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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

18 juin 2007 1 18 /06 /juin /2007 06:45

Avant tout commentaire, voici quelques chiffres qui permettront d'éclairer mes positions. Dans la nouvelle Assemblée, la droite parlementaire (Nouveau Centre+UMP+Divers droite+MPF) rassemble 347 sièges (60%), dont 238 obtenus au second tour, tandis que la gauche parlementaire (PCF+PS+Verts) capitalise 226 députés (39%) dont 225 élus au second tour, le 1% manquant allant aux quatre élus du MoDem. La droite recueille 49,66% des voix contre 49,08% pour la gauche: vus ces résultats, on ne peut que constater que la vague bleue annoncée n'a pas eu lieu... au final, des digues incertaines ont finalement résisté et, parfois, bien résisté !! Ce scrutin a été marqué par deux phénomènes principaux: 1- les Français n'ont pas voulu d'une Assemblée entièrement sous le contrôle d'un seul parti, et l'ont voulu plus représentative du paysage politique français: dans un sondage BVA, pour Orange, 62% des personnes interrogées se déclarent satisfaites du résultat, tandis que 65% affirment ne pas être surpris(es) du résultat de ce dimanche. 2- le très faible taux de participation, qui est une très mauvaise chose, confirme la stupidité de l'inversion du calendrier et de la création du quinquennat... un problème auquel le président Sarkozy, à la lumière de ma première remarque, devrait envisagé de trouver une solution (que lui réclame le peuple).

Si on rentre dans le détail des enseignements du scrutin, plutôt que de commenter les résultats nationaux (la perte d'une quarantaine de députés pour la majorité signifie que Sarkozy a moins bien réussi que Chirac), je vais partir de l'exemple de ma circonscription pour tirer deux conclusions provisoires: 1- les abstentionnistes du premier tour se sont sans doute déplacés pour soutenir les candidats de gauche, tandis que certaines électeurs qu'aurait pu "récupérer" la droite ne l'ont pas fait: j'en veux pour preuve la victoire des candidats de gauche dans les circonscriptions serrées, où PS et UMP étaient presque à égalité à l'issue du premier tour. Dans ma circonscription, la gauche parlementaire obtenait 44,3% (26,1% pour le divers gauche sortant et 16,2% pour la socialiste) tandis que la droite parlementaire recevait 37,2% (dont 32,1% pour l'UMP, sans compter les 8,2% du FN, acquis à la candidate de la majorité parlementaire). Au second tour, le député sortant est facilement réélu avec 54,58% des voix. 2- le poids des personnalités locales s'est confirmé dans nombre de circonscriptions, qui ont préféré le candidat le plus présent dans leur secteur, et souvent salué pour son action: c'est le cas dans ma circonscription et on peut citer les défaites des "parachutés" comme l'avocat Arno Klarsfeld (qui n'a, heureusement, pas fait le poids !), ou la victoire des grandes figures comme Arnaud Montebourg, François Bayrou, Jean Lassalle. C'est ce que confirme le sondage BVA qui révèle que 61% des Français avaient fait leur choix avant les présidentielles (contre 22% dans l'entre-deux-tours des législatives), privilégiant donc les sortants.

Le plus bel exemple, parmi ceux que je connais le mieux, est celui du dépité axonais de Laon, René Dosière, célèbre pour son enquête sur les comptes de l'Elysée: arrivé second au premier tour, à cause de la présence d'un candidat officiel du PS, il l'a emporté très facilement, avec un score encore meilleur que celui de 2002. Dans cette circonscription, l'unité de la gauche et du centre-gauche (avec près d'un électeur sur deux du MoDem) a été totale, afin d'éliminer la candidate de la majorité présidentielle. Ce scénario est assurément le plus répandu pour ce scrutin... et, comme l'a dit Olivier Besancenot, sur le plateau de France 2, les Français qui se sont déplacés ce 17 juin ont voulu marqué leur opposition à certaines mesures, dont la plus symbolique est cette fameuse TVA sociale. Les personnes de gauche et du centre qui avaient voté pour Sarkozy (séduites par le personnage) ont finalement voté à gauche, constatant que le programme du nouveau président, à y regarder de plus près, ne correspondait pas vraiment à leurs attentes...

Enfin, en ce qui concerne la présence des femmes au Palais Bourbon, elle est, là aussi significative: certes, la part des femmes dans la nouvelle assemblée connaît une progression (qui est une première étape, non négligeable), mais elle reste inférieure à 20% ! Et on ne peut pas dire que la droite parlementaire est participé le plus à ce renouveau ! Chiffre à l'appui: 56 femmes de gauche ont été élues contre 46 femmes de droite (rien qu'en donnée absolue, on voit la différence) ce qui, ramené en pourcentage, représente 25,7% pour la gauche contre 13,9% pour la droite !! Alors que le PS avait présenté autant d'hommes que de femmes, la droite avait elle aussi présenté plus de candidates que d'habitude... mais dans les circonscriptions les moins "gagnables". La meilleure illustration étant les chiffres du Nouveau Centre (qui préfère les fauteuils aux idées): le parti d'Hervé Morin devrait obtenir une vingtaine d'élus, dont certains ont été reconduits dès le premier tour... et que des hommes: bravo !!

Conclusion: si la droite a indéniablement gagné la bataille présidentielle, sur la base d'un projet et d'une idéologie clairement renouvellés, elle a aussi remporté les élections législatives: même après avoir perdu le premier tour du scrutin, la gauche en a remporté le second, comme le succès de grandes figures socialistes semblent le confirmer (Arnaud Montebourg semble le plus illustratif !). Il ne reste plus qu'à cette gauche, dont le potentiel électoral n'est donc, pour l'instant, que basé sur une contestation de la droite, a renouvellé à son tour son idéologie... et ses cadres !!

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Published by Aurélien Royer - dans Vers 2007
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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 11:59

Très belle analyse que celle de Nicolas Beytout, éditorialiste au Figaro, qui "défie" son confrère de Libération, Laurent Joffrin, chaque matin sur France Info. Pour répondre à la question (le PS et le MoDem peuvent-ils s'allier?) d'aujourd'hui, Nicolas Beytout a rappelé l'importance des alliances dans le mode de scrutin majoritaire à deux tours, constatant que les partis ayant conclu des alliances s'en sortent mieux que ceux qui s'netêtent à présenter des candidats partout. La meilleure preuve étant la profonde différence entre les résultats du Nouveau Centre, d'Hervé Morin (photo), dont sept de ses députés sortants sont réélus dès le premier tout, alors que le MoDem aura du mal à en conserver deux après le second tour. Les partis des deux extrêmes, enfermés dans leurs certitudes et leur refus de gouverner, s'écroulent: preuve en est la stupide réaction de Jean-Marie Le Pen qui, dimanche soir, ne savait plus quoi dire pour constater son naufrage: pour lui, les électeurs n'ont pas choisi les candidats du FN parce qu'ils "savent que tout se décide à Bruxelles" !! Quel coup de génie...

Se pose désormais la question des alliances de second tour car, pour ce qui est de la recomposition du paysage politique, qui est inévitable, il va encore falloir attendre... le PS doit-il s'allier au MoDem? Trois remarques permettent de donner des pistes de réflexion. 1- le MoDem, avec près de 8% des voix, réalise un score honorable après les désertions enregistrées. Le parti ne parviendra pas à se faire entendre dans l'hémicycle, seules deux personnalités ayant une réelle chance de s'imposer dimanche. L'avenir de ce parti réside dans une alliance durable avec les sociaux-démocrates, de façon à créer un grand parti qui soit réellement au centre, à mi-chemin entre le centre-gauche et le centre-droit, en accueillant des personnalités de ces deux tendances. 2- pour conserver la pluralité de la vie politique et la représentativité de l'Assemblée, comme certains responsables comme Marielle de Sarnez ou François Bayrou lui même semblent le souhaiter, il est évident que les électeurs du MoDem devraient voter PS ou, au moins, ne pas voter UMP pour éviter que la majorité à venir soit trop écrasante. 3- sur les principales mesures d'ores et déjà annoncées par le gouvernement, les deux partis sont proches pour s'y opposer. Quant à savoir si leurs solutions alternatives le sont aussi, on attendra pour juger.

Pour ce qui est du mode de scrutin, le débat va se prolonger, bien après le second tour, dans la mesure où la Chambre qui sortira de cette élection sera unique au monde ! Même aux Etats-Unis, qui semblent être le modèle démocratique du président, jamais un des deux grands partis n'a détenu trois quarts des sièges, d'autant plus que la situation de cohabitation, tant redoutée de ce côté-ci de l'Atlantique, y est fréquente (républicains/Clinton, démocrates/Bush actuellement). Même en Ukraine, en Russie (!?) ou en Algérie, le parti au pouvoir ne dispose pas d'une telle majorité parlementaire: la situation que nous nous apprêtons à vivre, digne des années 1815, 1919 ou 1993, existe déjà en... Syrie, Ouzbékistan, Kazakhstan et au Venezuela !! Une dose de proportionnelle, dans le contexte démocratique européen, et dans le contexte politique français, est devenue nécessaire: certes, la gauche aurait pu, en étant au pouvoir, le faire... mais aujourd'hui, les Français y aspirent majoritairement.

Dès lors, pourquoi ne pas le faire, quand on revendique la rupture avec les pratiques d'hier? Plutôt que de sans cesse critiquer la gauche pour ce qu'elle n'a pas fait, en en faisant un argument pour ne pas le faire soi-même tout de suite, le président devrait penser à faire bouger les choses. Il va déjà commencer en offrant la présidence de la commission des finances, dont certaines compétences pourraient toutefois revenir au président de l'Assemblée (selon les informations de Marianne). Il va poursuivre en donnant à l'opposition un vrai statut, comme s'il s'agissait de protéger une espèce en voie de disparition ! Au sein de cette opposition, Ségolène Royal en appelle à ses électeurs pour "[lui] donner un groupe parlementaire fort dont [elle] a besoin": elle se positionne en future leader du PS et de l'opposition ! Pour le bien de la démocratie, Corinne Lepage, soutien de François Bayrou et ancienne ministre de l'environnement, appelle les électeurs qui en ont la possibilité d'envoyer à l'Assemblée des députés "écolos": pour elle, Yves Cochet ou Noël Mamère méritent d'être reconduits, tandis que l'élection d'Alain Juppé sera aussi une bonne chose.

Enfin, alors que la droite sarkozyste, correspondant à l'étiquette "Majorité présidentielle", n'est pas majoritaire dans le pays réel (45,6%), elle pourrait représenter plus de deux tiers des sièges dans le "pays légal". Marianne, dans son numéro d'aujourd'hui, commentant les résultats, parle d'une "chambre bleu nuit", c'est-à-dire une chambre à coucher... ou plutôt à SE coucher, critiquant les ralliements calculateurs des ex-UDF qui ont, ainsi, sauvé leurs places. Or, ce seuil des deux tiers est particulièrement important, puisqu'il correspond à la majorité qualifiée pour: 1- les réformes constitutionnelles et 2- les mesures d'urgence... autrement dit, ces mesures exceptionnelles, qui nécessitent d'habitude un débat et des négociations, pourront passer comme une lettre à la poste. Et là, c'est grave... face à une telle assemblée monolithique, qui enregistrera toutes les décisions du super-président, le seul moyen pour les citoyens sous-représentés (et potentiellement majoritaires, dans le pays réel) de se faire entendre passera par la rue ! Là aussi, le risque existe... et que feront les Français convertis au sarkozysme, qui seront déçus dans les mois qui suivront l'état de grâce, et qui n'auront alors plus de représentants témoignant de leur mécontentement? Que vont faire les députés qui, en off, critiquent la mesure sur les heures supplémentaires, sinon de voter la mesure pour ne pas apparaître comme un diviseur?

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Published by Aurélien Royer - dans Vers 2007
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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 14:08

C'était attendu: la vague bleue s'est donc produite... et, malheureusement, son ampleur est bien celle que les sondages laissaient entendre. Si bien que dans ma propre circonscription, où Nicolas Sarkozy est arrivé en tête au second tour de la présidentielle, c'est la candidate de l'UMP qui arrive devant le député sortant à l'issue du premier tour ! Divers gauche, maire d'une commune de 20 000 habitants (où il arrive en tête avec plus de 52% des suffrages), il totalise 26% des voix contre 32% pour la candidate UMP: il faut dire qu'une candidate socialiste était également en lice, qui obtient 16% des voix (ce qui fait, tout de même, 42% pour la gauche !). Suivent, dans l'ordre, le FN, le MPF et le MoDem. Globalement, le département de l'Aisne devrait échapper à cette vague bleue, puisque dans deux circonscriptions, les députés socialistes sortants sont en ballotage plutôt favorable. La circonscription de Saint-Quentin a vu l'élection, au premier tour, de Xavier Bertrand, qui va donc pouvoir conserver son poste de ministre... et s'empresser de démissionner pour laisser son siège à une suppléante paradoxalement contesté pour son inaction à l'Assemblée, ces dernières années. Comme quoi, les législatives reposent bien sur une personnification du scrutin...

A l'échelle nationale, le succès de l'UMP est incontestable pour deux raisons: 1- le parti présidentiel arrive en tête en nombre de voix, devançant nettement la gauche dans sa diversité ; 2- déjà 109 députés UMP ont été élus ou réélus dès le premier tour, contre un seul socialiste qui n'aura pas à aller au second tour de dimanche prochain. Mais, ce résultat peut être nuancé, pour deux raisons: 1- entre les projections des sondages à 20h et les résultats publiés ce matin, il y a un écart, que peu de médias vont s'empresser de souligner ! Concernant le rapport de force droite/gauche, TF1 annonçait 45,8% contre 36,4% (soit un écart de 8,4%), France 2 annonçait 45,6% contre 35,6% (soit 10% d'écart) et le ministère de l'Intérieur publie les chiffres suivants: 45,58% pour la droite parlementaire et 37,90% pour la gauche parlementaire, soit un écart de 7,68% ! 2- le taux de participation est le plus faible de toutes les législatives de la Vème République, ce qui pose un problème pour nos futurs élus: comment faire pour remobiliser les Français lors des législatives des prochaines décennies? Enjeu crucial !

De manière globale, les réélections dès le premier tour sont dues, pour la plupart, à la carrure du député sortant (la prime au sortant), à son efficacité politique (peut-être pas tous !) et à son appartenance au camp présidentiel (la vague bleue). Ce poids des personnalités, qui pourraient sauver la gauche dans des circonscriptions instables (comme la mienne), se confirme dans le Pas-de-Calais, où Marine Le Pen se positionne en deuxième place, derrière un socialiste, réalisant son meilleur score pour une législative et apparaissant comme la seule figure du FN à pouvoir se maintenir au second tour. Il est toutefois des personnalités pour qui c'est terminé (Anne-Marie Comparini, Marielle de Sarnez) ou pour qui ce sera compliqué (Arnaud Montebourg): ces personnalités auraient pourtant leur place à l'Assemblée... ce que seul un scrutin de liste pourrait permettre. Analysons, à présent, les situations et les déclarations des trois principaux partis, que sont l'UMP, le PS et le MoDem.

L'un des premiers à intervenir a été François Hollande, le premier secrétaire du PS, qui attribue la défaite du PS à la faible mobilisation de son électorat, notamment les jeunes et les habitants des quartiers populaires, qui sont résignés depuis le 6 mai. Ces 17 millions de Français qui avaient alors choisi Ségolène Royal, dont une majorité pour rejeter Nicoals Sarkozy, ne voient pas l'intérêt de se déplacer: leurs voix, pourtant acquises aux socialistes, expliquent que certains des candidats de gauche se retrouvent en ballotage défavorable. Certes, l'absence de projet clair, le manque d'entrain pour la campagne des législatives et le mattraquage médiatique annonçant la vague bleue ne pouvaient qu'inciter ces électeurs à profiter du soleil... à eux de comprendre que le PS a besoin d'eux pour exister dans la future Assemblée. Car je ne crois pas que ce soit la présidence de la commission des finances qui empêche l'UMP d'adopter tous les futurs projets de loi !

Quant à la stratégie du PS, elle a montré ses limites, et le seul exemple des parachutés et des dissidents est sur ce point illustratif. Cette question est d'autant plus intéressante que les principaux exemples (je vais en présenter trois) le montrent: les greffes de personnalités sans lien avec la circonscription dans laquelle ils se présentent ne prennent pas. 1- le PCF n'a pas investi le bouillonnant Maxime Gremetz, présentant contre le député amiénois sortant un "candidat officiel" qui ne passe pas le premier tour: logiquement, l'UMP arrive en tête mais le député communiste sortant pourrait tout de même s'imposer dans un quartier populaire de l'agglomération amiénoise. 2- dans ma circonscription, face au député divers gauche sortant, soutenu par le PCF et le PRG, le PS et les Verts présentaient, comme en 2002, leur propre candidat. La jeune candidate socialiste, conseillère régionale d'Ile-de-France, au demeurant compétente et sympathique, déterminée et appliquée, n'a pas résisté à la popularité locale du député sortant. 3- dans la circonscription de Laon, préfecture de l'Aisne, le député socialiste sortant, René Dosière, célèbre pour son enquête minutieuse sur les comptes de l'Elysée, n'a pas été investi par le PS, qui a présenté un candidat officiel, faisant du sortant un dissident, exclu du parti. Le candidat UMP, en tête, devance René Dosière auquel les électeurs de gauche ont renouvelé leur confiance.

La greffe du MoDem, elle non plus, n'a pas prise: à l'exception de François Bayrou, nettement en tête et en ballotage favorable, et de Jean Lassalle, les candidats du nouveau parti centriste ont eu du mal à s'imposer. Deux figures ont été éliminées: la sortante Anne-Marie Comparini dans le Rhône et la candidate à la mairie de Paris Marielle de Sarnez. Le score du MoDem, ne renouvelant pas celui de François Bayrou (ce qui était prévisible), n'en est pas moins un bon début, pour un parti naissant. Reste toutefois que le sort de certaines circonscriptions vont dépendre de l'attitude de ses électeurs, les scores de l'UMP et du PS étant trop proches pour qu'un potentiel vainqueur se dégage... si bien que les politiciens des deux camps font les yeux doux à Bayrou ! Les cadres du parti centriste (central?) appellent au respect du pluralisme démocratique, sous-entendant de ne pas favoriser l'UMP, qui aura assez de la majorité qui se prépare: y aura-t-il pour autant rapprochement ou rencontre, devant les caméras, de Bayrou et Ségolène? A voir... je livre enfin la plus belle phrase de la soirée, signée du François Bayrou: "On n'est pas plus ou moins citoyen, selon que l'on est plus ou moins proche du pouvoir"... un bel appel à une réflexion trans-partisane sur une dose de proportionnelle !

Enfin, côté UMP, au-delà des succès personnels du premier tour (notamment des ministres et des figures comme Jean-François Copé, Laurent Wauquiez, sans compter les dix sortants alsaciens), les responsables gouvernementaux rappellent que ce premier tour n'est qu'une étape et que la partie n'est pas (encore gagnée). Côté déclaration, le premier ministre en a fait une belle: "Les conditions sont réunies pour créer un choc de confiance, un choc de croissance"... autrement dit, après le résultat des élections, l'économie va repartir: ne serait-ce pas ce pour quoi Ségolène Royal a été tellement critiquée? C'est un peu comme "l'ouverture": stupide et impossible quand François Bayrou la proposait, mais meilleure solution et preuve de suucès après la présidentielle... finissons par une note d'humour, pêchée dans France Soir. Une équipe de chercheurs australiens a fait un calcul qui va changer la face du monde: ce sont les voitures de couleur noire qui sont les plus accidentogènes mais, pas de soucis, en revanche, pour les voitures... bleues. Espérons que la France, non plus, dans les cinq ans qui viennent, n'aura pas d'accident... de croissance !!

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Published by Aurélien Royer - dans Vers 2007
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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 16:13

Précisons tout d'abord que la question ainsi posée ne sous-entend pas une réponse négative: il est évident que, la majorité des Français ayant choisi Nicolas Sarkozy, la majorité d'entre eux s'apprête à reconduire la majorité sortante, pour la première fois depuis 1974. Ma question reprend en fait la une du dernier numéro de Marianne (samedi 2 juin), qui affirme ceci: "Où il est démontré que, pour permettre une vraie rupture, il est totalement absurde de reconduire les sortants...". Cette remarque appelle deux commentaires: 1- il est vrai qu'il est difficile de rompre avec les cinq dernières années si les parlementaires qui seront le support de la rupture sont les mêmes qui ont permis de mener la politique (en partie, contestée) du précédent quinquinnat. 2- les Français sont libres de donner une majorité à l'UMP, en donnant leurs chances à des "nouveaux" et en écartant les "anciens". Dans cette optique, l'hebdomadaire dresse la liste de ceux dont "il ne faudrait pas qu'ils rempilent", en les classant en cinq catégories. "Les grandes gueules réacs": Eric Raoult, Didier Julia, Jérôme Rivière, Christian Vanneste, Olivier Dassault, Thierry Mariani, Christian Estrosi et Georges Fenech. "Les papys de l'Assemblée": Jean-Pierre Soisson, Louis Guédon, Loïc Bouvard. "Ces girouettes qui pleurent": Nicolas Perruchot, Hervé Morin, Charles de Courson, Maurice Leroy ou François Sauvadet. "Cinq ans de plus pour ceux-là aussi?": Pierre Bédier, Jean-François Mancel, Jean Tiberi, André Santini ou Patrick Balkany. "Le prix à payer pour une autre gauche": Michel Delebarre, Jean Glavany, Daniel Vaillant. Malheureusement, ce sont aussi ces hommes qui bénéficient, pour la majorité d'entre eux, des circonscriptions les plus propices à une réelection !

Il est vrai que la France a besoin de "renouveau" (c'est le slogan de la candidate socialiste de ma circonscription !), ce qui passe par des réformes de nature institutionnelle: la parité, le non-cumul des mandats pour les parlementaires, une limitation du nombre de mandats dans le temps (il n'y a pas qu'un personnage talentueux par circonscription tout de même !), un âge limite d'activité (mais, là, demander à un parlementaire de quitter son siège, donc de renoncer à nombre d'avantages et à un salaire très attractif, pour laisser la place aux jeunes paraît être une mission délicate). Ce type de réforme, souhaitable (mais dont les dispositions peuvent être débattues), ne peut être soumis qu'au vote du peuple souverain, car on imagine déjà le résultat d'un vote par le Congrès ! Pour ceux qui ont peur que cela changent, soyez rassurer: la situation ne devrait pas évoluer d'ici à 2012 (voire plus...) même si le président Sarkozy laisse entendre qu'une "dose minoritaire de proportionnelle" pourrait s'appliquer dans cinq ans !!

Voilà une bonne nouvelle: la mesure aurait le mérite de faire bouger (un peu) les choses, sauf si cette part minoritaire est de l'ordre de 10% comme l'avait suggérer Brice Hortefeux pendant la campagne. Exemple concret: le FN a recueilli environ 10,5% des voix à la présidentielle. Avec le vote majoritaire, il pourrait se maintenir dans certaines circonscriptions (pour former des triangulaires) mais n'a aucun espoir d'être représenté au Palais Bourbon. En consacrant 58 sièges à la proportionnelle, le FN obtiendrait 5 à 6 mandats, soit 1% des sièges ! Avec 33% de sièges soumis à la proportionnelle (comme je le propose), le parti de Le Pen serait représenté par 18 personnes, soit 3% des sièges. Il n'y aurait pas de menaces sur la constitution d'une majorité et la diversité idéologique de la France serait, en petite partie, représentée dans le pouvoir législatif.

J'en viens au dernier point de cet article, qui concerne les majorités trop écrasantes qui, l'histoire de la Vème République le montre, n'ont jamais été de bonnes périodes pour la vie politique, et plus largement pour la vie du pays. Je citerais ici l'exemple le plus frappant pour prouver qu'une majorité trop importante, de par le poids qu'elle représente, notamment face au pouvoir exécutif, dérive toujours vers le "moins bon": au début, ces Assemblées monocolores adoptent tous les projets de lois dans trop de difficulté mais elles finissent toujours pas s'émanciper. Ainsi, en 1958, avec le retour triomphant du général de Gaulle, rédacteur d'une nouvelle constitution, c'est une majorité bleue très large qui arrive à l'Assemblée: la période du gouvernement Debré se passe sans heurts... jusqu'à ce que le général soumette à référendum l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel direct. La majorité renverse alors le gouvernement de l'époque, celui de Pompidou, installé depuis quelques mois, et qui est le seul gouvernement à avoir été renversé par une motion de censure. La majorité, toujours de droite, qui sort des législatives anticipées de 1962 (consécutives à la dissolution prononcée par de Gaulle), est moins nette: Pompidou pourra se maintenir pendant une législature sans problèmes !! Voulez-vous envoyer une majorité de 400 députés UMP, dont une grande majorité de sortants, à l'Assemblée? Attention, il ne vous reste plus que deux jours pour choisir.

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Published by Aurélien Royer - dans Vers 2007
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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 15:54

A 17h, d'après les chiffres du ministère de l'Intérieur, 75,1% des électeurs français appelés aux urnes s'y sont déplacés pour choisir leur président de la République: le record de 1974 (photo) pourrait être battu, avec moins de 13% d'abstention, faisant de ce scrutin le plus suivi de la Vème République. Alors que les bureaux de vote ferment leurs portes dans les petites et moyennes villes de l'Hexagone, il faut encore attendre deux heures pour connaître le résultat tant attendu. Et, bizarrement, alors que beaucoup de Français attendaient 2007 depuis la dernière présidentielle, comme le montrent d'ailleurs leurs choix lors des scrutins intermédiaires, ils sont aussi nombreux à ne pas avoir vu le temps passé... pour les électeurs de gauche, la perspective de voir Nicolas Sarkozy s'installer à l'Elysée suffit à nous faire regretter ce cher Jacques Chirac, dont on regrettera les (peu nombreuses) interventions solennelles. Pour les plus nostalgiques, deux beaux ouvrages sont sortis il y a quelques semaines: "Mon combat pour la France" et "Mon combat pour la paix" sont deux ouvrages rassemblant les discours du chef de l'Etat, depuis 1995, respectivement sur l'état de la France et sur la scène internationale.

A vingt heures, quand apparaîtra sur les chaînes de télévision, le visage du nouveau chef de l'Etat, la France sera plus que jamais coupée en deux: les "deux France", dont parlait Laurent Joffrin dans un récent éditorial de Libération, auront alors tout leur sens. D'un côté, le camp des vainqueurs exultera: son (sa) champion(ne) deviendra le premier homme (ou la première femme) du pays et le camp concerné aura les clés de la France pour cinq ans (sauf en cas de cohabitation). De l'autre côté, le camp des vaincus sera dégoûté, anéanti de voir l'adversaire prendre la place de leur favori: s'ouvrira alors une période de contestation et d'opposition, tant à l'Assemblée que dans la rue... sauf si le vainqueur met réellement en place une nouvelle démocratie sociale capable de prévenir les conflits.

Ce dimanche de second tour, après l'heure de gloire de l'entre-deux-tours, François Bayrou, qui détient les clés de ce scrutin, verra se réaliser ce qu'il dénonçait: la déchirure de la communauté nationale qu'il voulait rassembler. Pendant cinq ans, le duel droite/gauche va reprendre ses droits, à moins que le Mouvement Démocrate ne surgisse lors des prochaines législatives... ce qui risque d'être difficile. Une chose est sûre, concernant le scrutin de juin: ce sont bien les législatives qui feront l'avenir du pays car, au regard du faible écart que prévoient les sondages, le vainqueur de ce soir est loin d'être assuré(e) d'avoir une majorité parlementaire, le confortant. La présidentielle est une élection à laquelle les Français sont très attachés: et, depuis une semaine, les Turcs manifestent régulièrement pour faire entendre leur voix, alors que le choix du chef de l'Etat est "confisqué" par le Parlement.

Pour finir sur une note un peu plus positive, il n'est pas inutile de revenir sur le taux exceptionnel de participation: les Français, pour le second tour, semblent s'être mobilisés encore davantage qu'au premier tour (ce qui est le cas chaque fois), sauf qu'en 2007, le taux d'absention, que nous découvrirons vers 19h, sera l'un des plus faibles de ces trente dernières années. Outre que la tendance observée le 22 avril se confirme, ce chiffre illustre également trois faits: 1- l'appel à l'abstention de Le Pen reste lettre morte (ce qui, a priori, devrait favoriser Sarko), 2- le scrutin de 2007 est jugé particulièrement important puisqu'il ouvre une nouvelle porte de notre histoire, notamment de par l'âge des prétendants et le fait que, pour la première fois depuis plus de trente ans, l'heureux élu l'aura emporté dès la première participation. 3- enfin, avec une telle participation, celui (ou celle) qui l'emportera sera largement légitimée par le suffrage universel.

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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 09:05

Pour aider les lecteurs, et les électeurs, à faire leur choix entre la droite et la gauche, je publie aujourd'hui (comme hier) deux tribunes, parues dans Marianne, qui permettent de voir ce qui différencie les deux camps, qui s'affrontent en vue du second tour. Les auteurs de ces textes sont des groupes d'élus: ici, il s'agit d'une tribune, intitulée "Réarmer la France", signée du club "Nouvelles voix" qui regroupe des élus socialistes, dont Gaëtan Gorce, député de la Nièvre, Christophe Masse, député des Bouches-du-Rhône, Patrick Bloche et Christophe Caresche, députés de Paris.

" Quel est l'enjeu essentiel, prioritaire auquel doit répondre cette élection? Réarmer socialement et économiquement la France dans un monde qui change et qui bouge ! Notre pays est à un moment charnière: sapé par une crise civique, sociale et électorale à répétition, il doute. Après cinq ans de gouvernement de droite, le déficit de son commerce extérieur, la destruction massive de ses emplois industriels montrent qu'il n'est pas préparé aux défis de la mondialisation. Ségolène Royal l'a bien compris, qui s'est fixé pour objectif de réconcilier compétitivité économique et solidarité, et pour programme d'investir dans l'innovation, de soutenir les petites entreprises, de s'attaquer à la rente.

Qu'en est-il de Nicolas Sarkozy? Peut-il espérer, avec les idées d'une droite d'hier, préparer la France au changement? Son discours a pu séduire une partie de ceux qui aspirent sincèrement à une droite nouvelle et modernisatrice. Il faut les détromper. Tout en Nicolas Sarkozy, sa méthode, sa vision, son projet, est d'un vrai conservateur. Au nom de la rupture, il a plutôt effectué un retour vers la droite identitaire, amalgame d'une culture d'autorité en matière culturelle et politique et une tentation libérale en matière économique, qui prend cependant grand soin de ménager les corporatismes d'affaires. A tel point qu'il s'est éloigné de la position centrale occupée jusqu'alors par le gaullisme, qui avait su corseter la droite dans une approche où le rôle de l'Etat, la référence à l'intérêt général, le refus de l'alignement en matière internationale tenaient une place essentielle.

Prenons l'exemple du travail: vouloir en augmenter la durée pour en faire le gage d'une hausse du pouvoir d'achat, c'est raisonner comme on pouvait le faire au XIXème siècle. Ce qui fait aujourd'hui l'efficacité du travail, ce n'est plus le nombre d'heures effectuées mais leur qualité, la quantité de savoir-faire qu'elle intégrent. Fustigeant les responsabilités d'une société d'assistance, il promet de n'aider que ceux qui peuvent s'aider tout seul; calamant sa confiance dans l'individu, il invite celui-ci à trouver ses seules ressources les solutions au défi de la promotion sociale; faisant l'impasse sur les relations collectives, il ramène le droit du travail à celui du contrat.

Prenons ensuite l'exemple de la fiscalité: comment peut-il d'un même mouvement prétendre revaloriser le travail et soutenir fiscalement la rente en proposant la rente en proposant de supprimer les droits de succession auxquels échappent déjà 80% des ménages? On auraoit pu s'attendre à des mesures spectaculaires pour récompenser l'initiative de l'entrepreneur-créateur d'emplois ou bien du chercheur transformant sa réussite scientifique en projet économique, plutôt que de proposer un bouclier fiscal qui masque la suppression de l'ISF. "

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5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 15:18

Pour aider les lecteurs, et les électeurs, à faire leur choix entre la droite et la gauche, je publie aujourd'hui (et demain) deux tribunes, parues dans Marianne, qui permettent de voir ce qui différencie les deux camps, qui s'affrontent en vue du second tour. Les auteurs de ces textes sont des groupes d'élus: ici, il s'agit d'une tribune, intitulée "Dernières recommandations avant isoloir", signée du club "Nouvelle vague" qui regroupe des élus de l'UMP, dont, entre autres, Laurent Wauquiez, Edouard Courtial, Sébastien Huyghe, Laurent Henard, députés, Françoise de Panafieu ou encore Fabien de San Nicolas, président des Jeunes Populaires.

" Chers lecteurs de Marianne, vous n'aimez pas le politiquement correct. Vous détestez la pensée unique. Nous avons moins de 40 ans. Comme vous sans doute nous n'avons pas le sentiment qu'en trente ans l'avenir se soit franchement éclairci pour notre cher pays. Venant de territoires différents , avec des parcours hétéroclites et des origines diverses, nous nous retrouvons tous dans une même idée: 2007 doit être une rupture. Au moment de voter, il y a trois questions à se poser.

Qui dit la vérité? Une des forces de Nicolas Sarkozy c'est de ne pas se laisser dicter ses discours par la bien-pensance. Il dit clairement que l'on ne peut laisser régner les bandes organisées dans les quartiers. Il rappelle les valeurs républicaines, en soutenant qu'il n'y a pas d'intégration possible sans respect de l'égalité homme-femme, des limites du port du voile ou de la lutte contre l'exclusion. Il trouve contre-productif que les transports soient gratuits pour les RMistes. Il refuse d'endosser ce discours absurde selon lequel le ytravail serait une denrée rare qu'il faudrait partager comme la misère sur le monde.

Qui a l'étoffe de la fonction? Un président de la République, ce n'est pas rien. La question de la compétence est fondamentale: faire face à la mondialisation avec la Chine, remettre de la justice dans la protection sociale, veiller à l'autorité républicaine... On ne peut pas se payer le luxe de l'approximation. Il faut être sûr que votre bulletin aille à quelqu'un qui ait la stature du poste. Nicolas Sarkozy l'a sans conteste. Pendant les émeutes, il a géré nuit et jour cette crise avace sang-froid et sans qu'il n'y ait la moindre victime. Il sait allier l'autorité à l'humanisme.

Qui apporte des idées nouvelles? Il y a chez Nicolas Sarkozy un vrai attachement aux propositions. Le débat s'est organisé autour de ses idées: travailler plus pour gagner plus, TVA sociale, contrat de travail unique, ministère de l'identité nationale... Etes-vous en revanche capables de citer trois propositions concrètes de François Bayrou? Nicolas sarkozy a su poser la question des contre-pouvoirs aux excès du capitalisme financier (....) dans le domaine social, il a fait de la question du vieillissement le défi majeur: il veut qu'Alzheimer soit le grand chantier de recherche des dix prochaines années. On pourrait aussi citer ses positions sur l'environnement, où il est le seul à militer aussi activement pour une fiscalité écologique. "

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3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 08:20

20 millions de Français étaient hier soir, entre 21h et 23h40, devant leur petit écran pour suivre le débat tant attendu entre les deux qualifiés du second tour... sans compter celles et ceux qui l'ont suivi à la radio ou sur Internet !! Comme l'avait déjà montré le taux de participation lors du premier tour, les Français se passionnent pour cette élection qui, au moins de par l'âge des prétendants, restera dans l'histoire comme un tournant: la fin de l'ère mitterando-chiraquienne. Comme le montraient les sondages, avant même la confrontation, les Français s'apprêtaient à regarder ce débat pour consolider leur choix: près de 90% des électeurs ont fait un choix définitif et attendaient de ce débat le triomphe de leur voisin... comme le prouvent les réactions des deux camps ce matin. Pour les socialistes et sympathisants, Ségolène a pris le dessus tandis que, pour les militants UMP, Nicolas Sarkozy a montré sa "supériorité".

Il n'y a sans doute pas eu de véritable vainqueur hier soir: chacun a joué sa partition avec perfection. La candidate socialiste a rappelé que son projet était un tout cohérent et solide, basé sur des valeurs de gauche et ne refusant pas le dialogue au-delà des clivages: d'entrée de jeu, elle se lance sur le dossier de la dette, en s'appropriant l'une des propositions de François Bayrou (consacrer le surplus de croissance, au-delà de 2,5%, au remboursement de la dette). Quant à Sarko, il a montré qu'il connaissait tous les dossiers sur le bout de doigt: chiffres à l'appui, il a fixé les grandes orientations et montré la cohérence de sa politique économique, n'oubliant pas de rappeler sa vision de la France et du rôle de président de la République. Capacité de révolte (la "colère saine") pour l'une et calme affiché pour l'autre ont révélé deux personnalités inattendues, presque à l'opposé de ce qu'ils nous offraient depuis le début de la campagne.

La phrase du débat? "On atteint là le summum de l'immoralité en politique" devrait tenir bonne place dans les mémoires. Et, plus largement, les téléspectateurs retiendront ce coup de colère, affiché comme tel (et non comme une perte de sang froid), qui révèle un point important: Ségolène Royal a mis en avant sa volonté de faire correspondre les actes et les paroles. Elle dénonce ainsi les bonnes intentions de Sarko à l'égard de la scolarisation des enfants en situation d'handicap, qui vont dans le sens contraire de l'action diu gouvernement sortant: si ses chiffres sont exacts (car, ce matin, l'UMP donne des données totalement contradictoires), la révolte était tout à fait justifié.

Cel aura été l'un des fils rouges dans l'intervention de Ségolène Royal: refuser de donner un catalogue de mesures (alors que son Pacte présidentiel était comparé à une succession de 100 propositions !), mettre en avant la cohérence de ce Pacte où tout se tient, et où chaque mesure n'a de signification que par rapport aux autres. Elle a donc développé les mesures qu'elle maîtrise, s'appuyant soit sur sa propre action en Poitou-Charente (elle a donc bien expliqué ce que sont les emplois tremplins), soit sur ce qui se fait à l'étranger. Enfin, elle a mis en avant trois priorités: l'école, replacée au coeur du pacte républicain ; l'écologie et la régionalisation, considérant que la cohérence territoriale passait par une nouvelle étape de la décentralisation (fin des chevauchements de compétences, action au plus proche des territoires, intelligence et particularité de chaque territoire).

Lors du débat, sur de nombreux thèmes (Europe, fonction publique, nucléaire...), le clivage droite-gauche a été clairement mis en valeur. Mais, c'est sur la conception du rôle de chef d'Etat que ce clivage a été, à mon sens, le plus marqué: a priori, avantage à Nicolas Sarkozy, qui rappelle plusieurs fois la place du président de la République, qu'il s'agit d'une rencontre entre lui et le peuple français, qu'il fixe le cap et qu'il sait où il mène le pays... mais, au fil de la discussion, deux conceptions différentes du pouvoir émergent. Pour le candidat de l'UMP, le président est un super premier ministre, qui sait tout sur tout, qui connaît tous les dossiers, et qui doit tout savoir: cette image d'un technicien est revenu plusieurs fois, notamment lorsqu'il questionne Ségolène Royal sur le taux d'un éventuel impôt sur les produits boursiers. La candidate socialiste, elle, refuse d'entrer trop dans le détail (elle apparaît flou sur de nombreux sujets) mais fixe des orientations, s'appuyant toujours sur la cohérence de son programme et sur le rôle dévolue à la concertation sociale. Dans cette conception, le président orchestre l'action d'un gouvernement qui travaille sur le base des négociations entre partenaires sociaux: même si elle semble se réfugier vers ces "conférences", elle donne l'image d'une personnalité attachée davantage aux valeurs qu'aux chiffres. Elle sera, en cas de victoire, une présidente d'une nouvelle démocratie sociale où les politiciens ne savent pas tout sur tout (les Français détestent que les décideurs assènent des vérités): les débats participatifs augurent d'une nouvelle façon de faire de la politique...

...au fond, c'est ce que souhaitait François Bayrou, pour qui l'école et la dette étaient les deux grandes priorités du prochain quinquennat. Avec la réforme des institutions, sujet sur lequel le désaccord est encore apparu, le candidat UDF retrouve, dans les propositions de Ségolène, plusieurs de ses idées. On attend avec impatience le choix de M. Bayrou, qui doit s'exprimer aujourd'hui !! Et vous, fidèle lecteur, quelle est votre impression sur ce débat? Partagez-vous mon analyse? laissez un commentaire pour que le débat se poursuive.

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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 13:01

Je n'ai pas l'intention de donner ici un conseil de vote aux lecteurs de ce blog, pour deux raisons: d'une part, ils ne sont pas assez nombreux pour que cela ait la moindre influence sur l'issue du premier tour et, d'autre part, il est impensable de dicter à quiconque ce qu'il doit faire ou penser... chacun est libre de choisir le candidat qui est le plus proche de ses convictions et de ses aspirations ! Mais, pour les indécis (s'il y en a parmi les lecteurs), je souhaite livrer mon analyse de la situation et donner quelques raisons de voter pour... François Bayrou. C'est en effet au président de l'UDF que je donnerai ma voix, par l'intermédiaire de mon père, car je serais à près de mille kilomètres de mon bureau de vote le 22 avril. Le vote par procuration, qui semble recueillir un certain succès, est une procédure des plus simples: il suffit de se rendre au commissariat de sa commune avec sa pièce d'identité et celle de la personne qui vote à votre place, et le tour est joué en quelques minutes (sauf si vous devez patienter derrière les quelques autres électeurs qui sont venus faire la même démarche). Dans ma commune, qui compte un peu moins de 18000 habitants, j'étais déjà le dixième électeur à faire procuration dans la journée... et il n'était que 15 heures ! Bref, l'engouement mis au jour par l'inscription massive des plus jeunes sur les listes électorales se confirme au regard de ces données... et laisse supposer que le taux de participation au premier tour pourrait être très fort.

 Je faisais partie de ces électeurs de gauche (bien qu'il ne s'agisse que de ma première élection présidentielle), a priori socialiste, qui était séduit par le discours de Bayrou: rupture avec plusieurs décennies de "droite dure et de gauche molle" (même si, de mon point de vue, le bilan de Jospin n'était pas aussi mauvais qu'on l'a dit), volonté d'un consensus sur les questions les plus importantes, dépasser les clivages pour en finir avec la bipolarisation qui ne fait pas que du bien à notre pays (refus systématique de la part de l'opposition de ce que propose la majorité, abrogation par l'un des camps de ce qu'a fait l'autre auparavant). Cette vision moderne et révolutionnaire, reprenant les meilleurs idées des deux camps, est par ailleurs défendue dans un contexte où la construction d'un grand parti du centre est probable: regrouper des modérés du centre gauche et du centre droit, dont les visions ne sont pas forcément opposées, est une idée séduisante.

Par ailleurs, un tel parti, s'il voit le jour (comme François Bayrou l'a laissé entendre), se voudrait résolumment européen: cette envie de résoudre certains de nos problèmes (immigration, fiscalité, défense) par des politiques cohérentes à l'échelle de l'UE me semble être la voie de l'avenir. D'après sa profession de foi, le président de l'UDF place l'école et l'environnement en tête de ses priorités pour le prochain quinquennat: ce sont précisément les deux thèmes qui me paraissent les plus importants. Car la lutte contre le chômage passe par une orientation plus précoce dans le système scolaire et par la bonne gestion des parcours scolaires, professionnalisants. Quant à la bataille contre le réchauffement climatique, qui est bien sûr un enjeu majeur des prochaines décennies, elle suppose de donner aux propositions de Nicolas Hulot un véritable retentissement: François Bayrou est le seul des candidats à ne pas avoir signer le Pacte écologique pour mieux l'oublier (comme le fait remarquer Dominique Voynet), puisqu'il le cite et prend l'engagement de créer un poste ministériel chargé des enjeux futurs.

Enfin, sa récente déclaration dans l'émission "Question ouverte" sur France 2, lundi 16 avril, dans laquelle il réagissait en ces termes sur la visite de Nicolas Sarkozy en banlieue, a fini de me convaincre: "Le projet de société de Nicolas Sarkozy est une société très dure, dans laquelle le pouvoir est en épreuve de force avec une grande partie de la société. Par exemple, Nicolas Sarkozy est allé à Meaux, la ville de Jean-François Copé: on ne peut pas dire que c'est une ville tenue par un adversaire. Ce n'est pas une ville qui est devant les problèmes sociaux les plus énormes que l'on puisse rencontrer. Il a fait uen réunion promise depuis longtemps avec cent jeunes enfermés dans une salle. Et pour protéger cette réunion, il y avait autour de cette salle trois cent vingt-six policiers et CRS".

Pour moi, Nicolas Sarkozy à l'Elysée serait une catastrophe que je ne souhaite pas à la France: or, le candidat le plus apte à battre Sarko, dans le cadre d'un second tour, est François Bayrou, et non Ségolène Royal... j'ai donc choisi après plusieurs semaines d'hésitations, de tergiversations entre l'une et l'autre. Car, quoi qu'il en soit, la candidate socialiste détient plusieurs atouts non contestables: elle a la stature d'un chef d'Etat, elle est une femme, elle a une très bonne méthode de gouvernement (les débats participatifs sont une innovation des plus remarquables), elle est sur l'aile droite du PS (parmi ces personnes qui pourraient travailler avec l'UDF dans une majorité d'avenir). Espérons maintenant que le peuple souverain fera le bon choix ce dimanche !!

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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 12:52

C'est la question que le mensuel Historia a posé, ce mois-ci (le numéro d'avril est en kiosque), aux différents candidats à la présidentielle, qui expliquent par ailleurs leur choix dans un petit texte, dont je vous livre ici des extraits:

- Olivier Besanceot vote Che Guevara: "De nationalité argentine, d'un milieu aisé, il a su s'ouvrir sur les problèmes recontrés par les paysans et les ouvriers en Amérique du sud. sa vie se confond avec les tentatives faites pour mettre fin aux dictatures et construire une société débarassée de l'exploitation capitaliste. Il n'a pas hésité à abandonner ses fonctions pour redevenir un guerillero au service des opprimés, un dirigeant révolutionnaire".

- Arlette Laguiller vote Homo erectus: "On n'a retenu que le nom des personnages historiques très en vue à leur époque, mais pas celui de tous les anonymes qui ont fait que les premiers ont joué un rôle historique. Sans ses armées, Napoléon Ier n'aurait éé qu'un personnage bizarrement habillé avec un chapeau ridicule".

- Marie-George Buffet vote Rosa Lee Parks: "Elle creusa le sillon du mouvement des droits civiques qui parviendra à faire changer la législation fédérale. Elle est la référence de la vie et de l'action d'hommes et de femmes ordinaires qui font avancer le monde dans le bon sens.Celle du courage personnel d'une femme pour défendre ses convictions".

- Dominique Voynet vote Nelson Mandela: "Il a choisi de se battre contre la domination blanche sous le régime de l'apartheid et de promouvoir une société mutliraciale dans un pays violemmet divisé par le racisme. Il a réussi à réconcilier un pays déchiré pendant des décennies, en se distinguant par son choix de la non-violence.

- Ségolène Royal vote Olympe de Gouge: "Elle s'est affranchie des conformismes de son temps pour prendre au mot la promesse de liberté, d'égalité et de fraernité formulée par la Révolution française. Elle réclama l'abolition de l'esclavage, la justice sociale, l'éducation nationale, l'égalité civile et politique des hommes et des femmes".

- Nicolas Sarkozy vote Georges Mandel: "Ce politique passionné, devenu martyr par conviction, incarne la tradition républicaine et le refus de l'injustice. Fortifié par ses échecs électoraux, il est ensuite un ministre décidé, sachant trancher et réformer. Ministre de l'intérieur en 1940, il eut le courage de refuser la capitulation et de plaider pour la résistance".

- Philippe de Villiers vote Alexandre Soljenitsyne: "Il est le symbole de toutes les résistances humaines et politiques à toutes les oppressions. Il rassemble le courage physique du bûcheron et le courage intellectuel de l'écrivain historien qui excelle dans la fresque et l'émotion."

- Jean-Marie Le Pen vote Jeanne d'Arc: "deux fois blessée au combat, prisonnière, humiliée, meurtrie, abandonnée par tous, par le roi, par l'Eglise, par l'Université qui tissait le complot autour d'elle, elle n'a jamais, hormis un court instant, douté de son destin et de celui du pays. Ele nus a enseigné qu'il n'y a pas de victoire sur terre qui soit seulement celle des armes, ou celle de la matière, et que les seules victoires pérennes sont celles de l'âme et celle de l'esprit".

- François Bayrou vote Henri IV : "Il a poursuivi sans cesse l'ambition de réconcilier les Français. Prince d'un Etat libre au pied des Pyrénées, il part à la conquête de son royaume. Il réussit l'impossible défi de ressouder la nation, par-delà les différences religieuses. S'ouvre alors une période de redressement rapide pour la France, financier, économique, politique et moral". Et, en parlant de François Bayrou, je finirais cet article en vous incitant à visiter un site proposant un test politique. Pour savoir de quel candidat vous êtes statistiquement le plus proche (le résultat est délivré sous forme de pourcentage de similitude avec les différents candidats), cliquez sur l'image ci-contre. Me concernant, à 56%, ...

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