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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 18:45

Ca y est, c'est fait: la volonté des éléphants a été validée par la démocratie militante ! Harlem Désir est devenu Premier secrétaire du Parti Socialiste, succédant ainsi à Martine Aubry (l'une des plus mal élues... mais aussi l'une des plus efficaces à ce poste depuis bien longtemps). S'il faut être mal élu(e) pour bien agir, espérons que le fait d'avoir été bien élu n'annonce pas le naufrage de M. Désir à ce poste. En même temps, son bilan risque d'être bien fragile: après la ras-de-marée socialiste sur les régions (en 2004 puis 2010), les prochaines élections régionales (dont on ne sait toujours pas si elles auront lieu, à quelle date et sous quelle dénomination !) pourraient ne pas connaître la même issue.

 

Il faut dire que le Parti socialiste tombe, avec liesse et auto-satisfaction, dans une période bien terne. Après cet épisode du congrès de Toulouse, j'ai une certitude: si je dois (re)prendre la carte d'un parti politique, ce ne sera sans doute pas celle du PS ! A cela plusieurs raisons que je préfère donner en vrac:

- Le Congrès a été l'occasion de recharger les batteries du Premier ministre, qui s'est mis en scène comme chef de la majorité... A mon sens, le chef du gouvernement ne doit pas Desir-Ayrault.jpgretomber dans la basse politique politicienne qui consiste à défendre et incarner son "camp". Il doit travailler, comme les Français, à l'intérêt général. Et, même s'il est issu de ce camp, il n'a pas vocation à faire des coups médiatiques pour le seul plaisir de taper sur l'autre "camp": ça, c'est le rôle des dirigeants dudit parti. Pas de la deuxième tête de l'exécutif ! Ainsi, la connivence affichée entre M. Ayrault et Désir (photo ci-contre) me semble à la fois malsaine et anti-démocratique.

 

- Les élus du parti s'apprêtent à combattre une promesse du candidat Hollande sur le non-cumul des mandats: partout, les sénateurs ou députés cumulards annoncent, dans la presse locale (et dans l'Aisne, c'est très marqué), qu'ils sont engagés devant leurs électeurs et qu'ils ne renonceront donc pas à l'un de leurs mandats !

- Le mode de désignation, soi-disant démocratique (mais, avec un taux de participation loin de celui du congrès de Reims), du Premier secrétaire me pose un problème. Que le PS applique la méthode UMP (le Président choisit celui qui lui fera le moins d'ombre et qui dirigera, en bon petit soldat, un parti sommé de suivre le gouvernement sans broncher) me catastrophe !

- Le fait qu'un homme politique, condamné par la justice (même si c'était il y a quinze ans), accède à un poste de responsabilités (médiatiquement exposé) me chiffone. Je ne récuse le droit de changer... mais, en matière politique, où les responsables ont un devoir d'exemplarité, j'aurais préféré l'élection d'une personne irréprochable.

 

- L'orientation clairement assumée de la motion majoritaire, qui consiste à accompagner le gouvernement en votant ses projets sans devenir une force de propositions qui puisse un jour contre-dire les ambitions du Président, ne me convient absolument pas. J'estime que, pour bien gouverner, une majorité a besoin de débats, de confrontations. Que l'appareil Caricature_congres_PS.jpgdirigeant du PS soit plus à gauche ou plus à droite que le gouvernement ne me choque pas... Que l'exécutif ait pu le craindre me gêne.

Je crois, même, qu'il aurait été profondément nécessaire d'avoir un PS orienté plus à gauche: avec une personnalité forte, qui aurait des principes aussi solidement accrochés que Mme Aubry, le parti majoritaire aurait remis dans le droit chemin un pouvoir qui va, compte-tenu des pressions et de la volonté de trouver des compromis, recentrer sa politique. Or, si la gauche mène une politique tiède, sociale-libérale, qui se rapproche en certains points de la politique de la droite, c'est l'échec assuré pour les scrutins intermédiaires... voire en 2017 (voir la caricature ci-contre, tirée du site Rue89) !

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 19:24

D'ici quelques semaines, les deux grands partis français auront changé d'équipes dirigeantes. Côté UMP, le duel Fillon/Copé devrait tourner à l'avantage du premier... après une campagne que les deux favoris ont capté et suite à un vote des militants. Côté PS, le duel Désir (actuel n°2) / Cambadélis (ex-soutien de DSK) tournera à l'avantage... de celui que Mme Aubry aura choisi. En attendant, les médias comptent les points (ainsi, ce vendredi, France Info titrait: "Désir 3-Cambadélis 1", comptant les soutiens ministériels des deux hommes)... et tentent de décrypter dans quelle mesure le futur Premier secrétaire gênera ou non l'Elysée !

 

Qu'en pensent les militants? Qui sont les autres candidats (il me semble avoir entendu que Gaëtan Gorce était lui aussi prétendant)? Y aura-t-il un vote des adhérents du PS pour choisir, démocratiquement, leur chef? Il semble que non ! Car, depuis l'élection de François Hollande, le tandem Ayrault-Aubry (hostensiblement affiché pour montrer qu'il n'y a pas de dissensions dans la majorité) semble avoir verrouillé le parti: une motion commune, à laquelle les ministres ont priés de souscrire sans réserve, sera présentée. On affirme déjà qu'elle obtiendra la majorité... sans que l'on sache si d'autres motions seront soumises au vote (libre?) des militants ! Et, maintenant, le nouveau Premier secrétaire, qui succédera à la maire de Lille (dont le bilan, tant interne que politique, est plutôt bon), sera désigné dans quelques jours quand la sortante aura fait le choix de celui qu'elle soutiendra.

 

Je suis révolté ! Le PS version 2012, sera-t-il le pendant de gauche de l'UMP version 2007? A savoir, un parti godillot, qui soutient sans réserve son Président, vidé de son essence démocratique et dans lequel les militants ne sont plus les seuls à décider? Un parti dont le fonctionnement sera uniquement décidé à Paris, dans les bureaux de la rue de Solférino, entre gens civilisés qui se partagent les miettes de pouvoir? Un parti qui n'aurait plus rien à envier au PC chinois, au sein duquel les dignitaires (seuls aptes à décider à la place d'une base qui n'en aurait pas les compétences) choisissent le meilleur d'entre eux et où les places s'obtiennent par cooptation (l'ancien chef choisissant son successeur)?

 

Il est tout de même curieux qu'après avoir été un parti exemplaire, le PS tombe aussi bas ! Certes, le congrès de Reims a, médiatiquement, été décrit comme un désastre... Alors qu'en réalité, il a été un grand moment de démocratie, où les motions et les personnes se sont affrontées dans une compétition qui a permis à Mme Aubry et ses soutiens de diriger le parti et de la conduire au pouvoir ! Après la période de débat et de confrontation, tous les socialistes se sont attelés au projet présidentiel de M. Hollande... choisi par des primaires citoyennes inédites, qui ont enclenché la dynamique victorieuse du 6 mai dernier ! Bref, après avoir innové en installant l'idéal démocratique dans ce qui était jusque-là une compétition partisane, le PS s'apprête à régresser... en adoptant des pratiques qu'il condamnait à l'époque où Sarkozy nommait les têtes de l'UMP !

 

Et dire que j'hésitais à reprendre ma carte au PS pour reprendre une implication politique plus marquée... Si ce funeste scénario se confirme, j'irai sans doute voir ailleurs.

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 19:52

Pas de retour de la garden party. Baisse du salaire présidentiel de 30%. Aller-retour Paris-Bruxelles en train pour le président Hollande. Les premières semaines du quinquennat ont été marquées par des décisions symboliques (minimes selon les opposants, symptomatiques de la volonté de "changement" pour ceux qui les défendent) qui montrent la "normalité" du nouveau pouvoir. Et la liste des décisions n'est pas encore close puisque, dans le cadre de la réflexion sur la baisse des dépenses de l'Etat, le Premier ministre a rendu ses arbitrages, confirmant ce qui avait été annoncé dans la campagne présidentielle: d'une part, l'augmentation du nombre de professeurs, de policiers et de magistrats sera compensée par une baisse des fonctionnaires attachés aux autres ministères; d'autre part, la baisse des frais de fonctionnement de ces mêmes ministères a été annoncée, à hauteur de -7% en 2013 puis -4% en 2014 et 2015... Là encore, cela ne représente qu'une goutte d'eau dans l'océan de la dette publique, qui frôle désormais 90% du PIB selon les dernières statistiques publiées.

 

Cette semaine, une autre décision symbolique a été prise, du côté du pouvoir législatif: comme il l'avait annoncé, Claude Bartolone (nouveau Président de l'Assemblée nationale) a décidé de diminuer son indemnité de 30%... imposant à son Bartolone_Bel.jpghomologue du Sénat, Jean-Pierre Bel (photo), de faire de même. Certes, c'est symbolique. Mais, les Français se plaignent si souvent, par un anti-parlementarisme que M. Bartolone a dénoncé dans son discours d'intronisation, que nos deux assemblées nous coûtent cher... Les indemnités des députés et sénateurs (ces élus cumulards qui sont tellement épuisés par les aller-retour entre Paris et la province qu'ils dorment dans les hémicycles !) sont régulièrement mis sur le devant de la scène, chacun se justifiant de la manière avec laquelle il utilise les indemnités pour ses collaborateurs ! Ainsi, même symbolique, cette décision est importante, montrant que la normalité (comprenez le refus du goût immodéré de l'argent) se diffuse désormais à tous les niveaux de l'Etat.

 

Dans ce cadre, on peut aussi regretter que l'exemplarité ne soit pourtant pas au rendez-vous pour le partage des bonnes places à l'Assemblée. Battue pour le Perchoir, Elisabeth Guigou avait réclamé, à juste titre, et à l'image du gouvernement, une parité parfaite pour ces postes... Résultat? Sur huit présidences de commissions, cinq ont été attribués à des hommes... et trois à des femmes, dont Mme Guigou (qui hérite de la commission des Affaires étrangères). Le PS, qui détient tous les postes à l'exception de celui de la commission des Finances (confié à un membre de l'opposition, en l'occurence l'UMPiste Gilles Carrez), se cache derrière une parité presque parfaite: sur les 7 commissions restantes, 4 hommes et 3 femmes, c'est pas si mal ! Sauf que, sachant à l'avance que M. Carrez était favori pour le poste qu'il occupe, le PS aurait pu anticiper en désignant 4 femmes et 3 hommes, ce qui aurait effectivement conduit à la parité parfaite ! Bref, avec 5 présidents de commission, le Président de l'Assemblée et la présidence des deux grands groupes (PS: Bruno Le Roux, UMP: Christian Jacob), les hommes continuent de dominer l'Assemblée, aussi féminisée soit-elle !

 

Autre couac: les socialistes monopolisent donc tous les grands postes de l'Assemblée... ne laissant aucune place à leurs alliés, notamment ces écologistes qui ont obtenu un groupe parlementaire. EELV avait, en effet, réclamé la présidence de la Commission du Développement durable... ce que les socialistes refusèrent, d'où le vote d'abstention lors de l'élection du Président de l'Assemblée, la semaine dernière. Avec ce désaccord, la gauche se divise pour des postes et des symboles. Les adversaires de la nouvelle majorité dénonceront, à juste titre, des entorses aux beaux principes mis en avant pendant la campagne... Dommage que la gauche n'ait pas su être totalement exemplaire dans les premiers mois de son retour au pouvoir ! C'eût été trop beau !

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 16:18

Première "Une" du Figaro Magazine, après le deuxième tour des législatives? La rédaction propose, à ses lecteurs, une "enquête" sur l'Etat-PS ! Déjà?... Mais, en quoi consiste-t-elle? En Fig-mag-Etat-PS.jpgune "enquête sur les réseaux de François Hollande", comme le précise un article publié sur le site du journal. Ce sujet, qui doit donner lieu à une investigation minutieuse et de terrain (!), permet à l'hebdomadaire de la droite d'attaquer la gauche, à peine installée au pouvoir, sur ce qui peut la gêner. D'ailleurs, l'UMP s'est déchaînée cette semaine. Passons sur l'épisode du tweet de la 1ère dame (qui constituera la fausse note du début de quinquennat, que la droite ressortira à chaque occasion, comme la gauche le fit avec le Fouquet's et le yacht de Bolloré pour N. Sarkozy !). Les ténors de l'opposition, fragilisés par la perspective de la guerre des chefs qui se tiendra à l'automne, ont pris, dans l'actualité, les signes de la domination du clan Hollande sur l'Etat: le candidat officiel de l'Elysée élu à la présidence de l'Assemblée (Claude Bartolone), un fidèle du Président qui prend la tête du groupe PS (Bruno Le Roux), une entorse monumentale au principe de parité au plus haut sommet de l'Etat (les quatre plus hauts personnages sont des hommes !)... En bref, à écouter la droite, un homme vient de prendre tous les pouvoirs et, tel une pieuvre, étend ses tentacules sur toutes les parcelles du pouvoir. Ce qui ne choquait pas la droite hier (quand elle était au pouvoir, avec l'Etat-Sarko composé des fidèles de l'ancien chef de l'Etat à la plupart des postes sensibles) la choque donc aujourd'hui !

 

Autre argument: la gauche détient tous les pouvoirs. Jamais un camp n'avait concentré autant de pouvoirs entre ses mains: Elysée, Matignon, majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat, 21 régions sur 22, plus de la moitié des départements, la plupart des grandes villes... La gauche sera la seule responsable de tout ce qu'elle entreprendra au cours du prochain quinquennat car la pauvre droite n'a plus de quoi s'opposer ! Premier bémol à cette vraie-fausse démonstration: la gauche n'est certaine de conserver tous ces pouvoirs que deux ans... car, en 2014, des élections locales (territoriales et municipales) auront lieu. Il appartient désormais à la droite de reconquérir des pouvoirs que la gauche a emporté sur la volonté des électeurs ! Deuxième bémol: cette concentration des pouvoirs ne semblait pas choquer la droite quand elle était dans la même posture. Sans remonter à 1995 (qui semble la situation la plus comparable à celle de 2012 !), la situation politique de 2002 n'était pas moins favorable à la droite: Chirac réélu à l'Elysée, Raffarin à Matignon avec la majorité dans les deux chambres, pas de vagues roses dans les régions ou les municipalités (car elles datent, respectivement, de 2004 et 2008 !), présidence de la Commission des finances de l'Assemblée (donnée à l'opposition en 2007), Cour des comptes et Conseil constitutionnel détenus par des proches de la droite... Bref, la droite se plaint d'une situation dont elle a, dans le passé, pu profiter ! Ce qui choque, c'est que la gauche se retrouve, pour la toute première fois depuis 1958, dans cette situation... car, même en 1981, Mitterrand n'avait pas tous ces pouvoirs (avec un Sénat à droite, par exemple) !

 

Ce qui fait de 2012 une année inédite, c'est effectivement la main mise de François Hollande sur les institutions... Mais, au fond, ce n'est que le résultat logique d'une construction politique dont il a été le principal artisan: premier secrétaire, c'est lui qui a permis à la gauche de conquérir ces parcelles de pouvoir que la droite tentera de reprendre dans les prochaines années. La domination de la gauche est, en effet, le résultat d'une conquête progressive (étalée sur huit années... de 2004 à 2012) de tous les leviers qu'elle détient désormais. Par la volonté, réécrivons-le, des électeurs ! 2012 est un autre tournant car tous les acteurs de 2007 ont été balayés: Nicolas Sarkozy a été sorti de l'Elysée, n'ayant pu montrer sa capacité à sortir le pays de la crise; Ségolène Royal a échoué dans toutes ses tentatives d'être la première femme Président, Première secrétaire du PS ou Présidente de l'Assemblée nationale; quant à François Bayrou, il quitte son mandat de député, entamant une nouvelle traversée du désert (qui s'annonce plus rude que la précédente). 2012 est aussi un tournant car les Français ont souhaité installer au pouvoir une nouvelle génération de dirigeants peu expérimentés: Hollande et Ayrault n'ont jamais été ministres, comme nombre de figures du nouveau gouvernement, tels MM. Montebourg ou Valls. Bref, le paysage politique se reconstitue... et, dans les prochains mois, la droite devra se reconstruire plutôt que taper, inutilement, sur une majorité (vraiment) populaire. Qui dirigera le parti? Quelle ligne politique sortira vainqueur? L'opposition sera-t-elle vraiment constructive, comme l'UMP le réclamait au PS jusque-là? On attend de voir...

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 15:29

Après les législatives, Martine Aubry ne sera plus Première secrétaire du PS: elle l'a annoncé, dimanche soir, sur le plateau d'Olivier Mazerolle sur BFM TV. Elue Aubry à Reimsau Congrès de Reims (photo - au cours duquel j'ai personnellement soutenu Ségolène Royal, qui me semblait la mieux placée, après la présidentielle ratée de 2007, pour reconstruire le PS et de faire passer certaines de ses idées dans le projet de rénovation), la maire de Lille estime qu'elle a rempli pleinement sa mission. Des quatre objectifs qu'elle s'était fixée, les trois sont remplis: 1- Faire gagner la gauche aux élections intermédiaires pour dénoncer la politique du pouvoir en place: elle a l'humilité de reconnaître sa défaite au premier de ces scrutins (les européennes de 2009, où Europe Ecologie a devancé le PS) tout en rappelant qu'elle a tout remporté... jusqu'aux sénatoriales de septembre dernier. 2- Bâtir un projet présidentiel du parti, qui servirait de plate-forme commune aux présidentiables. 3- Préparer la présidentielle de 2012 en organisant les primaires citoyennes pour désigner le candidat commun au PS et à ses alliés volontaires (le PRG, en l'occurence). 4- Rassembler les partis de gauche derrière le candidat socialiste, a priori en tête du 1er tour, pour bâtir une majorité parlementaire (avec des accords aux législatives) et un projet de gouvernement. Objectifs atteints. Interrogée sur son avenir après le 6 mai, elle rappelle qu'elle abandonnera sa charge en juin car elle doit mener la campagne des législatives. Interrogée sur son avenir hors du PS et sur la possibilité d'être nommée à Matignon, elle déclare intelligemment: "Les statuts du parti m'interdiraient de cumuler les deux" !

 

"Mon premier ministre sera évidemment socialiste et devra avoir de l'expérience, bien connaître les députés socialistes, ou encore savoir diriger une équipe". A la question de savoir si elle pense correspondre à cette description, donnée par François Hollande sur France 2 la semaine dernière, la maire de Lille ne répond pas "non" avant d'ajouter qu'elle n'est sans doute pas la seule dans ce cas... Jean-Marc Ayrault a pour lui, non seulement d'être le patron des députés PS, mais aussi de s'entendre particulièrement bien avec le député corrézien ! Pour ma part, je pense que placer Mme Aubry à Matignon serait la meilleure des idées, pour trois raisons principales: 1- Faire de la chef du parti la chef de la majorité; 2- Donner la deuxième place de l'exécutif à une femme (façon d'appliquer, au plus haut niveau et de manière symbolique, la parité); 3- Récompenser la fidélité de son ancienne concurrence des primaires qui, depuis, a réalisé un gros travail de négociation avec les partis-frères (Verts, PRG, MDC de M. Chevènement, voire Front de gauche) pour bâtir un projet de gouvernement.

 

Petit exercice de politique-fiction; je vous propose ma composition partielle d'un gouvernement Aubry, au lendemain de la victoire de M. Hollande le 6 mai prochain. Ministre de l'Intérieur: Manuel Valls; ministre de l'Immigration et de l'Intégration: Najat Vallaud-Belkacem; ministre des Affaires étrangères: Laurent Fabius; ministre de l'Education: Vincent Peillon; ministre de l'Ecologie et du Développement durable: Nicolas Hulot; ministre de la Justice: Eva Joly; ministre des Finances: Jérôme Cahuzac; ministre de la Défense: Louis Gautier; ministre de la Culture: Aurélie Filippetti; ministre des Collectivités: Pierre Moscovici; ministre de l'outre-mer: Victorin Lurel; ministre de l'Agriculture: Stéphane Le Foll; ministre du Travail et des affaires sociales: Marisol Touraine; ministre de la Santé: Jean-Marie Le Guen. N'oublions pas le Palais-Bourbon: avec un homme au perchoir du Sénat, la parité aménerait le PS à choisir une femme pour diriger l'Assemblée nationale (ici, Ségolène Royal) tandis qu'Arnaud Montebourg décrocherait la présidence du groupe socialiste et obtiendrait, à l'issue d'un Congrès, le poste de Premier secrétaire du PS... avec l'ambition de préparer, sur une ligne clairement à gauche, la présidentielle 2017 ! Mais tout cela n'est qu'imagination !

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 10:45

Après l'affaire de l'accord électoral Verts-PS (conclu dans le dos du candidat et au pire des moments, c'est-à-dire avant les résultats du 1er tour qui auraient dégagé un rapport de force démocratique), voici l'affaire des investitures aux législatives ! 2012 est une année en or pour les socialistes. Tous les barons locaux, les députés sortants ou les ambitieux démocratiquement recalés en 2007 n'ont qu'un souci: être candidat aux législatives en 2012 pour décrocher un poste de député dans une Assemblée qu'ils croient, déjà, rose et verte ! Et le citoyen lambda peut constater, sans difficulté, que les élus, y compris de gauche, sont avant tout des voraces qui cherchent la bonne place, celle qui rapporte et l'argent et le prestique. L'avenir du pays, l'avis des citoyens et les grands principes qui forgent leur identité (idéologie) politique ne comptent pas. Ce qui les intéresse, c'est leur sort personnel. Il en est ainsi de ces cumulards qui, en plus d'un fromage local qui leur assure de pleines pages dans les journaux régionaux, se battent pour un siège au Palais Bourbon ou au Sénat. Que les candidats socialistes soient, pour la plupart, des hommes blancs de plus de 50 ans qui, pour certains, sont élus depuis plus d'une décennie, ne gêne personne. Que le PS, dont le candidat à la présidentielle va vendre l'envie de renouveau, n'utilise pas ces législatives pour mener l'acte I dudit renouveau (plus de femmes, plus de minorités visibles, plus de jeunes) me choque et me désespère.

 

Dernier exemple en date? Le parachutage de Jack Lang: l'ancien ministre de la Culture, parti de Blois après sa claque aux municipales de 2001 pour atterrir sur les terres d'un Pas-de-Calais où il n'a pas obtenu l'investiture, devrait donc être candidat dans mon département (l'Aisne). Jusqu'il y a quelques jours, rien n'était fait. On parlait de la Somme (les quartiers Balligand-a-l-Assemblee.jpgpopulaires d'Amiens) jusqu'à ce que les militants et les élus locaux (dont le turbulent communiste Maxime Gremetz) ne s'en mêlent et fassent reculer les décideurs parisiens. Depuis, le député socialiste de la 3ème circonscription de l'Aisne (couvrant la Thiérache, au nord du département) a annoncé sa non-candidature: Jean-Pierre Balligand (photo de droite), vice-Président de l'Assemblée (un temps pressenti pour remplacer Didier Migaud à la tête de la commission des Finances), a été réélu sans discontinuer depuis 1981 dans une circonscription présentée comme "imperdable pour la gauche". Quelques jours plus tard, l'hypothèse J. Lang revient: le PS y voit une occasion en or pour recaser l'ancien ministre et de lui permettre une réélection facile... Ce scénario pose tout de même trois questions: M. Lang a-t-il une propriété pour être candidat d'une circonscription où il n'a peut-être jamais mis les pieds? Le principe socialiste selon lequel toute circonscription disponible par le départ de son titulaire sortant doit être rajeunie et féminisée ne tient-il plus? La direction socialiste va-t-elle oser imposer un candidat sans consulter les militants locaux et sans avoir l'avis des barons locaux?

 

Or, les barons locaux (en particulier, l'un d'eux) ne manqueront pas de se manifester. Je prends les paris. Dans la presse régionale, Jean-Jacques Thomas (photo de gauche - Jean-Jacques-Thomas.jpgmaire d'Hirson, conseiller général, vice-Président du Conseil général et premier secrétaire de la fédération PS de l'Aisne) devrait se manifester. Car, cet homme ambitieux lorgne sur la circonscription de son camarade Balligand depuis quelques temps: il se voit d'ailleurs succéder au cumulard Daudigny (président du Conseil général et sénateur depuis 3 ans) en devenant député et, prochainement, président du Conseil général quand l'actuel titulaire annoncera son retrait (pourquoi pas à l'occasion des élections territoriales de 2014) ! Bref, chacun comprendra que la réalité politique locale, complexe et éloignée de ce qui fait la noblesse de la "vraie" politique, risque de provoquer des remous. D'autant plus si Jack Lang, trop vieux selon les critères d'Arnaud Montebourg, finit par s'implanter et ravir cette circonscription "en or". Personnellement, ce "parachutage doré" me choque profondément. Ce qui vaut pour le monde des affaires n'aurait plus sens en politique? C'est en tout cas ce que les citoyens (et certains militants socialistes) pourraient croire si la candidature Lang devait se confirmer. J'espère qu'il n'en sera rien... Dans le cas contraire, je mettrai un premier pied en dehors du parti socialiste. Sans une victoire en mai prochain, je pense ne pas renouveller ma cotisation !

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Published by Aurelien Royer - dans La vie du Parti Socialiste
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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 20:50

Décidément, la droite est nulle... Ces derniers jours, tous les "ténors" de la majorité, pour la plupart ministres, se sont succédé dans les médias (qui sur Europe 1, qui sur France 2) pour dénoncer, comme des petits soldats aux ordres de leur chef bien aimé, la mascarade de l'accord PS-Europe Ecologie sur le nucléaire. Dommage qu'ils aient tous répété que les deux principaux partis de l'opposition négociaient sur le mode "une centrale contre une circonscription", car la droite avait raison de s'en prendre aux entourages de M. Hollande et Mme Joly. Ou quand les éléments de langage (ces phrases toutes prêtes rédigées à l'Elysée et patiemment récitées par les porte-flingues du Président) décrédibilisent la parole de la droite !

 

En effet, les entourages des deux candidats à la Présidence, en négociant sur le nucléaire, ont déconné ! Dans un premier temps, je les ai plutôt défendu en montrant que la droite était plutôt gênée de voir que, dans le camp d'en face, les futurs partenaires discutent et mettent sur la place publique un débat fondamental pour l'avenir de notre pays. Mais, avec cette histoire de texte modifié le temps d'une nuit, sur la décision d'un seul homme (en l'occurence le candidat Hollande, qui espérait peut-être montrer sa capacité à trancher et prendre des décisions), les deux partis se sont partiellement décrédibilisés. Pour au moins deux raisons: 1- Comme le disent les responsables de la majorité, cet accord s'apparente, au final, à un mauvais marchandage de fond de boutique, entre les appareils de deux partis. Alors que la gauche avait l'occasion de faire du nucléaire un sujet de débat (il n'est pas trop tard pour le mettre sur la table de la campagne présidentielle), elle a privilégié les arrangements dans l'ombre. Résultat: les citoyens, attendant qu'on leur propose une nouvelle vision et une nouvelle façon de gouverner, ne peuvent qu'être déçus. Tout comme moi.

 

2- En ouvrant, dès maintenant, les négociations sur le nucléaire, ainsi que sur le partage des circonscriptions (avec quelques parachutages dorés), PS et EELV mettent la charrue avant les boeufs. Autrement dit, non seulement ils ont fait l'erreur de coupler les deux dossiers (ce qui n'est pas malin), mais ils donnent aussi l'impression de vouloir se partager les postes comme si la victoire était déjà acquise. Certes, l'accord prévoit de réserver un nombre variable de circonscriptions à des candidats écolo (15 en cas de défaite présidentielle, et 30 en cas de victoire), mais l'existence même d'un accord de ce type enterre le rêve d'une revitalisation de notre démocratie. Que des partis proches, déterminés à s'associer dans une coalition gouvernementale, réfléchissent à un programme gouvernemental, c'est normal... Qu'ils le fassent cinq mois avant le premier tour, ça ne l'ai pas ! Car, au fond, ce débat (combien de centrales? Combien d'EPR?), François Hollande aurait dû ne l'engager qu'en mai 2012: une fois élu (et à cette seule condition), il doit préparer son gouvernement et sa majorité. Dans ce cadre, un accord avec les partenaires du PS doit être trouvé... en tenant compte (et c'est la seconde condition absolument nécessaire) du résultat de la présidentielle !

 

S'il avait la rigueur d'un homme d'Etat, respectueux des citoyens et de leur vote, il n'aurait pas ouvert ces discussions. Et le PS non plus. Pourquoi? Parce qu'il appartient au peuple (et à lui seul) de trancher sur ce dossier fondamental. Or, pour répondre aux questions posées (combien de centrales? Combien d'EPR?), il suffisait de regarder le résultat de Mme Joly au premier tour de la présidentielle. Si les citoyens lui attribuent un bon score, le projet de gouvernement devra être beaucoup plus ambitieux que si la candidate EELV ne franchit pas la barre des 5%. Autre piste (proposée par Deconne-pas-Francois.jpgJean-Luc Mélenchon): que la gauche s'engage, aussitôt les scrutins de 2012 passés, à convoquer le peuple pour un référendum sur la stratégie énergétique du pays. Etant entendu qu'un vote à une présidentielle ne peut valoir validation de tous les points du programme de vainqueur, il est essentiel de donner aux citoyens le pouvoir de décider sur les dossiers qui engagent l'avenir du pays. Le nucléaire est de ceux-là... Cher François Hollande, il n'est pas trop tard. La campagne n'est pas commencée. Dans les prochains mois, il faudra que vous fassiez la preuve de votre détermination à "présider autrement" (pour reprendre un slogan célèbre). Et, comme le proclame ce blogueur qui fait le buzz sur la Toile, "déconne pas François" (voir son site en cliquant sur l'image ci-contre) !!

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 19:13

Y en a marre de voir Sarko, matin, midi et soir. Un jour au 20h, le lendemain en visite dans une ferme ou une usine, le surlendemain à Cannes... Bizaremment, on n'entend pas les cris indignés des membres de la majorité ! Ministres et parlementaires UMP ne se désolent pas de cette monopolisation du temps médiatique par le chef de l'Etat...

 

Après la séquence des primaires PS (qui a semblé interminable à l'UMP), la séquence SNSM ("Sarkozy Nicolas, Sauveur du Monde") nous semble, à nous, d'autant plus interminable que les discours, toujours bien huilés et idéalement orchestrés, ne raisonnent pas avec les actes, et encore moins avec les résultats obtenus ! Parmi les membres de l'opposition, François Hollande profite de cette longue séquence présidentielle pour se préparer à affronter la campagne présidentielle... en approfondissant son programme et en présidentialisant son image. Mais, pour devenir le Président irréprochable, et non pas un Président "normal" (trop proche d'une vision banale de la fonction), que les Français attendent, il lui reste beaucoup de boulot. En quelques mois, il va lui falloir:

 

1- Abandonner cette familiarité, que Sarko continue de pratiquer et que le candidat socialiste utilise lui aussi: lors du G20 encore, Nicolas Sarkozy tape dans le dos de ses homologues en les accueillant et, quand il se retrouve sur un plateau télé (ex: le 20h), il tutoie et appelle le chef d'Etat américain par son prénom ! Cette familiarité, qui a contribué à la fragilisation de la stature présidentielle du locataire de l'Elysée, est aussi une caractéristique de François Hollande. La familiarité de ce dernier, tant dans ses paroles (en ne résistant pas à son envie de lancer une petite blague, dès que possible !) que dans ses gestes (quand il a tapé le dos de Lula, lors d'une réunion sociale-démocrate en Espagne), ne pourra continuer s'il accède à la plus haute fonction. Je ne veux pas d'un Sarko bis, plus sympathique, qui croit trouver, dans cette attitude, une fausse proximité avec les Français.

 

2- Faire de la relance (économique, sociale et, surtout, politique) de l'Union européenne sa priorité sur la scène internationale: dans un des mes derniers articles, j'ai lancé des propositions pour relancer uen UE en panne de leadership. Peu après mai 2012, le choix d'un nouveau Président du Conseil européen devra être fait: une belle occasion à saisir !

3- Prendre garde à ne pas tomber dans une politique de rigueur trop prononcée, qui risquerait de tuer la croissance: la quête des 3% de déficit et l'engagement à débuter le désendettement du pays sont des objectifs nobles. Certes, ils contenteraient les marchés financiers, qui réduiraient leur emprise sur notre pays... Mais, une rigueur trop salée détruit la consommation des ménages et la productivité des entreprises. La Grèce le montre chaque jour. Je ne veux pas de cela pour la France !

4- Ne pas promettre l'impossible: à l'image de 60 000 postes dans l'Education nationale (impossibles à mettre en place dès la rentrée 2012 car les concours de recrutement auront déjà eu lieu), les belles promesses, difficiles à financer, n'ont pas leur place. Plus que faire plaisir aux corporations pour capter leurs voix, les candidats doivent dire la vérité à des Français qui, compte-tenu du contexte, sont prêts à certains sacrifices... à condition qu'ils soient équitables !

 

5- Prendre des premières mesures symboliques fortes: dans les tous premiers mois, des décisions symboliques peuvent être prises... Réduction de la dépense de fonctionnement des institutions, une seule promotion de la Légion d'honneur (au 14 Juillet) couplée à la remise en place d'une garden party mettant en avant les citoyens honorables de l'année: les idées ne manquent pas. Allons-y !

6- Former le gouvernement le plus proche de la perfection: en nommant une Première ministre non-socialiste, M. Hollande enverrait un double message (son attachement à la parité gouvernementale et ouverture de cette équipe à toutes les sensibilités de la gauche). Un gouvernement resserré, dominé (mais pas trop) par les socialistes, paraît indispensable. Au moins symboliquement...

7- Ne pas partir vainqueur, en se plaçant dans la peau d'un candidat de 2nd tour: son principal objectif est de conquérir, pour le premier tour, ces classes populaires et ces travailleurs précaires, déçus par le sarkozysme mais (encore) tentés par le lepénisme. Hausse des salaires, lutte contre la précarité (accès aux soins, au logement, à l'énergie...), égalité femmes-hommes, droits aux salariés... Là aussi, des initiatives existent.

 

8- Vivre avec son temps et mener une politique apte à corriger les méfaits du libéralisme appliqué depuis les années 1980: les socialistes et leurs partenaires ne devront pas avoir peur de rompre avec le libéralisme, pour répondre au ras-le-vol provoqué par les conséquences de la crise actuelle. Sans prendre de mesures extrêmes, il est possible de s'engager sur l'encadrement des salaires et rémunérations diverses (bonus), de taxer les entreprises et leurs comportements de manière graduelle vers des objectifs sociaux...

9- Réclamer l'évaluation chiffrée de son projet par un organisme indépendant: pour être crédible, le projet socialiste devra être évalué. Non en additionnant les seules dépenses, comme le fait l'UMP. Non avec la tentation de les minimiser en croisant les doigts pour que les débats chiffrés, rapidement pénibles, n'intéressent pas les Français... Que le candidat socialiste sollicite une évaluation par des experts indépendants l'honorerait ! Ainsi, les faux débats de chiffres nous seraient épargnés !

10- Ne pas oublier que le XXIème siècle doit, dans les pays développés, être celui de la transformation écologique des modes de vie et de production: comme ses anciennes rivales (Mmes Aubry et Royal), le président de la Corrèze doit opérer sa mue écologique afin de montrer aux électeurs de gauche (notamment ces sympathisants socialistes qui ne sont pas prêts à voter Eva Joly) qu'il a pris en compte leurs attentes, grandissantes et réelles, en matière d'écologie. Pas seulement par des décisions minimalistes et symboliques, mais par une réflexion profonde et à long terme !

 

Vous l'aurez compris: c'est à ces dix conditions, strictes mais nécessaires, que je pourrais voter pour M. Hollande dès le premier tour de la présidentielle. En cas de duel Hollande-Sarkozy (ce qui n'est pas encore fait !), mon choix sera évident... mais, le 22 avril 2012, je choisirai celui (ou celle) qui, à gauche, proposera le programme le plus à même de transformer le monde, l'Europe et la France. Sans promesses intenables, avec réalisme... mais aussi une pointe d'utopie ! Le candidat socialiste n'y est pas encore. Allez, encore un effort !

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 18:16

Vous voulez un résultat définitif du second tour des primaires citoyennes? Dans le bureau de vote de Saint-Gobain (Aisne, pour le canton de La Fère), où j'ai voté à 18h50, les résultats sont les suivants:

Vainqueur: François Hollande avec 53,6% des voix (143 suffrages sur 267 exprimés); perdante: Martine Aubry recueille 46,4% des suffrages exprimés (124 sur 267).

 

Autre information: la participation est, comme dans de nombreux bureaux de vote à travers l'Hexagone, en progression. Alors que 222 personnes s'étaient déplacées dimanche dernier, nous avons été 270 électeurs du canton à nous rendre aux urnes, cette fois-ci (soit une progression de 21,6%). Toute la journée, l'affluence est restée constante, signe d'un intérêt certain (voire graphique ci-dessous).

 

Primaire-St-Gobain.jpg

 

Ce scrutin est l'occasion de faire quelques calculs et d'en tirer des conclusions politiques. François Hollande, qui a reçu le soutien des quatre candidats éliminés du premier tour (à titre individuel ou via des consignes de vote qu'ils ont adressé à leurs supporters), aurait dû obtenir 68% des suffrages dans le La Férois, soit l'addition des scores des cinq ex-challengers de Martine Aubry. Seule, sans nouveaux soutiens affichés, celle qui redeviendra Première secrétaire du PS dès demain n'aurait pu espérer dépasser 32%. Or, avec plus de 46%, la maire de Lille enregistre une progression de 14% alors que le président de la Corrèze voit son score gobanais progresser d'à peine 10%. Conclusion? Le report des voix et les suffrages des nouveaux électeurs bénéficient à la candidate que je soutenais... ce qui montre qu'elle était la mieux placée pour créer une dynamique de rassemblement, y compris au-delà des frontières du PS ! Dont acte.

 

Prenons un pari: l'écart 56-44, annoncé par les chaînes d'information continue depuis 19h45 (sur la base d'à peine 30% des bulletins dépouillés), pourrait bien être plus faible. François Hollande, qui devrait l'emporter, pourra-t-il lancer une dynamique positive? Probablement, dans la mesure où il a déjà opéré le rassemblement de ses anciens adversaires... Il ne lui restera qu'à convaincre les électeurs de sa compétitrice de le soutenir. Pour cela, il devra lever certaines zones d'ombre sur son projet en concrétisant nombre de ses positions. Pour ma part, j'adopterai à son égard la même attitude qu'à l'époque du tsunami DSK. Avant l'affaire Sofitel, alors que sa candidature devenait une évidence, je finissais par me rallier à la candidature Strauss-Kahn, sans plus d'enthousiasme. Je me disais alors qu'il ne gouvernerait pas seul et que, en rassemblant socialistes et gauche plurielle, il allait infléchir certaines de ses positions libérales. Ce soir, s'il gagne, François Hollande deviendra mon candidat "naturel" à la Présidence de la République...

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 15:50

Les bras m'en tombent ! Et je ne dois pas être le seul... Voilà que Ségolène Royal, dont le discours s'est gauchisé depuis 2007, rallie son ex-compagnon en appelant à voter pour lui. Ainsi, si les électeurs de la présidente de Poitou-Charente suivent son indication, en votant François Hollande au 2nd tour, le favori des sondages deviendra, à coup sûr, le candidat de la gauche pour 2007. Dans un tel cas, sa victoire devrait d'ailleurs être assez large... Ce qui renforcerait sa position car la pire des perspectives, c'est une victoire aussi serrée qu'a pu être celle de Martine Aubry au poste de Premier secrétaire lors du Congrès de Reims en 2008. Le Congrès de Reims, voilà sans doute la raison de la décision de Mme Royal: avant même d'avoir entendu les deux prétendants socialistes restants, l'ex-candidate de 2007 s'est donc tournée vers son ex-compagnon, se refusant à apporter son soutien à celle qui lui a volé sa victoire à la tête du parti, laquelle aurait pu lui permettre d'aborder 2012 sous un autre angle. Le score obtenu dimanche dernier (moins de 7%) l'a assommé et, à force d'y réfléchir, elle a dû se dire qu'en étant première secrétaire, elle aurait pu faire la preuve de sa capacité à diriger le pays. A mon sens, l'axe Hollande-Royal (photo) permet de barrer la route à Martine Aubry qui, en toute logique, devrait recevoir le soutien de ceux qui, en votant Royal dimanche dernier (comme moi), voulaient éviter la ligne libérale et gestionnairerigoriste que MM. Valls et Hollande incarnent.

 

Sego-Hollande.jpg

 

A mon sens, le poste de Premier(ère) secrétaire du PS est désormais au coeur de cette primaire ! D'une part, Ségolène a gardé une rancoeur de ne pouvoir l'obtenir en 2008. D'autre part, le duel final du 2ème tour oppose deux Premiers secrétaires successifs: François Hollande (1997-2008) face à Martine Aubry (2008-2011). Qu'ils soient socialistes ou non (et majoritairement, ils ne le sont pas), les électeurs des primaires doivent garder ce duel à l'esprit en se posant cette question: lequel des deux a été le Premier secrétaire le plus efficace? Celui qui, en faisant de la synthèse des différents courants sa règle d'or, a lancé la formidable conquête des exécutifs territoriaux (rappelez-vous la "Une" de Match faisant de M. Hollande, vainqueur symbolique des régionales de 2004 le futur adversaire de Sarkozy en vue de 2007 !)? Celle qui, après le naufrage interne de 2007, a remis le parti au travail en le forçant à accoucher d'un projet commun qui réunissait les six prétendants autour de valeurs et d'objectifs communs (essentiellement anti-sarkozystes)? De mon point de vue, alors que je n'ai pas voté Aubry au Congrès de Reims, je lui ai plusieurs fois reconnu, sur ce blog, le mérite d'avoir relancer la machine socialiste en bâtissant une équipe, en la mettant au travail et en fixant un cap (ce qu'un Président doit savoir faire). Dans le match des Premiers secrétaires, la maire de Lille prend l'avantage.

 

Pour bien choisir, je vous livre mon petit comparatif. Pour départager ces deux candidats, vers lesquels je ne suis pas allé au premier tour, j'ai décidé de les mettre face à face sur les des thèmes qui me sont chers et qui font un homme (ou une femme) d'Etat:

1- Le cumul des mandats: Aubry (maire de Lille) 1 - 0 Hollande (député et président d'un Conseil général);

2- La composition des équipes de campagne (réunies, dans leurs bureaux, au soir du 1er tour): Aubry (autant d'hommes que de femmes, avec Mmes Guigou, Lebranchu, Hidalgo) 1 - 0 Hollande (que des hommes: Le Roux, Le Foll, Dray, Peillon, Moscovici...).

3- Les stratégies électorales: Aubry (des attaques répétées contre le président Sarkozy et une détermination croissante face à l'enjeu) 1 - 0 Hollande (la nécessité de se mettre sur la défensive après avoir passé des semaines dans la position confortable de favori et d'arbitre... le faisant sourire à chaque débat du 1er tour !).

4- Les discours du soir du 1er tour: Aubry (l'équipe de France dont elle veut être le ciment afin de faire gagner la France) 1 - 0 Hollande (qui félicite les électeurs de leur choix de le placer en 1ère place...).

5- Le positionnement stratégique: Aubry (réaliste, elle rejette les solutions séduisantes sur le papier mais peu efficaces dans la réalité) 1 - 0 Hollande (en se plaçant en "père la rigueur" en promettant une rigueur de gauche qui ne s'attaque pas aux maux profonds de la société moderne).

6- La capacité à rassembler la gauche dans sa diversité: Aubry (en se positionnant sur la sortie du nucléaire et en tendant la main à tous les partis "amis" en tant que Première secrétaire) 1 - 0 Hollande (plus à droite sur l'échiquier politique et flou sur les questions écolos, il peinera à rallier nos partenaires derrière lui).

 

Bref, vous l'aurez compris, sur des critères très subjectifs, je donne un avantage certain à Martine Aubry. Le problème? Les sondages nous expliquent qu'elle ne battrait pas Nicolas Sarkozy avec autant d'aisance de François Hollande... mais gare à ces pronostics qui, à l'automne 2006, plaçaient Ségolène dans la même posture ! La solution? Que la dynamique qui semble se créer autour de la maire de Lille (car, malgré les consignes de vote de Montebourg et Royal, leurs électeurs la préféreront majoritairement) lui permettent de l'emporter. Comment y parvenir? Que celle qui devient l'outsider remporte le débat du 2nd tour, prévu ce soir sur France 2. Je croise les doigts...

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