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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 11:09

Je n'achète pas Libération (ni aucun autre journal, faute de temps pour le lire). Je n'aime d'ailleurs par toujours l'orientation très à gauche de ce journal... Mais, j'adore le travail qui a été réalisé, depuis l'arrivée de Nicolas Demorand à sa tête, sur les "Unes".

 

Or, en ce mois d'octobre, la palme de "l'image du mois" (je me questionne sur la possibilité de créer une rubrique à ce nom) revient assurément à ce quotidien qui, sur l'affaire du départ de M. Arnault vers la Belgique, a réalisé deux cartons. En terme de buzz, d'abord: les commentaires ont plu pour dénoncer ou se féliciter de ces deux coups de génies. En terme d'humour, ensuite: personnellement, c'est le genre de "Une" qui m'inciterait à acheter le journal, plutôt que les "Unes" raccoleuses dont (ab)usent certains magazines hebdomadaires.

 

Deux Unes Libé

 

Le mérite de ces deux "Unes" est double:

- Commenter un fait d'actualité jugé majeur pour le mettre sur la place publique et provoquer une confrontation très clivée entre gauche et droite: de ce point de vue, c'est un plein succès... même si, temps médiatique oblige, le débat est vite passé, pour ne déboucher sur rien !

- Associer un personnage "sarkozyste" à deux épisodes marquants du "sarkozysme" au pouvoir. Le choix des deux slogans ("Casse-toi riche con!" rappelant l'épisode du salon de l'agriculture, puis "Si tu reviens, on annule tout!" évoquant le texto présidentiel destiné à son épouse de l'époque, Cécilia) relève du génie. Génie qui pousse les uns à s'en délecter et les autres à pousser des cris d'indignation (là où, du temps de l'ex-Président, ils ne s'en émeuvaient pas plus que cela !).

 

Le coup médiatique de Libé aurait été réussi si le gouvernement avait profité de ce merveilleux exemple d'exil fiscal pour parfaire ses choix en matière de politique fiscale. Ici, le journal est dans son rôle: plus à gauche que le gouvernement, il oblige l'équipe au pouvoir à clarifier ses positions. C'est ce type de presse dont la France a besoin. Dommage, au final, qu'aucune décision n'ait été mise sur la table... Car, dans l'idéal, confronté à ce phénomène du départ des hyper-riches qui ont fait de l'argent et qui refusent l'effort national, le chef de l'Etat aurait dû frapper fort avec des mesures-choc: création d'un salaire maximal, primes incluses; hausse du SMIC; retour des droits de succession au nom de l'égalité des chances... Les idées ne manquent pas. Quand au but d'une telle politique, il serait de mettre fin à l'écart ahurissant des salaires entre les très-très riches qu'il faudrait préserver comme des êtres exceptionnels et les très-très pauvres qui ne vivent pas décemment ! Cet écart est insupportable et la France, pays des droits de tous les hommes, se grandirait de laisser partir ces ultra-riches que l'on saura remplacer par des entrepreneurs tout aussi talentueux mais moins voraces ! Chiche?

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 08:42

"Ce nom n'est encore connu que de quelques initiés mais Romain Slocombe est un grand écrivain dont on n'a pas fini de parler. je mets au défi quiconque commence ce livre de ne pas le terminer, haletant, les mains tremblantes. Monsieur le Commandant est une longue lettre avec de l'amour et du suspense, troussée comme un roman, où le narrateur, un certain Paul-Jean Husson, écrivain antisémite, voit son univers vaciller avec l'arrivée de sa belle-fille juive. Mais j'en ai déjà trop dit sur ce récit irrésistible et fascinant, truffé de rebondissements. Lisez-le sans attendre ! Vous me remercierez de vous l'avoir conseillé !": c'est ainsi que, sur la pochette du livre, Franz-Olivier Giesbert (membre du Comité de lecture du Club France Loisirs) présente ce roman qui n'a pas bénéficié d'une forte médiatisation au moment de sa sortie. Passionné par le Japon, l'auteur (Romain Slocombe) s'est inspiré de la vie d'un véritable écrivain qui, pendant la seconde guerre mondiale, déversa sa haine des Juifs dans les journaux dans lesquels il écrivait. Académicien, cet homme vit un double drame personnel: la mort de son épouse et de sa fille; le mariage de son fils (que l'on imagine résistant) avec une jeune Allemande juive dont il tombe amoureux... et qu'il s'apprête à dénoncer à l'Occupant nazi. D'où le titre de ce roman, qui prend la forme d'une très longue lettre, découpée en une vingtaine de chapitres, et adressée au Commandant de la Kommandantur locale.

 

Mes cours de français m'ont appris, pour présenter une oeuvre littéraire, d'évoquer:

- le lieu de l'action: de par ses activités littéraires, le narrateur partage son temps entre Paris, où réside sa belle-fille et où il travaille à l'Académie française, et un village normand (Andigny) où il possède une belle villa.

- le temps de l'action: datée de septembre 1942, la lettre reprend l'histoire de la famille depuis l'arrivée d'Ilse, la belle-fille juive ("l'Allemande"), dans la famille au début des années 1930. Bref, c'est une petite dizaine d'années de l'histoire européenne qui est ainsi repeinte: l'arrivée au pouvoir d'Hitler, le Front populaire dirigé par Léon Blum, la montée de l'antisémitisme dans les cercles intellectuels français, les événements du début de la seconde guerre mondiale. Tout y est.

 

Le livre repose donc sur le téléscopage entre la grande Histoire et la petite, celle d'une famille que la guerre (et le triomphe du nazisme) a déboussolé ! Présenté dans les émissions de Laurent Ruquier (qu'il s'agisse de l'émission de radio "On va s'gêner" où ce livre fut sélectionné comme "livre de la semaine" en décembre dernier, puis dans l'émission de télé "On n'est pas couché" dans laquelle Romain Slocombe fut invité), tous les chroniqueurs n'ont dressé que des lauriers à cet ouvrage. Ainsi, à la radio, Yann Moix s'étonnait que le livre n'ait pas été sélectionné pour recevoir un des grands prix littéraires de l'automne... Heureusement, depuis, Monsieur le Commandant a reçu le prix de la ville de Nice, dit "prix Baie des Anges", au printemps 2012. Car, comme le dit FOG, celui qui ouvre ce roman ne peut pas s'en débarasser. Il m'a fallu quelques jours pour le dévorer (en moyenne 40 pages par soir - le livre en compte 240) et, avant-hier soir, à une soixantaine de pages de la fin, je n'ai pas pu m'arrêter !

 

Extrêmement bien écrit, rempli de descriptions passionnantes (que ce soit de la campagne normande dans laquelle il fait évoluer ses personnages ou des scènes de torture insoutenable que des collaborateurs font subir à de jeunes résistants supposés !), le livre ne laisse pas indifférent. La reconstitution historique des faits et des pensées des antisémites de l'époque est saisissante. A de très nombreuses reprises, le narrateur nous plonge dans la rhétorique et la propagande pétainistes avec brio: pour preuve, les 25 passages que j'ai Monsieur le Cdtsélectionné (voir les marque-pages de couleur sur la photo) comme autant d'extraits à faire étudier à des élèves... quand j'aurais regagné un lycée et que je pourrais faire travailler des élèves de Terminale sur ce roman ! La richesse historique de ce livre est si forte que, pour vous donner envie de le lire, je ne sais quel passage vous raconter. Difficile de choisir entre sa rencontre avec un brillantissime médecin parisien (qui disgnostique un cancer du cerveau chez l'épouse du narrateur, lequel transforme alors ce praticien en l'archétype du Juif arrogant et distant, ne semblant pas se soucier de ses patients) ou le moment où, dans le journal local normand, il dénonce nommément le seul Juif qui réside dans sa ville... et où il exerce un emploi public qui pourrait être occupé par un "vrai Français" ! Bref, ce livre, remplit de tous les ressentiments antisémites de l'époque, pousse à réfléchir sur le nôtre, tant le parallèle semble facile à faire avec les ressentiments xénophobes qui touchent certains de nos compatriotes.

 

Le suspense est entier pour découvrir comment et pourquoi il dénonce finalement sa belle-fille. La dernière partie du livre est pleine de rebondissements. Les scènes bouleversantes, qui nous plongent dans cette France des années 1940, se succèdent et, chaque chapitre, portent sa part d'ombre. Quand l'auteur commence par une anecdote d'ordre familial, jamais le chapitre ne s'achève sans une conclusion politique qui ramène le lecteur à la réalité du narrateur. Bref, c'est palpitant. C'est une plongée passionnante dans la France de Vichy, vue sous l'angle d'un parfait collabo... Des romans comme celui-là, on n'en lit pas tous les jours !

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 18:12

"Maintenant, j'attends la 21 décembre sans crainte... car je viens déjà de vivre la fin du monde": c'est avec retenue (ou humour?) qu'un utilisateur de Twitter commentait la grande panne du réseau Orange. Pendant près de douze heures, notamment entre la nuit de vendredi à samedi, les uilisateurs d'Orange (et des opérateurs qui utilisent son réseau, tel Free) ont été victimes d'une panne majeure qui les empêcher d'envoyer tout SMS ou de passer tout appel. "Echec du réseau" pouvait-on lire sur les écrans de nos portables. L'information a fait la "Une" de tous les journaux télévisés... Et, ce qui m'étonne, c'est que le mot "otages" (habituellement employé pour les usagers de la SNCF bloqués par les grèves de cheminots !) n'ait été prononcé ni par les utilisateurs interrogés dans Paris, ni par les journalistes qui sont partis les rencontrer pour leur grand reportage de l'été ! Car, à écouter ces gens (notamment les plus jeunes), ces quelques heures sans téléphone ont été un véritable supplice. Certes, il y a des cas, très minoritaires, pour lesquels cette panne de réseau a pu être problématique, comme ces personnes qui, à la descente d'un train, attendaient une personne pour les conduire. Pour les autres, ceux qui n'arrivaient plus à se donner rendez-vous, on voit bien qu'ils sont, effectivement, devenus otages, non de la panne, mais de cet appareil sans lequel leur vie est, semble-t-il, si morne !

 

Les interviewés l'ont bien expliqué: de nos jours, on n'existe plus (socialement) sans téléphone. Avec les smartphones (pour lesquels il faut débourser un forfait tout compris qui montre que la crise est toute relative !), chaque utilisateur peut aller sur son compte Twitter ou Facebook. Sans téléphone, il faut attendre d'être chez soi, sur un ordinateur connecté à Internet, pour pouvoir alimenter ces réseaux sociaux et rester en contact avec le monde. Avec les smartphones, chacun peut avoir une conversation instantanée avec son amoureux(se), ses amis, pour des échanges de SMS illimités pour se raconter tout et n'importe quoi. Sans téléphone, il faut attendre d'être chez soi, sur un ordinateur connecté à Internet, pour pouvoir tchatter avec ses amis ou, pire, utiliser un téléphone fixe pour avoir une "vraie" conversation ! Heureusement, le smartphone, sans réseau, sert aussi de baladeur MP3 pour passer le temps dans les transports en commun ou pendant un jogging. La jeunesse actuelle ne peut plus se passer de cet outil, et rêve sans doute du moment où la médecine pourra le lui greffer ! C'est en ces circonstances que je me rends compte de mon archaïsme: personnellement, j'ai un téléphone "banal" (il est à écran tactile, mais déjà terriblement démodé) avec un forfait bloqué avec 1h de communication, 50 SMS (les payant un par un, je les limite au strict nécessaire)... et toute connexion à l'Internet me coûte une fortune.

 

Désireux de ne pas être trop à côté de mon époque, je me suis inscrit, la semaine dernière, sur Twitter... notamment pour suivre l'actualité de quelques artistes qui m'intéressent (Laurent Ruquier et quelques-uns des humoristes de son émission "On n'demande qu'à en rire"), ainsi que les tweets de quelques hommes politiques. Après dix jours dans ce monde (dès que j'allume mon ordinateur, un onglet Twitter reste ouvert en permance), je dois dire être bien déçu. Là encore, je vois le décalage entre ce qui attire les jeunes de mon âge et mes propres préoccupations. Au final, sur Twitter, à peine 5% des messages ont de l'intérêt. Pour le reste, on navigue entre raconter sa vie (en insistant sur ce qui a le moins de saveur) et faire sa promotion (la plupart des artistes rappelant leurs dates de tournée, le nombre de places restantes... et à quel point leur dernier spectacle à cartonner). Bref, Twitter servirait, en théorie, à créer du lien. Je l'imaginais comme un outil de dialogue et, pourquoi pas, de débat et de réflexion. Au final, ce n'est qu'une façon d'étaler sa vie privée à des inconnus... Mais, c'est tendance ! Que certains s'en donnent à coeur joie, cela les regarde. Ils y trouvent sans doute un intérêt. Pour ma part, je pense qu'après une phase de curiosité, je vais vite décrocher... et abandonner mon compte jusqu'à ce que je le clôture.

 

Ce qui me chagrine encore plus, c'est que la jeunesse française y soit devenue "accro"... et de plus en plus jeune. Aujourd'hui, impossible de fréquenter la cour d'un collège sans voir des dizaines de téléphones sortis pour envoyer des SMS, écouter la musique, réaliser une vidéo (quelque fois au détriment d'un adulte... et postée sur le Web). Alors que la loi empêche aux établissements de les interdire (officiellement, les élèves peuvent avoir leur téléphone sur eux, mais l'usage en est interdit dans l'enceinte d'un collège !), rares sont les élèves à ne pas en posséder un. Rares sont ceux qui n'ont pas ces smartphones de dernière génération, couplés à un forfait tout illimité... payés par des familles qui demandent une aide sociale pour payer la cantine ou les fournitures scolaires ! Mais passons. Une question se pose: les jeunes d'aujourd'hui pourrait-il se passer de leur téléphone? Oui ! Ce n'est qu'une question d'éducation des parents. La preuve? Lors d'un séjour pédagogique, j'ai été amené, avec d'autres collègues, à confisquer les téléphones (des appareils coûteux, que je n'ambitionne même pas de posséder) de nos élèves (45 des 49 participants en possédaient un !). Durant trois jours (sur les 5 du séjour), ils n'y ont eu accès qu'au moment des repas (matin, midi et soir) pour donner des nouvelles à leurs parents (trois fois par jour, cela semble raisonnable). Ils en étaient privés pendant la journée (que ce soit dans le bus ou dans les musées) ainsi que la nuit. Nombreux ont été les élèves à nous remercier, en fin de semaine, de les avoir "désintoxiquer" le temps d'une demi-semaine... car, sans téléphone, ils ont dû trouver d'autres moyens de s'occuper (en chantant dans le bus ou en jouant, le soir, dans la cour de l'auberge où nous étions logé). Ils ont appris, en sortant de l'individualisme dans lequel leur téléphone les enferme, à partager des moments collectifs ! Rien que pour cela, résistons !

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 09:20

Seriez-vous capable de me citer le nom d'un maire de la petite commune de Sablé-sur-Sarthe (région Pays de la Loire), aujourd'hui peuplée d'un peu plus de 12000 Saboliens? Trois indices: 1- les habitants de la commune votent à droite (hier RPR, aujourd'hui UMP); 2- ce bourg se situe à quelques 60 km du circuit des 24 Heures du Mans; 3- l'un des anciens premiers magistrats, qui a réalisé un long mandat (de 1983 à 2001), exerce aujourd'hui la 3ème plus haute fonction de l'Etat... réponse: François Fillon !

 

Plus que le nom de l'actuel Premier ministre, c'est celui du "premier maire de couleur de France métropolitaine" (sous-titre du livre qui lui est consacré) qu'il faudrait retenir. A la faveur d'une émission de Laurent Ruquier sur Europe 1, j'ai découvert le nom de Raphaël Elizé auquel la ville de Sablé-sur-Sarthe a rendu hommage en rebaptisant sa place centrale... Curieux d'en savoir plus sur ce personnage au parcours exceptionnel, j'ai acheté le livre publié en 1994 par l'association locale "Passé simple" et je viens d'en lire la première partie (80 pages) en deux heures ! Le récit, qui replace le parcours de ce Martiniquais venu s'installer en France dans le contexte historique, est véritablement passionnant et émouvant ! Né en 1891 au Lamentin (Martinique) dans une famille aisée (son père était inspecteur des impôts et membre éminent de la Franc-maçonnerie locale), il avait 11 ans quand le volcan martiniquais entra en éruption (celle qui, en 1902, est restée dans les mémoires). Sa famille quitta alors l'île pour s'installer en métropole. Le jeune Raphaël intègre l'Ecole vétérinaire de Lyon puis passe un doctorat dans la même discipline et, tandis que ses parents regagnent les Antilles, il s'installe dans la Sarthe, dont le besoin en vétérinaires était important.

 

Raphael-Elize.jpg

 

Passionné de politique et "en avance sur son temps", il participe à la vie de sa cité... devenant conseiller municipal puis, en 1929, maire de Sablé (photo ci-dessus, dans son bureau de la mairie). Il est alors le premier et le seul maire de couleur en France métropolitaine ! Il le restera pendant onze ans... jusqu'en 1940, date à laquelle les autorités allemandes d'occupation le destituent pour motif racial ("Il est insupportable à l'administration militaire et à l'armée allemande de reconnaître comme maire en territoire occupé un homme de couleur, ni de discuter avec lui" explique le texte de la Kommandatur du Mans). Visionnaire, il mène, bien avant le Front populaire, une politique sociale marquée: la ville s'embellit considérablement avec l'implantation d'une piscine, d'une maternité, d'une école communale de filles... Mobilisé pour la guerre en 1940, il perd son mandat local mais conserve son activité de vétérinaire, jusqu'au jour où il est arrêté par les Allemands, transféré dans un camp de concentration où il meurt dans le bombardement de l'usine où il travaillait par les avions alliés ! Mort à 54 ans, victime du nazisme, Raphaël Elizé a connu une vie extraordinaire qui mérite d'être connue de tous. Précipitez-vous sur ce livre, accessible sur les sites de vente d'occasion ou sur Amazon (cliquez ICI).

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 16:34

Ainsi, le second tour de la prochaine présidentielle opposera Babar à Astérix ! C'est en tout cas le lecture (très pointue !) que Luc Chatel, mon cher ministre de l'Education nationale, fait des derniers sondages. Sur le ring du deuxième tour (oublions le premier, c'est si peu important dans notre démocratie sondagière...), deux adversaires s'affrontent: à ma gauche, Babar, le roi des éléphants, alias François Hollande; à ma droite, Astérix, le valeureux guerrier gaulois, alias Nicolas Sarkozy  (photo)! Et le Babar-vs-Asterix.jpgministre de conclure: les Français préféreront un héros qui défend son pays et qui fait preuve de courage qu'un roi fainéant pour qui l'audace et le volontarisme sont étrangers. Gageons qu'un jour cette brillante analyse politique soit proposée aux élèves de Sciences-Po, voire de l'ENA pour les aider à mieux cerner le niveau intellectuel d'un débat présidentiel "à la française".

 

Après l'introduction, le professeur en sciences politiques diffusera une vidéo montrant un autre ministre, Frédéric Mitterrand (neveu d'un Président étudié dans le chapitre précédent) lors d'une cérémonie. Lieu: ministère de la Culture, rue de Valois à Paris. Date: mercredi 7 décembre 2011. Occasion: décoration de Laurent de Brunhoff, citoyen français de 86 ans et auteur de la plupart des albums de Babar, un personnage créé par son père Jean. Auteur des aventures d'un jeune éléphanteau, devenu roi de Célesteville (du nom de sa femme) et père de trois enfants (qui ont, eux mêmes, eu des descendants dans la nouvelle version 2011), Laurent de Brunhoff reçoit, ce jour-là, les insignes de Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres des mains du ministre. Lequel, dans un discours (puis dans un commentaire aux journalistes présents sur place), expliquait comment le personnage de Babar a été si attachant pour des générations d'enfants, égrainant ses qualités (la bonhomie, la gentillesse, l'attachement à la famille et à la solidarité, la quête d'un bonheur simple...). Il est vrai que, dans cette description, on pourrait remplacer le nom de l'éléphant par celui de François Hollande dont les rondeurs (disparues depuis son régime présidentiel) évoquaient les mêmes qualités. "Ce qui est sûr, c'est que ce portrait ne correspond en rien au Nicolas Sarkozy de 2011", fait remarquer un étudiant dans l'amphithéâtre. "Luc Chatel avait donc raison !", renchérit-il.

 

Dès lors, comment décrire le personnage d'Astérix-Sarkozy? Je m'y essaie. Comme M. le ministre, je vois en Astérix l'opposé de Babar. A l'un (Babar), l'envie de faire le bien autour de lui, de vivre paisiblement, de partager et de donner à la famille et aux amis l'essentiel de son temps. A l'autre (Astérix), l'envie d'en découdre avec les envahisseurs romains, préférant la bagarre à la négociation, usant (et abusant) d'une potion magique qui le rend plus fort mais sans laquelle il ne peut pas grand chose. Astérix, c'est aussi la victoire de l'individualisme sur le collectif: qui pourrait vaincre les Romains, sauver le monde (en Egypte, en Hispanie, en Bretagne, chez les Belges) et résoudre toutes les crises si ce n'est Astérix, aidé de son collaborateur Obélix? Transposé à la réalité, cela donnerait: qui pourrait vaincre la Finance, sauver le monde (en Grèce, en Espagne, en Irlande) et résoudre toutes les crises (de la dette ou de l'€uro, selon les jours) si ce n'est le valeureux président français, aidé de sa collaboratrice Mme Merkel? Sarko, sauveur du monde et défenseur du bien commun contre le Mal (les patrons voyous, les spéculateurs, les paradis fiscaux soi-disants mis au pad...), ne réussit que gaver de potion magique... Laquelle? La potion ultra-libérale, bien sûr ! Cette potion, faite d'un mélange de rigueur et d'autoritarisme ("quiconque ne me suit pas est un dangereux gauchiste, irresponsable et criminel !"), a été imposée à la Grèce (avec les résultats que l'on sait) et devrait être prochainement généralisée à toute l'UE. La suite, dans un prochain épisode...

 

Au final, les Français préfèreront-ils, comme moi, ce Babar qui a bercé mon enfance et tant de mercredis après-midi passés chez une grand-mère qui gardait, en VHS, tous les épisodes qui animaient les personnages de la BD? Ou se laisseront-ils envoûter par la magie d'un Astérix dont les BD continuent de cartonner, dont les épisodes en dessin animé sont reprogrammés chaque année en période de Noël par M6 et qui éguisent l'appétit (financier) des producteurs de cinéma? Quoi qu'il en soit, espérons qu'aucun de ces deux héros ne tombera dans la tentation de nous raconter des histoires, comme si les électeurs que nous sommes étions encore de sages enfants ! Espérons, surtout, que s'ils s'en avisaient, les citoyens ne se laisseraient pas endormir... par de vagues et irréalistes promesses ! A bon entendeur !

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 14:33

"C'est un bond de géant pour la Palestine, mais un bien petit pas pour la diplomatie". Le petit pas en question? La Palestine, en tant que telle, vient d'être acceptée comme 195ème membre de l'Unesco, l'agence des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture. Sous les applaudissements, le ministre des Affaires étrangères palestinien (non plus de l'Autorité palestinienne, mais de la Palestine) s'est félicité de ce choix, le considérant comme le premier pas vers une reconnaissance encore plus officielle de son pays... quand l'ONU se prononcera sur l'entrée de cet Etat en son sein. Décision attendue pour le 11 novembre en ce qui concerne le seul Conseil de sécurité... en attendant un possible vote de l'Assemblée générale.

 

Aujourd'hui, 31 octobre, c'est donc au sein de l'Unesco que la Palestine fait son entrée. 173 Etats membres de cette organisation ont participé au vote solennel; résultat: 107 pour (soit 61,9%), 14 contre (soit 8,1%) et 52 abstentions (soit 30%). Parmi les pays ayant approuvé cette décision, on trouve... la France. Après de nombreuses hésitations, notre pays a donc choisi de forcer le destin aux côtés du peuple palestinien. La diplomatie sarkozyenne reproduira-t-elle cet acte à l'ONU? Pas sûr, d'autant plus que notre président a plutôt donné l'impression de chercher une alternative qui puisse faire compromis ! Parmi les pays qui s'y sont opposés (sans choisir une abstention neutre), on trouve l'Allemagne de Mme Merkel, les Etats-Unis de Barack Obama (le Prix Nobel de la Paix, auteur d'un discours au monde arabe salué par toutes les diplomaties !) ou encore le Canada.

 

Plus que la décision (courageuse), ce sont les réactions qui apportent les plus beaux éclairages sur la stupidité de leurs auteurs. Côté américain, le Congrès rappellait, avant le vote, qu'en cas d'entrée de la Palestine dans l'Unesco, qu'il suspendrait les fonds versés à ladite agence par les Etats-Unis ! Bref, le pays qui aime à se présenter comme le phare de la démocratie et de la justice s'apprête à sanctionner un vote, autrement dit une décision démocratique... Mieux: le ministère isralien des Affaires étrangères a rappelé que cette décision unilatérale des Palestiniens conduirait à un gel des négociations de paix au Proche-Orient. Unilatéral, ce vote des 107 délégations représentant 107 Etats? La Palestine, qui n'a fait que déposer une candidature, est simplement soutenue par une majorité des membres de l'Unesco. Vous avez dit idiotie?

 

Source: article paru, ce lundi, sur le site Internet de France Info.

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 13:02

D'habitude, je ne vais au cinéma que trois à quatre fois par an... pour aller voir, souvent une à deux semaines après leur sortie, les films les plus attendus, les plus "populaires" et les plus drôles du moment (du style, les Astérix, Camping...). Cette semaine, je suis allé deux fois au cinéma en quatre jours... Un exploit ! Au point que j'ai acheté une carte d'abonnement (valable pour 8 films en six mois), tant les prochaines sorties s'annoncent prometteuses. Après "Les aventures de Tintin", et en attendant d'aller voir "La couleur des sentiments" ou encore "Les intouchables" (avec François Cluzet et Omar Sy), je suis allé voir l'un des films immanuables du moment: "The artist" (affiche ci-contre), ce chef d'oeuvre muet en noir et blanc, largement salué par la critique et qui a consacré la popularité de Jean Dujardin. L'histoire: une star The-Artist.jpgdu cinéma muet hollywoodien des années 1920 (interprété par Jean Dujardin, donc) est confrontée à la montée en puissance du cinéma parlant. En pleine crise de 1929, le cinéma américain connaît un bouleversement: une jeune figurante (jouée par Bérénice Béjot) devient la nouvelle star, à l'affiche de toutes les grandes productions parlantes... éclipsant ainsi le cinéma muet qui se meurt tout doucement. Le personnage de Jean Dujardin (un certain George Valentin) doit monter ses propres productions pour continuer à fabriquer du muet mais, faute de public, il s'endette et perd tout ce qu'il possèdait, femme comprise !

 

Ce film, presque totalement muet, risque d'obtenir quelques récompenses lors des prochaines cérémonies, que ce soit pour la performance éblouissante des acteurs (y compris le chien qui accompagne Jean Dujardin tout au long du film) que pour les décors ou, mieux, la musique. Le silence est parfois tel qu'on finit, par moment, par entendre le bruit de l'appareil projectionniste ou celui des mâchoires d'un voisin qui grignotte des M&M's ! Ce film sera-t-il un succès? Mis à part un public averti, probablement pas. Tout simplement, parce qu'au-delà de la performance des acteurs, le scénario n'est pas des plus originaux: presque tous les rebondissements sont attendus. De plus, mis à part la curiosité au début du film (où l'on scrute la musique, les grimaces, les attitudes des acteurs), certaines scènes traînent en longueur. Tout aussi exceptionnelle soit l'oeuvre de Charlie Chaplin, la plupart de ses films alterne des scènes cultes à mourir de rire et des longueurs qui stoppent la dynamique du film et finissent par ennuyer le spectateur. Avec "The artist", on est dans la même veine. Le noir et blanc, le muet, le jeu des acteurs a de quoi surprendre et intéresser... mais pas pendant une heure et demi. Bref, en sortant de la salle, j'ai été heureux d'avoir vu cette curiosité cinématographique (qui mérite d'être vu), mais je suis tout aussi certain de ne pas acheter, quand il sortira, son DVD.

 

Je préfèrerais consacrer les 20€ correspondant à l'achat du double-DVD d' "Apocalypse Hitler", diffusé mardi soir dernier sur France 2. Après les six épisodes retracant l'histoire de la Seconde guerre mondiale, c'est celle de l'accession au pouvoir d'Hitler puis son gouvernement que les auteurs ont raconté à travers des images d'archives retravaillées. Critiqués pour leur oeuvre de vulgarisation dénaturant les sources, les deux auteurs de cette série populaire (arrivée en tête des audiences, devant les "Experts" de TF1 !) ont réalisé un double exploit: au-delà de la colorisation d'images d'archives en noir et blanc, c'est la qualité sonore et visuelle de ces images qui coupent le souffle. Voir Hitler prononcer un discours devant des ouvriers d'une usine automobile comme si on y était rompt la distance qui existe entre le spectateur et ces images parfois floues. Ce qui fait le succès de ce documentaire, c'est le fait de rendre réaliste ce personnage ! Chacun connaît son discours, son oeuvre terrifiante. Mais, quant il s'agit de populariser des images d'archives (que les historiens continueront, et c'est normal, de préférer en noir et blanc), la colorisation et la qualité sonore transmettent des émotions qui amènent celui qui les ressent à réfléchir. On est, finalement là, dans la même logique que "The artist": en noir/blanc et muet, le film perd la dynamique qui mobilise l'attention du spectateur... tout en restant au sommet de l'artistique !

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 10:45

491 540 spectateurs ! Près d'un demi-million de Français sont allés voir l'adaptation cinématographique des "Aventures de Tintin" au 1er jour de sa sortie (mercredi 26 octobre). C'est le deuxième meilleur score de l'année (derrière le dernier volet des aventures d'Harry Potter qui, en juillet dernier, réunissait 732 000 amateurs en une journée).

 

Il faut dire que, depuis des mois, et encore plus ces dernières semaines, le film réalisé par Steven Spielberg bénéficie d'une couverture médiatique et d'une promotion rarement vue. Il faut dire aussi que les aventures du jeune reporter belge ont bercé l'enfance de millions de personnes, en Europe et dans le reste du monde. Aller voir Tintin au cinéma (avec les méthodes modernes et la 3D), c'est replonger en enfance. C'est aussi faire revivre les bulles de la bande dessinée. Or, tous les fans de Tintin, déçus par les précédentes adaptations (voire même par les dessins animés), n'attendaient qu'une chose: que le cinéma s'en empare. Et quand c'est l'un des plus grands réalisateurs du monde qui fait de ce rêve une réalité, on y court. Est-ce un succès? Au-delà de l'audience réalisée, j'ai coutume d'utiliser deux critères pour me dire si le film que j'ai été voir est une réussite: 1- me suis-je ennuyée au point de regarder au moins une fois ma montre? Non; 2- ai-je envie, en sortant, d'acheter la version DVD dès que possible pour le revoir? Oui ! Bilan: ce Tintin est un chef d'oeuvre.

 

Je ne suis pas de ces Tintinophiles qui, sur Internet, dénonçaient l'apparition de la cantatrice Castafiore alors que son entrée, dans le fil des BD, est bien plus tardive. Ce qui apparaît pour certains comme un sacrilège et une entorse au déroulement desdites aventures ne m'apparaît que futilité. Pour au moins deux raisons: 1- on attend au contraire, dans une production de plus d'une heure et demi, de voir un maximum des personnages qui constituent l'entourage de Tintin; 2- sachant qu'a priori, il n'y aura que trois films (Spielberg a programmé une trilogie) et que l'apparition de la Castafiore n'excède pas une minute dans ce long-métrage, il n'y a pas de quoi remuer ciel et terre.

 

Ce film sera incontestablement un succès majeur du cinéma moderne car, après ce premier volet, les spectateurs n'ont qu'une envie: voir les deux épisodes suivants. Reprenant l'intrigue du "Secret de la Licorne" (Tintin achète, sur une brocante, une réplique d'un trois-mâts, qui renferme une des trois pièces d'un puzzle qui peut le conduire au trésor de Rackham le Rouge, ancêtre du capitaine Haddock), ce long métrage mêle plusieurs albums. Au final, c'est cet agglomérat d'actions tirées d'aventures différentes et leur mise en relation par un scénario bien ficelé et plein de rebondissements qui rend le film attractif. Sans compter le réalisme et la sympathie qui se dégage de ces personnages en 3D, très similaires aux héros de la BD. Même si, super-production américaine oblige, les effets spéciaux et l'irréalisme de certaines actions rendent le film moins "poétique" qu'on ne peut s'y attendre, vous sortez ému de la salle obscure. Seul petit regret: la bande son. Même si les musiques additionnelles qui accompagnent les actions sont réussies, la musique de générique, aussi différente que le graphsime est fidèle à la BD, déçoit. Personnellement, j'aurais aimé retrouvé le thème utilisé dans les dessin animés... et bien détourné par Peugeot dans une de ces plus récentes publicités (vidéo ci-dessous).

 

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 10:03

Rappelez-vous: dans le cadre du dernier Festival d'Avignon (le dernier avant la présidentielle 2012), l'ex-première secrétaire du PS, portant alors les habits de candidate à la primaire citoyenne, Martine Aubry, promettait de faire de la culture un axe de sa campagne électorale. Se sentant obligée de faire une annonce, elle prenait un engagement coup de poing, vite repris dans les médias: +40% pour le budget du ministère de la Culture si elle accède à l'Elysée. La droite n'a pas manqué de lui tomber dessus: cette promesse serait la preuve que la gauche, qui se veut rigoriste et bonne gestionnaire, s'apprête à engager des dépenses déraisonnées, compte-tenu du contexte économique ambiant. Et le gouvernement d'ajouter que le budget de la Culture a été relativement épargné au cours de la crise, sous-entendant qu'il n'est pas nécessaire de l'augmenter mais, pourquoi pas, de réorganiser les dépenses.

 

Finalement, la droite a plutôt raison. En tant de crise, et alors que la mission première de l'Etat devrait être la relance de l'économie et la quête d'une croissance seule capable d'améliorer le sort des Français, engager des dépenses dans un domaine primordial, mais "secondaire", ne paraît pas réaliste. Promettre plus d'argent, c'est faire croire aux Français que l'Etat en dispose encore... tout en cherchant à obtenir les voix d'une clientèle présumée délaissée par le gouvernement sortant. Martine se lancerait-elle dans la même stratégie électoraliste que celui dont elle dit être la première opposante? Je n'irai pas jusque-là. J'aurais plutôt attendu d'une candidate de gauche qu'elle fasse des propositions concrètes. Deux exemples: intégrer un ambitieux volet culturel dans une indispensable réforme de l'Education nationale; mais surtout, convoquer un Grenelle de la culture avec tous les professionnels du secteur pour qu'ils comprennent, enfin, qu'il vaut mieux baisser les tarifs des produits culturels tout en vendant en plus grande quantité plutôt que de maintenir des prix qui les rendent inaccessibles aux catégories populaires.

 

On se plaint souvent que les Français lisent de moins en moins, qu'ils délaissent les journaux quotidiens (dont la crise n'est pas réglée) ou encore que le numérique tue le papier. Certes, les nouvelles générations ouvrent rarement un magazine ou un livre... sauf à l'école. Certes, s'ils savent s'adapter, les professionnels de ces secteurs pourront, avec les tablettes numériques, continuer de vendre leurs produits. A cela, deux conditions: ne pas craindre de se lancer dans ce secteur et arrêter de crier à la mort du papier; rendre accessible, par le prix choisi, les contenus proposés. Ainsi, des abonnements mensuels à bas prix, que les citoyens accepteraient de souscrire tout en les conservant de nombreuses années, seraient préférables à des abonnements hors de prix en priant pour qu'un lectorat fortuné accepte d'y souscrire... en étant assez nombreux pour éviter les pertes financières.

 

Prenons mon cas personnel. Je lis, chaque semaine, Marianne (ainsi que quelques autres hebdos, quand les dossiers en "une" attirent mon attention) et, chaque mois, je parcours deux magazines historiques ainsi que Le Monde diplomatique... sans oublier les pages nationales de mon quotidien régional L'Union. Faute de temps, je ne lis que peu de livres, malgré le fait que ma bibliothèque soit rempli d'essais, de documents historiques ou de romans incontournables. Dans le cadre de la primaire citoyenne, j'ai tout de même décidé de faire un effort et de consacrer du temps à la lecture des livres programmes édités en ce moment. Pour 17,90€ sur Amazon, j'ai récemment commandé quatre ouvrages, ceux de Jean-Luc Mélenchon, Ségolène Royal, Manuel Valls et Arnaud Montebourg (ci-dessous) qui ont pour point commun de ne pas dépasser 10€.

 

Littérature politique

 

Or, que constate-t-on? Que, pour connaître les idées et le programme de Martine Aubry (que ce soit par un livre d'entretiens ou une biographie) ou de François Hollande (avec une compilation de ses paroles publiques), il faut débourser au moins 15€. Comme si le tarif de leurs ouvrages dépendait de leur score supposé dans les sondages présidentiels ! Ou l'on voit deux stratégies: les favoris entendent vendre des livres au tarif habituel (20€ en général), les outsiders font le pari de petits livres, écrits de leur propre plume, en petits formats et à petit prix (2€ pour M. Mélenchon, au format Librio). Je n'ai donc pas hésité à commander ces ouvrages: pour une somme modique, on peut donc avoir accès à la culture. Mais, en ce qui me concerne, hors de question de payer 20€ ! D'où cette proposition: et si un candidat socialiste proposait de plafonner les prix des biens culturels (5€ la place de cinéma, en province; 10€ les livres et CD musicaux neufs, au lieu de 20€ en moyenne; 15€ le DVD neuf, au lieu de 25€ en moyenne). Ainsi, ces objets deviendraient accessibles à ces classes populaires dont on ne finit pas de se désoler qu'ils n'en consomment pas... Il serait temps que nos responsables politiques en comprennent l'une des causes profondes !

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 13:08

Depuis trois ans, les grandes vacances ne sont plus, pour moi, synonymes d'une semaine hors de la maison. Les deux mois d'été sont davantage l'occasion de quelques travaux d'aménagement intérieur et, histoire de décompresser vraiment, je pars quelques jours (3 ou 4, selon les cas) la dernière semaine d'août. Ainsi, juste avant la rentrée scolaire, qui est souvent intense, stressante et fatigante (si, si !), je ne pense pas à l'école, aux élèves, au cartable et aux cours qu'il faudra préparer. Il y a deux ans, j'avais visité Bordeaux en trois jours, profitant d'une exposition au musée d'Aquitaine sur la place de ce port dans le commerce avec l'Amérique au temps de l'esclavage (le célèbre "commerce triangulaire"). Cette année, profitant de la fermeture annoncée du Mémorial de la résistance de Lyon, je suis allé passé trois jours dans la capitale des Gaules. Au programme: visite de Notre-Dame-de-Fourvière et d'un site gallo-romain voisin, croisière sur le Rhône et la Saône afin de découvrir l'histoire de la ville autrement, ballade dans les ruelles piétonnes du Vieux-Lyon, découverte des traboules (des passages étroits permettant de passer d'une ruelle à une autre en traversant un immeuble, via une cour intérieure). Lyon est aussi une ville en reconversion: tout un quartier, située sur l'île entourée par le Rhône et la Saône, avant que la seconde ne se jette dans le premier, est en travaux. Là, des bâtiments HQE (haute qualité environnementale) sont en construction. Des salles de spectacle, des bureaux, des logements sociaux et un musée sont en préparation.

 

La ville, idéalement située au coeur de l'Europe, dispute à Marseille le titre de 2ème ville du pays. Et pour le géographe que je suis, l'information a son charme: si Marseille est bien 2ème en terme de population intra-muros (851 000 habitants, contre 475 000 à Lyon), la cité phocéenne recule au 3ème rang si l'on tient compte de la population de l'agglomération (1,6 million, contre 1,77 pour le Grand-Lyon). Mais, plus que le géographe, c'est l'historien qui a trouvé, dans cette ville, des lieux incontournables. Sous une chaleur écrasante (c'était l'époque de l'alerte Orange à la canicule dans le Rhône), j'ai pu découvrir une atmosphère lourde et tout aussi pesante dans deux hauts lieux de la mémoire lyonnaise. Car, Lyon fut, au Ancienne-Gestapo.jpgcours de la 2ème guerre mondiale, le centre de la résistance de la zone Sud, dirigée par le gouvernement collaborationniste du maréchal Pétain. C'est là que le célèbre chef nazi Klaus Barbie officiait. C'est là que Jean Moulin fut arrêté et détenu. La ville accueille, au siège de l'ancienne Gestapo lyonnaise (photo ci-contre), précisément dirigée par Barbie, un Mémorial de la résistance et de la déportation qui, d'ici la fin du mois, fermera ses portes pour modifier sa scénographie. Dans ce bâtiment, on peut découvrir l'histoire de la résistance (des premiers tracts distribués par des résistants peu organisés aux actions spectaculaires menées par les groupuscules financés par les Alliés), mais aussi les conditions de vie dans le Lyon de l'époque (avec reconstitution d'une maison et d'une ruelle), ainsi que les images d'archives du procès de Barbie, condamné en 1987 à la prison à perpétuité pour "crime contre l'humanité". Prison dans laquelle il est mort en 1991, des suites d'un cancer.

 

Et cette prison, elle se situe dans les locaux du fort de Montluc. Situé sur la rive gauche du Rhône, près du quartier de la Part-Dieu, à l'écart du centre-ville, cet établissement n'a rouvert ses portes qu'en 2009. Jusque cette date, il servait encore de lieu de détention pour des femmes qui, depuis, ont été transférées dans une prison plus moderne hors de la ville. Menacé de destruction, pour être remplacé par un complexe immobilier, ce haut lieu de mémoire a été sauvé et judicieusement transformé en musée. Là, le visiteur pénètre par la grande porte de la prison avant de gagner l'ancien réfectoire où, au plus fort de la guerre, les détenus s'entassaient. La visite se poursuit par la découverte de la cour où un bâtiment, aujourd'hui disparu, était surnommé la baraque à Juifs. Puis, ce sont les cellules: dans chacune d'elles pouvaient s'entasser jusque 6 personnes, dans des conditions d'hygiène et d'intimité inimaginables. Des panneaux expliquent au visiteur les parcours de dizaines de résistants, aussi bien des hommes que des femmes, venus de tous les milieux et de toutes les religions. On saisit alors que la barbarie nazie a frappé, indistinctement, les familles juives que de toute jeunes femmes résistantes dont certaines n'ont pas fêté leur 20ème anniversaire ! On peut apercevoir la cellule où Barbie a fini ses jours, mais aussi celle où Jean Moulin a été détenu avant sa déportation au cours de laquelle il mourut. Avant de sortir de ce lieu de cauchemar, la visite s'achève par le fossé qui entoure la prison avec ses murs, ses barbelés et, dans un coin, le mur où certains prisonniers furent fusillés. Dans cette prison, quelques Juifs, mais surtout des opposants politiques et des résistants sont passés. Certains y sont morts. D'autres n'ont fait que transiter, pendant quelques jours, avant de partir pour l'Allemagne, via les camps de transit de la région parisienne (Drancy, Compiègne).

 

Fort-de-Montluc.JPG


Cette visite aura été, pendant mon séjour lyonnais, un grand moment. Deux heures où l'on apprend beaucoup. Deux heures au cours desquelles l'émotion est immense. Surtout pour quelqu'un qui, comme moi, a eu la chance de croiser Raymond Aubrac, célèbre résistant et mari de Lucie (une figure de l'anti-nazisme lyonnais), qui est parvenu à s'échapper de cette prison de Montluc. Pour tous ceux que l'histoire intéresse, ce lieu est incontournable ! Si vous vous rendez à Lyon, n'oubliez pas de vous y rendre !

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