eux, le score d'Eva Joly (2,3%) ne représente pas le poids réel de l'écologie politique dans le pays...

 

... En effet, ce n'est pas dans une élection présidentielle, où les Français choisissent un chef de l'Etat, futur chef des armées qui devra représenter le pays à l'étranger, que les écologistes réalisent leur meilleur score. C'est, en revanche, dans les scrutins à la proportionnelle (où, en votant pour un candidat, on est davantage assuré qu'il l'emporte), que les élus d'EELV se révèlent au mieux. Il me paraît donc normal que ce courant politique, dont l'ampleur fluctue, soit dignement représenté aussi bien à l'Assemblée nationale (c'est ce que Martine Aubry a permis en signant l'accord législatif) qu'au sein du gouvernement. Tout progressiste de gauche dispose, dans ses convictions, d'une fibre écologiste: on peut ne pas être d'accord avec toutes les propositions des Verts (sur l'immigration, les institutions...), mais chacun peut se reconnaître dans d'autres... comme François Hollande l'a d'ailleurs fait dans l'entre-deux-tours. Sans que cela ne prête à commentaire dans les médias, le candidat socialiste a fait siennes deux propositions des écologistes lors du débat télévisé avec son adversaire: mettre en place une tarification progressive des énergies (électricité, gaz, eau) pour les particuliers en rendant toute sur-consommation plus onéreuse; l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives pour rendre l'Assemblée plus représentative.

 

Au fond, la réflexion que Daniel Cohn-Bendit avait tenté de lancer au début de la campagne électorale (avant de s'afficher avec Eva Joly) me semble plus que jamais d'actualité: les écologistes doivent-ils continuer à présenter des candidats aux élections présidentielles (histoire d'exister médiatiquement) ou y renoncer en préférant soutenir le candidat progressiste (socialiste ou non, d'ailleurs) et faire progresser la diffusion de leurs idées au plus haut niveau de l'Etat? Même si je comprends la nécessité d'être présent dans le débat présidentiel, parce que les institutions de la Vème République le rendent incontournable, je pense que la seconde option est préférable. La gauche doit se verdir de l'intérieur: pour réussir, un gouvernement de gauche doit savoir piocher, dans chacune des sensibilités qui le compose, ce qu'elle propose de meilleur. Côté écologiste, le développement d'une filière industrielle des énergies renouvelables ou encore la nécessité de prendre en compte la dimension écologique des crises qui sont nées du libéralisme à outrance peuvent garantir la réussite d'une politique de gauche. L'avenir nous dira si cette alchimie produit des résultats... et si les Verts s'entêtent à désigner l'un des leurs (tout aussi compétent, intègre, déterminé et sympathique fut-il... comme Eva Joly, cette année) pour finalement s'effondrer à la présidentielle !

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 10:33

Premier article d'une nouvelle rubrique: "Vers 2017" !

"Je voulais à tout prix le voir, lui": montrant à la caméra de France 2 la main avec laquelle elle a serré celle du président vaincu, une femme explique pourquoi elle venait participer aux cérémonies parisiennes du 8 mai. C'est le dernier exemple de cette frénésie pro-Sarkozy qui a envahi les rangs des sympathisants UMP depuis dimanche soir. Après l'annonce des résultats, salle de la Mutualité, on a pu entendre, face caméra, d'autres envolées stupides: "Demain, je fais mes valises et je quitte la France. En Suisse, par exemple"; "La France est coulée: elle va rejoindre les rangs des pays que la gauche a déjà plombé comme la Grèce, l'Espagne ou l'Italie". Bref, côté militants, on fait aussi fort que les cadres de l'UMP quand il s'agit de balançer, aux médias, des contre-vérités non argumentées ou les fameux éléments de langage qui ont pu faire le charme d'une soirée électorale bien terne.

 

Alors que les plateaux télé étaient clairsemés et qu'au fond, les responsables présents n'avaient pas grand chose à dire, les sortants de l'UMP (Copé, Dati, Juppé, Bertrand, Morano et les autres) nous ont servi, sept fois sur France 2, la même soupe: "Avant tout, je veux saluer de façon républicaine la victoire de M. Hollande". Le lendemain, c'est Valérie Rosso-Debord (40 ans), députée de Meurthe-et-Moselle depuis 2007, qui balançait, partout où elle passait, un de ces éléments de langage: "Le 3ème tour, c'est maintenant... Le 3ème tour, ce sont les législatives" ! Grâce à un journaliste, on a pu l'entendre prononcer cette phrase une dizaine de fois à des interlocuteurs différents !

 

Mais, le plus frappant a été le déroulement du discours sarkozyste, reconnaissant sa défaite vers 20h15. A 20h, les militants UMP arrêtent d'agiter leurs drapeaux, crient leur déception et, pour certains, pleurent devant le visage, apparu sur écran géant, de F. Hollande... Chacun son tour ! On dit souvent que "les bonnes choses ont une fin": après dix ans au pouvoir, la droite doit donc céder sa place à la gauche... et les éclats de joie ont changé de camp. Depuis plus de vingt ans, les sympathisants de gauche subissent ce drame de l'annonce des résultats à 20h. Comme moi en 2007, les militants UMP pleurent. Comme moi depuis 2007, ils vont devoir patienter cinq ans... et vont, comme leurs chefs, tourner les yeux vers la prochaine échéance, en 2017. Et ils constateront que, cinq ans, c'est à la fois une éternité (j'ai l'impression que les 3 ans et demi d'Obama à la Maison-Blanche n'ont rien à voir avec les 5 ans de Sarkozy à l'Elysée... alors qu'il n'y a qu'un an et demi d'écart !), mais que cela passe vite, tout compte fait. En cinq ans, Nicolas Sarkozy a beaucoup réformé, a pris des mesures qui ont changé (en bien ou en mal) notre quotidien. Il peut se vanter d'avoir modifier nos habitudes (la suppression de la publicité après 20h et le début des programmes de France Télévision à 20h35, permettant d'avancer d'une demi-heure la 2ème partie de soirée, est un bel exemple).

 

Passée l'émotion (et la douleur) liée à la défaite, le vaincu a donc essayé de s'exprimer devant ses troupes. Son discours a été émouvant: il a montré un homme qui avait beaucoup appris pendant son mandat présidentiel, qui affirmait en avoir tiré beaucoup d'expérience et de leçons, mais aussi qui avait clairement pris du plaisir à gouverner ! Il a donné l'impression d'avoir atteint son rêve, de l'avoir vécu pleinement et de peiner à s'en défaire. Car, pour lui aussi, les cinq dernières années ont tout bouleversé, tant professionnellement que dans sa vie privée. Pourtant, les militants UMP ont réussi à tout gâcher: en l'interrompant et en sur-réagissant à chaque phrase (comme pour l'empêcher de prononcer la même sentence que Lionel Jospin en 2002), l'auditoire donnait l'impression d'une secte toute entière tournée vers son gourou. Toutes ses paroles sont bues, puis répétées. Ses gestes sont scrutés et analysés. Mais, dans l'ombre, derrière une volonté hostensiblement affichée d'unité, les successeurs potentiels se pressent... C'est à savoir qui deviendra calife à la place du calife. Officiellement, l'UMP est en rang serrée et la direction sera collégiale pour mener la bataille des législatives. Mais, rapidement (dès le 17 juin, si la cohabitation qu'ils souhaitent a lieu), le parti aura besoin d'une seule et unique tête. La culture politique de droite est de n'avoir qu'un chef, celui dont tout découle. Après les législatives, selon qui aura été vaincu ou élu, la guerre des sous-chefs aura bien lieu... Et un nouveau gourou viendra distribuer la bonne parole aux militants disciplinés ! 2017 sera alors pleinement en ligne de mire...

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