Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 09:51

FERMETE: c'était, hier, suite aux événements qui se sont déroulés à Amiens-Nord, le mot du jour. Dans la bouche du Président de la République, du ministre de l'Intérieur (médiatiquement très présent) et même de certains ténors de l'opposition. Plus que les faits qui se sont déroulés dans ce quartier sensible de la capitale picarde (un quartier dont la - mauvaise - réputation ne date pas d'hier, puisqu'en quatre années d'études dans cette ville, je ne m'y suis jamais aventuré !), c'est la réaction des politiques qui m'intéresse. En particulier celle de l'opposition UMP. Bien mal placée, compte-tenu des suppressions de postes qui ont frappé la police dont lecaractère de "proximité" a été minutieusement détruit par M. Sarkozy (ministre puis Président), la droite supplie la gauche au pouvoir d'agir avec fermeté pour éviter un regain de violence. Je m'étonne que ni Copé ni Morano ne soit encore monté au créneau pour expliquer qu'avec la gauche (laxiste) au pouvoir, les quartiers populaires s'embrasent... alors qu'en cinq ans de sarkozysme, aucune émeute n'a frappé les banlieues françaises. Nul doute que, si d'autres incidents venaient à se dérouler, l'argument tomberait sur la table.

 

Or, ce qui s'est produit à Amiens est symptomatique d'une société qui va mal. Une société, à mon sens, affaiblie par cinq ans de sarkozysme et d'échec sur au moins trois plans.

1- Le lien de confiance entre la police et la population a été rompue: à entendre les habitants de ce quartier, victimes des voyous qui y font leur loi, la police ne les protège plus mais, politique du chiffre oblige, se montre parfois agressive pour calmer les ardeurs des délinquants. Or, c'est ce lien de confiance, non entre la police et les jeunes, mais entre la police et l'ensemble de la population, qui doit être retissé. Non pas en faisant en sorte que les flics apprivoisent les gosses en jouant avec eux au foot, comme l'expliquait naguère notre ex-Président, mais en renforçant les moyens d'intervention pour que tout acte d'incivilité et de délinquance soit immédiatement sanctionné... ce qu'il faudra faire, à très court terme, pour les événements de la nuit de lundi à mardi.

 

2- Les quartiers dits populaires sont majoritairement peuplés de familles d'origine étrangère, souvent des parents nés à l'étranger venus s'installer en France et dont les enfants sont nés dans notre pays. Il ne s'agit là que d'un simple constat... qui s'explique facilement: faute d'intégration réussie, ces populations sont pauvres, habitent dans des HLM, bénéficient des systèmes de solidarité à la française et en sont réduites à vivre dans des ghettos. La ségrégation socio-spatiale, que l'on apprend à l'école concernant les Etats-Unis, existe, de fait, en France ! Or, le sentiment d'être mis à part, dans des cités franchement moches et délaissées, favorise la délinquance qui se retourne contre l'Etat dont on attaque les symboles (école, centre de loisirs).

3- Les quartiers dits populaires sont majoritairement peuplés de familles pauvres, parfois monoparentales (des femmes seules élevant leurs enfants), avec un travail à temps partiel ou vivant des allocations diverses. La vie dans ces quartiers est minée: pas de services publics de proximité, pas d'emplois. Et malgré toutes les bonnes volontés, que ce soit des associations ou des municipalités, ces quartiers dépérissent. Le chacun pour soi l'emporte. Les bandes font leur loi. Les trafics en tous genres, qui permettent de gagner beaucoup sans effort, se multiplient.

 

La situation actuelle n'est que le résultat de ce mélange explosif dans une société qui perd ses repères. Les jeunes, gavés par des heures passées devant les télévisions, croient à l'argent facile et rêvent d'être Zidane: vieux de presque 15 ans (le Mondial victorieux date de 14 ans, déjà !), ce modèle d'intégration dans une France métissée n'existe plus. Le modèle de l'argent facile progresse. Les notions d'effort ou de travail se perdent... malgré les discours sur la "valeur travail" de l'équipe sortante ! Les jeunes, gavés par des heures passées devant leur ordinateur, Internet et leurs consoles de jeux, vivent dans un monde de violence. Violence parfois réelle, avec un mari qui bat sa femme ou une mère reléguée à un rôle qu'elle aurait pu jouer au Moyen Age. Violence très souvent irréelle, qui conduit à la pratiquer dans les cours de récréation sans se soucier des conséquences, que les jeux vidéos n'expliquent pas ! Ajoutez à cela une génération de parents débordés, qui n'a presque plus d'autorité sur des enfants dont elle laisse à l'Ecole le soin de les éduquer. Voilà le cocktail détonnant qui a pris feu à Amiens. Il a suffi d'une alumette ("une provocation de la police" pour les uns) pour que tout explose.

 

En lisant cet article, certains croiront que le discours de la gauche angélique est de retour. Avec toutes ces précisions, je ne tiens pas à excuser les actes qui ont été perpétrés à Amiens. Au contraire, après la phase de sanctions que le gouvernement entend appliquer (l'arrestation et la condamnation des auteurs de l'incendie de l'école est IMPERATIVE avec de très lourdes PEINES !!), une phase de "reconstruction" doit s'amorcer. En plus de la reconstruction de ce qui a été endomagé (dont la ville va devoir supporter le coût), il reste un travail de fond à mener pour les quartiers sensibles de toutes les grandes villes de France. A mon sens, la création de postes dans la police (engagement de la campagne électorale de François Hollande) ne suffira pas. C'est à une grande Conférence sur les Quartiers que le gouvernement devrait s'atteler: suppression des barres HLM pour les remplacer par des pavillons individuels, réouverture des services publics, patrouilles régulières de police, investissement dans la formation des jeunes issus de ces quartiers... Il existe des tas de leviers pour agir et mettre en place le "plan Marshall des banlieues" que la droite, aujourd'hui donneuse de leçons, n'a pas su mettre en oeuvre ! Logement, transports, éducation, formation, emploi, présence de l'Etat sous toutes ses formes, lutte contre tous les trafics pour les démenteler: l'Etat doit mettre tous ses moyens, avec tous les ministères concernés, pour redynamiser ces quartiers laissés à l'abandon. Certes, il est beau de proclamer que l'Ecole est l'institution qui doit permettre aux enfants de ces cités de s'en sortir. Le problème, c'est que seuls les politiciens y croient encore. Sans s'en donner les moyens, ils ne parviendront pas à en persuader les premiers concernés !

 

Pour finir, un petit mot concernant la politique à l'égard des Roms. Là encore, l'UMP a tenté un coup politique... sauf que, cette fois, ses ténors se sont eux-mêmes contre-dits: alors que, pendant la campagne électorale, elle suppliait la gauche, favorite, de ne pas tomber dans les travers de son supposé angélisme en matière de sécurité, la droite explique que le gouvernement mène approximativement la même politique que Nicolas Sarkozy, en la maquillant différemment ! N'y a-t-il pas là une légère contradiction? Ce qui est sûr, c'est que l'UMP semble gênée de voir que les socialistes peuvent mener une politique à la fois ferme et différente. Ferme parce que les camps illégaux de Roms ont donc été fermés par l'expulsion de ceux qui les occupaient. Différente parce que le ministre Manuel Valls a clairement expliqué que son rôle était aussi de trouver une solution à la situation de discrimination dans laquelle ces populations se trouvent dans leurs pays d'origine (Roumanie, Bulgarie, Hongrie). Alors que certains estiment qu'il est trop tard de faire pression sur ces trois Etats (tant qu'ils n'étaient pas dans l'UE, on pouvait faire une sorte de "chantage à l'adhésion"), le ministre estime que l'Union peut conditionner certaines aides financières à la fin de la discrimination à l'égard des Roms. Et l'ancien candidat à la primaire d'expliquer que les deux aspects (application stricte de la loi et résolution des causes profondes du problème) ne sont pas incompatibles. Je partage son avis... et j'espère que le gouvernement tiendra bon !

Repost 0
Published by Aurelien Royer - dans Intérieur - police(s)
commenter cet article
9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 06:38

Avant l'affaire de la coupure de réseau Orange, c'est l'agression d'un jeune homme "de confession juive" dans un train près de Toulouse qui a fait la "Une" de nos JT: avant même que l'affaire ne soit éclairée par une enquête judiciaire, la sentence était donnée... Les agresseurs de ce jeune homme l'ont violenté en raison de sa religion. Le crime antisémite était attesté !

 

Cette rapidité avec laquelle on passe d'un "crime contre un jeune Juif" à un "crime antisémite" est consternante !... Ce type de raccourci n'est pourtant pas rare. Ainsi, chaque fois qu'un jeune "de couleur" est agressé (en banlieue, de préférence), les médias y voient un odieux crime raciste, la victime ayant forcément été touchée pour ses origines et sa couleur de peau ! On voudrait diviser les Français et favoriser le communautarisme qu'on ne s'y prendrait pas autrement !

 

D'ailleurs, nombreux sont les Français à penser que les criminels et auteurs de délits sont, majoritairement, étrangers. A lire la presse régionale, la rubrique "Faits divers" regorge d'exemples de délits, crimes et trafics en tout genre auxquels des Français d'origine (dont les noms ne sont pas très catholiques, souvent à consonnace maghrébine) se livreraient au détriment des gentils nationaux, 100% gaulois ! On a l'impression que les crimes perpétrés par ces personnes sont sur-médiatisés par rapport à ceux qui mettent en cause un "vrai" Français: voilà, sans doute, l'une des causes majeures de la progression du FN dans les classes populaires !

 

Malheureusement, les affaires les plus récentes (de la tuerie de Toulouse aux fusillades dans les discothèques du nord de la France) donnent raison à ce constat: chaque fois, un jeune Français (bien souvent né en France) d'origine étrangère (par ses parents) est en cause. A tel point que, face à ceux qui me mettent cette réalité sous les yeux, je ne sais plus quoi répondre. Je n'arrive plus à les convaincre que, au-delà de ces médiatisations, les statistiques de la délinquance vont à l'encontre de ce constat !

 

Au final, la médiatisation des affaires incriminées et les raccourcis comme celui que je dénonce aujourd'hui conduisent à favoriser les idées du FN, telles la suppression du droit de sol pour l'acquisition de la nationalité (naître en France de parents étrangers ne suffirait plus... ce qui n'aurait pas donner la nationalité française à un Mohamed Merah) ou encore le retour à une forme de double-peine (retirer la nationalité aux Français d'origine étrangère coupables d'un crime majeur... ce qui conduirait à les expulser).

 

Et si on laissait la justice faire son travail, à savoir fixer le caractère "antisémite" de ces affaires et laisser un juge les instruire pour confirmer ou non cette motivation des agresseurs? La France et ses idéaux s'en trouveraient grandis !... Pour mieux combattre TOUTES les idées extrêmistes.

Repost 0
Published by Aurelien Royer - dans Intérieur - police(s)
commenter cet article
26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 19:51

La campagne 2012 manquait de faits divers !... Et voilà que la mise en examen d'un policier, soupçonné d'avoir tiré sur un délinquant sans être en position de légitime défense, suscite la polémique. Remarquez: cette affaire crée un bien beau clivage dans la campagne présidentielle, permettant aux citoyens-électeurs de différencier, clairement, la gauche de la droite.

 

Côté gauche: François Hollande a clairement expliqué qu'il n'entendait pas intervenir dans une affaire judiciaire en cours et qu'il fallait laisser la Justice faire son travail. Il ne dénonce pas, clairement, la mise en examen du policier (qui n'est pas pour autant incarcéré) et en profite pour rappeler que cette affaire témoigne avant tout d'un manque de moyens dont dispose la police face aux délinquants, mieux armés. Il rappelle par ailleurs que le problème de la récidive, dont le jeune abattu était un adepte, n'est pas non plus réglé, malgré les lois successives votées sous l'ère Sarkozy. Soucieux de se présidentialiser, il a reçu les principaux syndicats de policiers, tel un Président en exercice, dans une salle de réunion de son QG de campagne et, tel un Président en exercice, il a expliqué, sur le plateau des "Paroles et des actes", qu'il n'entendait pas légiférer suite à cette affaire. Les policiers ne veulent pas d'une nouvelle loi, y compris d'une présomption de légitime défense, mais attendent plus de moyens pour faire respecter la loi et exercer leur mission d'utilité publique dans de bonnes conditions, sans risquer leurs vies. Côté proposition, le candidat socialiste indique qu'il ferait en sorte que ce fonctionnaire mis en examen conserve son poste ainsi que sa rémunération, afin d'appliquer pleinement la présomption d'innoncence, en attendant que la justice ne prenne la décision finale !

 

Côté droite: Nicolas Sarkozy a rappelé, sur le même plateau télévisé, que son rôle de Président consistait à agir, chaque fois qu'une affaire surgit dans l'actualité et que les acteurs de cette affaire attendent des réponses de la part du politique. Volontariste, il explique que la présomption de légitime défense (une proposition qu'il aurait fait avant le FN et qui était dans son projet dès avant le 1er tour... mais qui, vérification faite, n'est pas dans sa profession de foi !) est désormais nécessaire. Un de ses soutiens (j'avoue ne plus savoir lequel... peut-être M. Guaino) explique en quoi cela consiste: en clair, une inversion de la procédure judiciaire. Normalement, cette procédure est la suivante: événement - audition - mise en examen - enquête - procès. Avec cette nouvelle disposition, cela deviendrait: événement - audition - enquête - mise en examen si culpabilité forte - procès. Soucieux de faire du pied à l'électorat mariniste, le Président-sortant sort également de son chapeau une autre proposition phare du FN en manière de lutte contre l'insécurité: l'application d'une perpétuité rélle, sans remises de peine ni libérations anticipées. De quoi faire un carton dans l'électorat populaire !

 

Mon analyse en trois points: 1- Il est évident que l'attitude de François Hollande, qui a eu l'intelligence de "jouer" au Président en une après-midi, est la meilleure. Les Français sont agacés des lois émotionnelles, même s'ils sont bouleversés par le fait divers qui en est la cause. 2- Je ne vois pas en quoi la présomption de légitime défense, consistant à ce que l'Etat montre "sa pleine confiance en un policier dans l'exercice de ses fonctions plutôt qu'en un délinquant dans l'exercice de ses fonctions", apporterait aux fonctionnaires concernés. Dans tous les cas, une enquête est nécessaire. Celle-ci doit être menée par une justice libre, non soumise aux pressions politiques que MM. Sarkozy et Guéant ont symbolisé dans cette affaire (car, tout en se disant soucieux de l'indépendance de la justice, ils contestent la décision du juge, le non-appel Policiers-sur-les-Champs.jpgdu Procureur... en affirmant de pas s'immiscer dans l'affaire !). 3- Pour un Président qui dit ne pas céder aux pressions de la rue, voilà un bien beau démenti. Quand les syndicats (il est vrai, ils défendent les "faux" travailleurs, pas ceux qui se lèvent tôt et qui triment sans se plaindre !) dénoncent et manifestent, le pouvoir ne plie pas. Quand des policiers, exaspérés par une situation dont le pouvoir en place est partiellement responsable, défilent (illégalement, d'ailleurs - photo), une proposition de loi arrive sur la table... Double-langage, ou (réel) manque de courage politique?

Repost 0
Published by Aurelien Royer - dans Intérieur - police(s)
commenter cet article
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 19:45

Dans (pile) un mois... les Français voteront pour éliminer huit des dix prétendants à l'Elysée. Ils auront ainsi choisi les deux personnalités qu'ils préféreraient voir accéder à la présidence de la République. A priori, un duel Hollande-Sarkozy (ou Sarkozy-Hollande) se prépare. L'une des questions qui tracassent les états major de ces deux "favoris" est de savoir à quelle place leur champion se placera: premier ou deuxième? Celui qui arrivera en tête pourra espérer une dynamique favorable au second tour. En réalité, c'est plutôt dans le camp du président sortant que l'on espère ce scénario car, qu'il soit premier ou deuxième, François Hollande aura pour lui le rapport des forces gauche-droite. A priori, les candidats de toutes les gauches cumuleront davantage de voix que ceux des droites... Le rejet du candidat UMP devrait faire le reste pour conduire le socialiste à la plus haute fonction de l'Etat !

 

Ceux qui veulent croire à cet heureux dénouement rappelle les parallèles qui font des présidentielles 1981 et 2012 similaires: le nombre de candidats officiels (10 en 1981, 10 en 2012); l'impopularité du chef de l'Etat sortant dont le bilan n'est pas jugé satisfaisant par une majorité d'électeurs; la situation globale du pays (les chocs pétroliers dans les années 1970 et les "super-méga-crises" de 2008 et 2011); le slogan du candidat sortant ("Il faut un Président fort" pour VGE et "La France forte" de Sarko); la présence d'un 3ème homme (Chirac qui affaiblit VGE en 1981, Bayrou dont une part grandissante des électeurs semblent pencher pour Sarko, dans l'hypothèse d'un second tour, en 2012)... Pour la deuxième fois dans l'histoire de la République, un socialiste pourrait porter les idées de gauche au pouvoir. Les jeunes de 2012, qui ont connu 2002 en étant enfant ou adolescent, se mettent à rêver d'un 10 mai !

 

Problème: la présidentielle 2012 rappelle également celle de 2002. A quelques semaines du premier tour, un acte bouleversant se produit: en 2002, un fou tire sur les membres du Conseil municipal de Nanterre (faisant huit morts). En 2012, un fondamentaliste islamiste se livre à l'exécution de sept personnes dont l'apogée, lundi matin, concerne trois enfants et un jeune père de religion juive. La tuerie de Toulouse, qui fait suite au drame de Montauban, bouleverse la France. Inutile de dire qu'après avoir appris la nouvelle (de la bouche du Principal de mon collège), nous étions effarés de l'ampleur prise par les événements: celui qui avait tué, de sang froid et avec une sauvagerie inouïe (allant jusqu'à poursuivre pour achever ses victimes), des militaires (dans un régiment où mon hypothétique futur beau-frère, actuellement en mission à la Réunion, travaille), venait d'ajouter l'horreur et l'injustice du meurtre d'enfants innocents à la barbarie. Hasard de l'actualité: ce mercredi, mes élèves de 3ème bloquent, dans l'étude d'un texte, sur le mot "fanatisme"... Facile, dans ces circonstances malheureuses (qui ont aussi affecté nos élèves), de l'expliquer !

 

Ce jeudi, le fanatique de Toulouse, retranché dans son appartement, est mort. Furieux de n'avoir pu achever son oeuvre, il a été abattu alors qu'il se jetait d'une fenêtre... Au cours du siège orchestré par le RAID, il a longuement expliqué, avec détails et sans remords, les raisons de ses actes. De ce long épisode découlent plusieurs remarques: 1- La police française et ses différents services (en particulier, le "Renseignement intérieur") ont été d'une efficacité redoutable, dont les citoyens peuvent être fiers; 2- Le gouvernement et le président Sarkozy ont été à la hauteur (dans ses discours comme dans ses décisions, le chef de l'Etat a fait preuve d'une capacité de décision remarquable). De ce long épisode découlent plusieurs risques: 1- Qu'une part négligeable mais suffisante de l'électorat reconnaisse au candidat UMP les capacités d'un homme d'Etat... sans pour autant pouvoir vérifier que son rival PS puisse avoir les mêmes; 2- Qu'une part non négligeable et dangereuse de l'électorat populaire quitte les rangs sarkozyens pour voter Marine Le Pen, créant une situation comparable à celle qui avait permis à son père d'accèder au second tour en 2002.

 

Dans les sondages les plus récents, on constate qu'un phénomène de vases communicants se forge entre les candidats UMP et FN: quand Sarkozy progresse de 2,5 points d'intentions de vote, la présidente frontiste recule d'autant. Et inversement. Même si la tendance confirme davantage le chef de l'Etat (qui chasse habilement sur les terres frontistes), Mme Le Pen reste en embuscade. Bizarrement, elle n'a pas sauté sur l'occasion de ce drame (un jeune Français, né en France de parents d'origine étrangère, de religion musulmane dont les buts et le mode de vie sont éloignés de nos "traditions") pour gagner des voix. Seuls François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon ont rompu une trêve qui semblait pourtant nécessaire. Le candidat du MoDem affirme que ce sont dans les moments les plus dramatiques que les politiques doivent "parler aux Français" sans éluder les sujets importants. Selon lui, l'atmosphère actuel (de la campagne et de la société en général) serait partiellement responsable. Pour ma part, je crois qu'il ne faut pas faire de ce thème (immigration et insécurité) le centre de la campagne, mais rester concentré sur le projet pour la France dans les cinq prochaines années. Les Français ont besoin d'une route traçant un avenir positif, et non d'une bataille politicienne qui va les diviser... Malheureusement, l'Etat ne peut que gérer les comportements exceptionnels, parce que rarissimes et unanimement condamnés, d'une poignée d'individus. Que le locataire de l'Elysée soit de gauche ou de droite, les services anti-terroristes agiront de la même manière, la menace sera toujours minimisée tandis que les passages à l'acte seront sévèrement réprimés. L'unité nationale doit perdurer sur ce point, sans tomber dans la tentation de pointer du doigt certains de nos compatriotes !

Repost 0
Published by Aurelien Royer - dans Intérieur - police(s)
commenter cet article
3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 08:20

"La droite, parti d'ordre, a échoué à l'assurer, privant les Français de la première des libertés, la sécurité": c'est, en ces termes, qu'un lecteur de Marianne analyse, dans un courrier envoyé à l'hebdomadaire, la déception que les Français épreouvent envers la droite et, plus loin, une gauche qui se limite à des questions de société qui n'ont rien d'essentiel ! Bilan: la situation globale du pays, dans de nombreux domaines, se dégrade et les citoyens sont exaspérés par une classe politique qui n'est même plus consciente de ses erreurs. Voyez l'auto-satisfaction de Xavier Bertrand face à la courbe du chômage (lisez mon article ICI) ! Idem pour ce qui est de la lutte contre la délinquance et pour la sécurité: quand la Cour des comptes, organe indépendant qui évalue l'efficacité des politiques publiques au regard des moyens financiers engagés, indique que la politique anti-déliquance est inefficace et mal orientée, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant (un de ces "pros de la politique" de l'équipe remaniée en novembre) monte sur ses grands chevaux, défend la politique menée depuis 2002 (quand il était directeur de cabinet d'un ministre de l'Intérieur appelé Sarkozy) et dénonce un avis politique rendu par un socialiste (en l'occurence, Didier Migaud, 1er président de ladite Cour depuis la mort de Philippe Séguin) ! Plutôt que de parler du fond, attaquons la forme... c'est tellement plus facile. Mais, au fait, qui a nommé M. Migaud à ce poste?

 

Ce qui importe, ce sont donc les résultats obtenus par Nicolas Sarkozy depuis 2002: pendant 5 ans, place Beauvau, il eût toute latitude pour mener la politique sécuritaire de son choix (au point que certaines déclarations ont choqué le président Chirac, qui l'affirme dans le tome 2 de ses Mémoires). Et, depuis 2007, en tant que Président de la République, il est secondé dans cette tâche par des fidèles n'ayant aucune capacité d'initiative (MAM, Hortefeux et Guéant) et se bornant à commenter des statistiques bidon ! La preuve? Le rapport de la Cour des comptes: certes, la délinquance globale a baissé depuis 2002 mais grâce à un tour de passe-passe qui ne trompe plus personne. Les atteintes aux biens ayant reculé plus vite que les atteintes aux personnes ont augmenté, le bilan global (mélangeant torchon et serviette) n'est pas mauvais. Sauf que le gouvernement oublie de dire que, grâce aux moyens techniques de plus en plus modernes (alarmes, systèmes anti-vol...), les vols de biens sont plus complexes... et que la délinquance se reporte donc sur les personnes vulnérables. Bref, c'est comme pour le chômage: certains indicateurs sont dans le vert et d'autres sont clairement dans le rouge mais, au total, la statistique reste "convenable" ! Or, que ce soit Hortefeux ou Guéant, les ministres se contentent de ces résultats globaux qui, tel les statistiques sur le pouvoir d'achat, ne traduit pas le sentiment des Français. Heureuses, les statistiques qui permettent de leur faire dire ce que l'on veut... en essayant de prendre les citoyens pour des imbéciles !

 

Dès lors, que reprocher au chef de l'Etat, si ce n'est cette malhonnêteté intellectuelle flagrante? La suppression de la police de proximité, chère à une opposition socialiste qui n'a que l'époque Jospin en référence? Evidemment... d'autant plus qu'une autre statistique, révélée par Marianne il y a quelques semaines, indiquait que tout juste un tiers des policiers et gendarmes français se rendaient "de façon régulière sur le terrain", autrement dit au contact de ces populations à qui on promet "la première des libertés" ! Rien de nouveau: ce chiffre ne fait que confirmer la stratégie choisie par le locataire de l'Elysée, à savoir contraindre les forces de l'ordre à faire du chiffre (PV anti-délinquance routière, réception et résolution des plaintes, y compris les plus banales...) et privilégier les actions coup de poing (du type camions de CRS dans une banlieue difficile, devant les caméras de télévision, ministre de l'Intérieur en tête, pour démenteler un trafic de drogue... qui finira par s'installer un kilomètre plus loin !). Pourtant, l'équipe en place a joué la carte de la répression féroce: pas de pitié pour les récidivistes à qui la justice applique, quand elle a le temps et les moyens, des peines planchers; une loi anti-récidive chaque fois qu'un déséquilibré fait la "une" du 20 heures après avoir enlevé, violé et tué une jeune fille... Mais, jamais, les causes profondes de la délinquance sont ciblées. La prise en charge des malades, hors prison, n'est pas suffisante. Les moyens humains et financiers de la police comme de la justice fondent comme neige au soleil, rigueur oblige. Les tribunaux de proximité ferment, grâce à la réforme Dati présentée comme exemplaire. Mais, ni la ghéttoïsation ni l'extrême précarité des populations touchées par la délinquance ne sont mis sur le tapis... Et ce ne sont pas quelques plans de rénovation urbaine, eux aussi filmés quand les barres HLM sont dynamitées, qui résoudront le problème.

 

Seule lueur au tableau: la dernière proposition du député UMP, Eric Ciotti, sarkozyste dans l'âme. Concernant la délinquance des mineurs, il propose de condamner les plus "féroces" à des stages de citoyenneté obligatoires, encadrés par d'anciens militaires et des professeurs de l'Education nationale (à condition d'avoir le personnel nécessaire !) selon 3 objectifs: 1- combler les lacunes scolaires souvent accumulés par ces jeunes; 2- les insérer dans une formation professionnalisante leur permettant de décrocher un boulot une fois la peine terminée; 3- apprendre la discipline et les valeurs de la République qu'ils ont bafoué par leurs actes. L'idée est belle. Elle séduit le pédagogue que je suis: tout ce qui permet d'éviter la prison à un mineur délinquant (car la prison fait plus de mal que de bien, en ne leur retirant pas leur haine de l'institution et leur apprenant, par le contact avec des détenus parfois plus dangereux et expérimentés, à ne plus se faire prendre) reçoit mon appui. De la pédagogie pour remplacer la répression spectaculaire, pourquoi pas? Reste à savoir si Sarko est prêt à franchir le pas... Si oui, qu'il en profite pour appliquer ce principe à d'autres domaines comme la délinquance routière. En plus des contrôles répétés et des radars fixes (dont on ne sait plus s'ils resteront ou non signalés aux automobilistes !), pourquoi ne pas mettre en place des amendes modulables (une part fixe pour le principe de l'infraction, une part variable selon l'ampleur de la transgression afin de faire grimper très vite le montant des amendes pour des excès de vitesse excessifs sans, non plus, frapper les plus petits contrevenants !) et consacrer l'intégralité des sommes perçues, non pas au comblement du déficit public, mais à une politique de prévention plus efficace encore?

Repost 0
Published by Aurelien Royer - dans Intérieur - police(s)
commenter cet article
18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 13:50

Petit exercice d'écriture, aujourd'hui. A l'heure où les hebdomadaires (dont beaucoup paraissent le jeudi) bouclent leurs éditions de cette semaine spéciale DSK, mettons-nous dans la peau d'un éditorialiste qui doit justifier la photo affichée en "une" de son magazine. Si j'étais l'un d'eux, je n'aurais pas publié le cliché d'un DSK menotté, les mains dans le dos, sévèrement DSK-mal-rase.jpgencadrés par cinq policiers... mais celle d'un DSK mal rasé, dans le box des accusés, au tribunal (ci-contre). Et voici comment je l'aurais expliquer.

 

Les autres le font, alors pourquoi pas nous? Nombre de nos confrères, télévisions, sites Internets ou presse écrite, ont décidé de publier LA photo. On y voit Dominique Strauss-Kahn, les mains dans le dos, menotté, sévèrement encadré de cinq policiers. La scène, habituelle de l'autre côté de l'Atlantique, quand il s'agit, pour les médias ou la justice, d'exhiber un "coupable présumé", n'a qu'un but: montrer au monde entier que l'on peut être l'un des hommes les plus puissants let respectés le samedi, puis devenir l'une des pires crapules qui mérite un traitement dégradant et un long séjour en prison le dimanche. La justice américaine, davantage détachée du pouvoir politique que par chez nous, se fait un point d'honneur à montrer que tous les citoyens sont égaux et que, riche ou pauvre, célèbre ou anonyme, les décisions rendues sont les mêmes... à la seule lumière des faits retenus.

 

Sauf que, quand un pauvre inconnu est inculpé pour une tentative de viol, les caméras du monde entier ne l'attendent pas à sa sortie du commissariat. Exhiber DSK comme la police new-yorkaise l'a fait va clairement à l'encontre de la présomption d'innocence. Publier la photo de cette manoeuvre, qui choque quasiment tous les Français, serait un moyen d'informer ces derniers de ce dont la police américaine est capable ! Le dire, sans pour autant montrer le patron du FMI dans cette posture (pour respect pour sa personne), n'est-ce pas suffisant? Ici, nous préférons publier la photo du même prévenu, quelques heures plus tard. Mal rasé, les cernes sous les yeux: l'image n'est pas plus flatteuse, mais elle donne beaucoup plus d'informations utiles. Car, se désoler de l'attitude des médias américains, c'est une chose. Couvrir le déroulé du procès, analyser les deux thèses en présence, publier et commenter les décisions des juges ou les accusations du procureur, là sont les véritables informations.

 

Nous ne publierons donc jamais la photo du DSK menotté... tout comme, à l'inverse de certains médias hexagonaux, nous ne publierons jamais le nom de la victime supposée. Les médias américains, bien indélicats face à l'inculpé, font à cet égard preuve d'une retenue qu'il faut saluer. Le nom de la femme de chambre, dont on connaît tout de même le profil (lequel apporte un certain intérêt), ne sera pas divulgué outre-Atlantique, sous prétexte qu'elle n'a pas à vivre toute sa vie avec l'étiquette de la "femme violée par DSK". Nous partageons ce point de vue... même si nous aurions aimé que l'étiquette "j'ai violé une femme de chambre au Sofitel de New York" ne soit pas non plus collé au front d'un DSK qui, hypothèse non exclue, est peut-être innocent ! Reste que seul le profil de la plaignante (et non son identité) a un intérêt: employée depuis 3 ans, elle n'a donc pas été placée dans les pattes de DSK. Le poids des mots et des faits, oui... Le choc des photos, très peu pour nous !

Repost 0
Published by Aurelien Royer - dans Intérieur - police(s)
commenter cet article
11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 07:31

Lundi soir, dans l'émission de Laurent Ruquier "On n'demande qu'à en rire", quatre nouveaux talents de l'humour étaient soumis au vote des téléspectateurs. Ce nouveau rendez-vous, diffusé depuis septembre à 18h, vise à médiatiser des humoristes en puissance et, depuis début janvier, à permettre aux téléspectateurs d'attribuer une note (de 0 à 20) pour quatre d'entre eux. L'une d'elles, Aurélia Decker, qui proposait son 6ème sketch, a été éliminée... Certes, ses deux dernières prestations étaient décevantes, assez peu drôles. Et pourtant, elle avait plutôt bien commencé avec trois ou quatre prestations encourageantes, voire irrésistibles. En décembre dernier, elle avait proposé un sketch sur le sort des femmes journalistes en couple avec des hommes politiques. Cela donnait la vidéo suivante:

 

Aurélia Decker : un homme politique face à sa compagne journaliste
(vidéo posté sur le site de partage en ligne Dailymotion)

 

Les notes données par les quatre membres du jury (soit un total de 66 sur 80) récompensent un sketch mêlant un message intéressant (la dénonciation du sacrifice de ces femmes compagnes d'une politicien en mal d'Elysée) et un traitement humoristique du sujet plutôt réussi. Ce sujet est en effet une mine d'or pour les humoristes, mais aussi un sujet extrêmement sérieux. Et ce débat ne date pas d'aujourd'hui: il y a huit ans déjà, à l'arrivée de Jean-Louis Borloo au gouvernement, sa future épouse, Béatrice Schönberg, devait quitter l'antenne de France 2 et la présentation des journaux télévisés du week-end... pour se retrouver à la présentation d'émission de société, abordant des sujets éminemment moins politiques. Raison invoquée par sa direction d'alors: pour éviter qu'elle ne puisse être amenée à interviewer son conjoint, dans la cadre d'un journal télévisé et d'un événement inattendu, il fallait donc éloigner la journaliste de son poste. Cette année, c'est la déclaration de candidature d'Arnaud Montebourg, candidat aux primaires du PS et, par conséquent, à la Présidence de la République, qui explique le changement de carrière de sa compagne, Audrey Pulvar. Celle qui, aux commandes du 19-20 de France 3 pendant plusieurs années, symbolisait la diversité sur le service public, doit désormais se contenter de sa tranche d'information du tout début de matinée (entre 6 heures et 7 heures) sur France Inter... Parallèlement, la direction de la station lui retire l'animation de l'interview de 7h50, lui proposant d'animer une chronique non politique un peu plus tard. Tandis que son autre employeur (le goupre Canal+) lui retire son émission (trop politique) de début de soirée sur i-Télé... alors même que les mêmes dirigeants l'avaient maintenu à ce poste pendant la campagne des dernières régionales, quand une fuite révélait sa relation avec le député de Saône-et-Loire.

 

Faut-il s'émouvoir de ces décisions? On pourrait penser qu'il est plus sage de ne pas confier à une personne émotionnellement liée à un(e) politicien(ne) son interview, ou celle de ses adversaires... Mais, c'est sous-entendre que ces femmes seraient incapables d'échapper au parti pris et d'utiliser leurs compétences journalistiques pour faire abstraction de leur implication. C'est sous-entendre également qu'elles sont forcément du même "bord" que leur conjoint... et qu'il y aurait un risque de complaisance. Pourquoi ne pas reconnaître leurs talents respectifs, ne pas les interdire d'antenne et appeler un autre journaliste de la station pour interviewer leurs conjoints, le jour où ceux-ci sont susceptibles d'être invités? Mais, ce qui choque le plus, c'est que cette règle ne s'applique pas à tous. Pire: que l'Etat, qui devrait avoir pour mission d'éviter tout soupçon et tout mélange des genres, encourage l'existence de situations ambigües. Voyez la situation à France 24 (que l'hebdomadaire a dans son viseur depuis quelques semaines). Pour rappel, il s'agit de ce que l'on nous annonçait comme une "CNN à la française", à savoir une chaîne d'information en continu destinée à donner, dans le monde entier (notamment à destination des populations francophones), une vision française de l'actualité internationale. A sa création, le gouvernement évoquait le besoin de placer la France dans le secteur des médias pour que la voix de la France continue d'être portée !

 

Quatre ans plus tard, l'un des dirigeants de la chaîne, par ailleurs membre de l'UMP, confirmait, il y a quelques semaines, que les résultats décevants de France 24 confirmaient le déclin de l'image de notre pays à l'étranger. Quel rapport avec les femmes journalistes, me direz-vous? C'est simple: la n°2 de cette chaîne n'est autre que... Christine Ockrent, l'épouse de l'ancien ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner ! Le fait même que "la reine Christine" ait pu rester à la tête d'une chaîne dont la mission est largement complémentaire à celle du quai d'Orsay, pendant que son conjoint en était le locataire, crée le malaise. Pour limiter le risque d'un mélange des genres et d'un soupçon de partialité dans le traitement, par la rédaction de France 24, des initiatives de notre diplomatie, peut-être aurait-il été judicieux d'écarter, temporairement, Mme Ockrent de ce poste... et de l'y replacer aussitôt son mari débarqué de son porte-feuille ! Mais, le pouvoir en place ne se tracasse pas avec de telles considérations ! Bref, d'un côté, certains en font sans doute trop en privant d'antenne une journaliste de qualité tandis que, d'un autre côté, l'Etat s'est mis en danger. Et quand on sait que la rédaction de France 24 a voté une motion de défiance à l'égard de sa patronne, laquelle est par ailleurs soupçonnée d'avoir fait écouté certains de ses employés, le malaise grandit... Ce "deux poids deux mesures", symbolique de la présidence sarkozyenne, n'est aussi qu'un symptôme des possibles liens incestueux qui peuvent exister entre deux pouvoirs: le politique et le médiatique ! D'où la nécessité d'inventer les règles claires de séparation...

Repost 0
Published by Aurelien Royer - dans Intérieur - police(s)
commenter cet article
1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 19:52

Dans un récent article, je donnais l'idée de constitutionnaliser la composition du gouvernement et l'opportunité de distribuer des Légions d'honneur (pour en (re)faire un symbole de mérite républicain) afin de préserver notre démocratie. Aujourd'hui, pour bien démarrer 2011 (année pré-électorale, où les propositions devraient être légion, sur tous les bords de l'échiquier politique), je tiens à apporter ma pierre à l'édifice. Les lecteurs fidèles savent que la rénovation de notre Constitution (ce qui peut passer par l'instauration d'une VIème République, notamment fondée sur une décentralisation accrue) est l'une des mes priorités. Avec la question européenne et le recentrage de notre diplomatie sur les droits de l'homme, il s'agit des trois piliers structurels majeurs... qui composent notre manière de prendre des décisions. Le reste dépend davantage de la conjoncture !

 

Dans le cadre d'une réforme institutionnelle plus ambitieuse (que celle de Sarko, mais pas seulement), j'ai déjà eu l'occasion de faire des propositions: suppression du poste de Premier ministre, modification du mode de scrutin pour l'élection des sénateurs, mise en place d'un nouveau calendrier électoral avec mandat unique de 5 (ou 6) ans pour tous les élus... Et en voici une toute nouvelle, dictée par l'actualité: la reconnaissance de l'existence de deux nouveaux pouvoirs et l'établissement de règles strictes pour opérer leur séparation. Chacun sait que, depuis Montesquieu, toute démocratie se compose de trois pouvoirs: le législatif (qui fait la loi), l'exécutif (qui la fait appliquer) et le judiciaire (qui la fait respecter). Et que, pour être dans une démocratie réelle, ces trois pouvoirs doivent être séparés: autrement dit, aucune personne ne peut prétendre exercer simulténament ne serait-ce qu'une parcelle de deux pouvoirs différents !!

 

La VIème République, qui deviendrait un modèle pour toutes les autres démocraties du monde (voire pour les Etats non démocratiques qui songeraient à y passer), reposerait sur 5 pouvoirs: le législatif, l'exécutif, le législatif, l'économique et le médiatique. Ces deux derniers n'ont rien de nouveau. Les expressions "pouvoir économique" (pour désigner les grandes entreprises multinationales, parfois publiques) et "pouvoir médiatique" (pour indiquer que les médias peuvent influencer, de plus en plus, les choix des citoyens-électeurs) ne datent pas de 2010. Leur reconnaissance institutionnelle n'est pourtant pas encore réalisée... dans la mesure où il existe un sérieux mélange des genres que le sarkozysme, à défaut d'avoir inventé, n'a que renforcer. Voir des capitaines d'industrie occuper des fonctions électives majeures, et maintenant songer à racheter une part non négligeable de la presse nationale n'est pas soutenable. Ceux qui suivent l'actualité l'auront compris: je pointe mon viseur en direction de M. Dassault, patron d'une entreprise de fabrication d'avions de guerre (invendables), sénateur et maire fictif de Corbeil-Essonnes (son ancien adjoint occupe la fonction de pantin dans l'attente de l'éligibilité retrouvée de son mentor !). Ce brave sénior (qui a dépassé l'âge limite d'éligibilité, à mon sens) a en effet pour projet de racheter le Parisien (journal de la presse régionale) et son pendant national, Aujourd'hui en France. Déjà détenteur du Figaro, il deviendrait le propriétaire d'une part trop importance de la presse nationale... ce qui, malgré les promesses de non-intervention dans les travaux des rédactions concernées, est extrêmement malsain.

 

A un an de la présidentielle, certains pensent que Dassault se met ainsi au service de Nicolas Sarkozy afin que les idées du Président, et du parti présidentiel (auquel l'élu appartient), soient massivement relayées dans les médias... pour contrer le complot anti-sarkozyste des autres médias. Ce qui est sûr, c'est que cette concentration (qui est contraire aux principes libéraux que la droite affiche lors des élections) représente un danger pour la pluralité des médias français et pour la liberté d'expression des journalistes de ces deux titres. Il en serait évidemment de même si le patron en question était de gauche ! C'est la raison pour laquelle il ne paraît pas absurde d'encadrer ses pratiques qui fragilisent notre démocratie. Et, en inscrivant ces cadres dans la Constitution, ils frapperaient quiconque tenterait de les transgresser... quelles que soient ses opinions politiques. Dès lors que nul ne remet en cause le pouvoir des médias (presse écrite comme radios ou télévisions), il apparaît utile d'anéantir le risque du moindre soupçon. Car, qui peut justifier le rachat d'un organe de presse (susceptible de susciter le débat dans la société française) par un homme dont la bonne santé de son entreprise dépend des commandes de l'Etat, au sein duquel il a ses entrées (de par son rôle de parlementaire et d'ami du chef de l'Etat)? Une telle situation est insoutenable. S'il veut vraiment la "république irréprochable" qu'il promettait, Nicolas Sarkozy doit se prémunir d'un éventuel nouveau scandale (un de plus !) et agir dans l'intérêt général... au plus vite !

Repost 0
Published by Aurelien Royer - dans Intérieur - police(s)
commenter cet article
29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 14:57

Premier avertissement (à destination des lecteurs trop sarkolâtres): mon anti-sarjozysme va encore s'exprimer !

Deuxième avertissement (à ceux qui considèrent que la chienlit, ce sont les manifestants qui bloquent le pays): je n'ai pas l'intention de dire le contraire et je ne m'en prends pas, ici, aux blogueurs qui pensent cela !

 

Maintenant, je peux commencer. Et pour vous mettre tout de suite dans le bain, une petite vidéo. Voici la dernière chronique de Gérald Dahan: l'humoriste est devenu, depuis la rentrée de septembre, le remplaçant de Stéphane Guillon dans la matinale de France Inter et, à 8h55, il exécute ce que la station appelle un billet. Cela se déroule les mardis et mercredis car, les autres jours de la semaine, la station a recours aux services d'autres chroniques, dont François Morel ou Sophia Aram. La vidéo qui suit correspond au billet du mercredi 27 octobre. Important: pour comprendre la suite de cet article, il est impératif que vous ayiez vu (au moins une partie) de la vidéo... au cours de laquelle je vous demande juste d'observer l'attitude de Michelle Alliot-Marie.

 

Le billet de Gérald Dahan: Timsit face à Alliot-Marie
(Vidéo postée sur le site de partage Dailymotion, par la rédaction de France Inter)

 

Cet après-midi, d'après le site Internet du quotidien Libération, le directeur de France Inter, Philippe Val, a décidé de se séparer de Gérald Dahan estimant que "le ton n'était pas le bon" et que "les chroniques n'avaient pas pris", sous-entendu auprès du public ! Mais, depuis quand le patron, nommé par l'Elysée, de France Inter se soucie-t-il de son public? Depuis qu'il a viré le populaire Stéphane Guillon? Car, Philippe Val, c'est celui qui, avec le patron du groupe Radio France (Jean-Luc Hess), a décidé de se passer, d'abord de Didier Porte (habitué du "Fou du roi" de Stéphane Bern, où il avait incité le public à dire "J'enculre Sarkozy!" au printemps dernier), puis de Stéphane Guillon. Cet humoriste a l'humour décalé et rafraîchissant, dont j'ai reproduis un grand nombre de vidéos ici et qui apportait à la station une visibilité qu'elle n'a plu cette saison. En effet, je ne dois pas être le seul Internaute à avoir pris l'habitude, l'an passé, d'aller visionner les chroniques du sieur Guillon, chaque semaine du lundi au jeudi... et à ne plus écouter le moindre son de France Inter depuis son départ. Certes, Guillon n'est pas de ceux qui font rire le public à tous les coups. Certes, plusieurs des billets de Guillon étaient franchement mauvais et ne suscitaient pas l'enthousiasme des auditeurs. Mais, combien a-t-il fait le buzz? Combien de fois ses vidéos ont-elles été vues, preuve que les Français y trouvaient un peu d'anti-langue de bois?

 

Moins de quatre mois après le départ de Stéphane Guillon, Gérald Dahan pourrait donc bien passer à la trappe et achever sa carrière à France Inter par ce billet que vous venez d'écouter... peut-être jusqu'au bout. On ne peut pas dire que cette chronique soit réussie. Qu'elle nous donne l'occasion de rire, voire même de nous divertir... Et les réactions de la ministre de la Justice, assise aux côtés du pseudo-humoriste, en témoignent: les propos qu'il tient sont de très bas niveaux. On sent presque le présentateur de la matinale, Patrick Cohen, mal à l'aise: en tout cas, il n'interrompt pas son collègue pas ses rires (comme pouvait le faire Nicolas Demorand, l'an passé, aux côtés de Stéphane Guillon). D'aucuns diront même que ces propos sont scandaleux. Et voilà la direction de la station contrainte de se séparer de ce chroniqueur, en jurant que cette seule chronique n'est pas la raison de son éviction. Tout autant qu'il est difficile de juger les prestations de Dahan sur cette seule vidéo, il serait fortement litigieux de le licencier pour un billet raté !! Il est, en revanche, plus probable que la direction d'Inter ait subi quelques pressions de l'Elysée, n'approuvant pas le qualificatif "ivrogne" accolé au nom de M. Borloo. Il y a des moyens plus subtiles pour faire passer ce même message, comme Nicolas Canteloup le montre, chaque matin, sur Europe 1. Bref, à France Inter, la direction tatônne: emprisonnée dans ce carcan qu'est la nomination directe par l'exécutif, les patrons de la chaîne ne savent comment éviter les foudres de l'Elysée... et en viennent à gérer, de façon brouillonne, leur entreprise. Un peu comme Sarko avec la France ! Bonne soirée.

Repost 0
Published by Aurelien Royer - dans Intérieur - police(s)
commenter cet article
2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 10:12

Au début de l'été, notre Premier ministre s'est rendu en Chine. Là bas, il a osé prononcer le mot "rigueur", faisant (pour une fois) la "une" des sites d'information qui relayait cette "mega" information: "Fillon parle de rigueur" !! Evénement. A croire qu'il n'y a qu'hors de France que nos politiciens au pouvoir ont le courage de "parler vrai". Tant le spectacle que donnent les ministres pour contourner l'utilisation des mots qui fâchent, ces mots interdits par l'Elysée pour ne pas inquiéter une opinion qui l'est déjà suffisamment, est consternant. On rappellera les seules performances de Christine Lagarde, ex "première ministrable" et ministre de l'Economie (justement). Tout le monde se souvient de sa "croissance négative" (pour ne pas dire "récession") ou, plus récemment, de sa "rilance" (subtile mélange de "rigueur" et de "relance" qui ne manqua pas d'être commenté sur la Toile) ! Et, pourtant, quand il parle de politique économique, même s'il se refuse à revenir sur le pêché originel du bouclier fiscal à 50%, le chef de l'Etat ne dit pas que des imbécilités: ainsi, son explication d'une relance de la croissance par la nécessité de maîtriser les comptes publics, et donc d'appliquer une certaine forme de rigueur aux dépenses de l'Etat, n'est pas stupide. Seulement, le pouvoir en place s'interdit l'utilisation d'expression... au point que le mot ainsi banni est dans toutes les têtes. Méthode contre-productive, s'il en est. Il en est de même en matière de politique sécuritaire. Ainsi, Nicolas Sarkozy, et son principal relais en la matière (Brice Hortefeux, l'ami de 30 ans), se refusent à parler d'échec en ce qui concerne leur politique de lutte contre les insécurités. Les faits rapportés dans les JT contre-disent chaque jour les paroles officielles... à tel point que, quand le ministre de l'Intérieur présente ses soi-disant "bons" résultats, toutes les annonces sont démontées dans l'heure qui suit. Dernier exemple en date: voulant évoquer un "bon" premier trimestre, qui s'achève sur un mois de juin encourageant, Brice Hortefeux a été rappelé à l'ordre par l'organisme chargé des statistiques de la délinquance, lequel rappelait qu'au jour de sa conférence de presse, les chiffres du mois de juin n'étaient pas encore établis... donc inventés par le locataire de la place Beauvau !!

 

Bref, la politique sécuritaire (et sarkozyste) de la droite, menée depuis 2002 par l'actuel chef de l'Etat, serait un succès... alors que chacun sait qu'il s'agit du (pire?) échec de l'actuel locataire de l'Elysée. C'est la raison pour laquelle, s'il se rendait au Mexique, où le sujet n°1 est précisément l'insécurité (liée aux cartels de la drogue, notamment), le Premier ministre lâcherait, sans le vouloir, le mot "échec" pour qualifier la politique sécuritaire menée par son gouvernement ! Car, l'actualité la plus récente ne saurait aller dans le sens de la propagande élyséenne ! Ainsi, la récente affaire de Grenoble agit comme un révélateur. Premier constat, souligné par un lecteur de Marianne cette semaine: les médias, reprenant les déclarations officielles, utilisent de plus en plus l'expression "ultraviolence". Est-ce à dire que le seul mot "violence" n'est plus suffisant pour décrire les faits qui se déroulent dans notre pays? Est-ce à dire, par conséquent, que l'inefficacité de la politique sécuritaire de Sarko conduit à une aggravation des actes violents commis par les "voyous"? Ce changement sémantique semble agir comme un premier révélateur de cet échec. Autre signe majeur: les "juristes" montent au créaneau et disent (enfin !) tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas. D'une part, que l'accumulation de nouvelles lois sécuritaires, données comme autant d'os à ronger à une opinion publique prise pour une imbécile, ne résoud rien. Pire: parce qu'elles ne peuvent être appliquées (faute de moyens financiers, matériels et humains suffisants), ces lois sécuritaires sont contre-productives. Chaque fois qu'un fait divers, qui émeut le pays, se produit, une nouvelle loi se superpose aux autres... alors que la simple application des précédentes suffirait, peut être, à enrayer cette dangereuse spirale. Le gouvernement surenchérit... et les délinquants s'en donnent à coeur joie pour aller encore plus loin. Et ce n'est pas en imposant des peines systématiques à une justice qui n'a pas les moyens de les appliquer que le problème sera régler. Bien au contraire.

 

D'ailleurs, les ennuis se multiplient pour le gouvernement. Les mêmes juristes, dont des constitutionnalistes réputés (ces fameux "experts" systématiquement interrogés par les médias), se succèdent pour expliquer que la déchéance de nationalité pour les délinquants d'origine étrangère est anti-constitutionnelle. Une telle mesure, qui bafoue l'un des articles fondamentaux de notre Constitution (sur l'égalité des citoyens devant la loi), bref l'un des principaux droits élémentaires de l'homme, serait forcément retoqué par le Conseil constitutionnel. Faut-il y voir l'épuisement de Nicolas Sarkozy à trouver de nouvelles solutions au point que, dans ses interventions publiques, il se ridiculise à demander des mesures qui sont contraires à une Constitution dont il est sensé être le garant? Ce fait marque un tournant. Toutes les solutions de la droite la plus sécuritaire sont épuisées. Aucune ne montre de réelle efficacité. Et voilà que notre Président est débordé, incapable de tenir des propos cohérents, tant la surenchère qu'il s'impose arrive à son terme. Et comment justifie-t-il ces propositions anti-constitutionnelles? Parce qu'elles relèvent du bon sens populaire et qu'elles sont en phase avec "ce que pensent les Français". On attend, d'un instant à l'autre, l'accusation de populisme, balancée à tort et à raison par Frédéric Lefebvre... En tout cas, celui qui se refuse à parler d'échec a de la m... dans les yeux !! Dans le même temps, le Conseil constitutionnel (encore lui) a invalidé cinq des six dispositions voulues par le gouvernement en ce qui concerne le nouveau régime de la garde-à-vue. Sans entrer dans le détail, la garde-à-vue à la française constitue une belle exception à l'échelle européenne: l'un des derniers numéros du Monde, dossiers et documents, consacré à la "justice sous dépendances", expliquait ainsi que la garde-à-vue française se distingue de celles pratiquées chez nos voisins par le faible poids donné aux avocats pour la protection de leur client et par le caractère systématique de cette procédure, utilisée, chez nos voisins, uniquement à l'encontre des personnes impliquées dans des affaires pour lesquelles elles risquent une durée minimale d'emprisonnement. Chez nous, tout un chacun, à peine suspecté de quoi que ce soit, peut se retrouver dans les cellules d'un commissariat... dans des conditions qui frisent parfois les mauvais traitements. Bref, cet été 2010 restera comme une mauvaise période pour le tout-sécuritaire sarkozyste.

 

Le véritable drame, c'est que, face à ce modèle qui fait la honte de notre pays, aucune alternative crédible n'est dessinée (même esquissée) par l'opposition. Comme sur d'autres dossiers, la gauche se contente d'hurler contre les pratiques sarkozystes, sans renseigner sur les Français sur les contre-propositions qu'elle pourrait mettre en oeuvre si elle était au pouvoir. Résultat: comme dans d'autres Etats européens, l'extrême droite surfe sur cette vague d'insécurité (tant matérielle que professionelle) et sur l'incertitude des Français pour leur avenir et celui de leurs enfants. Marine Le Pen est, en ce moment, la seule personnalité politique à voir sa côte de popularité (encore faible) progresser. Le discrédit porté sur les hommes politiques, que l'affaire Bettencourt amplifie sur les moeurs et les relations à l'argent, devrait finir par exploser. On en vient à souhaiter un coup de balai dans cette fourmilière de privilégiés, qui ont perdu tout contact avec les (nos) réalités. A tel point qu'une figure comme Eva Joly, célèbre pour sa lutte contre la fraude ou les pratiques amorales des "puissants", devient une hypothèse de plus en plus sérieuse en vue de la prochaine présidentielle. Son nom apparaît désormais dans les courriers des lecteurs. Preuve que les Français attendent (presque) un messie, une figure irréprochable apte à nettoyer une élite politique décrédibilisée. Il y a des jours où je suis moi-même désespéré d'un tel spectacle. Celui qui obtiendra mon suffrage en 2012 devra avoir un projet de gouvernement solide. Et, parce que notre pays a besoin de propositions alternatives, en voici: inéligibilité à vie des hommes politiques reconnus coupables de tout acte contraire à l'intérêt général; indépendance réelle du pouvoir judiciaire (en ce qui concerne les nominations des procureurs, par exemple); rénovation de toutes les prisons françaises; restauration d'une police de proximité intégrée aux quartiers; refonte de la carte judiciaire pour resserrer le maillage territorial des tribunaux et faciliter leur accès aux citoyens; sévère encadrement du financement de tous les organes politiques; réformes prioritaires de la fiscalité et de l'Education nationale. Vos propositions sont également bienvenues... car, plus que jamais, le débat entre les citoyens de la France d'en bas paraît nécessaire à la bonne marche de notre démocratie !

Repost 0
Published by Aurelien Royer - dans Intérieur - police(s)
commenter cet article