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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 16:18

La Syrie s'enfonce dans le chaos et, comme en Libye, une guerre psychologique et médiatique s'est engagée. D'un côté, les rebelles, forts des réseaux sociaux liés à l'Internet, mènent des actions "coup de poing", en portant les combats dans des quartiers sensibles des grandes villes (Damas et Alep auraient pu tomber, avec une aide extérieure, pour le moment absente) et en s'approchant dangereusement des lieux de pouvoir. Point d'orgue de cette offensive: une forte explosion en plein coeur de la capitale, dans le quartier des ambassades et ministères, a coûté la vie à trois cadres du régime (le ministre de la Défense et des responsables de la sécurité, dont un proche du dictateur Assad). Les médias occidentaux s'affolent... Pourtant, sans aide extérieure, cette rébellion intérieure n'a aucune chance. La preuve: de l'autre côté, l'armée régulière du régime ont repris le terrain perdu. Tel le fou Kadhafi, le fou Assad promet la mort à ses opposants, qualifiés de terroristes à la solde de l'étranger. Tel le fou Kadhafi, le fou Assad a donc lancé, avec succès, ses moyens militaires contre les quartiers rebelles, détruisant son pays, massacrant des civils innocents par milliers. Les médias occidentaux s'affolent... Pourtant, le bilan continue de s'alourdir et la communauté internationale demeure indiscutablement impuissante !

 

Dernière preuve: l'Assemblée générale a voté une résolution à double sens. D'une part, le texte condamne (jamais ce verbe, témoignant de l'impuissance des bons sentiments face aux réalités les plus dramatiques, n'aura été autant utilisé !) les exactions du clan Assad sur la population et les massacres qui accompagnent la reprise de Damas et d'Alep. D'autre part, le texte dénonce l'incapacité du Conseil de sécurité à trouver une solution, qu'elle soit militaire ou politique, pour aider la Syrie à sortir de ce qui est clairement une guerre civile déséquilibrée ! Bref, l'AG, comptant tous les Etats membres, démontre l'incapacité de l'organe de décision de l'ONU dont le fonctionnement et la composition sont les freins incontestables de cette situation. Alors qu'une réforme de cette Organisation semble plus que jamais nécessaire (relisez mes propositions ICI), le vote de la résolution (présentée par l'Arabie saoudite, au nom de la Ligue arabe) apporte une confirmation limpide: 176 pays ont participé au vote, parmi lesquels 31 se sont abstenus. Sur 145 votants, 133 ont voté "pour" soit 91,7% (75,6% des présents) quand 12 Etats votaient "contre". Or, cette liste des douze est intéressante: Syrie (bien sûr) + Russie et Chine (les deux dictatures du Conseil de sécurité qui, fortes de leur droit de veto, bloquent toute possibilité depuis des mois, préférant vendre des armes à un régime sanguinaire) + de grands régimes démocratiques tels le Zimbabwe, la Corée du nord, l'Iran, Cuba et le Belarus + quelques pays contestables comme la Bolivie, l'Equateur, le Nicaragua ou le Venezuela (contestables car, sous l'apparence démocratique, leurs leaders sont des proches habituels de tous ces dictateurs).

 

Quelle conclusion en tirer? Qu'une poignée de dictatures, représentant moins du quart des Nations Unies, dicte sa loi. Qu'une poignée de dictateurs, à qui la communauté internationale continue d'offrir des pouvoirs inconsidérés, favorise une situation qui décrédibilise une ONU dont les valeurs fondatrices sont, chaque jour, bafouées ! Heureusement, dans ce sombre tableau, un grand homme (Nobel de la Paix en 2001 avec l'ONU dont il était alors le secrétaire général) a tiré le signal d'alarme: Kofi Annan, négociateur pour le compte de l'ONU et de la Ligue arabe depuis le début du conflit syrien, a démissionné de son poste. Son constat? Le Conseil de sécurité ne lui donne pas les moyens de résoudre ce dossier. La réaction officielle de l'ONU, par la voix de M. Ban? Je suis chagriné par sa décision... Pleurons ! Et, une fois les larmes séchées, chacun pourra retourner à ses vacances. Il faut dire que la période n'est pas propice aux décisions: alors que la France prend la présidence tournante du Conseil de sécurité (encore un frein à l'efficacité) et que notre ambassadeur va se donner à fond (il a du mérite !), tous les chefs d'Etat sont en vacances et les JO vampirisent l'actualité !

 

Entre deux résultats olympiques, on apprend, par exemple aujourd'hui, que le Premier ministre du régime Assad a claqué la porte. Il ne s'agit pas d'un limogeage, comme l'affirment les médias à la solde du dictateur. Mais, d'un départ volontaire: Riad Hijab rejoint la longue liste des dignitaires qui soutiennent désormais la rébellion et qui, accompagné de deux de ses ministres et de trois officiers de l'armée, quittent le pays... pour la Jordanie voisine. Ces dignitaires, qui affaiblissent symboliquement le régime, constitueront sans doute, dans l'après-Assad, les piliers d'un régime de transition politique où ces politiciens, qui ont longuement soutenu le régime (cela fait des mois que la situation actuelle dure), auront une place de choix. Les seuls rebelles ne pouvant diriger seuls le pays, d'anciens responsables y seront associés... C'est ce qui se passe, actuellement, en Tunisie, en Egypte ou dans la Libye de l'après-Kadhafi. On peut s'en émouvoir. Mais, la diplomatie étant l'art de trouver des compromis en faisant des concessions, parfois lourdes, l'essentiel est de mettre un terme, le plus tôt possible, à ce régime assassin pour arrêter, mort ou vif, Bachar el-Assad (dans l'espoir de le juger pour ce qui est clairement un génocide contre une partie de son peuple !). Le château de cartes s'effondre petit à petit. Les dictatures aident à le maintenir debout. Quand les démocraties réussiront-elles à le détruire?

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Published by Aurelien Royer - dans Chronique monde
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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 15:26

Numéro du 4 août (publié le 6):

 

Hebdo-4-aout.jpg

 

Mon éditorial: "Normal. Le trajet Paris-Brégançon du président Hollande l'a donc été: alors que la polémique continue sur les avantages et inconvénients de l'usage du train pour les déplacements présidentiels, le socialiste continue sur cette voie. Trois semaines de "repos" présidentiel avant le Conseil des ministres de rentrée. Trois semaines au cours desquelles je publierai, sur Jes6, quelques propositions concrètes sur des sujets majeurs, souvent délaissés. A l'heure où chaque ministre a reçu une "feuille de route", sur laquelle figure notamment les efforts budgétaires à faire, Jes6 affichera cinq feuilles de route prioritaires.

En attendant l'éducation (priorité hollandaise et à la "Une" la semaine prochaine), les politiques familiale et environnementale (la semaine suivante), je fais du renforcement des droits de l'homme une priorité urgente. Dans deux cas de figure, la dignité humaine manque. Or, dans une démocratie comme la nôtre, cette dignité doit être retrouvée...

Dans les prisons, à la suite du projet de Pierre Botton (un livre que je vous conseille), la mise en place de cellules individuelles et confortables apparaît indispensable: l'Etat doit réaliser, non pas un luxe (ce n'en est pas un !), mais un investissement financier pour que la privation de liberté soit la seule et unique peine à laquelle les prisonniers doivent être soumis, sans avoir à subir des situations parfois humiliantes.

Dans les hôpitaux, à la suite de l'hospitalisation de ma grand-mère (ce qui m'a placé, une nouvelle fois, face à la réalité de notre "système"), la mise en place de chambres individuelles m'apparaît tout aussi nécessaire. Là aussi, plus qu'une question de confort, c'est une question d'intimité, favorisant le lien soignant-soigné. Même s'il est vanté pour être l'un des meilleurs du monde, notre système de santé peut encore bénéficier d'améliorations. Celle-ci en est une.

La grande question qui se pose est simple: l'Etat aura-t-il les moyens, et surtout la volonté, d'investir dans de tels programmes? A l'heure où les économies paraissent nécessaires, le gouvernement réfléchit à la suspension de certains investissements du précédent quinquennat. Investir massivement, n'est-ce pas aussi créer de l'activité et moderniser le pays, plutôt qu'un simple endettement? Le débat est ouvert."

 

Et voici les liens qui vous permettront de lire les articles associés à cette "Une":

- A propos des investissements d'avenir: les casse-têtes du gouvernement;

- A propos de la politique carcérale: Prison Charles Roche - Hollande très attendu;

- A propos de la politique hospitalière: une réforme absolument nécessaire;

- A lire, également: JO à Paris? Les "pour" et les "contre" (suite de ma proposition pour les Olympiades estivales de 2024). Bonne lecture !

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Published by Aurelien Royer - dans Jes6 Hebdo
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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 16:29

Rien de telle que l'hospitalisation d'un proche pour se rendre compte de la qualité et du dévouement des personnels d'un hôpital ! Et je dois dire que mon sentiment est partagé: même si je savais que ma grand-mère (hospitalisée pour un petit AVC ayant causé une chute ayant causé une double fracture tibia/péroné) a été prise en charge dans un hôpital peu réputé (celui de Chauny, dans l'Aisne, est fréquemment menacé de fermeture), les soins qui lui ont été prodigués n'ont pas eu de quoi satisfaire ma famille. Ainsi, deux jours après sa chute, les signes de son AVC étaient encore visibles (face gauche paralysée, difficultés d'élocution, impossibilité de se servir de son bras gauche, perte totale de vision dans le champ gauche, agitations et incohérences...). Pourtant, le chirurgien, l'anesthésiste et les infirmiers ne l'ont traité que pour sa jambe cassée: il a fallu que je leur montre un document sorti d'Internet (voir ICI) et leur attester, sur l'honneur, que ma grand-mère n'est habituellement pas dans cet état là (une infirmière m'a rétorqué: "Elle est avec nous depuis deux jours et on ne la connaît que comme ça !") pour que des examens soient faits. Et, après un IRM, le diagnostic a été pausé: AVC léger, impliquant un changement de traitement... avec 48h de retard, qui devraient favoriser la persistance de séquelles physiques... mais, fort heureusement, pas intellectuelles.

 

Opérée à deux reprises, elle a ensuite été transférée dans un centre spécialisé pour la rééducation. Chambres doubles. Personnel nombreux, avec infirmières et aide-soignants à profusion. Chariot de suivi des patients avec ordinateur: chaque infirmière de garde surveille la moitié de l'étage avec ce type d'engin. Médecins éloignés dans leurs bureaux, réduisant au minimum le contact avec les patients, mais présents à longueur de journée, pour un emploi du temps qui doit freiner toute vie de famille confortable. Pour les malades comme pour les personnels, le "système" est loin d'être idéal. Côté patient, rares sont les chambres individuelles: j'ai d'ailleurs du mal à comprendre comment certaines sociétés d'assurance privées peuvent oser proposer une formule "chambre individuelle garantie" quand leur publicité avoue que "cela dépend des disponibilités le jour de l'hospitalisation" (voir ICI). Le scandale, c'est que cette situation empêche toute intimité ! Ainsi, parfois délirante, n'ayant pas conscience de son état ni même du fait qu'elle est hospitalisée, ma grand-mère a fait subir à sa voisine de chambre des cris en pleine nuit.

D'où une proposition concrète: dans le pays des droits de l'homme, en parallèle à la création de cellules individuelles dans nos prisons, la restructuration des hôpitaux publics nécessite la création de chambres individuelles uniquement !

 

Côté infirmières, les contraintes sont énormes: nettoyer les patients, supporter l'inquiétude des familles, gérer les appels incessants de patients pas toujours conscients... à tel point que, parfois, en tant que famille, on a l'impression de les déranger. De plus, leur impossibilité de prendre toutes décisions, les infirmières ne peuvent qu'attendre l'ordre d'un médecin. Compte-tenu de leurs horaires et de ce quotidien difficile, je crois que leur salaire est bien dérisoire... d'autant que, comme les autres personnels, médecins compris, elles sont contraintes de faire des heures supplémentaires qui ne leur sont pas toujours rémunérées, RTT obligent. Rappelez-vous: au cours de la campagne, le coût total de la monétarisation des RTT de l'hôpital public avait été estimé, menaçant de fragiliser l'équilibre financier de nombre d'établissements. Autre problème: la refiscalisation de ces heures supp' pose problème... comme le prouve ce témoignage recueilli sur France Info (écouter ICI).

D'où une proposition concrète: soucieux des finances publiques, il est sans doute possible de cumuler maintien des effectifs et hausse des salaires, sachant que, tel Robin des Bois, il semble possible de transférer une part des salaires de certains médecins spécialisés pour valoriser celui des "petits personnels", certes moins diplômés, mais pas moins méritants !

 

Cartographie_sante.jpg

 

Améliorer le système de santé de notre pays, réputé le meilleur du monde, semble en effet nécessaire. D'ailleurs, avant que le gouvernement ne parte en vacances, deux dossiers avaient été mis sur la table par les médias et la majorité:

1- Le problème des dépassements d'honoraires (carte de droite: plus c'est orange, plus les pratiques de dépassements sont fortes). Deux actualités se sont d'ailleurs téléscopés: alors que, comme chaque année, le syndicat UNEF dénonçait les dépassements de frais d'inscription auxquels certaines grandes facultés se livrent, une enquête révélait que les dépassements d'honoraires des médecins libéraux en secteur 2 s'aggravaient. Non seulement le nombre de praticiens s'y livrant augmente (tout en précisant que ceux-ci sont minoritaires... cantonnés dans des lieux disons "favorables"), mais le montant des dépassements progresse lui aussi. Comme chaque équipe au pouvoir, le gouvernement Ayrault va avancer timidement. Pourtant, l'enjeu est simple: soit on laisse faire en se contentant de dénoncer le phénomène dans les médias, soit on légifère de manière sévère pour interdire, tout bonnement, tout dépassement !

2- La question de la liberté d'installation et des déserts médicaux (carte de gauche: plus c'est bleu foncé, moins les habitants ont de mal à trouver un médecin). C'est l'autre serpent de mer. Régulièrement, le débat ressurgit. Quand elle est dans l'opposition, la gauche s'indigne de l'incapacité de la droite à résoudre ce problème. Les mêmes solutions sont toujours avancées: augmenter le numérus clausus, offrir des primes d'installation aux jeunes diplômés... voire imposer un service de 5 ans dans une région en déficit (proposition d'Arnaud Montebourg, lors des primaires socialistes). Là encore, l'enjeu est simple: soit on s'indigne et on tente la carte de l'incitation (qui ne marche pas), soit on légifère de manière sévère pour combler les déserts médicaux au nom de l'intérêt supérieur des patients !

 

Il resterait à évoquer la question de la carte hospitalière, pour faire en sorte que chaque Français se trouve immanquablement à moins de x km d'une structure hospitalière complète, comprenant tous les outils modernes tels IRM, scanner... Une structure pyramidale (maisons de santé, hôpitaux de jour, centres hospitaliers généraux) reste à inventer pour un maillage efficace du territoire. Bref, sur tous les aspects de ce lourd dossier, il en va de la crédibilité du gouvernement: sera-t-il assez audacieux et "à gauche" pour renforcer cette belle notion de "service public"? Sera-t-il assez audaiceux et "à gauche" pour supprimer toute logique d'enrichissement et de profit dans tous les secteurs essentiels qui touchant au bien-être de la population? Je sais que le dosage entre rentabilité financière (pour ne pas gréver les finances publiques) et efficacité sociale est difficile à trouver. Mais, à l'heure de la grande crise financière, le triomphe de l'argent mérite d'être endigué...

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 09:55

Invité de France Info ce matin, l'ancien président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (désormais député UMP de Haute-Savoie), a commenté les récentes décisions de la majorité de gauche dans le cadre du collectif budgétaire: pour lui, les choix du gouvernement sont des "décisions anti-constitutionnelles et dogmatiques (...) qui visent à défaire ce qui a été fait par la majorité précédente (...) en faisant exactement le contraire de ce qu'il faudrait faire". Le pire du pire? L'augmentation des impôts qui frappent aussi bien les plus riches (rétablissement de l'ISF dans sa forme initiale... en attendant le taux à 75% ?) que l'ensemble des classes moyennes ! Problème: une majorité de Français en a décidé ainsi lors de la dernière présidentielle... estimant qu'il fallait justement revenir sur les mauvaises décisions, économiquement inefficaces et socialement injustes, du quinquennat finissant ! Bref, M. Accoyer, pour une fois, a grandement raison: la nouvelle majorité remplit son contrat avec les citoyens en détricotant ce qui n'a précisément pas fonctionné. Et pourquoi se payer le culot d'affirmer, dès maintenant et avant leur application, que ces dispositions soient inefficaces?

 

Pour l'opposition "sévère mais constructive", il faudra repasser... Sauf à écouter des députés comme Pierre Lellouche qui, lors de l'une des séances les plus agitées à l'Assemblée (il faut dire que la droite n'a rien à envier à la gauche pour déclencher des incidents, en quittant l'hémicycle par exemple), avait assez bien résumé le malaise que la refiscalisation des heures supplémentaires peut provoquer dans l'opinion. "Vous êtes en train de vous scotcher l'étiquette de ceux qui piquent de l'argent aux pauvres (...) et de ceux qui font les poches aux classes moyennes" avait-il dit, appuyé par Laurent Wauquiez. Il est vrai que, sur ce dossier extrêmement clivant, il serait bon de trouver une sorte de compromis: d'un côté, ne pas trop défiscaliser car, comme tout dispositif baissant les charges pour favoriser l'emploi, l'Etat se tire une balle dans le pied en se privant de plusieurs milliards d'€uros annuels; de l'autre, ne pas trop refiscaliser car, pour tous ceux qui sont entrés (parfois de force) dans le dispositif des heures supplémentaires, cette mesure fera nettement augmenter les impôts ! D'où une perte évidente de pouvoir d'achat à laquelle, personnellement, je n'échapperai pas l'an prochain... malgré les promesses du gouvernement. Il va falloir que la grande réforme fiscale, pilier du projet présidentiel de M. Hollande, soit bonne à l'automne pour ne pas perdre la confiance des classes moyennes qui lui ont apporté leur suffrage !

 

En ces temps difficiles, où la grande crise de 2008 ("la plus violente jamais connue depuis 1929", d'après M. Sarkozy) est loin d'être terminée (comme l'affirmaient, de façon mensongère, les ténors de l'UMP quand ils étaient encore au pouvoir !), les dossiers sensibles s'entassent... soit autant d'épines dans le pied d'une majorité qui devra être convaincante et efficace rapidement. Les Français supporteraient mal que la situation économique et sociale connue de se dégrader sans fin. Parmi les dossiers-tests pour la majorité:

 

1- PSA et la crise de l'automobile: c'est LE dossier le plus épineux. La fermeture programmée du site emblématique de la marque française (à Aulnay) n'est que l'arbre qui cache la forêt. Dans l'automobile, mais aussi dans des très nombreux autres secteurs de notre économie, les plans de restructuration et de départs volontaires se multiplient. Chaque fois, le PDG de la société concernée promet que les salariés seront accompagnés, recasés ailleurs (un travailleur n'est qu'un pion que l'on peut déplacer d'une case à une autre) et indemnisés. La différence, c'est que le gouvernement agit: en tout cas, en multipliant les réunions (avec syndicats et patronat), le Premier ministre et son ministre du Redressement productif entendent montrer que l'Etat peut agir. Comment? Avec quelle stratégie? Avec quels moyens financiers? Avec quels dispositions législatives? L'avenir devra répondre à toutes ces questions... Or, avec l'aggravation du chômage et les sombres mois qui s'annoncent, il va falloir prendre des décisions courageuses: interdiction des licenciements? Redistribution des richesses? Aides financières pour relancer la croissance par la consommation? Les défis sont grands.

 

2- Le TGV et l'aménagement du territoire: c'est LE dossier qui, personnellement, me chagrine. La majorité précédente avait créé un grand emprunt dont le but était d'investir des milliards d'€uros dans l'aménagement du territoire (avec des projets parfois controversés, d'autoroutes, de lignes ferroviaires, d'aéroports régionaux...). L'ambition? Créer des emplois de moyen terme (pour la construction de ces réseaux, puis leur entretien) tout en apportant une amélioration disponible pour la population. Or, le nouveau gouvernement, par la voix de son ministre du Budget, a annoncé que certains de ces projets seraient annulés pour faire des économies. Autrement dit, l'Etat réorientera certains crédits de cet Emprunt national vers d'autres secteurs... abandonnant certaines lignes à grande vitesse. A mon sens, l'investissement ferroviaire, pour réduire les distances entre les grandes villes de province (en favorisant, de préférence, les liaisons province-province) tout en orientant certaines sommes vers les petites lignes, me semble absolument indispensable. Faire l'impasse dans ce domaine n'est pas raisonnable !

 

3- A moins que lesdits crédits permettent de relancer une "vraie" politique du logement: ambitieuse dans ce domaine, Mme Duflot tient bon et annonce déjà des mesures de bon sens (maintien des amendes aux communes ne respectant pas les quotas de logements sociaux, objectif élevé de construction de nouveaux logements). Il lui restera à aller encore plus loin, en incitant la majorité à légiférer sur les terrains vacants que l'Etat et les collectivités locales devront pouvoir réquisitionner, avec un minimum de contraintes, pour y bâtir des logements... Autre atout: ce porte-feuille étant détenue par une écologiste, l'objectif de logements à haute qualité environnementale, peu gourmands en énergies, doit être un axe indispensable de cette politique. Ainsi, pour la région parisienne, ma proposition d'une transformation d'hôtels et du Village olympique des JO 2024 en logements sociaux HQE constitue un exemple de cette politique.

 

La politique de développement durable (moins bien placée dans la hiérarchie gouvernementale et moins "affichée" que sous l'ère Sarkozy), ainsi que le dossier central de la politique éducative (la refondation de l'Ecole est, rappelons-le, la priorité n°1 du quinquennat hollandais) seront également deux aspects sur lesquels le gouvernement devra faire ses preuves. J'y consacrerai des articles spécifiques dans le courant du mois. Personnellement, la forme (débats, forte liberté des parlementaires) me convient... mais plus que la forme, c'est le fond des dossiers qui doit nous préoccuper. J'attends tellement de ce nouveau pouvoir que la déception risque d'être grande: mais, attendons de voir !

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 08:22

Hasard de l'été: au moment où je finis de lire le livre de Pierre Botton (Moi, ancien détenu, bâtisseur de prisons nouvelles, aux éditions Pygmalion), l'auteur "repart en campagne", pour reprendre un titre du Parisien.fr dernièrement. Le 24 juillet dernier, M. Botton lançait, sur le Net, un nouveau clip pour sensibiliser opinion publique et classe politique à son combat pour des prisons plus humaines qui reconstruisent les individus plutôt que de les jeter dans les bras de la récidive. Ainsi peut-on résumer le combat de cet homme, incarcéré dans les années 1990 pour quelques malversations avec les milieux politiques qu'il fréquentait de près, mené depuis déjà plusieurs années. Il y a quelques mois, en mai dernier (à l'occasion de son passage dans l'émission de Laurent Ruquier, "On n'est pas couché"), je publiais un article consacré à ce projet carcéral auquel j'apportais tout mon soutien: pour relire l'article, cliquez ICI. Deux mois plus tard, ayant acheté le livre et profitant des vacances d'été pour lire (ce que je n'ai pas le temps de faire le reste de l'année), j'ai donc achevé la lecture de cet ouvrage, extrêmement riche. Avant de le détailler, regardez le dernier clip, compilant des appels de personnalité pour aider l'association "Prisons du Coeur".

 

 

Le but de cette association et de son fondateur, M. Botton? Construire, avec l'aide d'entreprises privées qui jouent les mécènes, des prisons révolutionnaires. Pour l'heure, un site a été choisi par le précédent ministre de la Justice pour accueillir ce qui n'est qu'une expérimentation: dans le Jura. Or, sur place (c'était l'actualité du mois de mai), les habitants avaient été consultés par référendum et avaient refusé, d'une courte tête, ce projet. Botton se félicitait de voir plus de 45% des citoyens soutenir son projet (ce qui n'était pas gagné) et espérait que la municipalité aurait le courage de passer outre cette consultation populaire qui ne valait pas décision définitive. En effet, le projet consiste en la construction d'une prison où les détenus peuvent, à certains moments de la journée et dans certaines parties de l'établissement, croiser la population... dans la mesure où celle-ci serait cliente d'un magasin dont les produits seraient confectionnés et vendus par les détenus. Rappelons, dès maintenant, que le projet ne s'adresse uniquement qu'aux primo-détenus, condamnés pour la 1ère fois pour des délits à une peine de moins de 5 ans ! Il s'agit d'éviter la récidive de ces petits délinquants qui, dans les prisons actuelles, tombent souvent dans un cercle vicieux qui les pervertit trop vite.

 

L'intérêt du livre, c'est de comprendre le cheminement qui a conduit cet homme d'affaires à convaincre politiques et entrepreneurs de le soutenir, chacun à leur place, pour concrétiser un rêve. Le livre est bien écrit et, surtout, très structuré: constat (lié à sa propre expérience), méthode pour mobiliser et convaincre ses partenaires, propositions concrètes... Le lecteur découvre un homme traumatisé par son expérience de la prison, traumatisé par le fait que l'administration pénitentiaire française fasse subir à tous les détenus, primo-délinquants comme criminels lourds, les mêmes conditions de détention, inhumaines et mentalement destructrices. Ainsi, on ne s'étonnera pas de relire, plusieurs fois, les mêmes exemples: le tour de garde des "matons" pour éviter les suicides mais qui supprime toute intimité; les conditions pour contacter sa famille et recevoir du courrier de ses enfants; l'absence de soutien psychologique (passant, très souvent, par la religion)... Chaque fois, on se souvient que M. Botton a tenté de se suicider, ne supportant plus de telles conditions. C'est d'ailleurs du nom du surveillant qui l'a trouvé et secouru, un homme qui mettait un peu d'humanité et de lien dans sa vie carcérale, que Pierre Botton compte baptiser ses établissements (ou, pour l'instant, le seul en projet !).

 

Car, ce qui frappe également à la lecture de ce livre, c'est le nombre impressionnant d'obstacles que Pierre Botton a dû franchir, fort de ses convictions, de son franc parler et de sa détermination sans faille. "Les ministres passent, l'administration reste": c'est, assurément, LA phrase du livre. Car, si l'entrepreneur a bénéficié du soutien sans faille de Nicolas Sarkozy, alors Président, et surtout de Michèle Alliot-Marie, alors garde des Sceaux, les fonctionnaires qui dirigent l'administration pénitentiaire (des énarques, pour le coup, véritablement déconnectés des réalités du terrain... tant ils ne prennent absolument pas en compte les remontées des hommes d'en bas !) font tout pour ralentir son projet qu'ils voient comme une remise en cause de leur travail et de leurs prérogatives. Aini, Botton cite-t-il en exemple une déclaration du porte-parole de cette administration affirmant, en conférence de presse et devant lui, l'exact contraire de ce que le ministre avait "commandé", lors d'une réunion au ministère (place Vendôme), également en présence de l'auteur ! On découvre, au fil des pages, tous les artifices utilisés par ces hommes qui voient défiler les ministres pour conserver leur pré-carré: honteux !

 

On comprend mieux pourquoi l'initiateur de cette "prison nouvelle" remet son projet sur la table, comme pour indiquer à la nouvelle équipe au pouvoir (aussi bien à François Hollande qu'à la nouvelle garde des Sceaux, Mme Taubira) que des engagements ont été pris, que ce projet dépasse les clivages, tant il repose sur des valeurs de la République, et qu'il va donc falloir le rendre réel !... Parmi les propositions concrètes soumises, on trouve la construction d'une salle d'accueil dans les prisons, pour que les prisonniers puissent se reposer sur un véritable matelas entre leur sortie de garde-à-vue (éprouvante) et leur entrée dans leur cellule; l'affichage d'une copie de la Déclaration des droits de l'homme dans cette pièce; la diffusion d'un clip vidéo présentant les droits des prisonniers pendant ce temps d'attente; la création de deux entrées dans les prisons, dont une réservée aux familles, pour qu'elles évitent l'entrée principale (elle aussi, traumatisante); l'application des standards européens pour lesquels la France est régulièrement condamnée à Luxembourg (cellules individuelles, accès intime aux toilettes et aux douches, salles communes d'accès à Internet et à la télévision); le versement de salaires aux ministres du culte (prêtres, pasteurs et imams) pour que tous les détenus puissent pratiquer, sans discrimination, leur religion; mais aussi sans oublier la création d'ateliers dans lesquels les détenus travaillent contre un salaire au moins égal au SMIC... payé par les entreprises partenaires pour lesquelles les détenus pourraient travailler ! Tout un programme. Programme que M. Hollande ferait bien d'appliquer au plus vite !

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 14:16

A l'occasion de l'ouverture des Jeux Olympiques de Londres, j'émettais l'idée de soumettre une nouvelle candidature parisienne en vue des JO d'été 2024, cent ans après les derniers organisés dans la capitale française. Le lendemain, François Hollande évoquait publiquement cette possibilité, affirmant qu'il fallait réfléchir à une candidature à condition que les chances d'être désigné soient maximales pour ne pas revivre l'humiliation de 2005 (Paris, favorite, fut coiffée au dernier tour par Londres, de quatre voix). Rappelons que la désignation de la ville hôte des JO 2024 interviendra à l'été 2017, soit après la prochaine présidentielle... sachant que le dossier doit, évidemment, être déposé plus tôt ! Plaçant cette information sur ma page Facebook, j'ai eu l'occasion d'en discuter avec un de mes anciens élèves de Terminale qui, lui, n'est pas très favorable à cette proposition. L'occasion, sur le blog, de lister les avantages et inconvénients d'une telle candidature... pour que le débat continue et que chacun puisse se faire sa propre opinion.

 

De mon côté, je crois donc, optimiste que je suis, à l'existence plusieurs avantages d'une candidature parisienne. D'ailleurs, les articles qui évoquent cette hypothèse rappelent que, préparant les JO 2012, l'agglomération parisienne (et la région Ile-de-France) avait conçu des projets d'aménagement qui, malgré l'échec, n'ont pas été abandonné. D'ailleurs, sous le quinquennat Sarkozy, l'Etat a apporté son soutien au projet du Grand-Paris (qui eut, un temps, un ministre spécifique... qui, malheureusement, s'apparentait davantage à un porte-feuille fantôme). Remise à plat des transports régionaux, trois sites sportifs d'envergure olympique et destinés aux entraînements des sportifs tricolores (une piscine, un vélodrome et une base nautique): les atous ne manquent pas, constituant le socle d'une nouvelle candidature. En région parisienne, d'autres sites seraient incontournables: Roland-Garros, le parc du château de Versailles pour les épreuves d'équitation (?), le stade de France de Saint-Denis... Pour le reste, il est clair que des investissements seront à prévoir.

 

C'est d'ailleurs le principal argument de ceux qui doutent de l'opportunité d'un tel projet. Il faut dire que les deux dernières JO ont montré des dérives qui peuvent inquiéter, à juste titre: à Pékin, l'expulsion de locataires pauvres pour raser leurs immeubles et construire à neuf des équipements sous-utilisés par la suite confirme la faible durée de vie de ces aménagements; à Londres, l'explosion du budget prévisionnel prouve aussi qu'un Etat candidat risque de s'endetter davantage pour l'organisation de la manifestation. Certes, un tel événement rapporte beaucoup (par la dépense des touristes-visiteurs, par la création d'emplois dans le bâtiment...), mais a des conséquences souvent lourdes pour le peuple: hausse des loyers dans les quartiers olympiques, destruction de logements et expropriation, sous-utilisation de certains aménagements une fois les Olympiades achevées... Dernier argument: la France devra déjà organiser le tournoi de l'Euro 2016 de foot ! Cela représente déjà un certain coût qui, toutefois, concernera plusieurs villes.

 

Ces arguments étant mis sur le tapis, je reste persuadé de l'utilité d'une candidature olympique. Non seulement, sur le plan symbolique, cela permettra à notre pays de conserver un rang mondial... mais, sur la question de la politique d'aménagement, cela donnera l'occasion à l'actuel gouvernement de préciser ses intentions en la matière. Car, actuellement, on peine à comprendre les objectifs de sa politique d'aménagement du territoire. Je regrette, d'ailleurs, qu'un grand ministère couplant le Développement durable et l'Aménagement du Territoire n'existe pas... avec une belle place dans l'organigramme hiérarchique de l'équipe Ayrault. Bref, pour revenir aux JO, je crois que, dans un pays démocratique comme le nôtre, on est capable de mener une politique équilibrée, mêlant ambitions sportives, écologiques, sociales et économiques. A mon sens, c'est une merveilleuse occasion de faire du vrai développement durable: bâtir des sites écologiques; aménager des quartiers entiers en pensant les transports (propres, évidemment) et les logements pour les reconvertir après les JO (les hôtels deviendraient des logements sociaux à haute qualité environnementale, par exemple); reconvertir des sites en friche, actuellement abandonnés; créer des emplois durables. La France a les moyens de se lancer dans un projet qui serait l'incarnation d'une politique de relance, créatrice de richesses, soucieuse du long terme et du bien-être de la population... Chiche?

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 11:17

En raison de contraintes personnelles (liées à l'hospitalisation de ma grand-mère), je n'ai pas eu l'occasion de publier les articles que j'avais en tête... Avec un peu de retard, je vous propose donc un numéro double qui couvre les semaines des 21 et 28 juillet. Principal sujet: la réforme de l'Union Européenne, pour faire en sorte que l'Europe ait un sens et que ses dirigeants (futurs) pèsent vraiment sur les affaires du monde ! Tout un programme !

 

Numéro du 28 juillet (publié le 30):

 

Hebdo-28-juillet.jpg

 

Mon éditorial: "La planète entière a les yeux tournés vers Londres. La capitale britannique sera le centre du monde pendant une quizaine de jours, les JO étant l'événement sportif le plus fédérateur et le plus représentatif des valeurs que les différents sports peuvent véhiculer (respect des règles, de l'adversaire et de l'arbitre, fraternité au-delà des clivages patriotiques, partage d'émotions collectives...). Comme chaque fois, les Olympiades londoniennes vont brasser des millions de touristes sur le sol anglais, ainsi que des milliards de dollars dépensés (pour la construction et l'entretien des sites, mais aussi pour le tourisme associé à l'événement).

En attendant que des Jeux Olympiques puissent être organisés par plusieurs pays européens partenaires (ce qui donnerait du sens à une UE en panne) - encore une nouvelle idée ! -, la relance de la construction européenne semble nécessaire. Cette semaine, après mes propositions pour une réforme de l'ONU, je vous soumets mes idées pour redresser cette UE de moins en moins convaincante, tant pour la solidarité intérieure entre ses membres que pour le projet économique et politique qui lui permettrait d'être une puissance décisive (et moins fragile) à l'échelle mondiale !

Dans l'article de la semaine, j'abandonne mon ambition d'une UE calquée sur le continent européen, au sens géographique du terme (en gros, tous les Etats du continent doivent devenir membres pour atteindre, vite, l'UE la plus large et la plus parfaite possible). Constatant le peu de motivation de certains Etats membres, je crois qu'il est temps de s'orienter vers une Europe restreinte, regroupant les pays les plus motivés, unanimement d'accord pour adhérer à un projet politique approfondi (monnaie unique, harmonisations fiscale et sociale, transfert de compétences vers des institutions plus démocratiques...).

Ce projet passe par des décisions fortes. En clair, il va falloir approfondir les institutions européennes, vers plus de transparence et de démocratie. Les trois pouvoirs doivent être séparés. Des personnalités marquantes, connues des citoyens car élues par eux, doivent émerger pour diriger ce ensemble politique ambitieux. Un Parlement renforcé dans son rôle. Les axes de réflexion ne manquent pas. Il ne reste qu'à les concrétiser... et, pour voir, les découvrir !".

 

Liste des articles pour approfondir les thèmes de ma "Une":

- Ma proposition: réformer l'UE... et vite;

- Vers des JO Paris 2024? Les JO ou le vrai esprit du sport;

- JO à Paris: les "pour" et les "contre" (article plus récent).

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Published by Aurelien Royer - dans Jes6 Hebdo
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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 18:14

C'est parti... La quinzaine olympique va donc débuter dans quelques heures: la grande cérémonie d'ouverture des Olympiades londoniennes donnera donc le coup d'envoi de deux semaines de compétition et de milliers d'heures de retransmission télévisée des épreuves. Les Jeux olympiques, c'est, comme tous les quatre ans, l'occasion de célébrer la fraternité que le sport fait naître entre les adversaires. Pendant quinze jours, on ne manquera pas d'entendre que "l'essentiel, c'est de participer" en rappelant, à ceux qui ne le sauraient pas déjà, que cette devise est l'oeuvre d'un Français, baron, qui remit les JO au goût du jour à la fin du XIXème siècle ! Pendant deux semaines, les athlètes défileront, tenteront de gagner quelques médailles et mettront toutes les forces pour défendre l'honneur de leur pays et de ce drapeau avec lequel ils défileront dans le stade en cas de victoire... Patriotisme et fraternité: les JO sont une grande fête, suivie par des milliards de spectateurs, de toutes nationalités, de toutes religions, de toutes croyances, où la défense du pays et des valeurs universelles se mêlent.

 

Hasard du calendrier: la Fédération de Foot Français (FFF) rendait, cet après-midi, son verdict dans l'affaire des quatre footballeurs qui ont détérioré l'image de leur équipe lors du dernier Euro en Ukraine et Pologne... Trois matchs de suspension pour l'un, un match pour le second, et un "rappel à l'ordre" pour les deux autres: voilà donc le verdict de la FFF pour faire un exemple... Bref, un footeux peut insulter l'arbitre ou les journalistes, avec un vocabulaire des plus fleuris, et être rappelé à l'ordre ! On se fout de notre gueule ! Ces as du ballon rond, qui gagnent des millions d'€uros, font rêver la jeunesse française: nos jeunes, qui connaissent ces situations au quotidien (par peur de la réaction des parents, rares sont les établissements à prendre des sanctions vigoureuses contre les actes d'incivilité, par exemple), voient dans ces sportifs l'image de ce qu'ils aimeraient être plus tard (faire ce qui leur plaît, signer des contrats mirobolants, avoir une belle fiancée et une superbe voiture...). Du fait de la rareté des places, les footeux distribuent du rêve, de l'espoir... et s'autorisent les moindres caprices. Or, ce n'est pas avec ce type de sanction que la situation peut changer. Malheureusement, aucune solution semble n'exister. Malgré son excellente réaction lors de l'interview du 14 Juillet ("Regardez ces militaires qui, sans gagner des millions, sont prêts à donner leur vie pour leur pays et portent avec fierté les couleurs de la nation"), François Hollande et son gouvernement n'y peut rien. Imagine-t-on un Etat intervenir, par la loi, pour limiter les rémunérations? Le sport a été rongé par le business mondialisé: c'est trop tard !

 

Heureusement, les JO vont nous remonter le moral... et devraient être l'occasion de vraiment rêver. Chaque Olympiade est l'occasion de découvrir de nouveaux talents, de voir des athlètes inconnus se donner à fond pour rapporter une médaille (quel qu'en soit le métal) et mettre sur le devant de la scène des sports peu pratiqués... qui connaîtront une explosion de leur nombre de licenciés à la rentrée ! Badminton, tir à l'arc: les sports peu médiatisés seront les grands gagnants ! De toute façon, les sports "nobles", déjà très diffusés, ne rapporteront sans doute aucune médaille à la France: à voir les résultats des matchs de préparation (qui n'inquiètent pas les sportifs, car ce ne sont pas les "vrais" rencontres !), nos basketteurs ne rapporteront pas l'or. Aucun Français, domicilé et fiscalisé en Suisse, ne rapportera une médaille dans le tournoi de tennis ! Certains sports, en revanche, rapporteront de belles récompenses: on attend, évidemment, le handball (avec cette équipe championne du monde et olympique en titre), mais aussi des individuels (Romain Lavillenie au saut à la perche semble une des chances les plus marquantes)... Les JO clôtureront une saison sportive maussade: pas d'exploits français à Roland-Garros, un Euro de foot raté, un Tournoi des VI Nations de rugby décevant... après un mondial réussi, au terme duquel on a viré le sélectionneur (qui a emmené son équipe en finale, n'est-ce pas?).

 

Et dire que ces Jeux Olympiques auraient pu se dérouler... à Paris ! Un président et un maire de la capitale, tous deux socialistes, auraient lancé l'événement. Il aurait fallu, il y a sept ans, remporté la compétition de désignation: alors que la délégation française semblait favorite, l'équipe londonienne avait créé la surprise... et l'annonce, vers midi, à l'occasion JO_Paris_1924.jpgd'une édition spéciale de tous les journaux (à l'époque, j'écoutais France Info... avec un certain Harry Roselmack), avait susciter tant de déception ! Depuis, nulle question de redéposer un dossier, en dehors de l'échec d'Annecy pour les Jeux d'hiver de 2018 (prévue en Corée du sud. Si j'étais ministre des Sports (appel à Mme Fourneyron !), j'envisagerai sérieusement de préparer un dossier en vue des Jeux de... 2024. La ville hôte de cette compétition sera désignée en 2017. Il reste donc cinq ans pour monter un dossier en béton avec un avantage (après Rio en 2016 et une ville, soit asiatique, soit africaine, en 2020, une ville européenne pourrait rafler la mise pour 2024) et un argument (Paris serait fière de célébrer le centenaire de ses derniers Jeux, organisés en France à l'été 1924... sous la présidence de Gaston Doumergue - affiche officielle ci-contre !). Cent ans plus tard, la capitale française pourrait donc accueillir, à nouveau, cet événement majeur, pour mêler la fierté d'une nation et l'universalité des valeurs pour lesquelles notre peuple a pu être pionnier ! Et pourquoi pas?

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 15:11

L'interview du 14 juillet: François Hollande était très attendu pour cet exercice qu'il a remis à l'honneur alors que son prédécesseur ne s'y pliait pas. Personnellement, je l'ai regardé en différé sur Pluzz, n'étant pas chez moi à la mi-journée. Et, au final, j'ai trouvé l'exercice plutôt réussi, tant sur la forme (je l'ai trouvé à l'aise, ni trop rieur, ni trop expert... n'imposant pas cette avalanche de chiffres et de précisions à laquelle Sarko pouvait se livrer pour prouver qu'il maîtrisait ses dossiers !) que sur le fond. En effet, le nouveau chef de l'Etat s'est justifié d'abord sur sa pratique du pouvoir avec des mots simples: "La popularité n'est pas un talent, mais un mérite: il faut la mériter et ne pas se donner en spectacle"; "Je m'efforce d'exercer simplement une fonction exceptionnelle" précisant, plus tard, que ses déplacements en train, s'ils sont considérés comme un gadget par ses adversaires, resteront la règle dans la mesure où ils permettent d'associer la normalité voulue à une baisse du coût pour l'Etat. M. Hollande n'oublie pas d'expliquer le choix de Lionel Jospin, "un homme intègre", pour diriger la commission sur la moralisation de la vie politique ou de Jean-Pierre Jouyet, ancien ministre du gouvernement Fillon, à la tête de la Caisse des dépôts (parce qu'en plus d'être un ancien hollandais, camarade de promotion à l'ENA, il est aussi le plus compétent de sa génération pour cette fonction, ce que confirme sa désignation par les commissions compétentes des deux Assemblées).

 

Enfin, le Président a tenu à préciser ses positions sur des dossiers majeurs: concernant la situation au Sahel, il précise que la France n'interviendra pas directement mais soutiendra, au Conseil de sécurité de l'ONU, une intervention militaire des Africains pour lutter contre Al-Qaida au Maghreb islamique; concernant la situation européenne, il se félicite d'avoir fait bouger les lignes, d'avoir imposé certains de ses engagements électoraux à nos partenaires... tout en rappelant, avec humour et lucidité, qu'il est un des rares dirigeants de gauche (pour un des principaux Etats, en tout cas) dans une Europe toujours dominée par la droite ! Soucieux de montrer qu'il a beaucoup travaillé sur la scène internationale, il a, tel Sarko, fait la liste des sommets auxquels il a participé depuis son accession à l'Elysée (G8, UE, OTAN) pour mieux rappeler que son ambition est de lier les politiques internationale, européenne et franco-française. Réaliste, il confirme donc que toute politique nationale dépend du contexte mondial et que nombre de décisions importantes pour le pays se prennent hors de Paris. Enfin, concernant sa façon de gouverner, il a rappelé sa volonté de ne pas tout décider tout seul: cette ère-là étant achevée, il a inventé un triptyque "expertise, concertation, plan de stratégie à moyen terme" pour montrer que toute législation suivra un chemin précis. Par rapport au précédent quinquennat, il existe donc un cap et une méthode: ça change ! Sans compter l'ambition de consulter les partenaires sociaux et de ne pas se limiter au court terme...

 

Ce qui marque également le début du quinquennat Hollande, c'est la juste séparation des pouvoirs exécutif et législatif. En effet, contrairement à l'ère Sarkozy, où les parlementaires de la majorité étaient fréquemment reçus à l'Elysée ou à Matignon (pour être brossés dans le sens du poil à l'occasion d'un "petit-déjeuner de travail" ou pour être rappelés à l'ordre après un vote contraire au souhait du Président), les parlementaires de l'actuelle majorité sont libres de mener leur travail, sans intervention intempestive du chef de l'Etat. D'ailleurs, cet équilibre entre les deux pouvoirs, on pouvait l'observer à l'occasion du 14 juillet. Je m'explique. Soucieux de ne pas recevoir les deux journalistes (Laurent Delahousse et Claire Chazal, plus efficaces que le duo Pujadas-Ferrari) à l'Elysée, qui ne sont plus la résidence du Président mais seulement ses bureaux, François Hollande a choisi l'Hôtel de la Marine, menacé d'être vendu sous Sarkozy. Or, cet Hôtel magnifique, bordant la place de la Concorde (à gauche sur la photo aérienne ci-dessous), est situé à l'opposé du Palais Bourbon par rapport à l'Obélisque. Les deux monuments se font face et, si l'on dessine cette situation au sol, on pourrait tracer une balance: au centre, l'Obélisque forme une tige soutenant les deux établissements qui représentent, chacun, un plateau. Bref, géographiquement, le chef de l'Etat se situait face à l'Assemblée, à égalité. Un symbole fort !

 

Concorde vue ciel

 

Preuve que le législatif travaille sans pression de l'exécutif, l'épisode de la refiscalisation des heures supplémentaires a prouvé que chacun tient sa place... à tel point que j'envisage de transformer cet épisode en exercice pour mes prochains élèves de 3ème afin de leur faire comprendre le parcours d'une loi. Cet exercice expliquerait les étapes suivantes:

1- L'exécutif donne l'impulsion: le ministre de l'Economie évoque le projet gouvernemental de revenir sur la défiscalisation des heures supp' voulue par l'équipe précédente.

2- Le législatif discute du projet: l'Assemblée s'empare du dossier et, par une discussion en commission, les députés évoquent la refiscalisation dès le 1er janvier, soit une disposition rétroactive (qui, paraît-il, ne serait pas anticonstitutionnelle).

3- L'exécutif reprend la main et rend un arbitrage: soucieux de préserver l'intérêt général et constatant un désaccord au sein de la majorité, le Premier ministre évoque la date du 1er juillet pour relayer la volonté du Président.

4- Le législatif prend la décision finale: prenant appui sur l'arbitrage de Matignon, les députés discutent du projet en séance plénière et votent la refiscalisation à partir du 1er août.

Bref, le pouvoir exécutif impulse et fixe le cap. Le pouvoir législatif discute, amende et vote la loi finale, au nom de l'intérêt général des électeurs français.

 

Complément en date du 2 août: comme chaque année, je réserve une semaine de vacances fin août. Avec deux idées en tête: prendre un grand bol d'air juste avant de reprendre le travail (depuis trois ans, je pars après le 20 août); profiter des heures supplémentaires versées par le Rectorat sur ma paie de juillet. En effet, dans l'Education nationale, il existe deux types d'heures supp': pour les activités régulières, inscrites dans l'emploi du temps, on touche des HSA (Heures Supp' Année), versées chaque mois; pour les travaux imprévus (aide aux devoirs, préparation de voyages scolaires, encadrement d'un concours...), l'Etat paie des HSE (Heures Supp' Effectives), versées en fin d'année scolaire, après que le principal de l'établissement a confirmé que ces heures ont bien été réalisées. Or, cette année, ces HSE n'ont pas été versées fin juillet... Je les toucherai donc vraisemblablement fin août, quand je serai alors rentré de ma semaine de vacances ! L'explication? Si elles m'avaient été payées le 27 juillet, je n'aurais pas à payer d'impôts sur ces heures supp' tandis qu'en me les versant après le 1er août, elles deviennent imposables... L'Etat socialiste aurait-il manoeuvré pour récupérer une part de ces sommes? Je le crains.

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 17:17

De la récente visite de François Hollande à Londres, la presse n'a retenu que deux faits: le bon français de la reine Elisabeth II recevant le chef d'Etat français dans ses appartements richement décorés (photo) et les échanges de fausses plaisanteries avec David Cameron, le président français se montrant à la fois drôle et incisif pour dénoncer les prises de position du chef de gouvernement britannique sur la politique fiscale française. Bizaremment, personne n'a remarqué que M. Hollande était nettement plus petit que le Premier ministre anglais !

 

Hollande-a-Londres.jpg

 

Plus sérieusement, je déplore que les médias français aient sous-traité une proposition majeure du président français: constatant sans doute le peu d'euro-enthousiasme de son interlocuteur d'outre-Manche, François Hollande a expliqué qu'il n'était pas hostile à une sorte d'Europe à deux vitesses qui prendrait acte de la coupure, de plus en plus marquée, entre les membres de l'€urogroup et les autres pays (parmi lesquels l'Angleterre tient une bonne place). Or, cette proposition, qui concerne directement l'avenir institutionnel de l'Union, mériterait un débat... voire des controverses violentes dans les journaux. J'aimerais savoir ce que les politiciens, les penseurs, les experts pensent de cela !

 

Car, avec cette proposition, ce sont deux conceptions terriblement opposées de l'UE qui se font face. Soit, d'un côté, on se résigne à une "Union à deux vitesses", vers laquelle semble glisser M. Hollande et que je soutenais moi-même il y a encore quelques années: j'étais même prêt à imaginer un système institutionnel où certains pays (ceux qui jouent le jeu de la construction collective en adoptant l'€uro et les règles de Schengen notamment) auraient plus de droits que les autres Etats. Concrètement, on calquerait en Europe le modèle de l'actuelle ONU avec une Assemblée générale regroupant les Etats membres (qui adhèrent de manière volontaire en prenant, dans le contrat, uniquement ce qui les intéresse) et un Conseil de sécurité, doté de forts pouvoirs, avec les Etats de l'€urogroup ! Voilà résumée l'organisation institutionnelle qui irait avec la construction européenne voulue, semble-t-il, par le Président français.

 

De l'autre côté, il y a une autre possibilité, jusque-là non évoquée... Plutôt que d'accepter une Europe à deux vitesses, qui la rendrait à la fois bancale et fragile, pourquoi ne pas entrer dans une Union restreinte à laquelle ne participerait que les Etats qui auraient la véritable volonté d'avancer ensemble? Ainsi, l'UE associerait des Etats qui choisiraient d'intégrer le dispositif en en acceptant toutes les "contraintes" (transfert de souveraineté vers des organismes démocratiquement élus, objectifs d'harmonisation dans tous les domaines, critères de Schengen avec effacement des frontières intérieures et renforcement des contrôles aux frontières extérieures, monnaie commune obligatoire...). Avec cette option, l'UE aurait plus de sens, serait "débarassée" de ce que l'on pourrait appeler les "pays-profiteurs" (qui entrent ou sont dans l'UE pour bénéficier des systèmes de solidarité, sans en accepter toutes les contraintes: en gros, "j'ai des droits mais je ne respecte pas tous mes devoirs" !) et accélérerait l'intégration des Etats actuellement non membres, mais qui ont la volonté d'y participer activement. Cela redonnerait du sens au projet européen, non?

 

Personnellement, vous l'aurez compris, je suis donc en train de glisser de la 1ère vers la 2ème option:  avant, je pensais qu'une UE la plus large possible (qui se donnerait comme mission d'intégrer tous les Etats du continent, en acceptant toutes les entorses possibles pour accueillir les récalcitrants, comme la Suisse ou la Norvège) était nécessaire pour que UE et Europe soient synonymes; désormais, je pense qu'une UE la plus cohérente possible (même si elle n'associe plus, douce utopie !, tous les Etats du continent) est nettement préférable. L'attitude anglaise, qui consiste à profiter de la solidarité sans trop s'y impliquer pour ne pas avoir à aider les autres, me répugne. Le projet européen consiste à permettre à tous les peuples du continent de vivre dans les mêmes conditions, que ce soit au niveau politique (dans des démocraties apaisées, sans conflits) ou économique (dans des économies de marché, non pas concurrentes, mais complémentaires, avec la nécessité de tirer les pauvres vers le haut). En l'état actuel des choses, ce rêve est impossible !

 

Partant de ce constat, je n'en oublie pas pour autant mes propositions en matière institutionnelle. Que la future UE soit large ou, comme je le préfère, cohérente, voici les pistes que je soumet à votre réflexion, à votre jugement... et à vos critiques !

 

1- Les postes de "président du Conseil européen" (actuellement, M. van Rompuy) et de "président de la Commission européenne" (actuellement, M. Barroso) seraient fusionnés dans celui de "Président(e) de l'Union européenne". Le poste de "haute-représentante pour les affaires extérieures" (actuellement, Mme Ashton) serait transformé en celui de "Vice-président(e) chargé de la diplomatie". Ces deux personnages seraient élus, au scrutin binominal (formant un ticket forcément paritaire, homme-femme, représentant deux Etats différents) à deux tours, pour un mandat de cinq ans non renouvelable... directement par les citoyens européens, les mêmes jours que le scrutin permettant l'élection des eurodéputés.

2- Ces deux personnages seraient les deux têtes du pouvoir exécutif, divisé entre le Conseil européen (réunion des chefs d'Etat et de gouvernement des Etats membres, sans présidence tournante !) et la Commission européenne (sorte de gouvernement avec un nombre limité de commissaires, chargés d'un secteur précis correspondant aux grands ministères communs aux Etats membres).

3- Ces commissaires auraient deux rôles: présider les Conseils européens thématiques (réunissant les ministres concernés) et mener la politique de leur spécialité au nom de la Commission en présentant des projets de directives devant le Parlement.

 

4- L'UE devant être un modèle de démocratie, seul le Parlement européen disposerait du pouvoir législatif avec les mêmes prérogatives que notre parlement (voter les projets de la Commission; rédiger et voter ses propres propositions; voter le budget de l'UE; voter la confiance ou la censure contre les commissaires, individuellement responsables devant lui). Les eurodéputés seraient élus pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois. Dans l'organigramme interne, des commissions seraient créées: à chaque domaine dirigé par un commissaire correspondrait une commission (dont 24 commissions parlementaires sur 24 commissaires).

5- L'UE conserverait ses trois capitales: Bruxelles, siège du pouvoir exécutif; Strasbourg, siège du pouvoir législatif et Luxembourg, siège du pouvoir judiciaire (avec la Haute-Cour européenne, qui pourra être saisie par tout citoyen d'un Etat membre).

6- Le pouvoir des citoyens serait renforcé: en plus de l'élection au suffrage direct des deux têtes de l'exécutif, ils disposeraient d'un droit de pétition renforcé pour contester une directive ou proposer un texte à l'examen du Parlement.

 

7- Pour intégrer l'Union européenne, tout Etat candidat devra respecter une liste de critères (à compléter, si besoin): élections libres, libertés fondamentales garanties par la Constitution, protection des minorités, des femmes et des enfants, liberté de presse et de manifestation, partage démocratique des pouvoirs, limitation dans le temps de la durée du mandat exécutif...

8- Pour intégrer l'Union européenne, tout Etat candidat devra accepter intégralement les règles suivantes (à compléter, si besoin): organisation des élections européennes la même année que les autres, alignement des principes constitutionnels nationaux et européen, monnaie unique (l'€uro), contrôle du budget par la Cour des comptes européenne, rendre férié la date du 9 mai comme "fête européenne"...

 

Voilà donc pour la philosophie et l'organisation institutionnelle de l'UE parfaite que j'appelle de mes voeux. A vos claviers ! Tous vos commentaires sont attendus... Ce thème étant central dans ma réflexion politique personnelle, j'ai besoin de vos avis ! J'espère que vous serez au rendez-vous. Bonne fin de journée.

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Published by Aurelien Royer - dans L'actualité de l'UE
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