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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 16:54

Je n'ai pas l'habitude de commenter l'actualité de la droite. Parce que je déteste quand la droite commente, souvent mal d'ailleurs, l'actualité de la gauche: me sentant de gauche, je ne veux donc pas faire ce que je reproche aux gens de droite. Pourtant, ce qui se passe en ce moment à l'UMP ne peut laisser indifférent. Car, à moyen terme, l'élection du président de ce parti, disputée aujourd'hui, aura des conséquences sur notre vie politique. J'ai donc envie, ce dimanche de scrutin, d'exprimer quelques remarques.

 

Le vote d'aujourd'hui clôture une campagne particulièrement longue et, au final, peu instructive. Plus qu'un combat d'idées, cet affrontement fratricide entre deux figures de l'UMP s'est surtout résumé à un combat de slogans ("la droite forte", "la France droite", "la droite décomplexée"... soit autant de micro-mouvements qui se rangent derrière l'un ou l'autre des candidats) et à un combat de style. Bref, la droite, orpheline de son président battu, doit se trouver un nouveau leader... qui pourrait n'être qu'un leader de transition en attendant de désigner le candidat à la prochaine présidentielle, scrutin pour lequel les candidatures se bousculent déjà. A croire que la droite se gauchise: le président du parti se sera plus, au lendemain du scrutin, le leader naturel et charismatique à la présidentielle; le parti se subdivise en multiples courants dont chacun est porté par un leader ambitieux (ici, Laurent Wauquiez, là NKM, ailleurs Bruno Le Maire...).

 

Le vote d'aujourd'hui, rappelons-le, est un vote de militants, qui concerne donc le coeur du peuple de droite, soit quelques centaines de milliers de personnes. Or, l'une des erreurs de nos commentateurs est de faire de ce scrutin un rendez-vous majeur, voire incontournable de la vie politique. 1- Les sondages, qui donnent M. Fillon populaire auprès des sympathisants, ne reposent pas sur les militants mais sur les sympathisants de la droite... Ce qui n'est pas pareil ! 2- Le duel télévisé, diffusé sur France 2, n'a intéressé que bien peu de téléspectateurs. Il faut dire que, contrairement à ce que disait M. Copé ("la gauche a eu droit à son débat sur le service public, alors pourquoi pas la droite?"), ce vote n'étant pas ouvert à l'ensemble des électeurs, comment espérer intéressé des téléspectateurs qui, au moment de départager les deux candidats, ne peuvent pas le faire s'ils ne sont pas militants? 3- Il semble y avoir un tel décalage entre l'intérêt des médias et la réalité du terrain: nombreux sont les élus locaux (maires de petits villages de province - il n'y a qu'à lire la presse régionale) à ne pas se reconnaître dans ce duel très parisien, entre des personnalités qui ont marqué l'histoire du parti.

 

Bref, pour ma part, j'attends de connaître le taux de participation. Alors que les médias s'interrogent sur les possibles fraudes ou un résultat plus serré qu'annoncé (par eux-mêmes, d'ailleurs), c'est le degré de mobilisation des militants qui en sera le principal enseignement. Reste, pourtant, que le résultat du vote aurait pu donner au principal parti d'opposition une orientation majeure... "Aurait pu" car, quelque soit le résultat, l'objectif (légitime) de l'UMP sera de gagner les scrutins locaux pour, telle la gauche ces dix dernières années, revendiquer l'opposition des Français à la politique du gouvernement. "Aurait pu" car, quelque soit le résultat, ce sont les primaires de 2016 qui détermineront la nature du projet présidentiel que l'UMP présentera pour incarner l'alternance au hollandisme. "Aurait pu" car, si le débat avait été mieux mené (sans envie de cliver ni de draguer un électorat restreint), la droite aurait pu choisir une ligne politique. A l'inverse, on nous a réduit ce duel à un affrontement entre "le bon et le mauvais cholestérol", pour reprendre l'excellente analyse de Natacha Polony dans "On n'est pas couché" (du 10 novembre dernier): au méchant Copé, au discours droitier qui chasse sur les terres du FN avec des thématiques extrêmes, s'oppose le gentil, posé et centriste Fillon qui espère être le mieux placé pour battre Hollande.

 

J'estimais, il y a quelques semaines, que la droite était parvenue à destabiliser et la gauche et le gouvernement. Avec ce scrutin interne, l'UMP s'est affaiblie: pas étonnant que nombreux soient les militants et sympathisants UMP à croire et espérer un retour de Sarko en 2017 !

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 15:23

L'UDI, c'est le retour de l'UDF. La preuve? Le nouveau parti de M. Borloo, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles au nom de "l'autre droite", est parrainé par deux figures qui ont fait émerger la droite centriste des années 70, à savoir VGE et Simone Veil. Voilà résumée la pensée des observateurs politiques qui ont assisté à la naissance de ce nouveau parti (l'Union des Démocrates et Indépendants), qui devrait unifier les courants du centre-droit, pour redonner vigueur à ce courant de pensée qui a pris ses distances de l'UMP version sarkozyste. Il faut dire qu'entre le Nouveau Centre, qui n'a été qu'une plate-forme pour l'ambition ratée d'Hervé Morin, et les micro-partis qui gravitaient autour de l'UMP (Gauche moderne et compagnie), le centre-droit était devenu un objet politique mal identifié. Rien que pour cela, l'initiative de l'ancien maire de Valenciennes, qui cache mal ses ambitions pour rafler la mairie de Paris en 2014, est à saluer. Toute décision qui permet la clarification du jeu politique me plaît. La dernière concernait Europe Ecologie Les Verts qui transforma le parti écologiste en une plate-forme plus large, apte à faire bouger les lignes et à peser dans le débat d'idées (comme ont pu le montrer les européennes de 2009, par exemple). D'une façon générale, tout ce qui permet de rassembler, sous une même étiquette, des courants de pensée voisins (dont seuls les fins connaisseurs peuvent apprécier les subtiles divergences), de façon à ce que les électeurs puissent le soutenir dans les urnes en espérant être vraiment représenté, me convient.

 

La naissance de l'UDI est d'autant plus nécessaire qu'elle répond à un vide que le contexte politique a créé. Après sa cuisance défaite aux législatives, le MoDem est plus que jamais l'outil de la conquête solitaire du pouvoir par M. Bayrou qu'une rumeur disait non-candidat à la présidentielle de 2017. Sa chance, celle de 2007, est passée: politiquement, il semble difficile au "vrai centre" de se refaire une santé. De l'autre côté, l'UMP est engagée dans une guerre des chefs qui, quel qu'en soit le vainqueur, débouchera par la remise en place d'un discours très à droite (très très à droite pour Copé; bien à droite pour Fillon). Avec UDI Borlooce glissement, dont le but avoué est de récupérer les voix des électeurs frontistes, un espace s'ouvre donc au centre. Jean-Louis Borloo (photo), qui aurait pu se lancer dans la présidentielle 2012, l'a donc bien compris. Il pense, à juste titre, qu'un discours modéré, basé sur des valeurs de droite (libéralisme économique, ordre, respect des valeurs traditionnelles comme la famille ou le travail) mais assurément progressiste (plaçant l'humain au centre), peut recueillir l'adhésion du peuple. D'où l'habillage subtil auquel il a eu recours pour présenter son mouvement... Habillage dans lequel il n'a pas oublié la pointe de vert, rappelant son passage au ministère de l'Ecologie et montrant sa part de modernité quant à la prise en compte du soucis écologique.

 

Bref, le lancement de l'UDI a été une réussite. Ne serait-ce que sur le plan médiatique. Ce congrés fondateur, relayé aux JT et sur les chaînes d'info, a donné à l'ancien ministre son heure de gloire. Reste un gros travail sur le fond, sur le projet qu'il veut incarner. Reste à transformer l'essai politique en une victoire dans les urnes. De ce côté-ci, l'ambition de M. Borloo et ses soutiens me semble un peu excessive. Qu'il puisse emporter la mairie de Paris, face à une gauche parfois contestée sur certains projets (le péage urbain de M. Delanoë pourrait être la goutte d'eau) et face à une droite qui peine à incarner un projet clair et alternatif, c'est possible. Qu'il fasse parler de lui dans un scrutin aussi ouvert que les européennes, c'est d'autant plus probable que le centre-droit incarne une tradition européiste forte qui saura convaincre les électeurs. Mais, s'imposer dans d'autres villes, gagner des régions ou encore enlever la Présidence de la République semblent bien plus complexes. Que l'UDI devienne la seconde jambe d'une majorité de droite équilibrée, avec l'UMP, m'apparaît plus vraisemblable qu'une UDI dominatrice, qui dominerait la même coalition de droite en devançant l'UMP !... L'enjeu principal consistera à former un parti de militants, à l'image de la société (avec des jeunes, notamment) et capable de mobiliser l'électorat. D'intéresser des citoyens qui, vu le score du débat Copé-Fillon sur France 2, ne se passionnent pas pour la politique politicienne. Dur, dur, donc.

 

L'avenir de l'UDI dépend, à mon sens, de deux choses: la capacité du gouvernement actuel à effrayer l'électorat modéré des centres (en menant une politique très à gauche) doit se combiner à une droitisation marquée de l'UMP.

Scénario le moins probable, non?

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 15:10

Le feuilleton législatif, sur Jes6, a pris fin vers 20h30. Un bandeau, diffusé en bas de l'écran lors de la soirée électorale sur France 2, l'annonçait alors: René Dosière, député sortant, menacé d'une triangulaire avec l'UMP et un dissident socialiste (qui a fait couler bien moins d'encre que le vainqueur de Ségolène Royal à La Rochelle), a été réélu ! Ouf !

 

Je ne sais comment j'aurais réagi si la candidate UMP l'avait emporté: pourtant, cela semblait l'hypothèse la plus probable car, même la 1ère circonscription est la plus à gauche du département, la présence de deux candidats se revendiquant de la majorité présidentielle (avec ou sans le logo du PS) laissait supposer une dispersion des voix qui ne pouvait que profiter à la droite. Il n'en fut rien. Ainsi, dès 20h, j'annonçais que, dans ma commune, M. Dosière l'emportait largement (avec plus de 50% des voix exprimées) et que le fait marquant était la baisse du score de son adversaire, Fawaz Karimet, qui obtenait moins de voix le 17 juin que le 10, lors du 1er tour ! Signe qu'inquiets de la situation de la circonscription, certains électeurs de gauche ont préféré changer leur vote pour élire celui qui était le mieux placé et ainsi éviter une victoire de la droite. Or, ce phénomène s'est produit partout... Car, à l'échelle de la circonscription, M. Dosière recueille 42,2% des suffrages (5000 voix de plus qu'au premier tour) tandis que le dissident enregistre un score de 19,2% (contre 21,5% au premier tour, perdant 1200 voix d'un dimanche à l'autre). La candidate UMP, elle, regroupe près de 16000 voix, soit 4700 de plus qu'au premier tour. Bref, l'écart entre les deux favoris s'est creusé... Ce qui laisse supposer une moindre mobilisation des électeurs de droite (ce qui est vrai au niveau national) et une abstention légèrement plus marquée (tout comme le nombre de bulletins blancs ou nuls).

 

De ce scrutin à suspense, on peut tirer deux autres conclusions: d'une part, les électeurs du FN, qui n'ont plus leur candidat au 2nd tour, se répartissent de manière équitable entre les deux candidats encore en lice, preuve que le discours "mariniste" est beaucoup plus social que celui de son père. En effet, en milieu rural, la désertification, la disparition des services publics, la vie chère et la stagnation des salaires sont des préoccupations majeures (bien plus marquées que l'insécurité ou l'immigration). Or, dans un duel PS-UMP, les électeurs frontistes votent tout de même pour le représentant socialiste, qui répond mieux (ou moins mal) à ces préoccupations que le représentant de la droite. D'autre part, même si les intentions de la rue de Solférino sont bonnes (imposer des femmes, des jeunes, des personnes "issues de la diversité"), il n'en demeure pas moins que les citoyens sont attachés à leur député sortant, qui plus est quand il fait du bon travail. Certes, le PS a retiré, entre les deux tours, l'investiture qu'il avait accordé à M. Karimet... mais j'attends que, du côté de la direction du Parti, l'exclusion de ce candidat malheureux soit prononcé pour non-respect des consignes républicaines (à savoir, se désister pour le candidat de gauche le mieux placé). Ajoutons que, à l'échelon local, M. Karimet a, sans doute, compromis ses chances d'accéder à la mairie de Laon, ville principale de la circonscription. Conseiller général de cette ville-préfecture, il lorgne sans doute sur les municipales de 2014. Mais, après ce coup tordu, la gauche laonnoise semble se recomposer, si bien que M. Dosière indiquait, au lendemain de sa réélection, vouloir aider l'opposition (la droite détient la mairie actuellement) à reconquérir la municipalité... que lui-même a dirigé dans les années 1980.

 

Démobilisation de l'électorat traditionnel de la droite, mauvais report des voix FN sur les candidats UMP, forte abstention: voilà les principaux enseignements de ce scrutin législatif. D'ailleurs, plusieurs cas individuels, longuement rapportés par la presse, illustrent ces constats: la défaite de Nadine Morano montre que de courir derrière les voix du FN, commele fit Nicolas Sarkozy sans plus de succès lors de la présidentielle, n'est pas une stratégie payante; les réélections, de justesse, de NKM ou de Xavier Bertrand (à 222 voix, dans l'Aisne) montrent que, même en reniant cette stratégie, l'électorat de la droite s'est démobilisé... faisant craindre un basculement. D'autres ténors de la majorité ont eu chaud, tel Patrick Devedjian, réélu à tout juste 50,2% malgré des prises de position bien moins radicales... tandis que certains sortants (Eric Raoult en Seine-Saint-Denis) ont été sortis. Les défaites de Jack Lang, parachuté dans son département natal, ou de Claude Guéant, également imposé dans les Hauts-de-Seine, témoignent d'une envie de renouvellement en Carlotti-Muselierrepoussant les "vieux" candidats qui sont dans les arcanes du pouvoir depuis plus de trente ans. Bref, ce scrutin a été une hécatombe pour l'UMP, dont certaines figures sont tombées... Une centaine de sièges perdus par la droite tombe dans l'escarcelle de la gauche, en particulier du PS. A l'image de tous ces ministres qui, même dans des secteurs très à droite, l'ont emporté, à l'image de Stéphane Le Foll dans la Sarthe ou Marie-Arlette Carlotti (photo) où sa victoire sur Renaud Muselier a rebattu les cartes pour les prochaines municipales marseillaises... En attendant: comme le font remarquer les médias, à la suite des remarques appuyées des leaders de l'UMP, le gouvernement a désormais les mains libres pour appliquer le programme du candidat Hollande... Tant mieux !

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 18:00

A ceux qui ont suivi mes derniers articles, voici la suite du feuilleton dans ma circonscription. Rappelons, brièvement, qu'une triangulaire oppose le député sortant apparenté PS, René Dosière, un dissident socialiste, Fawaz Karimet, privé du soutien de la rue de Solférino après sa 3ème place au 1er tour, ainsi que la candidate Nouveau Centre, soutenue par l'UMP, Aude Bono. Ne possédant pas les résultats de l'ensemble de la circonscription, voici ceux de ma commune.

 

Il est 20h. Et je peux délivrer ses résultats, sans crainte. M. Dosière: 416 voix sur 697 votants, soit 59,7% ! Mme Bono: 222 suffrages, soit 31,8%. M. Karimet: 59 voix, soit 8,5%. Conclusion (assez simple): les électeurs de ma commune ont plébiscité le sortant, amplifiant nettement son avance du 1er tour. Il est à noter que le dissident socialiste recule, ce qui signifie que certains de ses électeurs ont choisi de changer leur vote en essayant de favoriser M. Dosière face à la candidate UMP...

 

Analyse plus poussée, dans les prochains jours, pour expliquer, avec plus de recul, les résultats définitifs ! Bonne soirée.

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 11:34

Un soir, on déplore l'abstention. Le lendemain, on semble tout faire pour ne pas l'empêcher. Je m'explique: après avoir rappelé les chiffres élevés de l'abstention (les plus forts pour une législative depuis le début de la Vème République... constituant une réserve de voix que les partis devraient s'employer à aller chercher !), tous les médias ont proposé un "zoom" et une "analyse" de la situation rochelaise. Ainsi, tous les citoyens français devraient se passionner pour le duel Falorni-Royal. Pire: quand la Première dame tweet en faveur du candidat dissident (celui qui pourrait empêcher la Présidente de Poitou-Charente d'accéder, en tant que première femme, à la présidence de l'Assemblée), les médias dissertent et discutent. Est-elle dans son rôle? Est-ce la preuve de sa volonté d'être une femme libre, transgressant le devoir de réserve attaché à son rôle? Des experts se sont bousculés sur les plateaux pour donner leur avis. A ceux-là, voici ma question: ce duel fratricide, qui assure à la gauche un poste dans la future Assemblée, et tout ce qui l'entoure n'est-il pas un bel exemple de querelles de personnes qui poussent des millions d'électeurs vers l'abstention? Ma réponse est claire: OUI.

 

Pourtant, les médias auraient pu braqué leurs caméras et micros vers des circonscriptions à enjeu, afin d'expliquer aux habitants concernés que leur bulletin de vote détient un poids énorme. C'est, me semble-t-il, le cas de ma propre circonscription (la 1ère de l'Aisne), dans laquelle le député sortant (René Dosière, connu nationalement pour ses travaux sur les dépenses de l'Etat) est menacé d'être battu ! Pour ceux qui ne savent pas ce qui s'y passe, voici le résumé. Acte 1: pour appliquer son principe de renouvellement, le PS investit un conseiller général, M. Fawaz Karimet, pour défier M. Rosière au 1er tour des législatives. Acte 2: le député Dosière, ancien maire de Laon, arrive en tête du 1er tour (29,1% avec de hauts scores dans les communes rurales - 44% dans ma commune, par exemple - et une 3ème place dans la ville de Laon), devançant la candidate UMP (26,5%) et M. Karimet (21,5% des exprimés et 12,6% des inscrits, soit 0,1% au-dessus du seuil de maintien au 2nd tour). Acte 3: contre l'avis de la rue de Solférino, qui recommande à ses candidats de se désister en faveur du candidat de gauche le mieux placé (ce qu'il fit, en 2007, lors de sa première tentative), M. Karimet décide de se maintenir... provoquant une triangulaire pour un second tour où René Dosière est, désormais, le candidat (officiel) du PS !

 

En clair, avec cette double candidature de gauche, la 1ère circonscription peut, mathématiquement, passer à droite... alors qu'elle est la plus à gauche du département (au regard du score de M. Hollande le 6 mai). Bizarrement, M. Karimet explique son maintien par ce caractère "à gauche" de la circonscription: selon lui, le vainqueur du 17 juin sera, soit lui, soit son concurrent sortant... mais, en aucun cas, la candidate UMP. Vétérinaire de profession, il ne semble donc pas avoir de hautes compétences en mathématiques: d'une part, en ajoutant les voix UMP et FN (15,8%), la candidate de droite peut espérer dépasser 42% à elle seule... Il reste donc 58% (un peu plus que le score de M. Dosière, au 2ème tour, en 2007) que les deux candidats de gauche se partageront. Première hypothèse: M. Karimet ne gagne rien... il fait 21,5%... il reste donc 36,5% pour Dosière... qui arrive 2ème. Deuxième hypothèse: M. Dosière ne gagne rien... il faut 29%... il reste donc 29% pour Karimet... qui arrive 2ème. Dans tous les scénarii, à moins d'un ras-de-marée d'abstentionnistes en faveur d'un des deux prétendants de la gauche, la candidate de droite dispose d'un boulevard... Or, de ce cas de figure, aucun média ne parle ! Alors que l'enjeu est de taille: imaginez le PS disposant de 288 élus (soit un de moins que la majorité à 289). Le siège manquant sera facile à trouver... alors qu'il aurait été, normalement, si facile à conserver !

 

M. Karimet, c'est donc la gauche qui perd. La gauche qui place ses faux "bons principes" devant la réalité électorale: car, dans son tract de 2nd tour, M. Karimet a perdu le logo PS (qui est apparu sur celui de son concurrent)... mais se réclame toujours de la "génération Hollande" (attaquant même M. Dosière sur son âge en fin de mandat... 76 ans en 2017), de la majorité présidentielle pour réaliser "le changement" et avance une succession d'arguments foireux: il incarnerait le renouveau (après un premier échec en 2007), ce qu'il appelle "le vrai changement" et le rajeunissement (55 ans contre 70). De son côté, M. Dosière a su trouver deux slogans qui, à mon sens, font mouche: "Un bon député, on le garde" (pour faire taire les critiques selon lesquelles il a un piètre bilan dans son département) et "Un député qui compte" (avec le double sens que cette expression peut prendre: d'ailleurs, en plus de rappeler ses travaux de vérification des comptes de l'Elysée sous l'ère Chirac-Sarkozy, il explique, dans son tract de 2ème tour, que "connaissant bien la plupart des nouveaux ministres, il est le mieux placé pour faire entendre les besoins de son territoire au gouvernement"). Même si les arguments ne volent pas haut (les luttes fratricides ne sont jamais bonnes), il me semble dommage de constater la peopolisation de la campagne (le cas Royal intéresse plus que le cas Dosière)... alors que, ces derniers jours, l'épouse du Président du Conseil général de l'Aisne a, telle la 1ère dame, défendu, sur Tweeter, le dissident face au candidat officiel (lisez ICI l'article que je viens de découvrir).

 

Heureusement, pour me consoler, d'autres péripéties fragilisent l'autre camp. En effet, côté UMP, quelques situations cocasses font les choux gras des médias nationaux. Prenez NKM: l'ancienne ministre de l'Ecologie et ex porte-parole de Sarkozy pendant la campagne présidentielle est menacée par une consigne du FN. Rare personnalité UMP à avoir toujours expliqué préférer voter PS que FN en cas d'un tel duel, elle est l'une des cibles de la liste noire de Marine Le Pen, comportant les personnalités à faire battre. Depuis, Mme Kosciusko-Morizet dénonce, dans ses meetings, l'attitude de son adversaire socialiste qui accepterait les voix de l'extrême gauche ("On peut déjà s'en inquiéter") et de l'extrême-droite, depuis que l'ex-candidat FN du coin appelle à voter PS ! Une telle mauvaise foi, après avoir été une des leaders d'un combat qui l'honorait, montre bien que, à quelques jours de disparaître de la scène politique nationale (si confortable), les meilleurs esprits peuvent perdre leur âme. Autre confirmation: les moins bons esprits sont, eux aussi, prêts à tout pour gagner, sans le moindre état d'âme. Preuve en est venue de l'insupportable Nadine Morano, en ballotage plutôt défavorable dans sa circonscription: talonnée par le candidat socialiste (qui pourrait être un des symboles du basculement de la France vers la gauche), l'ancienne ministre fait du pied à l'extrême-droite. Appel aux électeurs (ce qui semble normal). Interview dans un journal controversé, où elle affirme partagée les valeurs de l'extrême-droite. Canular téléphonique dans lequel elle avoue son admiration pour Mme Le Pen... Mme Morano prouve ce que beaucoup pensait déjà: une frange de moins en moins négligeable de l'UMP se sent plus proche du FN (de ses thèses sur des sujets qu'elle agite comme autant d'épouvantails, tel le vote des immigrés !) que du PS.

 

Décidément, cet entre deux-tours s'avère instructif... à condition d'y réfléchir et de ne pas s'arrêter au traitement qu'en font les médias parisiens ! Bon vote !

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 06:39

Seize candidats en 2007. Dix prétendants à la présidentielle en 2012, dont cinq n'ont pas atteint la barre des 5% au-delà de laquelle l'Etat leur rembourse les frais de campagne (il s'agit de Jacques Cheminade, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Nicolas Dupont-Aignan et Eva Joly). Les élections d'envergure nationale, qui rythment notre vie politique une fois tous les cinq ans, sont l'occasion de voir fleurir des candidatures de "petits" partis. Ainsi, pour ceux qui ont la curiosité de regarder les clips diffusés dans la campagne officielle sur les chaînes du service public, un nombre incroyable de micro-partis, dont je ne connaissais parfois pas l'existence. La campagne des législatives 2012 voit apparaître le parti pirate, le parti de la France (la version Carl Lang du FN), l'Alliance écologiste indépendante (la version Francis Lalanne des Verts), le Parti Libéral-démocrate, le Partie chrétien-démocrate (de Christine Boutin) ou encore "Solidarité et Progrès" (de Jacques Cheminade). Cet éparpillement des candidatures, au-delà du fait qu'il rend le choix des électeurs compliqué, a une explication: avec 1% des voix dans 50 des 577 circonscriptions, ces micro-partis obtiendront, de l'Etat, une subvention d'1,6€ par suffrage obtenu. Ce phénomène fragilise notre démocratie: les leaders de ces micro-formations font passer leur quête de cet argent public devant leurs idées puisqu'avec des candidatures sans lendemain (des personnalités locales qui receuillent, tous les 5 ans, 2% des voix), les propositions défendues ne pèsent rien dans le débat public... et n'ont aucune chance d'être reprise par les "gros" candidats.

 

Bref, les candidatures multiples m'ont toujours gêné. J'ai toujours expliqué, sur ce blog, espérer le jour où de grandes formations politiques, réunissant tous les courants voisins qui peuvent s'en réclamer, verraient le jour pour proposer, au maximum, six à huit projets aux électeurs. Que ce soient aux régionales, aux législatives, aux européennes ou aux présidentielles, ces six à huit candidatures sont nécessaires à double titre: ne pas tomber dans un bipartisme excessif (actuellement, avec ces candidatures multiples, dont ils peinent à cerner les différences, les électeurs hésitent entre le sortant et son challenger de l'autre camp !) ; donner de la clarté et de la force à ces forces politiques avec lesquelles les citoyens se seraient familiariser. Ainsi, ces grosses structures ne coureraient pas après l'argent, et placeraient la défense de leurs idées au premier plan. A mes yeux, il ne devrait y avoir, en France, que sept formations politiques: une à l'extrême gauche (LO+NPA+Front de gauche + toutes les micro-formations voisines, comme celle de Gérard Schivardi... qui fait sa réapparition dans la campagne législative); une à gauche (PS+PRG+MRC); une écologiste (Verts+tous ses concurrents); deux au centre (d'un côté, le MoDem européiste et de l'autre, l'agglomérat de tous les souverainistes libéraux, façon Dupont-Aignan); une à droite (en gros, l'UMP); une à l'extrême-droite (FN+tous ses concurrents). Accepter cela supposerait qu'il n'y ait, en France, que sept chefs de parti: or, la classe politique, où chacun aime avoir un titre de "président" de je-ne-sais-quoi (un parti, une association), n'en est pas capable !

 

La preuve? L'extrême complexité de l'extrême-gauche française est saisissante. Alors qu'en 2012 Jean-Luc Mélenchon, qui a rompu avec un PS trop centriste et mondialiste, a réussi un beau pari: permettre aux citoyens de gauche, qui voulaient exprimer leur ras-le-bol et leur voeu d'un monde plus juste, de peser. Jusque-là, le PCF n'incarnait plus cette espérance, tandis que les candidats anti-capitalistes ne parvenaient pas à créer une dynamique susceptible de peser sur les gouvernements. Malheureusement, le Front de gauche a enregistré un score inférieur à certaines prévisions lors de la dernière présidentielle... Certains commentateurs jugèrent alors que Mélenchon avait raté son pari et que la despérance restait du côté du FN. Je pense que, si la gauche de la gauche était plus soudée, derrière un seul et unique candidat, capable de porter les points communs de tous les courants situés à la gauche du PS, elle pourrait faire mal ! Imaginez une candidature de Mélenchon, sans celles de Nathalie Arthaud et Philippe Poutou: mathématiquement, il aurait pu atteindre 12,8% des voix (contre 11,1 à lui seul); politiquement, il aurait sans doute pu capter une part des électeurs de Mme Le Pen pour qui le spectacle des querelles stériles de l'extrême-gauche est un repoussoir. Car, au fond, si cette partie de l'échiquier politique était représentée par une seule personnalité (et non trois qui se tirent dans les pattes, pour des broutilles), son message politique (forte hausse du SMIC, nationalisations de secteurs clés, hausse des impôts des super-riches, encadrement des licenciements et des aides publiques aux entreprises...) serait plus audible. C'est d'ailleurs ce qui fut reproché à Philippe Poutou, par exemple, dans l'émission de Laurent Ruquier ("On n'est pas couché", 25 février).

 



Ce jour-là, le candidat du NPA est, pour la deuxième fois en quelques semaines, l'invité de l'émission: la 1ère fois, hors campagne officielle des présidentielles, il avait été invité pour évoquer sa candidature et son programme. Ruquier est connu pour son refus d'inviter Marine le Pen, sauf lorsqu'une élection l'y oblige... mais, parce qu'il a posé des questions gênantes (que certains Français, comme moi, se posaient), une certaine presse (Libération ou le site web du Nouvel observateur) avaient critiqué le mauvais traitement subi par le successeur de Besancenot dans cette émission. L'échange que montre la vidéo est intéressant, car il justifie toute l'inutilité, me semble-t-il, d'une candidature comme celle de M. Poutou. Non que, personnellement, il ne soit pas intéressant ou que son discours ne trouve pas un certain écho dans la population. Mais, politiquement, il n'est pas "dans les clous". D'une part, il explique être un des deux candidats salariés qui ne soit pas un politicien professionnel: une élection présidentielle n'étant pas une élection syndicale (je n'ai aucun mépris pour les syndicalistes qui, à leurs places, jouent un rôle essentiel) ni anodine, par laquelle les citoyens choisissent un chef des armées qui représentera le pays à l'étranger, être un politicien expérimenté semble nécessaire. D'autre part, confronté aux questions d'Audrey Pulvar (deux sont particulièrement pertinentes: pourquoi votre candidature ne suscite pas une adhésion plus forte en pleine période de crise? Que faites-vous des salariés des banques que vous voulez exproprier, nationaliser et dont vous voulez annuler les créances que l'Etat leur doit?), il se place en victime du système médiatique et récite son refrain anti-capitaliste. Sur le fond, je partage sa révolte et certaines de ses propositions, même si la plupart semble irréaliste. Sur la forme, j'estime que, pour peser, il ne suffit pas d'être sur les plateaux tous les cinq ans, de porter des coups de gueule et d'appeler à la révolution par le bas (qui, depuis la 1ère candidature de Laguillier en 1974, n'a toujours pas eu lieu !). Il faut aussi avoir le courage d'entrer dans les institutions !

 

De la même manière que les petites candidatures me semble inutiles dans une élection présidentielle, cette multiplicité de personnalités, candidates à vie dans des circonscriptions où leur stratégie les empêche d'espérer gagner, participe à la désaffection des Français pour la politique. A part la présidentielle, qui constitue un enjeu majeur et fédérateur, les autres scrutins restent marqués par une abstention forte. Sans doute proche des 40% pour le scrutin des 10 et 17 juin prochains. Mais, personne ne se sent responsable...

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 05:44

J-9: le premier tour des législatives se profile. Les spots de la campagne officielle s'affichent sur les chaînes publiques, tandis que tracts et affiches fleurissent sur les murs de nos villes et villages. En attendant de recevoir les professions de foi, force est de constater que cette campagne législative ne passionne pas. Trois raisons à cela: d'une part, sans une exposition médiatique majeure, elle s'apparente davantage à une élection locale qu'à un scrutin à enjeu national; d'autre part, chaque fois qu'un responsable politique intervient dans les médias, c'est pour nous resservir des arguments réchauffés ("Il faut une majorité pour mener les réformes" côté PS, "Evitons qu'un seul parti n'ait tous les pouvoirs en France" pour l'UMP); enfin, dans de nombreuses circonscriptions, le scrutin des 10 et 17 juin s'apparentent davantage à des affrontements de personnes, de partis, de courants intra-partisans... et non à des combats sur des projets pour le pays et ses habitants. L'exemple absolu de cette mauvaise alchimie concerne la 11ème circonscription du Pas-de-Calais, où Mélenchon et Le Pen s'affrontent à coups tordus, devant les caméras des médias nationaux... qui en redemandent ! Ainsi, dans ce duel à distance (que l'on nous présente comme le 2ème round de la présidentielle), tous les ingrédients d'une mauvaise campagne sont là: les médias nationaux s'enferment dans un duel entre deux personnalités, sans évoquer ni les programmes ni les autres prétendants dans cette circonscription...

 

Avec cette question (fondamentale?!): les électeurs choisiront-ils celle qui se bat depuis des années pour ce territoire ou un parachuté, non englué dans les affaires locales, qui veut apporter la révolution pour les ouvriers et les déclassés? Résultat: l'affrontement stérile entre deux leaders en quête de publicité et de légitimité (en attendant le coup d'après: la présidentielle 2017, bien sûr !) se résume à des petites phrases. Ainsi, la présidente du FN fait-elle campagne pour son adversaire en distribuant des tracts appelant à voter Mélenchon avec une citation de ce dernier expliquant que les étrangers maghrébins sont nécessaires à l'avenir du pays ! Succès garanti. Y compris quand elle se promène dans les rues d'Hénin-Beaumont et quand, interpellé par un jeune de cette origine aux volants d'une belle voiture neuve à toi ouvrant, elle lui demande, devant les caméras: "L'avez-vous au moins gagné avec votre travail, cette voiture?". Et, aux journalistes qui la suivent, de poursuivre en expliquant que, chaque fois qu'elle entend des propos pro-Mélenchon dans la rue, "c'est un Français d'origine étrangère" qui les tient ! Décidément, ça vole haut !

 

Autre problème: la gauche part divisée. Car, en plus du leader du Front de gauche, la nouvelle majorité présidentielle propose la candidature du député socialiste sortant (médiatiquement soutenu par Martine Aubry, cette semaine). Et ce que l'ex candidat à la présidentielle craignait pourrait bien se produire: en cas de triangulaire, Mme Le Pen (populaire et légèrement en-dessous des 50%, chaque fois qu'elle s'est présentée dans ce secteur - que ce soit aux municipales, aux régionales, aux cantonales) pourrait s'imposer. Même sans être majoritaire, elle pourrait arriver en tête d'un second tour à trois ! Outre la mésentente entre les partis de gauche (qui explique son éclatement dans certaines circonscriptions), il existe aussi des cas de mésentente à l'intérieur même du PS. Ainsi, dans ma propre circonscription, le député sortant (apparenté PS) René Dosière (célèbre pour ses enquêtes sur l'argent de l'Elysée et les dépenses de l'Etat) se présente, une nouvelle fois, en dissident. L'investiture socialiste, qui lui avait été presque promise avant la présidentielle, lui a été retirée pour être donnée à celui qui, en 2007, l'avait déjà obtenu... et avait donc déjà perdu. Ce candidat, imposé par la rue de Solférino car issu de la diversité (il est vétérinaire, d'origine maghrébine), bénéficie donc du soutien de Mme Aubry... tandis que René Dosière, proche de Hollande, est soutenu, en sous-main, par Jean-Marc Ayrault avec qui il a longtemps travaillé à l'Assemblée nationale.

 

Outre la guerre interne Hollande/Aubry (à laquelle je ne croyais pas mais qui me semble désormais évidente), les candidatures dans l'Aisne révèlent le manque d'audace de la direction du PS. Ainsi, au nom de règles a priori légitimes (favoriser les candidatures féminines ou issues de la diversité), le parti au pouvoir continue d'investir des candidats qui, vaincus par le passé, n'ont aucune chance de s'imposer. Contrairement à la démocratie américaine, qui élimine les candidats malheureux (en leur disant: "vous avez tenté votre chance; à d'autres d'essayer !"), la démocratie française se satisfait de présenter plusieurs fois aux électeurs un même candidat... comme si, dans cette circonscription, le PS n'avait qu'un seul candidat possible. Pire: la décision d'investiture a été prise à Paris, sans consultation des militants locaux. Ainsi, on impose aux socialistes axonais de faire campagne pour un candidat qu'ils n'ont pas choisi. Ce sont de telles pratiques qui m'ont conduit à profiter de mon déménagement pour m'éloigner du militantisme ! Il en de même dans une circonscription voisine où les trois candidats de gauche (une parachutée compétente imposée par Paris, un ambitieux piloté en sous-main par le député sortant qui ne se représente pas et un "baron local", populaire, investi et intègre) font courir le risque de la faire basculer à droite (alors qu'elle est resté à gauche pendant toute la période 1997-2012 !). Si la gauche n'obtient pas une majorité nette, on en connaît déjà les causes !

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 16:41

Après une journée de travail, en allumant la radio dans ma voiture, j'entends la nouvelle: "En fin d'après-midi, Jean-Marc Ayrault a été nommé Premier ministre par François Hollande, officiellement investi ce matin". Mon sentiment est alors partagé: le député-maire de Nantes n'était pas mon favori (pour le symbole d'un binôme paritaire au sommet de l'exécutif, j'aurais préféré Martine Aubry) mais sa nomination constitue, à mes yeux, un "hollandisme". La décision du nouveau chef de l'Etat est, au final, sans surprise et sans "saveur". J'ai l'impression, avec François Hollande, que le président de la République suit sa logique, ne cherche pas à faire un "coup médiatique" et prend des décisions à la fois réfléchies et cohérentes. Le choix de celui qui a dirigé le groupe PS à l'Assemblée pendant quinze ans (depuis la cohabitation de 1997 jusqu'à ce jour) correspond, exactement, à ce que l'on attendait d'Hollande. D'une part, M. Ayrault répond aux critères fixés lors de la campagne: "Je choisirais quelqu'un qui sait rassembler les socialistes et la gauche; quelqu'un qui me connaît et avec qui j'ai de bonnes relations". Complices depuis le temps de la cohabitation (où l'un dirigeait le parti et Hollande-et-Ayrault.jpgl'autre le groupe parlementaire), François Hollande et Jean-Marc Ayrault affichent depuis des années leur complicité sur les rangs de l'Assemblée (photo).

 

Leurs points communs les ont progressivement rapprochés: élus fortement implantés en province (le président en Corrèze dont il a occupé toutes les grandes fonctions: maire, député, conseiller général; le nouveau Premier ministre en Loire-Atlantique où il est élu, sans discontinuer, depuis 1986, comme député et, depuis 1989, comme maire de Nantes); pas d'expérience ministérielle mais, à leurs places respectives entre 1997 et 2002, fortement associés aux décisions du gouvernement Jospin. Ils ont donc pour eux de compenser cette inexpérience par leur pragmatisme et leur volontarisme politique (pour appliquer le projet du "changement"). D'une certaine manière, M. Ayrault est à M. Hollande ce que François Fillon fut à Nicolas Sarkozy: un chef de gouvernement qui travaillera, dans l'ombre, pour conduire, avec la majorité, les réformes à mener. Un peu "austère" pour certains, le maire de Nantes ne cherchera pas la popularité et fera le boulot qui lui est dévolu. Une fois passé la (relative) "déception", donc, j'espère que ce tandem, sérieux et complice, fera avancer la France, mènera les réformes avec courage et détermination, sans oublier de composer un gouvernement équilibré, paritaire mais pas trop nombreux.

 

Demain matin, M. Ayrault accèdera donc à l'hôtel Matignon à 10h. Il disposera de la journée pour former son gouvernement qui, deuxième "hollandisme", pourrait ne pas susciter de grandes surprises. Certaines nominations paraissent évidentes:

- Martine Aubry, n°2 du gouvernement, ministre (d'Etat?) de l'Education, de la Culture, de la Jeunesse et des Sports;

- Manuel Valls à l'intérieur;

- Pierre Moscovici aux Affaires étrangères (après les Affaires européennes, dans le gouvernement Jospin) en place d'un Laurent Fabius, précédémment pressenti, qui recevrait la Défense;

- Marisol Tourraine aux Affaires sociales;

- Michel Sapin à l'Economie, tandis qu'Arnaud Montebourg récupérerait, logiquement, un ministère de l'Industrie (ou de la Réindustrialisation);

- Le radical Jean-Michel Baylet à l'Agriculture...

 

... Confirmation demain dans l'après-midi. Avec peut-être quelques surprises, notamment pour faire entrer quelques femmes (Filipetti, Batho, Duflot...) sans les cantonner à des secrétariats d'Etat de seconde zone ! Déjà, François Hollande est critiqué: à droite et au FN, on dénonce le choix d'un homme condamné par la justice pour "favoritisme" (ce qui empêcha M. Ayrault d'obtenir un porte-feuille dans le gouvernement Jospin, en 1997). Effectivement condamné pour ne pas avoir mené un appel d'offre pour un marché nantais, le nouveau Premier ministre a "payé sa dette" et ne peut plus en être accusé... Dommage que l'UMP n'applique pas aux siens (M. Juppé a, lui aussi, été condamné pour des faits encore plus graves... et n'est pas le seul !) la même rigueur ! Balayons ces polémiques. Laissons à Jean-Marc Ayrault l'occasion de faire ses preuves. Il a, pour l'instant, ma confiance... en attendant de recevoir celle d'une majorité de députés en juin.

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 06:28

Il y a une semaine, le second tour de la présidentielle sacrait François Hollande. Dans cinq semaines, le second tour des élections législatives donnera-t-il une majorité parlementaire au nouveau Président pour qu'il applique son programme? On peut le penser car, comme le disent les responsables socialiste comme pour se rassurer, les Français ont toujours donné une majorité, même ténue, au président élu (1981, 1988, 2002, 2007: aucune exception !). Autre argument: la force du FN, qui pourrait se maintenir dans un grand nombre de circonscriptions à la faveur de triangulaires, est une force pour la gauche. Si dans certains cas, le FN pourrait remporter le second tour et faire entrer quelques élus à l'Assemblée, il semble probable que, dans la majorité des cas, même dans des circonscriptions de droite, le candidat d'union de la gauche l'emportera... le maintien du candidat FN faisant perdre des voix au candidat UMP qui aurait pu les capter dans le cas d'un duel avec un membre de la gauche...

 

Pourtant, la droite espère une percée: ne pouvant pas faire campagne en baissant les bras, les ténors de l'UMP font front commun (avant la déchirure qui les attend) en espérant une cohabitation. Hypothèse qui n'est pas impossible dans la mesure où la force du FN peut aussi être, dans certaines circonscriptions, une menace pour la gauche. Deux cas de figures sont à envisager: dans les circonscriptions rurales où l'élu sortant est UMP, la gauche peut être éliminée si l'abstention est trop élevée (ce qui rend difficile d'atteindre 12,5% des inscrits... et non des exprimés); dans toutes les autres, elle peut l'être si elle part divisée. C'est contre cette menace, réelle, que Jean-Luc Mélenchon a tiré le signal d'alarme en dénombrant les circonscriptions où la division de la gauche est déjà marquée. Non loin de mon domicile, la 4ème circonscription de l'Aisne (autour de Soissons, dans laquelle je votais jusqu'à mon déménagement) risque de basculer. Elle est pourtant, depuis 1997, un bastion de gauche: le député sortant, qui ne se représente pas, Jacques Desallangre Lanouilhétait même, jusqu'à peu, apparenté "Front de gauche". Réélu en 2002 et en 2007, alors que la droite emportait les élections au niveau national, il passe la main...

 

Sauf que, pour lui succéder, trois candidats s'affrontent à gauche:

1- Jean-Luc Lanouilh, conseiller général communiste, a été investi par le Front de gauche pour être le candidat de cette formation (affiche officielle, à gauche): très populaire, constamment réélu depuis des années (parfois, au second tour, contre un candidat frontiste), il fait figure de favori. Professeur d'histoire dans le lycée où j'étais stagiaire, je ne l'ai pas souvent croisé mais, pour les rares fois où je l'ai fréquenté, je peux dire qu'il est à la fois talentueux, respectable et ferme sur ses convictions.

2- L'attaché parlementaire de M. Desallangre, Frédéric Alliot, n'a pas obtenu l'investiture qu'il convoitait. Difficile à placer politiquement (je ne sais s'il convoité l'investiture socialiste ou du Front de gauche), il a en tout cas décidé de se lancer, estimant que le député sortant l'avait désigné comme dauphin et qu'il est le plus légitime pour assurer la continuité.

3- Marie-Françoise Bechtel, première vice-présidente du MRC (le parti de M. Chevènement, où elle s'occupe du développement du Parti et de ses "relations extérieures"), a été parachutée dans la circonscription (après une candidature dans l'Indre en 2007 -Bechtel-2007.JPGaffiche d'époque à droite), suite au ralliement de son leader à la candidature de François Hollande. Alors que les socialistes locaux semblaient choisir le maire PS de Soissons comme candidat, cette dame (ancienne présidente de l'ENA) a obtenu une circonscription gagnable, laissant au socialiste la place de suppléant... Une place en or, dans la mesure où Mme Bechtel pourrait obtenir, au nom de la parité et de l'ouverture aux partis-frères, un poste au gouvernement ! Bref, un arrangement, décidé au niveau national, qui arrange plus au moins tout le monde.

 

Problème: face à ces trois candidatures, trois autres candidatures de droite existent. Investie par l'UMP, la conseillère régionale MPF (le mouvement de Philippe de Villiers, auquel la direction nationale de l'UMP garde quelques places), Isabelle Letrillart, devra compter sur la candidature d'un représentant des Radicaux valoisiens (le micro-parti de Jean-Louis Borloo), par ailleurs maire d'une commune rurale, sans oublier un prétendant FN, dont je n'ai pas l'identité actuellement. A priori, les deux candidatures de droite pourraient fusionnées pour limiter le risque de perdre une circonscription, réputée comme "la plus à gauche du département". Reste à savoir si, comme le souhaite le candidat Lanouilh (qui évoquait les conséquences d'une division de la gauche, à l'automne dernier), le PS, le Front de gauche et le candidat dissident peuvent se mettre d'accord sur une candidature unique... Là encore, c'est au niveau national que tout se joue, même si les tensions locales demeurent et pourraient perdurer selon la décision prise à Paris ! A suivre.

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 08:24

Quel est le sens du vote FN, en 2012? A cette question, politologues et politiciens tentent d'apporter leur réponse. L'un des échanges les plus intéressants a eu lieu sur le plateau de l'émission "On n'est pas couché", avec Laurent Ruquier, samedi dernier: l'animateur recevait, dans le cadre de la campagne d'entre-deux-tours, un représentant de chaque candidat (pour le PS, Manuel Valls, directeur de la communication d'Hollande) qui a dû répondre aux questions d'Audrey Pulvar. L'échange entre les deux (Valls-Pulvar) nous en apprend sur l'enfermement idéologique et les fausses certitudes de certains journalistes: en effet, pour l'ancienne présentatrice du 19-20 de France 3, le vote protestataire en banlieue ne se porte pas sur la gauche (elle le déplore) mais davantage sur le FN...

 

Heureusement, Manuel Valls a su répliquer: dans sa ville (Evry, Essonne), Marine Le Pen n'a enregistré que 11,1% des suffrages (sept points de moins qu'au niveau national) tandis que les candidats de gauche cumulent pas moins de 61,5% (46,5% pour François Hollande et 15%, soit 4 points de plus, pour Jean-Luc Mélenchon). Sarkozy, petit deuxième, décroche 15,4% et Franois Bayrou s'effondre à 6,5% ! Avec cet exemple, peut-on encore dire que le vote protestataire en banlieue (où les jeunes, notamment issus de l'immigration, se sont également mobilisés... avec une abstention à 27%) n'est pas à gauche?

 

La remarque d'Audrey Pulvar est, au contraire, nettement valable dans le milieu rural où la présidente du FN réalise de très bons scores, se plaçant en 2ème position derrière le candidat socialiste. En guise d'exemple, voici les résultats de ma commune (Charmes, Aisne): abstention à 21,4%, Hollande à 31%,  Le Pen à 25,4%, Sarkozy à 18,9%, Mélenchon à 12,3%, Bayrou à 5,4%. Pourquoi un vote aussi massif pour le FN? Deux raisons apparaissent:

1- Le manque de service public de proximité et la disparition des petits commerces désespèrent les populations locales, en particulier les personnes âgées qui, chez mon coiffeur par exemple, affirment clairement leur vote. Il faut dire que, dans les dernières semaines, la présidente du FN a balancé une des ces propositions sensées dont elle a le secret: "Interdire la construction de nouvelles grandes surfaces, qui tuent le commerce de proximité, dans les communes de moins de 30 000 habitants... pour recréer du lien social". Effet garanti !

 

2- Le couplet qui oppose les travailleurs aux fainéants (que reprend, habilement, Nicolas Sarkozy dans l'entre-deux-tours). Ainsi peut-on entendre, dans la bouche des électeurs frontistes: "Notre argent va financer les banlieues". En clair, les Français modestes de la "France d'en bas", qui triment et paient leurs impôts et autres cotisations, ont le sentiment que leurs efforts ne sont pas récompensés... et que ces prélèvements, qui grèvent leur pouvoir d'achat, financent les allocations et autres prestations dont se gavent "ces étrangers, qui grossissent les rangs des faits divers, et qui vivent mieux que nous sans pour autant travailler... grâce au trafic, par exemple".

Malheureusement, il existe des situations qui confirment ce constat... et que je j'ai pu, moi-même, observé en ayant vécu près de vingt ans dans un HLM d'un quartier "pauvre" d'une ville de 15 000 habitants. Pendant que mon père peinait, à plus de 50 ans, à trouver un job en intérim pour rapporter à peine 1000€ à la maison (où ma mère élevait ses trois enfants), certains de nos voisins, d'origine maghrébine, se payaient des Mercedes sans pour autant travailler. Trafics de drogue et de voitures (volées en Belgique?) rapportent bien plus qu'un travail au SMIC ! D'ailleurs, certains de mes anciens voisins fréquentent la prison locale pour ces raisons...

 

Malheureusement, c'est l'existence de ces situations, relayées dans la presse locale (ce qui fait dire, à certains électeurs, que 95% des délinquants sont des étrangers...), engendre une vision très caricaturale de la société et des réflexes xénophobes. Plus fréquentable, avec des propositions "choc" en matière économique, Marine Le Pen "comprend son pays et a les tripes pour proposer des politiques nouvelles", entend-on parfois ! Voilà le sens du vote FN, selon moi.

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