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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 10:04

La CSG augmentera-t-elle? La TVA restauration à 7% va-t-elle être prochainement enterrée? L'équipe Gallois aura-t-elle travaillé pour rien si, une fois présenté, son rapport est aussitôt enterré? Un coup sera-t-il porté à la loi sur les 35 heures, principal héritage de la gauche au pouvoir?

 

Autant de questions qui se posent dans un contexte où le plus grand flou semble règner au sommet de l'Etat. Force est de constater, en effet, que deux mois après la rentrée politique, l'exécutif est à la peine. François Hollande joue la carte de l'international, recevant à Paris les grands décideurs mondiaux: les patrons du FMI, de la Banque Mondiale ou encore de l'OMC, acteurs et défenseurs d'une mondialisation ravageuse, sont venus demander des comptes à notre Président, lequel a, une nouvelle fois, boté en touche... annonçant qu'il allait annoncer des mesures dans les prochains jours. "Le temps de l'échauffement est terminé, il va falloir passer au rythme de croisière" plaidait dernièrement Ségolène Royal, traduisant ainsi l'impatience des Français, et notamment des électeurs de la gauche, de voir des décisions prises. Le gouvernement nous demande de la patience. Il est clair que, depuis presque six mois, il en faut !

 

Il y a encore quelques semaines, je partageais pleinement la stratégie de M. Hollande et de son gouvernement. 1- Application de promesses de campagne parmi les plus symboliques, qui ne nécessitent pas d'attendre (comme, dernièrement, le remboursement à 100% des IVG); 2- Attendre l'examen du budget 2013 pour mettre en oeuvre la politique fiscale qui devait être l'une des principales réponses à la crise; 3- Laisser le temps aux partenaires sociaux de s'emparer des dossiers prioritaires pour faire leurs propositions (comme, dernièrement, sur les dépassements d'honoraires des médecins). D'une manière générale, cette méthode me convenait puisque l'équipe au pouvoir ne cédait pas à la tentation (sarkozyenne) de faire coincider le temps politique (qui nécessite réflexion, examen de la situation et confrontation des points de vue) et le temps médiatique (qui suppose une succession d'annonces aptes à alimenter les gazettes... et à nourrir l'appétit du monde économique). Il y a encore quelques semaines, j'acceptais d'entendre, dans la bouche du Président, que la crise n'était pas finie, qu'il faudrait au moins deux ans de travail et de réformes pour redresser la situation... et espérer voir le chômage baisser.

 

Désormais, j'avoue ne pas comprendre ce que veut le gouvernement. Du côté du chef de l'Etat, on se presse de nous faire croire que la crise est derrière nous et que l'on aperçoit enfin la fin du tunnel. Je me souviens d'une époque où Mme Lagarde, encore ministre de l'Economie, disait la même chose. De longs mois ont passé et il n'en était rien: pourquoi serait-ce différent cette fois-ci? M. Hollande est-il de ces politiciens qui choisissent de mentir au peuple en espérant que le retour de la confiance permette, presque par magie, de redresser le pays? Par ailleurs, le Président a récemment annoncé qu'il réfutait l'idée d'un "choc de croissance" (celui que tous les candidats à la Présidentielle promettent pour le lendemain de leur élection), préférant réaliser un "pacte de croissance". Sur le papier, c'est attractif... mais quand ledit pacte ne se traduit par aucune mesure concrète, on reste sceptique. Or, pendant ces temps où rien n'est décidé et où aucun objetif n'est fixé, les couacs (dont patronat et droite se régalent) se multiplient. Faute de savoir où le Président veut aller, les ministres parlent pour ne rien dire, se contre-disent, rattrapent leurs bourdes. Pendant ce temps, les Français attendent. Encore et encore.

 

Autre problème: le Premier ministre, qui devrait occuper tout son temps à redresser le temps et rendre des arbitrages en matière de politique intérieure, semble occuper à d'autres choses. Or, qu'a fait M. Ayrault en quelques mois? Inaugurer et clore des conférences sociales ou environnementales avec de beaux discours creux. Se rendre dans des pays étrangers où, à mon sens, un Premier ministre n'a rien à faire... car c'est le domaine de compétence du chef de l'Etat et du chef de la diplomatie ! Ou encore passer trois jours à Toulouse pour recharger ses batteries, attaquer la droite (ce qui ne sert à rien) et recharger ses batteries devant des militants sommés de valider les choix élyséens (pour la désignation de M. Désir, par exemple). Et, quand il revient à Paris, confronté aux réalités, il se contre-dit, lâche des petites phrases qui font le jeu de l'opposition et qui, montées en dérision, décrédibilisent sa parole dans les médias... Sans oublier d'appeler les Français à attendre ! Attendre que les rapports arrivent sur son bureau. Attendre que le gouvernement rende ses arbitrages et, là, vous allez voir ce que vous allez voir.

 

Sauf qu'en attendant, rares sont les commentateurs (ou même les citoyens avertis) à savoir ce que le gouvernement décidera ! En théorie, on sait que la réforme fiscale va matraquer les riches... pendant deux ans. Sans savoir ce qu'il adviendra après. En théorie, on sait que les mesures sarkozyennes seront détricotées les une après les autres... au détriment des travailleurs qui font des heures supplémentaires. Ce qui pêche, en ce moment, c'est le décalage extraordinaire entre la motivation intellectuelle du gouvernement (plutôt bonne... et validée par une majorité de Français de façon démocratique) et le bénéfice économique et social de sa politique. A cela deux exemples:

1- Les heures sup' refiscalisées: sur le papier, c'est une bonne idée. On incite ainsi les patrons à retirer des heures sup' aux travailleurs pour embaucher à la place de nouvelles personnes. Sauf que, dans la réalité, le patron maintient les heures sup' à ses salariés, lesquels gagnent moins... l'écart étant redonné à l'Etat sous forme d'impôts ou de cotisations sociales. Bilan: pas de créations d'emplois. Donc, une mesure ratée !

2- Relever la TVA dans la restauration: là encore, en théorie, c'est une bonne idée. Puisque le passage de 19,6 à 7% n'a pas apporté les effets escomptés (baisse des prix, embauches, hausse des salaires), le gouvernement veut faire machine arrière. Les patrons du secteur protestent: "Si on revient à 19,6%, on va détruire 100.000 emplois". Personne, au pouvoir, n'est capable de poser cette question: "Pourquoi alors ne pas avoir créer 100.000 emplois quand on a fait l'opération dans l'autre sens?".

 

Bref, seulement six mois ont passé. Et déjà le gouvernement est en grande difficulté, laissant une place vide que l'opposition parvient à occuper assez efficacement. Si bien que le résultat de l'élection du 6 mai est déja contesté. A droite, on se prépare à manifester. Du côté du patronat (comme Sophie de Menthon, sur le plateau du Grand Journal de Canal +, hier soir), on affirme que le programme sur lequel M. Hollande a été élu est infaisable et on l'appelle à en changer... Bref, à faire le contraire de la volonté d'une majorité de Français !

Messieurs les gouvernants, réveillez-vous... Le peuple s'endort !

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Published by Aurelien Royer - dans Economie et finances
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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 10:10

6 centimes de baisse sur le prix du litre d'essence, sans plomb et gazoil: voilà l'engagement pris par le gouvernement, par la voix du ministre de l'Economie, en cette rentrée politique et... médiatique ! C'était un engagement de François Hollande et, sur le fond comme sur la forme, on sent une pointe de déception chez les citoyens français: sur la forme, on avait cru comprendre, pendant la campagne, que les prix seraient bloqués dès qu'ils attendraient un seuil jugé intolérable... en réalité, après quelques mois d'une légère baisse des carburants (au cours des fameux "100 jours"), ces derniers repartaient à la hausse pendant l'été, obligeant le gouvernement à agir vite. Finalement, la procédure de blocage a été abandonnée pour des raisons essentiellement juridiques... ce qui ne garantit pas que, dans quelques mois, l'essence reparte à la hausse puisque, même en abandonnant une partie de leurs bénéfices, l'Etat et les distributeurs répercuteront toute hausse du cours du pétrole: ainsi, un gazoil qu'ils auraient dû vendre 1,50€ sera vendu 1,44€, soit le prix avant la décision ! Bref, en fonction des cours boursiers, le "seuil intolérable" pourra revenir !

 

Sur le fond, les négociations menées par le ministre ont été plutôt réussies. Se refusant à supporter seul l'effort, l'Etat est parvenu à mettre les producteurs et distributeurs à contribution. Avec quelle contre-partie, mystère ! En tout cas, le Président Hollande a tenu un de ces engagements de campagne puisqu'il affirmait que l'Etat ne devait pas profiter des hausses du cours du pétrole pour s'enrichir via les taxes qu'il fait peser dessus. On comprenait alors qu'une sorte de TIPP flottante, dont le montant varie en fonction du prix de l'essence, allait être appliquée, comme lors des années Jospin. Ce mécanisme, d'ordre fiscal, sera sans doute adopté, dans des dispositions qu'il reste à fixer, dans trois mois... quand le mécanisme provisoire, actuellement en vigueur, aura été épuisé. Car, pour l'instant, c'est une baisse de 6 centimes, équitablement partagée, qui est appliquée: 3 cts de baisse sur les taxes perçues par l'Etat + 3 cts de baisse sur les profits des distributeurs... qui n'ont pas tous accepté. On sait, par exemple, que Total fera l'effort minimum... pour ne pas rogner les gigantesques profits qu'elle enregistre chaque année !

 

A l'opposé, le médiatique patron des magasins Leclerc a sauté sur l'occasion pour faire parler de lui. A peine la décision gouvernementale annoncée, il reprenait son épée de chevalier au service du pouvoir d'achat des ménages en déclarant, le 27 août dernier sur RTL: "Nous devons accompagner la rentrée des Français. Nous nous engageons à répercuter intégralement la totalité des déductions fiscales dont l'Etat veut leur faire bénéficier. Nous avons décidé d'être plus offensifs et nous allons donc mettre tous nos carburants à prix coûtant pendant tout le mois de septembre, c'est-à-dire en ne faisant ni marge, ni profit". Bingo: il était alors le seul à prendre cet engagement, expliquant que, dès le 1er septembre (au pire), tous ses magasins appliqueraient cette décision... Une stratégie de communication très efficace, comme l'explique un journaliste du Nouvel Obs' (vidéo ci-dessous). 

 



S'agit-il d'un bon coup de pub (dont Michel-Edouard Leclerc est si friand) ou d'une promesse réellement tenue? Vérification, ce matin. A la station Leclerc la plus proche de mon domicile, le prix du litre de gazoil a perdu plus de 10 centimes en une semaine ! Alors qu'avant l'annonce gouvernementale, il s'élevait à 1,459€, son prix a légèrement baissé durant la semaine (atteignant encore hier un timide 1,429€... soit une baisse ne correspondant qu'aux 3 cts de l'Etat !) pour finalement atteindre 1,356€ ce matin. Ainsi, au 1er septembre, la station de Beautor appliquait une baisse de 7 cts supplémentaires, ce que j'imagine être la marge que l'enseigne réalise en temps normal. Inutile de préciser que des dizaines de voitures faisaient la queue pour faire le plein ! Reste, maintenant, à savoir si l'Etat trouvera un moyen pérenne d'encadrer le prix de l'essence, sans fragiliser son budget... même si, comme le précisait le candidat Hollande, toute hausse du prix de l'essence (qui n'est pas du ressort de l'Etat) entraîne une hausse (imprévue dans les prévisions de budget) des taxes qu'il perçoit ! Autrement dit, en rognant sur la TVA ou la TIPP, l'Etat peut parfaitement ne pas perdre de l'argent sur ses prévisions...

 

L'autre question essentielle reste de savoir s'il ne serait pas plus judicieux de consacrer le surplus d'argent encaissé à la recherche et à l'innovation pour préparer, avec plus de force, l'après-pétrole... En favorisant le développement d'automobiles propres dont il va falloir proposer une large gamme, financièrement accessible, au plus grand nombre possible de citoyens. Ce qui n'est pas encore le cas ! Un nouveau chantier pour le quinquennat?

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 15:22

Cela fait partie de mes chevaux de bataille les plus récurrents... En ce début de quinquennat de gauche et alors que l'envie d'exemplarité et de justice (voire d'équité) parcourt la société, cette proposition mérite d'être à nouveau mise sur la table. Depuis la création de ce blog, je m'obstine à ne pas remplacer le mot "équité" par "égalité" sur le fronton de ma page d'accueil. En effet, dès 2005, je considérais que la totale égalité entre tous les citoyens, entre les "pauvres" et les "riches" notamment, n'était qu'une parfaite utopie... d'autant plus que la vie professionnelle, dans laquelle je suis entré entre temps (en septembre 2007), m'a appris que tous les citoyens n'ont pas les mêmes mérites. La notion de "travail", abstraite quand on est étudiant, est devenue une "valeur" qu'il est important de défendre. De ce fait, seule l'équité entre les citoyens semble à notre portée. Elle seule semble nécessaire pour ne pas rompre avec un nécessaire devoir de "justice" (instaurer une totale égalité serait "injuste" pour les plus méritants) et de "solidarité" (l'absence de totale égalité entre les citoyens doit être couplée à des systèmes de solidarité pour ne pas laisser les plus faibles sur le bord de la route). A travers cette introduction, les trois piliers de ma "réflexion personnelle" sont donc réaffirmés: justice, équité, solidarité !

 

En matière salariale, cette "pensée" se traduit par deux attentes, complémentaires et indissociables à mon goût: d'une part, la nécessité d'une échelle des salaires suffisamment étalée pour récompenser les méritants et les distinguer de ceux, minoritaires (tels les dopés du cyclisme), profitent du système solidaire; d'autre part, la nécessité d'une échelle des salaires "encadrée" pour ne pas être trop étalée. Cela se traduirait par quatre mesures simples:

1- La création d'un système de droits et de devoirs pour les bénéficiaires des aides de solidarité, financées par le travail et l'effort des salariés. Sans aller jusqu'à ce que Nicolas Sarkozy proposait lors de la dernière campagne présidentielle (aspect de son projet qui me semblait intéressant), il semble nécessaire de conditionner le versement de certaines aides... de la même façon que les bourses versées aux étudiants sont soumises à un devoir d'assiduité et de passage des examens (faute de quoi, comme l'actualité récente le montre, les sommes doivent être rendues...).

2- Une nette revalorisation du SMIC pour creuser l'écart entre le salaire minimum (obligatoire partout !) et les aides aux personnes sans emploi: 1.200€ net par mois me semble consituter une première étape.

 

3- La création d'un salaire maximal (obligatoire partout !) égal à 20 fois le SMIC de base (soit 24.000€ net par mois), hors primes.

4- La limitation desdites primes (stocks options, parachutes dorés, retraites chapeau compris) à 30% du montant du salaire fixe. Ainsi, un patron payé 24.000€ net par mois ne pourrait prétendre percevoir plus de 7.200€ net mensuel de primes !

Avec ce système, le montant maximal gagnable en France serait de 374.400 € net par an (soit trois fois le prix de ma maison... que je mettrai encore 22 ans à payer !). Au-delà de ce chiffre, l'Etat taxe à 100% les revenus perçus afin d'empêcher les entreprises privées de s'exonérer de ces nouvelles dispositions mêlant justice, équite et solidarité ! Ce système ne me semble par ailleurs pas injuste, dans la mesure où il permet à celui qui est en haut de la pyramide de voir son potentiel salarial progresser 20 fois plus vite que celui qui est en bas: quand un SMICard gagne 1000€ de plus par mois, son patron peut en empocher 20.000...

 

Mais, les questions salariales n'étaient pas le coeur initial de mon article. Je voulais évoquer la question des sommes gagnées par les citoyens participant aux jeux de hasard (PMU, jeux à gratter, LOTO, €uromillions et autres jeux télévisés). Ces divers jeux (sur lesquels figurent désormais, comme sur les paquets de cigarettes, une mention du type "Jouer provoque dépendance et isolement...") permettent, sur le simple fait du hasard, de gagner des sommes parfois hallucinantes, tout aussi exagérées et choquantes que les salaires des grands patrons et des stars du sport-business ! Quel que soit le moyen utilisé, il me semble nécessaire que l'Etat (actionnaire, parfois majoritaire, de ces sociétés grâce auxquelles il touche une part du bénéfice) applique les principes évoqués plus haut dans ce secteur d'activité. Quel que soit l'option choisie, la limitation des gains possibles à un montant qui reste à fixer (la barre des 375.000 €, valable pour l'échelle des salaires, doit-elle être conservée ou abaissée?) semble nécessaire. Cet encadrement me semble d'autant plus indispensable que, concernant les jeux télévisés, les chances de gagner le pactole sont bien différentes selon que vous participez à une émission de France 3 qui nécessite des connaissances ou à une émission de TF1, super-production d'une société qui ramasse des millions en en redistribuant une partie ! Ces décalages me choquent. La limitation des gains m'apparaît comme la piste la plus sérieuse... Je vous invite à en débattre: postez vos commentaires !

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 07:32

La séance du vendredi 18 mai, au Nasdaq (l'un des deux indices de cotation à la Bourse de New York), était attendue... et fut jugée, sans doute un peu vite, comme "historique" par nombre de commentateurs économiques ! Ce jour-là, en présence de son jeune président-fondateur (jeune marié), Facebook lançait sa première cotation: à 38€ l'action, le réseau social (sur lesquels les ringards "ne sont pas") espérait ainsi réaliser l'une des opérations boursières de l'année, bref de créer l'événement à la hauteur de ce qu'il a permis dans le monde (comme, par exemple, avec ces rassemblements populaires qui ont fait tomber les régimes autoritaires arabes l'an passé). Plus que les "participants" à ce concept, qui a fait la fortune de son créateur (à qui un film a, telle une incône, déjà été consacré), ce sont donc les investisseurs qui étaient au rendez-vous.

 

Une semaine plus tard, certains de ces investisseurs ont saisi la justice américaine, leurs avocats expliquant que leurs clients n'ont sans doute pas eu accès à tous les renseignements sur l'entreprise Facebook afin d'investir en toute connaissance de cause et en toute confiance. Résultat: des plaintes ont déjà été déposés. Objectif: récupérer la somme misée, il y a moins de dix jours, car, entre temps, l'action a perdu plus de 20%... et nombre d'investisseurs ont donc laissé des plumes dans ce qui devait constituer, pour ces rapaces du gain immédiat, une bonne affaire à saisir ! L'affaire Facebook est un nouveau symptôme qui prouve que la fièvre (en l'occurence, la course aux bénéfices à - très - court terme) perdure dans le monde financier.

 

L'affaire montre, aux citoyens et aux décideurs politiques, que les actionnaires adeptes de la spéculation financière n'ont rien perdu de leur appétit et de leur bêtise. Pour ceux-là, la crise n'a produit aucun effet. Pour ceux-là, la bourse-casino reste un moyen à utiliser pour remplir leurs porte-feuilles sous prétexte de soutenir la productivité et la rentavilité des entreprises. Espérons que les dirigeants mondiaux, récemment réunis en G8, ne baissent pas les bras et restent déterminés à trouver les mécanismes, notamment juridiques, pour mettre fin à cette prédation qui menace (toujours !) nos économies.

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 10:12

Vendredi 11 novembre 2011. J'entame la rédaction de cet article: il est 11h12... Certes, le ciel n'est pas très engageant: la brume épaisse assombrit l'atmosphère mais, à cette période de l'année en Picardie, rien de surprenant... Ce qui m'étonne, c'est que ma maison est encore debout. Que mon jardin n'est pas dévasté. Qu'il n'y a pas trace d'une quelconque fin du monde. D'autant que les chaînes d'info en continu ou les radios ne parlent pas de cette catastrophe naturelle, attendue par les superstitieux le 11.11.11 à 11h11, et qui aurait pu engloutir l'humanité. Il leur faudra attendre le 12.12.12 à 12h12 (avant-dernière occasion avant l'Apocalypse annoncée du 21 décembre 2012) car, en 2013, cet alignement de chiffres identiques dans une même date ne pourra pas se reproduire (13.13.13 est impossible !). Bref, la fin du monde serait-elle une arnaque?...

 

Oui ! Et ce n'est pas la seule. Car, ce monde financiarisé dominé par l'argent et l'intérêt particulier des agences de notation et des marchés, n'est pas prêt de s'écrouler ! "L'UE, je n'y crois pas: les dirigeants de Bruxelles impose à tous les pays, les uns après les autres, des solutions économiques qui ne fonctionnent pas. Pire: des solutions qui aggravent encore la situation. Voyez nos amis grecs !". Qui parle? Un dangereux gauchiste? Non, un jeune étudiant italien en économie (il sait donc de quoi il parle), observant la cure d'austérité que son chef de gouvernement (Berlusconi, pour encore quelques semaines) fait subir à son peuple. Ce jeune homme, interviewé par France 2 avant-hier, campe dans les jardins de son université... Il fait partie de cette nouvelle génération diplômée, intéressée par la politique, à qui le mot "Europe" signifiait encore fraternité, échanges et diversité. Il fait partie de cette nouvelle génération déboussolée qui ne sait plus comment agir: aller voter (comme certains artistes essaient d'y inciter les jeunes de nos banlieues)? Manifester, dans la durée, avec le mouvement des indignés qui n'a plus foi dans ces hommes et femmes politiques qui monopolisent les pouvoirs? Trouver un boulot, et se moquer du reste?

 

La grande force de ce mouvement planétaire des indignés, c'est de jouer collectif et d'essayer de résister sans se décourager. Face à l'ultra-libéralisme, appliqué sans retenue dans les pays endettés (les pays soi-disants riches), le risque était grand d'une fragmentation de la population, d'un chacun pour soi généralisé... Et en face? Que font les gouvernements pour résister à la loi du marché? Que fait la France pour garder son triple AAA (qu'elle aurait d'ailleurs déjà perdu, d'après l'expert en chef Jacques Attali)? Elle concote un énième plan de rigueur, avec des économies de bouts de chandelle, ministère par ministère. En août, quelques milliards de trouvés. En novembre, rebelote... Et voilà que cette méchante Commission européenne, aux ordres des marchés, réclame de nouvelles économies. Que répond Paris, par la voix de Mme Pécresse? Le plan décidé lundi est suffisant. Il n'y aura pas de nouvelles mesures d'austérité dans l'immédiat. Mensonge !! Elle (ou M. Baroin, ou M. Copé, ou M. Fillon, ou M. Chartier...) nous répète la même chose à chaque plan d'économies. Le dernier plan devait être le dernier avant l'annonce du budget le plus rigoureux depuis la Seconde guerre mondiale ! Tous ces mensonges accumulés montrent une chose: pas plus que ses voisins (à l'exception des vertueux allemands), la France n'est capable, avec cette majorité, de sortir de la crise.

 

Que faudrait-il faire? Mettre en oeuvre la fin de ce monde dominé par les marchés. Déclarer la guerre à la spéculation... Bref, comme en 1945, mettre à genoux cette dictature qui étrangle les peuples ! J'offre, aux médias français, une solution: mesdames et messieurs les rédacteurs en chef, concoctez-nous des journaux télévisés dans lesquels il ne soit pas question, une seule minute, des agences de notation, des marchés ou de l'évolution du CAC 40. Jouez votre rôle de contre-pouvoir et libérez-nous de cette surexposition de la loi du plus fort, de la loi ultra-libérale dominante. Faites des sujets sur les PME. Interviewez des économistes que l'on entend jamais... Mesdames et messieurs de France 2, virez-nous les Elie Cohen et Philippe Dessertine, à croire que ces deux-là sont les seuls économistes qui existent en France tant nous les entendons à chacun de vos JT ! Par pitié, désintoxiquez-nous de cette bien-pensance qui détruit le moral des peuples et qui nous assène que, hors d'elle, point de salut... Continuez, c'est vous livrer à de la propagande ! Rien de moins.

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 10:05

Après l'affaire MAM et ses vacances tunisiennes, ministres et président de la République privilégient, cet été, les vacances françaises. Si bien que, dans les studios radio ou en province, nos gouvernants occupent toujours le terrain... En pleines vacances scolaires, la politique continue. Dernière trouvaille du gouvernement: mettre en place une prime d'efficacité pour les médecins qui suivent la politique de réduction des déficits menées par les pouvoirs publics. Alors qu'une prime aux chefs d'établissement paraît hallucinante dans la mesure où elle inciterait ces derniers à faire du chiffre (moins de conseils de discipline, moins de redoublement, validation excessive des compétences des élèves...) sans se préoccuper des besoins réels des élèves ! Alors qu'une prime aux policiers paraît, elle aussi, désastreuse dans la mesure où la politique du chiffre (plus de PV, plus de garde-à-vue, plus de dossiers élucidés...) n'a pas produit d'effets positifs et que sa réussite dépend du milieu concerné (la délinquance n'a ni la même forme ni la même ampleur dans nos campagnes que dans les banlieues parisiennes !). Pourtant, l'idée d'une prime d'efficacité versée aux médecins ne choque pas. A trois conditions: 1- que cette prime soit ni trop faible (elle doit être incitative) ni trop élevée (ce qui créerait des inégalités entre ceux qui la perçoivent et ceux qui ne l'auront pas); 2- qu'elle vienne récompenser les médecins ayant un comportement profitable à la société (pas de prescription de complaisance, davantage de génériques...) et qui permette de réduire les dépenses de la Sécurité sociale; 3- que cette prime, qui viendrait compléter des revenus déjà confortables (du fait de l'augmentation régulière du tarif des consultations), ne participe pas au creusement du déficit de ladite Sécu !

 

Autre trouvaille du chef de l'Etat: inscrire l'obligation d'un budget en équilibre dans la Constitution. Sur le papier, l'idée est séduisante. D'ailleurs, Nicolas Sarkozy n'est pas le premier à faire une telle proposition puisque ce sont les centristes (tel François Bayrou en 2007) européens qui l'ont avancé. La grande crise économico-financière, que les Européens peinent à vaincre, a renforcé ce sentiment: ainsi, l'Allemagne d'Angela Merkel tente-t-elle d'imposer à ses partenaires (en particulier à la France) son "plan de rigueur" (interdiction des déficits, baisse des impôts, hausse de la TVA, blocage des salaires notamment des bas salaires...). Le président français se place alors dans son sillage, au point d'écrire un courrier destiné à tous les parlementaires français (pour une fois qu'il n'est pas que le chef de sa majorité UMP !) pour leur demander de faire preuve de responsabilité pour mener, dans un esprit d'unité nationale, un débat sur la réduction des déficits. En fait, il attend de son opposition qu'elle vote, lors d'un Congrès du Parlement à Versailles, la modification constitutionnelle inscrivant dans le marbre la "règle d'or" du zéro déficit ! Car, sans elle, la majorité n'aura pas les deux tiers nécessaires à cette adoption... surtout si les prochaines sénatoriales donnent lieu à une victoire de la gauche !

 

La gauche doit-elle accepter? En principe, l'idée a de quoi séduire: quel responsable politique déciderait, s'il était au pouvoir, de creuser volontairement les déficits et, par conséquent, d'augmenter la dette du pays, déjà abyssale? De gauche comme de droite, tous les hommes (et femmes) politiques sont d'accord: il faut respecter le pacte de stabilité européen (limitant à 3% le déficit autorisé en temps "normal") et faire en sorte de retrouver, au plus vite, un équilibre budgétaire qui laisserait envisager un remboursement de notre dette cumulée. Le fond du débat ne concerne donc pas la nécessité de revenir à l'équilibre, mais de savoir comment on peut atteindre un tel but. Ainsi, la proposition avancée n'a pas de sens: que faire quand un gouvernement présente au Parlement un projet de budget en déficit? Que faire quand le contexte économique mondial oblige à des dépenses supplémentaires pour relancer l'activité économique? Que faire quand les circonstances font que les dépenses sociales d'aide aux personnes fragiles augmentent? Constitutionnaliser ce principe, c'est s'assurer de ne pas le respecter. Bref, c'est se mettre des liens qui pourraient entraver la bonne santé économique du pays. D'ailleurs, si cette règle avait été en vigueur dès le début du quinquennant sarkozyste, le gouvernement actuel l'aurait allègrement transgressé quand, en raison de la grande crise de 2008, les budgets successifs se sont enfoncés dans des déficits toujours plus marqués ! Espérons que la gauche ne se laissera pas enfermer dans ce faux débat que la droite va vouloir instrumentaliser dans le cadre de la campagne présidentielle.

 

La gauche devra, en réplique, insister sur les moyens utilisés par la droite pour réduire le déficit: car, plus que l'objectif, ce sont les arbitrages budgétaires employés pour atteindre cet objectif qui comptent. Certes, la droite s'est fixée de rejoindre l'équilibre budgétaire d'ici à 2013, mais elle y parviendra sans remettre en cause les exonérations de charges des entreprises, les niches fiscales qui favorisent les priviliégiés, ou en refusant d'augmenter les salaires, de baisser la TVA, de maintenir les aides sociales aux plus précaires, ou encore en creusant les inégalités devant la santé ou l'éducation ! Au final, la gauche devra tenir un discours de vérité: comme la droite, elle se fixera le devoir de revenir à l'équilibre budgétaire au plus vite (sans avancer une date car le contexte mondial peut mettre un calendrier à plat !), voire de dégager des excédents aptes à rembourser notre dette. Mais, contrairement à la droite, elle y parviendra en changeant la politique salariale et économique nationale: hausse des bas salaires et baisse de la TVA principale pour relancer la croissance, baisse des cotisations sociales et suppression toutes les niches et exonérations pour relancer l'activité des entreprises, limitation des hauts revenus, réforme de la fiscalité sur les entreprises (pour les inciter au partage des richesses ou à un comportement écologique)... Personnellement, c'est sur les moyens d'atteindre l'équilibre budgétaire que j'attends une alternative. Pas sur le but lui-même !

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 14:26

Le dénouement, c'est donc pour cette nuit. Alors que les Français dormiront, l'une d'entre nous, notre ministre de l'Economie, devrait devenir directrice générale du Fonds Monétaire International, en remplacement de Dominique Strauss-Kahn. En plein après-midi à Washington, les 24 membres du Conseil d'administration de l'institution, lui accorderont leur voix... dans une proportion encore inconnue. Seule certitude: deux acteurs "de poids", qui peuvent contribuer à la victoire d'une candidature, ont annoncé soutenir celle de Mme Lagarde. Je veux parler des Etats-Unis, qui ont longtemps hésité (le sécrétaire d'Etat au Trésor n'ayant pas renoncé à complimenter le candidat mexicain, rival de la ministre française), et de la Russie (qui l'a annoncé au cours des toutes dernières heures). Selon toutes vraissemblances, donc, Christine Lagarde accédera à cette fonction avec le soutien des Etats développés mais sans l'entousiasme des pays en développement, qui reporteront leur préférence sur l'actuel patron de la Banque central mexicaine. A quelques heures du dénouement, il est temps de s'interroger sur les motivations des administrateurs du FMI pour donner les clés à la future ex-locataire de Bercy. Première raison: c'est une femme ! Il paraît que, lors de son audition de candidature, elle a fait remarquer à l'assistance qu'elle était la seule... Les 24 hommes présents dans la pièce, ne sachant quoi répondre, ont eu l'air gêné... Il est vrai que, depuis que Sarko préside aux destinées de la France, les photos officielles des G8 et G20 laissaient peu de place aux femmes, si ce n'est les épouses des chefs d'Etat. Bien souvent, Mme Lagarde était bien seule face à ses collègues ministres des finances. Etrangement, l'argument fait sourire. Et, à droite, on utilise l'argument avec autant de détermination que l'on condamnait Ségolène Royal, à l'époque candidate à la présidence de la République, quand celle-ci mettait en avant sa feminité !

 

Le monde a bien changé... Oui, mais en bien? Il est clair que "non". Certes, la grande crise de 2008, la plus grande que le monde ait connu depuis celle de 1929, est passée par là. Heureusement, notre grandissime Président nous a évité le pire et a su définir le bon cap pour ne pas sombrer dans cette tempête. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est lui... Dans ces dernières interventions publiques, M. Sarkozy expliquait, implicitement, qu'il avait sauvé la France en lui évitant le sort de la triste Grèce, dont les citoyens se révoltent, chaque jour, contre un plan d'austérité qui n'en finit pas de les étrangler... sans résultats ! Au point que le FMI, autre sauveur miraculeux, et l'UE (le bras droit du FMI, selon les strauss-kahniens) ont été contraints d'ajouter une deuxième couche, encore plus indigeste que la première. Que demande-t-on au peuple grec? Ou plutôt, que demandent l'UE et le FMI au peuple grec? Des privatisations pour ramener dans les caisses de l'Etat le prix (actuel) des biens publics. Comme nos défuntes autoroutes, livrées au privé par le gouvernement de Villepin ! Mais aussi, en vrac, des baisses de salaires dans la fonction publique, la hausse de l'âge de départ en retraite, des augmentations d'impôts (sauf pour les classes aisées, tels ces armateurs qui, faisant la richesse du pays, ne débourseront pas un centime d'€uro de plus grâce aux exonérations non remises en cause !), une hausse généralisée de tous les biens de consommation, de l'accès aux services publics... Des mesures drastiques qui doivent permettre de réduire le déficit puis d'éponger, à moyen terme, une dette qui s'accumule du fait des taux d'intérêt imposés au pays par les agences de notation ! Le cercle vicieux, accentué par les potions ultra-libérales du FMI, atteint son paroxysme et, malgré le 1er plan d'aide, la situation ne s'améliore pas du tout.

 

"Le FMI, je ne lui fais pas confiance. Partout où il est passé, en prêtant de l'argent et en imposant ses conditions aux Etats aidés, la situation s'est aggravée": c'est, en substance, ce qu'affirmait un des leaders du mouvement des "Je ne paie pas". Il s'agit d'un groupe de citoyens, que le 13 heures de France 2 nous a présentés hier midi, qui refuse de payer ses tickets de métro (+ 40%) ou ses péages d'autoroute... De petits groupes s'implantent même dans les gares de péage, distribuent des tracts et lèvent les barrières pour laisser passer des automobiles aussi ravis qu'excédés. Et dire que des socialistes cautionnent de telles mesures... Et voilà qui nous ramène en France. Car, à l'exception de Mme Royal et de François Bayrou, rares sont nos politiciens à déplorer la candidature de Mme Lagarde au FMI. Non que je souhaite qu'elle reste à Bercy (elle ou un(e) autre, la politique ne changera pas). Mais, se féliciter qu'une Française, femme de surcroît, actrice depuis 4 ans d'une politique économique sans résultats, représente les couleurs de notre pays sur la scène mondiale... alors que DSK devait être le dernier Français à diriger le FMI me scandalise. Au moins deux (bonnes) raisons devraient pousser les socialistes française, Martine Aubry en tête, à rejetter cette candidature: 1- par honnêteté et par volonté de partager les responsabilités internationales, la France aurait dû soutenir une candidature émergente (comprenez d'un des pays qui, après la crise, à intégrer le G20, tels le Brésil, l'Afrique du sud ou l'Inde). Après DSK, il était prévu qu'un non occidental prenne la tête de l'institution. Et, parce que DSK a quitté son poste avant échéance, cette règle ne s'appliquerait plus? Cela confirme que les politiciens sont prêts à tout pour garder des postes ! 2- Mme Lagarde représente tout de même une droite libérale qui, en France, a mené une politique économique, sociale, fiscale injuste... dont les résultats sont plus que minimes.

 

A part dans ses discours, le président Sarkozy n'a pas bouleversé le monde de la finance, ni même la répartition des richesses produites. Affirmer que placer une Française, qui adhère aux belles paroles élyséennes, dans une instance internationale, où de telles mesures sont plus faciles à appliquer (car plusieurs Etats sont susceptibles de les prendre conjointement), relève de la fumisterie ! Déjà qu'un prétendu socialiste n'a que peu modifié le paysage économique mondiale... Penser qu'une libérale puisse le faire relève de l'aveuglement. Car, au fond, la désignation du patron du FMI est un moment-clé pour la planète. Avec cet organisme, qui prête de l'argent aux Etats en difficulté (mais ce n'est pas sa seule utilité), c'est toute une conception du monde que nous voulons qui est en jeu. Veut-on (encore) d'un monde inégal, où les riches sont supposés entraîner les pauvres dans leur sillage, où les inégalités se creusent et où des fléaux comme certaines maladies ou l'illétrisme perdurent dans des régions surpeuplées? Ou veut-on d'un monde plus équitable, où les riches accepteraient de ne plus s'enrichir pour accélérer le mouvement de développement et en en faisant profiter des pays qui stagnent dans la grande précarité humaine? Accepte-t-on encore, en 2011, que de jeunes enfants meurent de maladies ou de pathologies facilement prises en charge dans les Etats occidentaux parce qu'ils ont le tort d'être né en Afrique? Accepte-t-on encore, en 2011, que les femmes restent un objet, voire un jouet, entre les mains de leurs maris? Du choix qui se fera, ce soir, à Washington, découlera les réponses à ces questions. Si notre ministre des Finances devait quitter la France, forte de sa maîtrise de l'anglais et de son passé dans des grands cabinets d'affaires américains, un bien mauvais signal sera envoyé aux pays pauvres. Je ne sais pas si le candidat mexicain aurait été à la hauteur des défis énoncés... Ce que je sais, c'est que, comme pour la politique française, la désepérance envers les classes dirigeantes grandit !

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 07:25

Vous vous en souvenez sans doute: Claude Bartolome, sénateur et président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, avait "osé" présenter un budget en déficit pour le prochain exercice budgétaire... manière d'attirer l'attention médiatique sur la situation financière des collectivités locales. En effet, avec le débat sur la suppression de la taxe professionnelle, les Départements ont eu l'occasion de déplorer une baisse plus que significative de leurs recettes, rappelant au passage le désengagement croissant de l'Etat dans les missions de solidarité et le non transfert des sommes dues par ce dernier à nos départements. La bataille s'engageait sur le mode: l'Etat UMP central délocalise ses compétences obligeant les collectivités locales PS à augmenter les impôts. Bilan: l'UMP accuse la gauche d'augmenter les impôts locaux de manière disproportionnée tandis que les majorités locales de gauche accusent l'Etat de les obliger à pratiquer de telles hausses. Alors que la rentrée politique s'approche, et que les thèmes économiques semblent refaire surface (à la faveur de la réunion de travail au fort de Brégançon, sur le thème de la lutte contre les déficits), la bataille est relancée. Elle nous promet de belles passes d'armes à l'Assemblée et au Sénat, où siège Yves Daudigny, président (PS) du Conseil général de l'Aisne qui vient d'adresser à tous les habitants du département, dont je suis, une lettre expliquant sa nouvelle politique fiscale pour 2010. Je reproduis ici l'intégralité du contenu de ce courrier, en espérant qu'il vous fasse réagir; bonne lecture !

 

"Dans quelques jours, vous recevrez, si vous êtes propriétaire, votre avis de taxe foncière et constaterez que le taux de la part départementale a augmenté de 61%. Cependant, la baisse de 43% du taux de la taxe d'habitation - que vous recevrez un peu plus tardivement - viendra compenser intégralement la hausse sur le foncier bâti pour la grande majorité des propriétaires occupants. Et si vous êtes locataire, vous bénéficierez dans tous les cas de la baisse de ce taux. Ce dispositif fiscal, que le département de l'Aisne est le seul à avoir mis en oeuvre, est en quelque sorte un plan de sauvetage, destiné à préserver l'ensemble de nos politiques en faveur de l'Aisne et de ses habitants. Car, et vous le savez, le département de l'Aisne, comme tous les départements de France, est confronté à une situation budgétaire extrêmement difficile. D'une part, les dépenses obligatoires, qui sont de plus en plus nombreuses, et qui, faute d'une compensation suffisante par l'Etat, doivent être largement financées par les impôts départementaux... donc, par les contribuables axonais. Le Département doit - ce sont des dépenses obligatoires de par la loi - financer l'APA pour les personnes âgées, le RSA qui s'est substitué au RMI et la PCH (prestation de compensation du handicap).

 

Ces allocations, liées à l'allongement de la vie et à l'évolution de notre société, relèvent de la solidarité nationale. Or, entre ce que le département a dépensé réellement pour le paiement de ces allocations et ce qu'il reçoit de l'Etat par la biais de dotations, l'écart est à ce jour de 165,7 millions d'€uros ! Dans ces conditions, il est difficile pour le département d'équilibrer son budget, d'autant que  les collectivités locales n'ont pas le droit (contrairement à l'Etat) de présenter un budget en déficit. Lorsque nous perdons des recettes, nous n'avons d'autre choix que de diminuer les dépenses, ou de trouver d'autres recettes. D'autre part, se sont ajoutés à cela, en 2009, les effets d'une crise économique et sociale qui a conduit à une demande accrue d'aides sociales et à une diminution forte des recettes liées aux droits de mutation (directement liés au marché immobilier). Le Conseil général de l'Aisne s'est dont trouvé dans l'obligation d'augmenter de 13,5% ses recettes fiscales pour équilibrer son budget 2010 et pour maintenir un niveau élevé d'action publique, en direction des familles, des associations, du monde économique. Pour être recevable, cette augmentation de la fiscalité devait répondre à un principe de justice sociale.

 

Avec le dispositif fiscal adopté, baisse de la taxe d'habitation d'une part, augmentation de la taxe foncière d'autre part, les 16 millions d'€uros de recettes fiscales supplémentaires proviendront, pour 1 million d'€uros, des ménages axonais et, pour 15 millions, du monde économique, qui bénéficie par ailleurs de la suppression de la taxe professionnelle. L'impact de cette augmentation du taux de la taxe foncière sera en effet plus important pour les propriétaires bailleurs non occupants et pour les propriétaires de bâtiments commerciaux et industriels. Investir pour aménager notre territoire, pour rénover nos collèges, maintenir la gratuité des transports scolaires pour les familles, soutenir les personnes en difficulté, les associations sportives et culturelles, agir en matière économique... faut-il renoncer à toutes ces politiques mises en place par le Conseil général? Soutenu par la majorité départementale et certains élus de l'opposition [qui provoqua une fissure au sein de la droite locale, notamment entre élus UMP et divers droite], j'ai fait le choix de recourir à l'augmentation de la recette fiscale plutôt que de renoncer à ces actions qui construisent l'Aisne, aujourd'hui et pour son avenir. Je reste toutefois inquiet pour demain. Le phénomène de désengagement de l'Etat se poursuit, l'écart se creuse entre dépenses obligatoires et recettes potentielles, et les réformes visant à diminuer l'action publique ne feront qu'aggraver la situation. Notre collectivité aura-t-elle, dans les prochaines années, les moyens de réaliser ses ambitions? Elu et responsable public, je dois aux citoyens de l'Aisne d'avoir "le courage de la vérité": regarder la situation sans ménagement, sans rien dissimuler en faisant le pari de la transparence, de la discussion collective et publique".

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 06:48

Il y a, dans le monde politique, des personnalités qui font des carrières insignifiantes voire décevantes.. jusqu'au jour où elles occupent LA bonne place: celle qui les révèle. Il en fut peut-être ainsi du regretté Philippe Seguin, qui n'a pas accédé aux responsabilités qu'il convoitait et qu'il estimait mériter (comme Matignon), jusqu'à ce qu'il s'épanouisse à la Cour des comptes. Il en fit un contre-pouvoir efficace, contrôlant, sans arrières-pensées idéologiques, les comptes publics... que ses amis politiques ficelaient (souvent, plutôt mal) au plus haut sommet de l'Etat. De l'avis de tous, il excellait à ce poste et contribua à lui donner toute la visibilité qu'il méritait. Or, c'est le même processus qui est en train de mettre sur un piédestal Jean-Paul Delevoye. Insignifiant, il le fût comme ministre (qui s'en souvient?) de la Fonction publique, de la réforme de l'Etat et de l'Aménagement du territoire dans le premier gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, entre 2002 et 2004. C'est à ce poste qu'il engagea la réforme de la retraite des fonctionnaires ou le transfert de l'ENA à Strasbourg: or, à aucune de ces deux mesures n'est associé le nom de M. Delevoye. Or, depuis 2004, outre son mandat de maire de Bapaume (Pas-de-Calais), il exerce la fonction de médiateur de la République. Est-ce l'approche de la fin de sa mission (cette année) qui l'a rendu médiatique et efficace? En tout cas, depuis quelques semaines, il fait parler de lui avec des propos qui ont suscité nombre de réactions, la plupart enthousiastes. Alors que la France est encore dans la crise, il a su évoquer le sort de nos compatriotes avec des mots justes: "je suis inquiet: le chacun pour soi a remplacé l'envie du vivre-ensemble"; "pour beaucoup de Français, la fin du mois se joue à 50 ou 150 € près", etc. Enfin, un politicien expliquait, simplement, la réalité vécue par la population... sans se cacher derrière des statistiques qui, visiblement, ne traduisent qu'imparfaitement la réalité !

 

Eh bien, c'est dans ce contexte que la BPCE (Banques Populaires - Caisse d'Epargne), née de la fusion des deux groupes bancaires nommés, semble se diriger vers les techniques d'engraissement dignes de la BNP Paribas. Mon exemple personnel, pour peu qu'il soit illustratif, révèle quelques pratiques... inquiétantes. Depuis que je suis né, je suis client de la Caisse d'Epargne: à ma naissance, mon père a ouvert un Livret dans cette banque, me l'offrant (avec une petite somme) à ma majoirté (ou, plutôt, à mes 17 ans... quand je pris le chemin de la fac !). Et je n'ai pas changé d'établissement bancaire, étant satisfait de la gestion de mon compte-courant. De son côté, ma grand-mère est cliente, depuis fort longtemps, de BNP Paribas et, à intervalles réguliers, se plaint de payer des frais qu'elle juge de plus en plus élevés... à mesure que son pouvoir d'achat se réduit. Des exemples? La BNP (banque française la plus grosse) doit son statut de n°1 du marché européen à ses pratiques tarifaires. Un retrait au distributeur d'une autre banque: quelques centimes. L'envoi d'un chèquier à domicile (et non, retiré en agence): quelques centimes. La consultation de l'état d'un compte-courant par un moyen "moderne" (Internet, serveur téléphonique): un surplus de frais mensuels. Et les exemples ne manquent pas... Accumulés, ces petits services représentent une petite somme. D'aucuns la considéreront négligeables. Mais, avec plusieurs millions de clients, cela fait une belle marge supplémentaire... qui retombe dans la poche des actionnaires.

 

Or, que constate-je depuis le 1er avril? Que la Caisse d'Epargne m'a facturé 90 centimets de frais pour un "retrait DAB [Distributeur Automatique de Billets] autre banque". C'est nouveau; ça vient de sortir... Autre changement: autrefois, une transaction par carte bancaire sur Internet nécessitait un délai (entre l'acceptation de mon paiement sur un site marchand et son apparition sur mon relevé en ligne) de deux jours. Trois maximum. Ce mois-ci (et c'est la troisième fois que je le remarque), il faut au moins quatre jours. Exemple: j'ai acheté un triple DVD documentaire sur Auschwitz sur le site marchant Priceminister jeudi... et, lundi matin, le débit correspondant n'a toujours pas été réalisé !! Pourquoi m'en alarmerais-je? Tout simplement parce que c'est le révélateur (insidieux, auquel le Français moyen ne prête pas attention... tout heureux de voir la transaction débitée le plus tard possible, lui évitant d'approcher de trop prêt la ligne rouge du découvert) d'une pratique digne du capitalisme ultra-libéral qui nous a conduit dans le mur. Car, vous le savez sans doute, entre le moment où l'argent est - fictivement - dépensé et celui où il est réellement débité de votre compte, la banque en fait ce qu'elle veut pour se livrer, notamment, à des opérations de spéculations à très court terme. Ces spéculations qui fragilisent la planète financières et qui créent une volatilité des capitaux quasiment suicidaire. Et c'est valable dans les deux sens (débit ou crédit sur votre compte). Ainsi en va-t-il aussi du rallongement de l'encaissement d'un chèque pour alimenter votre compte. Il y a quelques années, un chèque déposé le matin pouvait être crédité l'après-midi même. Aujourd'hui, il faut souvent attendre deux jours... le temps que quelques débits passent et que les frais de forcage (si vous êtes en zone rouge) s'accumulent. Je vous rassure: même débutant, j'ai une situation financière assez stable et pas encore ingérable... même si les crédits pour payer le permis et la voiture, ainsi que le coût de l'assurance auto se ressentent depuis janvier !! Mais, ces deux petits signes m'inquiètent. Déjà que je ne voyais pas d'un bon oeil le rapprochement de ma banque avec les Banques populaires: pour un "vrai" libéral, ces fusions signifient amoindrissement de la concurrence... et ne sont donc pas favorables aux clients. Et voilà que la CE imite la BNP ! M. Pérol, sarkozyste et transfuge de l'Elysée, dirige le nouveau groupe: est-il l'initiateur de ce changement?... La question se pose.

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 18:28
C'était la grande question du week-end, dans les milieux économiques: la chute des indices boursiers allait-elle se poursuivre en début de semaine? Ou la pause dominicale aura-t-elle permis aux investisseurs de reprendre confiance? Car, en fin de semaine dernière, tous les indices (du Nikkei japonais aux indices new yorkais, en passant par le Footsie londonien et le CAC 40) ont dégringolé. Pour quelle raison? L'endettement de certains Etats atteint un tel record qu'ils n'en deviennent plus solvables... contribuant à faire chuter la confiance des marchés. Et quand le marché n'a pas confiance, tout dérape ! Jusque-là, l'aggravation de la situation budgétaire de pays violemment touchés par le crise (citons l'Irlande, l'Espagne ou encore la Grèce, pour ne prendre que des exemples européens) ne suscitait guère d'inquiétude. Bien au contraire: après avoir permis l'envolée des prix des matières premières agricoles (précarisant encore plus des populations affamées et vulnérables dans les pays sous-développés), les spéculateurs entendaient profiter de la reprise (car la crise est, paraît-il, terminée) pour se refaire une santé. On savait déjà que les bonus de fin d'année allaient restés astronomiques, malgré les mesures fiscales exceptionnelles décidées par le gouvernement britannique, par exemple. Désormais, on constate que ceux qui ont été sauvé par les plans de relance (donc, par l'endettement des Etats qui les ont mis en oeuvre) s'orientaient vers une nouvelle spéculation. Leur cible? La dette des Etats qu'ils ont, indirectement, eux mêmes provoqués ! Finalement, la crise: une vraie aubaine pour les gagnants de la mondialisation financière !
 
Le problème, c'est que les Etats endettés se montrent incapables de redresser la barre et que la dégradation de leur santé budgétaire se poursuit. Ainsi, spéculer sur la capacité d'un Etat à se désendetter devient dangereux, dès lors que le pays en question n'y parvient pas. Et c'est ce qui se passe avec la Grèce: les socialistes, arrivés au pouvoir l'an dernier, ont récupéré un pays dans un état de délabrement insoupçonné. Les conservateurs, qui avaient été confrontés à des manifestations de jeunes précaires et d'étudiants sans précédent, auraient sous-estimé (volontairement?) l'état des finances publiques pour Premier-ministre-grec.jpglimiter la casse aux élections législatives. Conséquence? La nouvelle équipe dirigeante (emmenée par le premier ministre, Georges Papandréou - photo) annonce un déficit de 12,7% du PIB pour 2009, soit le double du chiffre fourni par l'équipe sortante. La dette cumulée du pays s'envole... et sa solvabilité s'effondre: de "A-", le pays passe à la catégorie "BBB" dans le système évaluatif des agences de notation. La défiance s'installe et, en Europe comme dans le reste du monde, les indices boursiers dérapent. Le problème, c'est qu'avec le système financier actuel, la Grèce n'est pas prête de se relever: d'une part, parce que les traités européens interdisent à la BCE ou à la Commission d'intervenir pour aider la Grèce qui doit s'en sortir seule; d'autre part, et c'en est la conséquence directe, le pays continue d'emprunter pour pouvoir faire fonctionner l'Etat... à des taux qui grimpent car la solvabilité du pays se dégrade. Et on entre dans le même cercle infernal qui parvient à faire couler les ménages les plus modestes. Un foyer dont les revenus ne suffisent pas à faire vivre la famille s'endettent, non auprès des banques (qui refusent) mais auprès d'organismes qui ne sont pas très regardants quand à la fragilité dudit foyer. Résultat: les taux de remboursement, alléchants dans les publicités, s'approchent de l'usure... et une part croissante de ces ménages se retrouvent surendettés, incapables de rembourser les emprunts contractés (et souvent, il n'y en a pas qu'un !). Ce système, la Grèce est en train de le subir.
 
... alors qu'il serait tellement plus simple qu'un fonds de secours (à l'échelle européenne, par exemple) puisse permettre à un pays en difficulté (passagère) de sortir vraiment la tête de l'eau. Le pays reçoit une aide financière d'ampleur avec un taux de remboursement dérisoire. Il purge son économie, stabilise son fonctionnement interne, mène les réformes nécessaires à son rétablissement... et rembourse l'emprunt en question sans creuser sa dette. Ce serait tellement simple. Et tellement plus sain pour l'équilibre général de la finance mondiale. Mais, non ! Ce système ultra-libéral, dont Sarko ne sait dénoncer les excès que dans les discours, reste centrer sur l'esprit-casino et le gain à court terme. Et ce n'est malheureusement par l'UE qui va y changer quelque chose. Car, confrontée au problème grec (qui n'est pas le seul), les instances communautaires - épaulées, en ce sens, par le FMI ou la Banque mondiale - réclament qu'Athènes réduise ses dépenses publiques, réduise le poids des fonctionnaires, en bloque l'évolution des salaires tout en diminuant les primes existantes. Bref, une politique d'austérité qui ressemble, comme deux gouttes d'eau, aux potions ultra-libérales que les instances mondiales réclament des pays sous-développés auxquels elles prêtent de l'argent. Cette politique du chantage ne fait, en réalité, qu'aggraver le problème puisque les recettes - qui ont, hier, conduit au désastre - ne changent pas. Ou l'on voit que les belles promesses - celles des Sarkozy, Obama et Strauss-Kahn (que je mets volontiers dans le même panier) - pour construire une finance moralisée ayant tirée les leçons du passé ne se retrouvent absolument pas dans les actes. Et que les valeurs d'entraide et de solidarité, valables en Haïti, ne le sont pas pour sauver des pays comme la Grèce, que l'on préfère sacrifier pourvu que le système ne soit pas trop ébranlé. C'est répugnant ! Heureusement, fonctionnaires et salariés grecs se mobilisent (les manifestations de ce 10 février le montrent) pour dénoncer ces mesures, refusant de passer pour les boucs-émissaires de la crise.
 
Et, que dire de la situation de l'économie française? Chez nous, aussi, déficits et dette publics se creusent - sous l'effet de la crise, bien sûr -. Mais, ils deviennent les meilleurs prétextes pour faire avaler aux Français des réformes indigestes, qui ne vont pas non plus dans le bon sens. Prenons un exemple simple, dans l'actualité la plus récente: furieux de ne pas avoir été entendus par les pouvoirs publics, qui n'appliquent pas leurs promesses, les médecins généralistes ont décidé d'augmenter unilatéralement leurs consultations de 22 à 23€ pour contraindre la Sécu de la prendre en compte. Augmentation qui ne sera pas remboursée aux patients qui avancent la somme en question... car le remboursement se fera sur la base du tarif légal en vigueur. Cette décision me répugne au plus haut point: d'une part, parce qu'augmenter aussi régulièrement le prix des consultations contribue à creuser le déficit de la Sécu (ou les tarifs des mutuelles, ou le niveau des prélèvements sociaux sur les salaires); d'autre part, parce que l'augmentation correspondante du salaire des médecins est sans commune mesure avec la progression, bien plus lente et irrégulière, de ceux de la majorité des Français. Qu'ils soient rémunérés pour leur niveau d'études et de responsabilité qui correspondent à leur profession, certes. Mais, les médecins n'ont pas à procéder de la sorte... notamment quand leur sens de l'intérêt général devrait les éclairer sur l'état de notre système de santé. Et ne parlons pas des retraites: cette réforme, absolument nécessaire, sera discutée après les régionales... Histoire que ce dossier ne plombe pas davantage la majorité en vue de ce scrutin. Car, tout le monde le sait, les efforts que le gouvernemet s'apprête à nous demander iront, une fois de plus, dans le même sens: hausses des cotisations, baisse des pensions. On ne resservira les mêmes potions, qui plombent aujourd'hui nos voisins grecs. Et, pourtant, dans ce contexte, le gouvernement a beau jeu d'annoncer des résultats meilleurs que prévus: la récession a été moins forte qu'annoncée en 2009, le déficit et le taux d'endettement de l'Etat sont donc légèrement inférieurs aux prévisions... comme s'il fallait se satisfaire de l'état dans lequel est notre pays !
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Published by Aurelien Royer - dans Economie et finances
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