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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 17:27

Belle caricature dans le journal L'Union, quotidien régional de l'Aisne: on voit François Hollande, derrière son bureau de l'Elysée et, face à lui, debout, Laurent Fabius. Au-dessus du bureau, un cadre vide, avec l'inscription "Bachar el-Assad" en bas. A l'autre bout de la pièce, à gauche, Nicolas Sarkozy est assis sur un petit fauteuil et, derrière lui, au mur, trône un cadre avec la tête de Kadhafi (tels ces trophées de chasses avec les bois ou la tête empaillée d'un cerf). L'actuel président, regardant son prédécesseur, dit à son ministre des Affaires étrangères: "Moi aussi, je voudrais avoir un beau cadre comme cela". Les deux hommes (Hollande et Fabius) se Amis-syriens.jpgtrouvaient dans la même posture, le premier à la tribune, le second sur le côté, lors de la réunion du "Groupe des Amis du peuple syrien" (photo), qui s'est tenue cette semaine à Paris en présence des grands diplomates de tous les pays... exception faite de la Russie et de la Chine, évidemment !

 

Mine de rien, le dossier syrien se corse. Assurément, il sera dans les prochaines semaines le deuxième grand test diplomatique du quinquennat hollandais (le premier, non conclu, étant la suite de la grande crise européenne). Alors que le bougisme (reliquat du sarkozysme) reste d'actualité, plusieurs questions se posent: la nécessité de trouver une solution diplomatique plutôt que militaire est-elle toujours au coeur de la position française? Le président Hollande troquera-t-il, comme il semble le faire ces derniers jours, la prudence de ses premières positions pour l'audace dont son prédécesseur avait fait preuve, l'an passé, face à la folie meurtrière du clan Kadhafi en Libye? Les Occidentaux (comprenez les démocraties d'Amérique et d'Europe) finiront-ils pas se détacher des deux boulets qu'ils traînent depuis des mois (comprenez les deux dictatures russe et chinoise) en trouvant une solution à cette douloureuse épine méditerranéenne? Face à la folie meurtrière du clan Assad en Syrie, que la communauté internationale continue de dénoncer régulièrement, chaque fois qu'un nouveau massacre est annoncé par les médias occidentaux, il faut agir.

 

La concertation a du bon, pour éviter les erreurs que toute décision précipitée pourrait avoir. A présent, le temps de la précipitation est terminé. Et, même si les seules possibilités qui s'ouvrent sont douloureuses et risquent d'être meurtrières, nos dirigeants devront avoir le courage de s'y engager... Car, plus le temps passe, plus le nombre de victimes de ce régime sanguinaire augmente. Il est fini le temps où, comme en 2008, la France espérait que le fils (Bachar) tourne une page du régime Assad. Il est fini le temps où, pour espérer réussir l'Union pour la Méditerranée, le président français (et les médias !) flattaient le parcours (londonien) et la culture presque occidentale du leader syrien et de son épouse... Force est de constater que la communauté internationale est désormais confrontée à un assoiffé de pouvoir, prêt à tout pour conserver ses prérogatives, même à organiser le massacre d'une partie de son peuple (contre lequel il se dit "en guerre") et à destabiliser toute une région. Le pire est que ce régime meurtrier est soutenu, politiquement mais surtout militairement, par les deux pays qui bloquent tout... Deux pays qui, profitant d'une règle vieille de 65 ans, disposent de fortes prérogatives au sein d'une ONU, chaque jour fragilisée. Deux pays qui ne constituent pas des modèles de régimes démocratiques respectant les droits de l'homme.

 

C'est donc en acceptant de passer outre l'avis de ces deux fausses puissances (dont le suprématie n'est que financière et économique, à l'image d'un monde où les idéaux politiques et moraux pèsent moins lourd !) que les bonnes volontés, dernièrement réunies à Paris, pourront stopper le régime el-Assad. Les arguments pour intervenir ne manquent pas: comme en Libye, ce sont les civils qui sont les victimes quasi exclusives de ce qui se passe là-bas depuis des mois; comme en Libye, les opposants au régime existent et réclament clairement l'aide extérieure pour faire tomber le régime; comme en Libye, il semble possible de soutenir (militairement, économiquement et politiquement) cette opposition pour qu'après le départ (volontaire ou forcé, d'ailleurs) du dictateur, une transition se mette en place; comme en Libye, la folie du dictateur risque d'être contagieuse aux pays voisins (surtout dans cette région où les groupuscules terroristes, plus ou moins liés aux dirigeants syrien... et iranien, pas loin de là, font planer un danger plus grand). Bref, pour éviter que la Syrie ne soit un jeton qui entraîne ses voisins, il faut le retirer du jeu. Le décapiter. François Hollande aura-t-il la force d'y emmener les Occidentaux? Le veut-il? On attend des réponses... au plus vite !

 

A plus long terme, j'attends aussi des diplomates qu'une vaste réforme de l'ONU soit engagée. Droit d'entrée. Abolition du principe du veto. Recomposition équilibrée du Conseil de sécurité. Renforcement démocratique de cette instance internationale. J'ai des propositions... que je défend depuis des années. Je les reproposerai la semaine prochaine !

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Published by Aurelien Royer - dans Affaires étrangères
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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 15:51

Ce lundi, les professeurs d'Histoire-géographie de France étaient convoqués, dans un collège ou lycée de leur département, pour corriger les copies du Brevet. Ces corrections 2012 ont une dimension particulière: l'an prochain, nous corrigerons une nouvelle épreuve qui accompagne le renouvellement des programmes de 3ème qui changent à la prochaine rentrée. Avant de développer, voici mes résultats et impressions sur la session 2012... Pour ma part, j'ai corrigé, dans un collège de Laon, 39 copies: sur ce lot, je n'ai attribué que quatre notes en-dessous de la moyenne (respectivement 14, 15, 16 et 17 sur 40). Pour les autres, les notes sont donc convenables (35 copies au-dessus de 20 sur 40, et une moyenne globale de 26,5 sur 40, soit 13,25 sur 20); l'explication est simple: le sujet 2012 était des plus faciles et, comme chaque année, avec une bonne compréhension de documents qui n'étaient pas complexes, il était assez aisé de s'en sortir... Par ailleurs, la grande majorité des candidats a choisi le sujet d'histoire sur la 1ère guerre mondiale, pour lequel il fallait "raconter" (et non plus "démontrer", comme les années précédentes) la vie au front et à l'arrière. Chacun, même parmi les élèves les plus faibles, a quelques vagues souvenirs des combats racontés par l'enseignant et de la place des femmes qui travaillaient hors du front.

 

C'est d'ailleurs sur ce sujet historique que quelques perles (rares, cette année, car les copies étaient globalement bonnes !) ont pu être décrochées. Voici quelques exemples. Evocation d'une affiche d'emprunt national: "Le gouvernement demande de l'argent aux Français pour construire plus de missiles car ils meurent de faim". Evocation des conditions de travail des femmes à l'arrière: "Sur les conditions de vie, ce n'était pas top; c'était la misère et la galère !" ou encore: les femmes devaient travailler "tout en élevant les enfants et en faisant la cuisine et le ménage". A propos d'un combattant qui pouvait obtenir une permission: "Il rentre de la guerre, donc il a fini son "séjour" dans les tranchées". Autre sujet abordé, en éducation civique: le rôle du Président de la République dans les institutions de la Vème République. Année électorale oblige, les élèves devaient réfléchir aux pouvoirs accordés par la Constitution au chef de l'Etat puis à ses prérogatives (avec une belle photo de Nicolas Sarkozy devant des militaires en Afghanistan). Là encore, avec quelques connaissances personnelles supplémentaires (le passage du septennat au quinquennat, le code nucléaire qui fait du Président le chef des armées...), on s'en sortait facilement. Mais, cela n'a pas empêché quelques belles étourderies, ainsi: "Le Président est un personnage très important, mais il a un pouvoir assez réduit (seulement le pouvoir exécutif qu'il doit partager avec les ministres)"; "François Hollande a été élu par 54 contre 48, puis a nommé Jean-Marc Héron comme premier ministre"; "Sans le Président, il n'y aurait pas de République, pas de France". Heureusement, plusieurs copies très intéressantes, bien écrites et pleines de connaissances précises, ont permis à certians candidats de franchir la barre des 30 sur 40... Dans mon tas, ils étaient 12, dont un a obtenu un joli 37/40 !

 

Verra-t-on de tels résultats l'an prochain? Dans le cadre de la réforme du collège, qui concerne les programmes et qui a été engagée en 2009 sous le gouvernement Fillon, l'épreuve changera en juin 2013. Jusque-là, les élèves devaient enchaîner une étude de trois documents (avec des questions d'analyse) suivie de la rédaction d'un paragraphe argumenté (une sorte de mini-dissertation, structurée en plusieurs parties, répondant à un sujet et pour laquelle les élèves peuvent s'appuyer sur les documents étudiés tout en y ajoutant des connaissances de leur cours). Jusque-là, l'épreuve d'histoire était divisée en trois parties: 1ère partie, histoire ou géographie (l'élève choisit un sujet sur les deux proposés), 2ème partie, éducation civique (un seul sujet obligatoire, sur le même principe), 3ème partie, repères (en histoire, donner la date d'un événement ou nommer l'événement associé à une date donnée, appris par coeur; en géographie, placer des éléments - océan, continent, pays, ville, fleuve, montagne... - sur une carte - planisphère, cartes d'Europe ou de France). Cette épreuve mêlait deux compétences principales: d'une part, la capacité à lire, comprendre et expliquer un document (affiche, texte, photographie, tableau de chiffres ou graphique...) en répondant à une question; d'autre part, la capacité à utiliser des connaissances personnelles, apprises au cours de l'année, pour contextualiser ces documents dans un texte rédigé d'une quinzaine de lignes... De cette façon, les élèves étaient préparés aux exercices de lycée, en particulier l'étude de documents.

 

Dans la nouvelle version, l'épreuve est, a priori, plus simple. Désormais, l'épreuve se divisera toujours en trois parties: une obligatoire en histoire, une obligatoire en géographie et une obligatoire en éducation civique. Chacune de ces parties prendra la même forme, divisée en deux temps: répondre à des questions de cours où il suffira de réutiliser le cours appris par coeur pour montrer au correcteur qu'on le maîtrise; analyser un seul document en répondant à une série de questions pour l'analyser de façon très détaillée (présentation de l'auteur et du contexte de réalisation, analyse des mots-clés...). Dans l'esprit de ceux qui, dans les bureaux du ministère, ont pensé cette nouvelle formule, l'épreuve est plus simple: l'élève sachant son cours gagnera des points en 1ère partie, tandis que l'analyse documentaire le préparera à une épreuve qui persiste jusqu'au Bac. Mais, dans la réalité, il est fort probable que cette épreuve simplifiée (idéale pour favoriser de bonnes statistiques de réussite) ne soit pas si réussie: d'une part, les élèves actuels apprennent peu leurs leçons, ne maîtrisant qu'imparfaitement les connaissances vues en classe (l'épreuve actuelle, associant le sujet de rédaction à l'étude de documents, permet aux élèves ne sachant pas leur cours de s'en sortir... là où une pure épreuve de connaissances les pénalisera); d'autre part, les questions de repères demanderont aux candidats de citer la date d'un événement tout en en expliquant la portée (problème: certaines dates apprises par coeur par les élèves remontent à la classe de 6ème...). Quoi qu'il en soit, l'exigence est moindre: plus besoin de mener un raisonnement aboutissant à un travail de rédaction appuyé... car, avec la nouvelle mouture du Brevet, les réponses n'atteindront plus les 15 à 20 lignes actuelles ! Au fait: un citoyen ne doit-il pas savoir raisonner?

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Published by Aurelien Royer - dans Education nationale
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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 14:08

L'année scolaire se termine... et, demain, viendra le temps des corrections du Brevet. En histoire-géo, nos élèves de 3ème ont été interrogés sur la 1ère guerre mondiale (pour comparer la vie des hommes au front et des femmes à l'arrière) ou sur la puissance de l'Union européenne (en montrant qu'à 27, les Etats européens forment la 1ère puissance économique et commerciale du monde !). Côté éducation civique, année électorale oblige, le sujet les obligeait à réfléchir sur le rôle et les pouvoirs du Président dans les institutions de la Vème République (avec une photo de Sarko en Afghanistan). Enfin, l'épreuve d'histoire s'achevant par une épreuve de repères, il fallait citer les dates de trois événements (l'Hégire en 622, la Déclaration des Droits de l'Homme en 1789 et le droit de vote des femmes en 1944) et nommer six repères géographiques sur un planipshère (trois océans et trois des plus grands Etats du monde, à savoir Etats-Unis, Chine et Russie). A priori, rien de bien compliqué !!... Mais, c'est avec un carnet de notes que je partirai corriger ma quarantaine de copies, désireux de vous rapporter les quelques perles que j'aurais pu lire.

 

L'année scolaire se termine... et, en attendant les résultats du Brevet (qui devraient être plutôt bons car, chaque année, le taux de réussite reste inchangé !), voici deux arnaques qui entâchent mon métier. Depuis que je suis professeur (5 ans... soit depuis l'élection de M. Sarkozy en 2007), tout est fait pour avoir de belles statistiques. Les chiffres officiels ne reflètent plus le niveau de nos élèves car, année après année, alors que ce niveau baisse, les résultats restent au même niveau... sauf dans les enquêtes internationales qui confirment, année après année, que nos enfants maîtrisent de moins en moins bien ce qui semble essentiel (l'orthographe et la grammaire, le calcul mental sans calculatrice, les repères historiques et géographiques...). Ainsi, à l'épreuve de français du Brevet, l'exercice de réécriture (qui consiste à transformer un passage du texte étudié, en changeant le temps ou la personne) se résume à la modification d'une seule phrase tenant sur deux lignes... alors qu'à mon époque (j'ai passé le Brevet en 2000), le passage faisait au moins cinq ou six lignes ! Preuve que, pour avoir de bonnes statistiques et accompagner la baisse du niveau des candidats, le ministère encourage l'abaissement de la difficulté des exercices. En histoire, par exemple, plus question de poser des sujets nécessitant une réflexion: les élèves répondent à un sujet qui reprend le thème des chapitres étudiés dans l'année. Il suffit donc de réécrire le cours ! Rien de bien compliqué !!

 

Voilà donc deux exemples concrets qui, j'espère, ne perdureront pas sous l'actuel gouvernement de gauche:

1- La validation des compétences des élèves: depuis quelques années, les élèves ne sont plus seulement évaluées sous forme de notes, mais aussi à travers des compétences. Ainsi, au collège, les enseignants valident, à chaque exercice ou devoir, un certain nombre de compétences... sachant qu'en fin de 3ème, il faut avoir valider les 7 rubriques du Livret de compétences (français, langue vivante, informatique, mathématiques, citoyenneté...). Sans ce livret, un Brevet réussi n'est pas validé ! En théorie, ce système est plus que positif, puisqu'il atténue la crainte des notes (qui traumatisent et dévalorisent les moins bons élèves) tout en permettant aux élèves, aux parents et aux enseignants de cibler les difficultés des élèves pour leur proposer, dans l'idéal, des solutions de remédiation en travaillant, avec insistance, les compétences non validées. Malheureusement, en pratique, nous ne disposons pas des moyens pour appliquer ce principe de remédiation (à moins que les enseignants acceptent de le faire, bénévolement, en plus de leur service...). D'ailleurs, Sarkozy proposait, dans la campagne 2012, d'augmenter le temps de présence des enseignants, ce qui aurait permis de l'appliquer, sans compensation financière ! Autre bémol: après avoir évalué les compétences d'un élève, les enseignants doivent compléter le Livret en ligne... et, en fin d'année, le professeur principal peut cocher les 7 rubriques, selon le nombre de compétences validées pour chacune d'elles.

 

Compétence mal validée-copie-1

 

Ci-dessus, vous pouvez voir une capture d'écran sur l'application que j'utilise dans mon collège. Chaque professeur peut valider les cinq items de cet écran (exemple: reconnaître les symboles de la République française), correspondant à la compétence n°6 ("Compétences sociales et civiques"). Pour cela, il faut cocher le losange gris de la colonne de droite. Le losange de la colonne de gauche indique, lui, le nombre d'enseignants ayant validé cette compétence (ici, 0). En fin d'année, le professeur principal peut cocher la case en bas à droite: évidemment, avec aucune compétence validée sur 5, on ne peut cocher la compétence... Sauf que, sur cette page, la case a été cochée. Par un professeur principal zélé, qui applique la consigne qui consiste à valider 90% des élèves d'une classe en fin d'année... que la classe soit bonne ou mauvaise ! Ou encore par un personnel administratif, un(e) principal(e) ou un(e) principal(e)-adjoint(e) pouvant se mettre dans la peau du prof principal pour valider les élèves un peu justes... pour être sûr(e) d'avoir de bonnes statistiques. Ainsi, alors que les professeurs de cet élève n'ont pas validé les compétences qu'il ne maîtrise pas, la hiérarchie peut faire en sorte d'améliorer les résultats de l'établissement ! Au final, les statistiques publiées ne valent rien, puisqu'elles ne reflètent pas le niveau réel des élèves !

 

2- L'épreuve d'Histoire des Arts: depuis trois ans, les élèves de 3ème doivent passer une nouvelle épreuve, obligatoire, à l'oral, d'Histoire des Arts. Au cours de l'année scolaire, ils préparent des exposés sur des thèmes qu'ils ont choisi (cinq exposés à compter de septembre 2012) puis, en mai, ils présentent, devant un jury de deux professeurs, l'un de ces exposés (tiré au sort le jour même) lors d'un oral composé de deux parties: l'exposé proprement dit, suivi d'un entretien sous forme de questions-réponses avec le jury. Le but est de vérifier que, tout au long de sa scolarité, l'élève a acquis des compétences artistiques (connaître et reconnaître un mouvement, expliquer le contexte historique d'apparition et de développement de ce mouvement, décrire avec précision et avec le vocabulaire adapté une oeuvre d'art). Le jury attribue une note sur 40, qui compte autant que les trois épreuves finales (français, maths, histoire-géo). Dans l'académie d'Amiens, on a appris cette semaine que, pour harmoniser les notes et éviter les trop grands écarts entre les établissements (officiellement, entre les collèges où les jurys notent sévèrement et ceux qui sont trop cléments), une commission a modifié les notes attribuées. Problème: cette harmonisation a conduit à ajouter 4 points aux candidats ayant obtenu entre 16 et 20 sur 40... ce qui leur permet de franchir la moyenne, alors que le jury avait estimé que leur maîtrise des compétences n'était pas suffisante pour la leur donner. Voilà comment on trafique les résultats d'épreuves officielles... en poignardant dans le dos les enseignants, dont le travail n'est donc pas pleinement respecté ! Le changement, c'est bientôt?

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 10:32

Nicolas Sarkozy avait eu sa ministre des Droits de l'homme, Rama Yade. François Hollande a, depuis un mois, sa ministre du Droit des femmes, Najat Vallaud-Belkacem. Cette semaine, cette jeune élue du Lyonnais a fait parler d'elle en déclarant, à la radio, vouloir "abolir la prostitution", relaçant un vieux débat qui a été tranché dans plusieurs pays européens, mais pas en France. Déjà l'an passé, Mme Bachelot avait tenté de changer les choses, en évoquant la possible pénalisation des clients ayant recours aux prostituées. Mais rien ne fut décidé. Consciente qu'il s'agit d'un "sujet de long terme qui nécessite des moyens tant législatifs que financiers", la ministre évoque la détermination du gouvernement et son alliance avec Manuel Valls pour envisager le problème dans sa globalité: ainsi, la lutte contre le trafic d'êtres humains (90% des prostitué(e)s en seraient victimes d'après le dernier rapport parlementaire paru sur ce sujet) est tout aussi nécessaire que le démentèlement des réseaux et la condamnation pénale des "macs" qui font de cette activité un business, aussi juteux que toute autre forme d'activité illicite !

 

Que signifie "abolir la prostitution"? Il s'agit, en fait, de pénaliser les clients qui y ont recours en espérant, à long terme, mettre fin définitivement à cette activité. En Europe, seule la Suède est à ce stade... Problème: avec Internet et un accroissement de la répression à outrance, les risques augmentent de voir cette activité se radicaliser. Même si l'objectif est louable, il n'en demeure pas moins utopique. La solution est-elle dans la réouverture des maisons closes, où les prostituées peuvent effectuer leur activité dans un cadre reconnu par la loi? C'est la voie choisir par l'Allemagne il y a dix ans: là-bas, le bilan semble positif, les autorités affirmant que "les travailleuses du sexe sont sorties de la clandestinité, bénéficient de conditions de travail améliorées et cumulent des droits à la retraite [tandis que] l'influence des réseaux mafieux s'est affaibli" (source: site Internet du Parisien). A l'heure où le gouvernement évoque la possibilité d'accorder aux couples homosexuels le droit au mariage et à l'adoption, les chantiers sociétaux sont donc sur la table. Une réflexion apparaît nécessaire. Ce qui compte, c'est que l'actuelle majorité parvienne à faire mieux que la précédente, en résolvant une partie des problèmes posés par la prostitution.

 

Au hasard de mes navigations sur la Toile, je suis tombé sur un article évoquant le droit des femmes, dans un autre pays (futur membre de l'UE?): l'Islande. Hier, les citoyens de ce pays étaient appelés à choisir leur Président... ou plutôt à réélire, au moyen d'un scrutin à un tour, leur actuel chef de l'Etat, en place depuis 16 ans, qui a été reconduit pour un cinquième mandat de quatre ans avec 52,5% des suffrages exprimés. Ce qui a attiré l'attention de la presse française, c'est qu'une femme, sans aucune expérience politique, mère de famille de 37 ans et présentatrice télé, ait pu être la favorite du scrutin. Au début de l'année, le sortant (69 ans) avait annoncé qu'lil ne briguerait pas ce 5ème mandat. Vigdis.jpgLa jeune femme, qui a receuilli tout de même 32,5% des voix hier, semblait en passe de gagner la fonction (un sondage en mars la donnait vainqueur, avec une majorité absolue)... jusqu'à ce qu'une pétition (regroupant près de 10% de la population de ce petit Etat d'Atlantique-nord) réclame la candidature du Président sortant, très populaire. A l'occasion de ce scrutin, l'article que j'ai consulté rappelé à quel point l'Islande est un pays précurseur pour le droit des femmes: c'est là que la 1ère femme fut élue Présidente au suffrage universel direct (Vigdis Finnbogadottir, aujourd'hui âgée de 82 ans, chef de l'Etat de 1980 à 1986 - photo), tandis qu'en 2012, le pays est dirigé par une femme première ministre, "ouvertement homosexuelle" qui dirige une équipe composée de 8 ministres, dont quatre femmes, occupant des porte-feuilles majeurs (les Finances, l'Environnement, l'Education et l'Industrie). Quand à l'Eglise islandaise, elle a ordonné archevêque une femme... qui dirige l'archevêché central du pays, dans la capitale Reykjavik (source: article sur 20minutes.fr, ou article plus détaillé sur RFI - allez le lire en suivant CE LIEN). Un modèle pour la France?

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Published by Aurelien Royer - dans L'actualité de l'UE
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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 11:30

Hebdo 30 juin

 

Mon éditorial: "Demain, juillet. Les juilletistes précoces sont déjà sur les routes, destination leur lieu de villégiature. Les vacances d'été sont dans tous les esprits... D'autant que, côté médias, la saison 2011-2012 est sur le point de s'achever: les émissions qui nous suivent tout au long de l'année cèdent leur place aux rendez-vous de l'été. Quand, sur nos programmes TV, réapparaissent "Fort Boyard" ou encore "L'étape du Tour" sur France 2, l'envie de farniente gagne le lecteur. Pourtant, l'année politique 2011-2012 n'est pas terminée !

En ce dernier jour du mois de juin, une figure de la gauche politique vient de s'en aller: tout nouveau député, Olivier Ferrand est mort à l'âge de 42 ans, à l'issue d'un jogging au cours duquel il a fait un malaise. Olivier Ferrand est un nom qui aurait pu faire son entrée dans le gouvernement Ayrault, aux côtés de la jeune garde représentée, côté hommes, par Manuel Valls ou Arnaud Montebourg. Avec ce dernier, M. Ferrand fut l'un des artisans du grand coup politique de l'automne 2011: président du club Terra Nova (célèbre pour ses positions souvent controversées, comme sur le PS qui devait "préférer les cadres aux ouvriers") et auteur de nombreux rapports officiels sur l'Europe, ce quadra prometteur est l'inventeur des primaires qui ont sacré François Hollande en octobre dernier, lui ouvrant la voie vers l'Elysée.

Depuis, la France a changé. A l'avant-garde, elle porte la voix des pays affaiblis par la crise et sa vision d'une Europe plus solidaire s'est récemment imposée, au sommet de Bruxelles. Soucieuse de l'égalité entre les citoyens, elle s'apprête à accorder aux couples homosexuels les mêmes droits qu'aux autres couples. Raisonnable et responsable, elle s'apprête à mener une politique de rigueur (n'ayons pas honte de l'écrire !) qui permettra aux finances publiques de rester dans les clous bruxellois... sans compromettre les chances de notre économie de repartir !

Bref, la saison politique qui s'achève a été riche et bouleversante. Beaucoup de chemin reste à parcourir, avec des décisions difficiles qu'il faudra prendre dans les prochains mois. Au fond, si le changement s'est si bien opéré, c'est un peu grâce à Olivier Ferrand... L'aventure des primaires et la construction d'un projet de gauche raisonnable sont deux de ses bébés: pour cela, M. Ferrand, merci !"

 

Mes derniers articles, à découvrir ce week-end:

- L'Europe à l'heure française: l'axe Paris-Madrid-Rome ;

- Couples homos et hétéros: tous égaux !

- Décisions symboliques: du bon et du moins bon;

- Une opposition constructive? Lisez "quand l'UMP perd la tête";

- Après la sortie des Bleus à l'Euro: du principe d'éducation.

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Published by Aurelien Royer - dans Jes6 Hebdo
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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 07:20

C'est LE sujet de conversation de cette fin de semaine... Sur les plateaux télé, que ce soit dans la bouche des commentateurs ou des invités politiques eux-mêmes, on ne parlait que de cela: trois membres du gouvernement (Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de la Famille Dominique Bertinott et le Premier ministre lui-même) ont confirmé qu'un projet de loi instaurant "le mariage et l'adoption pour tous" serait présenté à l'Assemblée nationale d'ici un an. Ainsi, en 2013, la nouvelle majorité législative (identique au Palais-Bourbon comme au Sénat) devrait adopter, sans surprise, cette disposition qui fait plus facilement l'unité de la gauche que celle de la droite. D'ailleurs, ces dernières années, sous la pression d'une société civile qui évolue plus vite que la classe politique, des personnalités de droite se sont faites à l'idée d'un mariage ouvert aux personnes de même sexe.

 

Ainsi, la fracture gauche-droite ne concerne plus la possibilité de donner aux couples homos l'opportunité de s'unir et d'adopter, mais sur la forme que cela doit prendre: à gauche, on accepte l'option du mariage tandis qu'à droite, tel Nicolas Sarkozy pendant la campagne, on préférait un PACS amélioré offrant plus de droits à ces couples, sans pour autant les mettre sur le même plan que les hétéros à qui le mariage (avec toute la symbolique qui lui est associé) doit être réservé. En revanche, la question de l'homoparentalité clive davantage: à gauche, on accepte le droit à l'adoption avec des arguments valables (on peut contourner le problème via le célibat, deux homos peuvent aussi bien éduquer un enfant que deux hétéros...) tandis qu'à droite, on reste majoritairement hostile à cette possibilité au nom d'une conception très conservatrice de la famille (un enfant a besoin d'un père et d'une mère pour grandir dans l'harmonie et sans avoir à subir les moqueries des autres).

 

Il y a quelques mois, j'avais organisé, dans l'une des mes classes de 3ème, un débat sur ces deux questions. Les arguments des deux camps avaient été étudiés par un binôme, qui les a ensuite présentés au reste de la classe. Ensuite, chacun devait, sur une feuille, inscrire, de façon argumentée, son point de vue sur le mariage et l'adoption homosexuelle. Le débat actuel me donnant l'occasion de vous présenter ces résultats, voici ce que pense un groupe de 26 jeunes de 14 à 16 ans (représentatif, me semble-t-il, de ce que pense la jeunesse française): 69% de mes élèves sont favorables au mariage homosexuel avec une nette fracture entre les filles (favorables à 100%) et les garçons (très partagés: 50% pour et 50% contre); 54% des mes élèves ne sont pas d'accord pour accorder le droit à l'adoption à ces couples avec la même fracture entre les filles (favorables à 60%) et les garçons (hostiles à cette disposition à 62%) ! C'est d'ailleurs côté garçons que, dans les argumentaires rédigés, j'ai lu le plus grand attachement à la vision traditionnel de la famille (pour eux, un homme doit se marier à une femme pour avoir des enfants), tandis que les filles semblent plus ouvertes !

 

Pour ma part, je suis farouchement favorable au droit à l'adoption mais je ne soutenais pas l'option du mariage, considérant que cette forme d'union était associée à un imaginaire fort. Ma préférence allait donc vers une union devant le maire, ouvrant de nouveaux droits aux couples homosexuels, comme l'envisageait l'ancien président battu. A présent, faisant confiance à la majorité actuelle, je ne me sens pas choqué par la création du mariage homosexuel... d'autant que la façon dont il est présenté me séduit clairement. Dans l'argumentaire gouvernemental ("le mariage et l'adoption pour tous"), il n'est pas question du "mariage homo" ou du "mariage gay"... Ces expressions, qui auraient été clivantes et discriminatoires, auraient été contraires au principe d'égalité que l'équipe au pouvoir voulait mettre en avant ! J'espère que ces promesses, réaffirmées dans les cent premiers jours (ce qui est un symbole fort), deviendront réalité dans la première année du quinquennat... montrant que ce sujet, important pour des progressistes, n'est pas si secondaire qu'on nous l'a présenté jusque-là.

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Published by Aurelien Royer - dans Cohésion sociale
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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 18:35

Depuis la crise de 2008, chaque sommet européen est présenté, par nos médias, comme un sommet décisif, où l'avenir de l'Union se joue... à condition que les Européens, de plus en plus divisés, trouvent un accord et prennent des grandes décisions ! La dernière réunion de Bruxelles n'a pas échappé à cette règle. D'ailleurs, avant même la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement dans la capitale belge, la dramatisation était au rendez-vous: la venue de Mme Merkel à l'Elysée pour préparer le sommet était le point d'orgue d'un avant-sommet marqué par la fracture entre la vision allemande (discipline et contrôle budgétaires, puis solidarité avec les membres en difficulté) et la vision française (solidarité avec les membres en difficulté, puis discipline et contrôle budgétaires). Après les sommets à répétition pour sauver la Grèce et la maintenir dans la zone €uro, voici donc un nouveau cycle de sommets... destinés à sauver l'Espagne et l'Italie, au bord du gouffre. A Madrid, les banques sont en grande difficulté: il apparaît nécessaire de les recapitaliser en leur prêtant l'argent qui leur manque. A Rome, le déficit n'est pas encore totalement maîtrisé, malgré les réformes structurelles du gouvernement Monti... saluées comme un modèle de courage. Le sommet du 29 juin devait donc permettre à ces deux pays de sortir la tête de l'eau.

 

Sur l'insistance du président français, le sommet du 29 juin a également été l'occasion de réorienter la construction européenne en préparant le fameux "volet croissance" qui doit permettre de sortir, enfin, de la crise. Ainsi, François Hollande a contraint les Européens à prendre des décisions: un plan de plusieurs milliards d'€uros (représentant 1% du PIB continental) prévoit des dépenses d'investissement, susceptibles de créer de l'activité et de relancer les économies nationales. Sans aller jusqu'à une politique de grands travaux, telle le New Deal qui fit sortir les Etats-Unis de la crise de 1929 sous l'impulsion de Franklin Roosevelt, cette enveloppe change l'orientation de la politique européenne: on passe ainsi de la rigueur à la relance par l'investissement. Autre nouveauté: ce ne sont pas les Etats qui, chacun dans leur coin, mène cette relance, mais bien l'Union Européenne qui, en son nom, s'apprête aussi à prêter aux banques nationales... en attendant le système des €uro-bonds, qui permettra à l'UE d'emprunter à la place des Etats pour les protéger de la spéculation de leurs créanciers.

 

Déjà, la recapitalisation des banques espagnoles par l'UE constitue une nette avancée. Avant, l'Espagne devait emprunter sur les marchés, aux taux pénalisants auxquels elle est confrontée, pour prêter l'argent aux banques en difficulté. Dans l'opération, l'Etat espagnol est perdant puisqu'il accroît sa dette pour aider ses banques... et, indirectement, certes, ses citoyens qui en sont les clients. Désormais, l'UE emprunte, à un taux bien inférieur, Monti en Europel'argent nécessaire à ces banques, évitant à l'Etat espagnol d'être encore plus en difficulté. Au final, le sommet de Bruxelles a vu la victoire de l'axe Paris-Madrid-Rome, la révolte de MM. Rajoy et Monti face à l'inflexibilité de Mme Merkel ayant permis à la vision française de l'emporter. Et tant mieux ! Car, avec l'affrontement Paris-Berlin (photo), deux visions, deux idéologies se faisaient face: côté allemand, la chancelière acceptait progressivement l'idée d'un fédéralisme économique (partage des dettes, emprunts communs, gouvernement économique européen, harmonisation fiscale) à condition, au préalable, d'imposer aux Etats une perte de souveraineté qui passerait par le contrôle des budgets par la Commission européen, à qui un pouvoir de blocage serait accordé. Cette vision se tient, dans la mesure où le volet "solidarité" (de nouveaux droits pour les Etats) ne viendrait qu'après l'acceptation de nouveaux devoirs. Pourtant, compte-tenu de la dangerosité et de la gravité (répétée dans tous les médias) de la situation actuelle, la vision française est plus adaptée: mieux vaut sortir les Etats de la difficulté dans laquelle ils sont, plutôt que d'attendre que chacun accepte le principe du fédéralisme européen vers lequel on semble tendre.

 

Car, alors que Chypre prend la présidence tournante de l'UE pour six mois (la présidence tournante existe donc toujours !), la question de l'approfondissement de l'UE se pose. Comme depuis ses origines, cet approfondissement débutera, vraisemblablement, par un chapitre économique. Regrettons, pour l'instant, que l'approfondissement politique ne soit pas à l'ordre du jour. En effet, alors que l'idée d'un Président élu au suffrage universel direct par les citoyens européens avance, elle ne recueille pas l'attention de nos dirigeants. Depuis plus de trois ans, ils préfèrent laisser une parcelle de pouvoir à M. van Rompuy, premier président du Conseil, plutôt que de réfléchir à un moyen plus efficace de faire avancer l'UE ! Pourtant, il serait aisé d'appliquer les trois principes suivants: 1- élection d'un tandem (Président de l'UE/Haut-représentant aux affaires extérieures), paritaire et politisé, le même jour que les élections des eurodéputés pour un mandat de 5 ans; 2- élection des membres de la Commission européenne par le Parlement européen, sans s'emprisonner dans le rapport 1 pays = 1 commissaire; 3- création d'un impôt purement européen apte à apporer à l'UE une recette propre et stable. En attendant, ce sont les Parlements nationaux qui vont voter les derniers traités (en deux volets: rigueur budgétaire + protocole de croissance). Avancée majeure: François Hollande a annoncé qu'il appartient aux parlementaires français d'examiner et de voter, dans le plus bref délai, ces deux volets (sans les séparer !) avant qu'ils ne soient officiellement signés !

 

Quoi qu'il en soit, les prochains mois seront à la fois cruciaux (il va tout de même falloir entrevoir la sortie du tunnel...) et longs... Car l'affrontement Paris-Berlin devrait continuer. Les derniers échanges d'amabilité ont montré qu'une tension existe bel et bien entre les deux pays, porteurs de deux visions opposés: l'Allemagne et sa vision libérale ne peut plus s'entendre avec la France et sa vision progressiste. D'ailleurs, dans l'entourage de M. Hollande, on ne cache pas l'attente de voir les sociaux-démocrates prendre le pouvoir outre-Rhin, pour que la seconde vision ressoude le couple franco-allemand. Couple qui, par petites phrases interposées, bat de l'aile: ainsi, quand Mme Merkel explique que "de son vivant, les €uro-bonds n'existeront pas", un proche de notre Président aurait répondu qu' "elle n'est peut-être aux commandes de son pays que pour encore un an". Ambiance !

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Published by Aurelien Royer - dans L'actualité de l'UE
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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 15:29

Il y a quelques semaines, à l'occasion du 8 mai, je faisais une proposition de réforme symbolique, qui concernait la remise à plat des jours fériés. J'y défendais l'idée de supprimer certains jours fériés, à caractère chrétien, pour les remplacer par d'autres jours fériés, susceptibles de recréer du lien social autour de significations plus fédératrices et plus actuelles (abolition de l'esclavage, journée de l'Europe par exemple). Ce fut l'occasion d'un échange intéressant (lisez les trois commentaires associés), dont on peut tirer une conclusion: je ne nie pas l'existence des "racines chrétiennes" de la France mais, dans un pays où la pratique de la religion chrétienne recule et où d'autres religions tentent de trouver leur place, il semble juste de ne pas donner aux fêtes chrétiennes une si grande place... Je vous engage donc à relire cet article en cliquant ICI.

 

Hier, en navigant sur le Net, je suis tombé sur un article paru sur le site de France Info, intitulé "les DRH veulent remettre à plat trois jours fériés chrétiens". Dans cet article, que vous pouvez retrouver en cliquant LA, le responsable de l'association des Directeurs des Ressources Humaines reprend exactement le raisonnement que je développais dans l'article pré-cité. A savoir: 1- Il n'est pas question de nier le caractère fédérateur et bien implanté de Noël, Pâques et Toussaint dans la société: leur remise en cause, comme jour férié, n'est donc pas à l'ordre du jour; 2- En revanche, les DRH envisagent de retirer à trois fêtes chrétiennes (Pentecôte, Ascension, Assomption) leur caractère férié... tout en les remplaçant par trois autres journées dans l'année, au libre choix du salarié (sous-entendu, selon sa religion); 3- L'association précise que cette décision serait facile à mettre en oeuvre, dans le cadre d'un dialogue social entre patrons et syndicats, branche par branche.

 

Bref, l'association des DRH confirme que mon idée est réaliste, voire tout à fait envisageable. Cela me rassure. Je tenais donc à le souligner... Bon week-end !

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Published by Aurelien Royer - dans Cohésion sociale
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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 19:52

Pas de retour de la garden party. Baisse du salaire présidentiel de 30%. Aller-retour Paris-Bruxelles en train pour le président Hollande. Les premières semaines du quinquennat ont été marquées par des décisions symboliques (minimes selon les opposants, symptomatiques de la volonté de "changement" pour ceux qui les défendent) qui montrent la "normalité" du nouveau pouvoir. Et la liste des décisions n'est pas encore close puisque, dans le cadre de la réflexion sur la baisse des dépenses de l'Etat, le Premier ministre a rendu ses arbitrages, confirmant ce qui avait été annoncé dans la campagne présidentielle: d'une part, l'augmentation du nombre de professeurs, de policiers et de magistrats sera compensée par une baisse des fonctionnaires attachés aux autres ministères; d'autre part, la baisse des frais de fonctionnement de ces mêmes ministères a été annoncée, à hauteur de -7% en 2013 puis -4% en 2014 et 2015... Là encore, cela ne représente qu'une goutte d'eau dans l'océan de la dette publique, qui frôle désormais 90% du PIB selon les dernières statistiques publiées.

 

Cette semaine, une autre décision symbolique a été prise, du côté du pouvoir législatif: comme il l'avait annoncé, Claude Bartolone (nouveau Président de l'Assemblée nationale) a décidé de diminuer son indemnité de 30%... imposant à son Bartolone_Bel.jpghomologue du Sénat, Jean-Pierre Bel (photo), de faire de même. Certes, c'est symbolique. Mais, les Français se plaignent si souvent, par un anti-parlementarisme que M. Bartolone a dénoncé dans son discours d'intronisation, que nos deux assemblées nous coûtent cher... Les indemnités des députés et sénateurs (ces élus cumulards qui sont tellement épuisés par les aller-retour entre Paris et la province qu'ils dorment dans les hémicycles !) sont régulièrement mis sur le devant de la scène, chacun se justifiant de la manière avec laquelle il utilise les indemnités pour ses collaborateurs ! Ainsi, même symbolique, cette décision est importante, montrant que la normalité (comprenez le refus du goût immodéré de l'argent) se diffuse désormais à tous les niveaux de l'Etat.

 

Dans ce cadre, on peut aussi regretter que l'exemplarité ne soit pourtant pas au rendez-vous pour le partage des bonnes places à l'Assemblée. Battue pour le Perchoir, Elisabeth Guigou avait réclamé, à juste titre, et à l'image du gouvernement, une parité parfaite pour ces postes... Résultat? Sur huit présidences de commissions, cinq ont été attribués à des hommes... et trois à des femmes, dont Mme Guigou (qui hérite de la commission des Affaires étrangères). Le PS, qui détient tous les postes à l'exception de celui de la commission des Finances (confié à un membre de l'opposition, en l'occurence l'UMPiste Gilles Carrez), se cache derrière une parité presque parfaite: sur les 7 commissions restantes, 4 hommes et 3 femmes, c'est pas si mal ! Sauf que, sachant à l'avance que M. Carrez était favori pour le poste qu'il occupe, le PS aurait pu anticiper en désignant 4 femmes et 3 hommes, ce qui aurait effectivement conduit à la parité parfaite ! Bref, avec 5 présidents de commission, le Président de l'Assemblée et la présidence des deux grands groupes (PS: Bruno Le Roux, UMP: Christian Jacob), les hommes continuent de dominer l'Assemblée, aussi féminisée soit-elle !

 

Autre couac: les socialistes monopolisent donc tous les grands postes de l'Assemblée... ne laissant aucune place à leurs alliés, notamment ces écologistes qui ont obtenu un groupe parlementaire. EELV avait, en effet, réclamé la présidence de la Commission du Développement durable... ce que les socialistes refusèrent, d'où le vote d'abstention lors de l'élection du Président de l'Assemblée, la semaine dernière. Avec ce désaccord, la gauche se divise pour des postes et des symboles. Les adversaires de la nouvelle majorité dénonceront, à juste titre, des entorses aux beaux principes mis en avant pendant la campagne... Dommage que la gauche n'ait pas su être totalement exemplaire dans les premiers mois de son retour au pouvoir ! C'eût été trop beau !

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Published by Aurelien Royer - dans La vie du Parti Socialiste
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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 11:08

Je ne suis pas un fan de foot... Il m'a d'ailleurs fallu attendre les huitièmes de finale pour, enfin, regarder un match de notre équipe nationale. Les performances précédentes, notamment la défaite contre une équipe de Suède qui n'avait rien à perdre, ne pouvaient pas remobiliser la flamme patriotique qui, depuis l'Euro 2000 s'est éteinte. Je ne vibre vraiment qu'en regardant les matchs de l'équipe de rugby qui, lors du dernier Mondial, est tout de même allée jusqu'en finale... malgré le traitement médiatique qu'elle (et son entraîneur de l'époque, Marc Liévremont) a subi !

 

Je ne suis pas un fan du 13h de Jean-Pierre Pernault sur TF1 (qui ressemble davantage à un magazine très "terroir" qu'à un vrai journal d'information)... Mais, force est de constater, dans la vidéo suivante, qu'il a su envoyer deux belles attaques à destination de nos joueurs de foot tricolores, alors qu'il commentait le résultat du quart de finale Angleterre-Italie.

 

 

C'est court. Mais, cette séquence est un pur bonheur, tant la conclusion est parfaite. Pour le moment, la question du remplacement de Laurent Blanc à la tête de l'équipe nationale ne semble pas prioritaire aux yeux de la Fédération (même si le nom de Didier Deschamps, disponible à la rentrée, circule déjà). Côté foot, on préfère attendre et réfléchir plutôt que virer, comme M. Liévremont, un sélectionneur qui n'est pas (entièrement) responsable de cette contre-performance. Il faut dire que l'ancien défenseur de l'équipe victorieuse de 1998 a, au moins, deux circonstances atténuantes: 1- Une victoire de la France dans cet Euro aurait été une franche surprise car, même si l'ère L. Blanc est marqué par bien peu de défaites, l'équipe n'est pas transcendante au point de gagner une compétition aussi importante; 2- Les principaux responsables de cette situation sont les joueurs eux-mêmes.

 

Certes, les choix tactiques de l'entraîneur (qui n'a pas su imposer son autorité, ni même créer un collectif capable d'absorber des talents qu'il a du se contenter de juxtaposer) n'ont pas été les meilleurs... mais c'est le manque d'éducation de ces stars du ballon rond, qui se comportent comme des enfants gâtés, arrogants et à qui tout devrait être dû, qui est en cause. Sans revenir sur les insultes prononcées par les joueurs à destination de l'entraîneur (du temps de Domenech) ou des journalistes, qui témoignent d'un manque cruel de savoir-vivre et de retenue en public, l'attitude de cette génération est scandaleuse. Manque de considération pour les supporters, casques audio vissés sur les oreilles devant les caméras, quête absolue d'un gain à court terme (comme si la prime de l'Euro comptait plus que le résultat !): bref, ces stars sur-payées, censées faire rêver notre jeunesse, ne sont pas des modèles... Il serait temps que les responsables du foot français (notamment le coach) prenne des décisions courageuses, en évinçant ceux des joueurs qui n'apportent rien aux performances de l'équipe. On attend la suspension de Nasri comme un symbole !

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Published by Aurelien Royer - dans L'actu en vidéo
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