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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 08:42

"Ce nom n'est encore connu que de quelques initiés mais Romain Slocombe est un grand écrivain dont on n'a pas fini de parler. je mets au défi quiconque commence ce livre de ne pas le terminer, haletant, les mains tremblantes. Monsieur le Commandant est une longue lettre avec de l'amour et du suspense, troussée comme un roman, où le narrateur, un certain Paul-Jean Husson, écrivain antisémite, voit son univers vaciller avec l'arrivée de sa belle-fille juive. Mais j'en ai déjà trop dit sur ce récit irrésistible et fascinant, truffé de rebondissements. Lisez-le sans attendre ! Vous me remercierez de vous l'avoir conseillé !": c'est ainsi que, sur la pochette du livre, Franz-Olivier Giesbert (membre du Comité de lecture du Club France Loisirs) présente ce roman qui n'a pas bénéficié d'une forte médiatisation au moment de sa sortie. Passionné par le Japon, l'auteur (Romain Slocombe) s'est inspiré de la vie d'un véritable écrivain qui, pendant la seconde guerre mondiale, déversa sa haine des Juifs dans les journaux dans lesquels il écrivait. Académicien, cet homme vit un double drame personnel: la mort de son épouse et de sa fille; le mariage de son fils (que l'on imagine résistant) avec une jeune Allemande juive dont il tombe amoureux... et qu'il s'apprête à dénoncer à l'Occupant nazi. D'où le titre de ce roman, qui prend la forme d'une très longue lettre, découpée en une vingtaine de chapitres, et adressée au Commandant de la Kommandantur locale.

 

Mes cours de français m'ont appris, pour présenter une oeuvre littéraire, d'évoquer:

- le lieu de l'action: de par ses activités littéraires, le narrateur partage son temps entre Paris, où réside sa belle-fille et où il travaille à l'Académie française, et un village normand (Andigny) où il possède une belle villa.

- le temps de l'action: datée de septembre 1942, la lettre reprend l'histoire de la famille depuis l'arrivée d'Ilse, la belle-fille juive ("l'Allemande"), dans la famille au début des années 1930. Bref, c'est une petite dizaine d'années de l'histoire européenne qui est ainsi repeinte: l'arrivée au pouvoir d'Hitler, le Front populaire dirigé par Léon Blum, la montée de l'antisémitisme dans les cercles intellectuels français, les événements du début de la seconde guerre mondiale. Tout y est.

 

Le livre repose donc sur le téléscopage entre la grande Histoire et la petite, celle d'une famille que la guerre (et le triomphe du nazisme) a déboussolé ! Présenté dans les émissions de Laurent Ruquier (qu'il s'agisse de l'émission de radio "On va s'gêner" où ce livre fut sélectionné comme "livre de la semaine" en décembre dernier, puis dans l'émission de télé "On n'est pas couché" dans laquelle Romain Slocombe fut invité), tous les chroniqueurs n'ont dressé que des lauriers à cet ouvrage. Ainsi, à la radio, Yann Moix s'étonnait que le livre n'ait pas été sélectionné pour recevoir un des grands prix littéraires de l'automne... Heureusement, depuis, Monsieur le Commandant a reçu le prix de la ville de Nice, dit "prix Baie des Anges", au printemps 2012. Car, comme le dit FOG, celui qui ouvre ce roman ne peut pas s'en débarasser. Il m'a fallu quelques jours pour le dévorer (en moyenne 40 pages par soir - le livre en compte 240) et, avant-hier soir, à une soixantaine de pages de la fin, je n'ai pas pu m'arrêter !

 

Extrêmement bien écrit, rempli de descriptions passionnantes (que ce soit de la campagne normande dans laquelle il fait évoluer ses personnages ou des scènes de torture insoutenable que des collaborateurs font subir à de jeunes résistants supposés !), le livre ne laisse pas indifférent. La reconstitution historique des faits et des pensées des antisémites de l'époque est saisissante. A de très nombreuses reprises, le narrateur nous plonge dans la rhétorique et la propagande pétainistes avec brio: pour preuve, les 25 passages que j'ai Monsieur le Cdtsélectionné (voir les marque-pages de couleur sur la photo) comme autant d'extraits à faire étudier à des élèves... quand j'aurais regagné un lycée et que je pourrais faire travailler des élèves de Terminale sur ce roman ! La richesse historique de ce livre est si forte que, pour vous donner envie de le lire, je ne sais quel passage vous raconter. Difficile de choisir entre sa rencontre avec un brillantissime médecin parisien (qui disgnostique un cancer du cerveau chez l'épouse du narrateur, lequel transforme alors ce praticien en l'archétype du Juif arrogant et distant, ne semblant pas se soucier de ses patients) ou le moment où, dans le journal local normand, il dénonce nommément le seul Juif qui réside dans sa ville... et où il exerce un emploi public qui pourrait être occupé par un "vrai Français" ! Bref, ce livre, remplit de tous les ressentiments antisémites de l'époque, pousse à réfléchir sur le nôtre, tant le parallèle semble facile à faire avec les ressentiments xénophobes qui touchent certains de nos compatriotes.

 

Le suspense est entier pour découvrir comment et pourquoi il dénonce finalement sa belle-fille. La dernière partie du livre est pleine de rebondissements. Les scènes bouleversantes, qui nous plongent dans cette France des années 1940, se succèdent et, chaque chapitre, portent sa part d'ombre. Quand l'auteur commence par une anecdote d'ordre familial, jamais le chapitre ne s'achève sans une conclusion politique qui ramène le lecteur à la réalité du narrateur. Bref, c'est palpitant. C'est une plongée passionnante dans la France de Vichy, vue sous l'angle d'un parfait collabo... Des romans comme celui-là, on n'en lit pas tous les jours !

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Published by Aurelien Royer - dans Culture(s) et médias
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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 07:07

Au début de l'été, après le dernier Conseil des ministres, Jean-Marc Ayrault a donné aux ministres une feuille de route: en plus des nécessaires économies budgétaires (en réduisant les dépenses inutiles, notamment de fonctionnement), le chef du gouvernement a fixé quelques priorités pour le véritable début du quinquennat. En effet, les 100 premiers jours qui suivent l'élection ne constituent qu'une sorte de période d'échauffement et de prise de repère: alors que les précédents Présidents avaient utilisé cette période pour prendre des décisions symboliques qui donnent la tonalité du quinquennat, F. Hollande ne s'est pas précipité (voir l'article concerné en cliquant LA). Les choses sérieuses débuteront en septembre et la première année législative (septembre 2012-juin 2013) sera donc celle de la mise en place des priorités du programme présidentiel. Parmi elles figure en bonne place une nouvelle politique familiale... marquée, pour l'instant, par l'autorisation du mariage et de l'adoption pour les couples de même sexe !

 

Sujet délicat. Délicat car clivant: c'est typiquement le sujet qui divise les Français, la classe politique et qui peut même provoquer l'incompréhension d'une partie de la population. Preuve en est la réaction de bon nombre de catholiques qui, à l'image de l'Eglise (en tant qu'institution), s'opposent au projet gouvernemental... au nom d'une conception pluriséculaire et traditionnelle de la famille. Pour eux, la famille repose sur l'union d'un homme et d'une femme (devant Dieu) dont le but est de procréer en laissant faire la nature. Cette conception est respectable et, longtemps, je me suis opposé au projet de mariage homosexuel, estimant que le mot "mariage" était attaché à une union sacrée d'un couple hétérosexuel... tout en militant pour une union civile pour couples de même sexe avec autant de droit qu'un mariage civil ! La contribution catholique à ce débat (nécessaire, dans la mesure où l'Eglise est régulièrement consultée en tant que "force vive") m'a permis de comprendre que, plus que le mariage homosexuel, c'est l'homoparentalité qui pose problème aux catholiques: car, plus que l'union devant le maire de deux hommes ou deux femmes, c'est le fait qu'un enfant n'ait pas "l'amour d'un père et d'une mère" qui les heurte. Or, si l'indignation catholique ne doit pas empêcher la majorité d'aller au bout de son projet, elle doit permettre au gouvernement de construire le projet le plus juste et consensuel possible. Les sujets de société étant extrêmement complexes, il faut donc utiliser la contribution de tous.

 

Au pouvoir pendant dix ans, la droite n'a rien changé sur ce dossier... préférant attendre la campagne électorale pour, par la voix du candidat Sarkozy, promettre de nouvelles avancées. En réalité, la dernière véritable avancée en la matière date des années Jospin: la dernière fois que la gauche était au pouvoir, elle a donc créé le PACS, initialement destiné à ces couples (pour leur accorder des droits juridiques nouveaux) et finalement très prisé des couples hétérosexuels. La prochaine véritable avancée devrait donc de nouveau provenir d'un gouvernement de gauche qui, imitant plusieurs pays européens, devrait donc accorder des droits supplémentaires, fondamenteux, pour des couples qui, aujourd'hui, ne sont pas les égaux des autres. Ainsi, dans un dossier consacré aux familles du XXIème siècle (dans la revue de la mutuelle MGEN), le témoignage de deux femmes vivant ensemble depuis 12 ans est révélateur: "Nous avons un fils de trois ans, que j'ai [Béatrice] porté. Mais, légalement, je suis son seul parent. Nous souhaitons avoir un autre enfant, donc ma compagne [Sandrine] assurera la grossesse. Cependant, au regard de la loi, nos deux enfants ne seront pas frère et soeur. Et lorsque je décéderai, seul celui que j'ai porté sera héritier. Mon deuxième enfant devra, lui, se contenter de mes dispositions testamentaires, sur lesquelles 40% de droits de succession seront prélevés".

 

On le voit; deux conceptions s'affrontent dans une société qui avance plus vite que les règles juridiques. D'un côté, certains s'attachent à une conception traditionnaliste de la famille... qui ne correspond pourtant plus à la réalité vécue par les autres. Les stastiques le prouvent: près de 30% des enfants ne vivent pas avec leurs deux-parents, tandis que s'accroît la part des familles monoparentales (souvent une mère et ses enfants), homoparentales (300.000 enfants vivraient dans ce cadre en France) ou recomposées (avec beau-père ou belle-mère, qui n'ont aucun droit juridique sur les enfants qui ne sont pas les leurs... alors que 83% des Français se déclarent favorable à l'établissement d'un tel statut). L'Etat, "dont la fonction est de protéger les personnes" (dixit le magazine précédemment cité), se doit donc de prendre les dispositions nécessaires à l'établissement de l'égalité entre tous les citoyens, quelle que soit leur orientation sexuelle: ainsi, il est nécessaire de garantir aux homosexuels une forme d'union (qu'elle s'appelle "mariage" ou non) donnant les mêmes droits au conjoint que pour un couple hétérosexuel marié. Quant au droit d'adoption, les couples de deux femmes ayant plus de facilité à avoir un enfant que les couples de deux hommes, il semble tout aussi nécessaire de le leur accorder... Principal argument, donné par une catholique pratiquante, interrogée à la sortie de la messe du 15 août: "Un enfant a surtout besoin d'amour, qu'il lui soit donné par un homme et une femme, un seul homme, une seule femme, deux hommes ou deux femmes" ! Bingo.

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Published by Aurelien Royer - dans Cohésion sociale
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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 13:59

FERMETE. Le terme ne vaut pas seulement pour le gouvernement à l'égard des délinquants. Il pourrait aussi s'appliquer après le comportement indigne et scandaleux de certains handballeurs au soir de leur merveilleuse victoire olympique. Les Experts, surnom de l'équipe de France de handball, ont remporté, dimanche, la finale olympique du tournoi messieurs, permettant à la France de conserver le titre obtenu en 2008 à Pékin (confirmé par les victoires mondiales et européennes disputées dans l'intervalle). Professionnels, les coéquipiers de Nikola Karabatic ont livré un tournoi passionnant, chacun de leur match alliant victoire et suspense. Certains joueurs de la nouvelel génération se sont révélés, marquant des buts décisifs: outre le gardien, Thierry Omeyer, qui revient avec des statistiques impressionnantes (en ce qui concerne le nombre d'arrêts), on peut citer William Accambray (personnellement, ma révélation de l'année !). A chaque match, ces hommes nous ont fait vibrer et, comme à chaque JO, je me suis passionné pour ce sport.

 

Critiqués, les Bleus ne se sont pas mis la pression et ont déroulé leur jeu et leur professionnalisme. Trop vieux? L'expérience de cette équipe, dirigée par Claude Onesta depuis plusieurs années, a été plus forte que la fougue d'équipes plus jeunes. Frileux, au point de perdre un de leurs matchs de qualification? Les Experts ont maîtrisé leurs matchs décisifs, conservant presque toujours leur avance au tableau des scores. Et même si les victoires furent courtes (22-21 contre la Suède en finale), les Français ont dominé leurs rencontres. Leur force: un collectif extraordinaire où chacun se met au service de l'équipe, où les talents individuels s'additionnent. Et même si les choix tactiques de l'entraîneur furent parfois discutables (des changements de joueurs ont parfois coûté quelques buts à l'équipe), le résultat est là. Or, la soirée de la victoire commençait merveilleusement avec cette remise de médaille exceptionnelle: drôles, les joueurs ont tous imité le geste d'Usain Bolt, doigts pointés vers le ciel, pour recevoir leur récompense. Résultat: une photo qui a marqué la quizaine olympique (ci-dessous).

 

Experts_podium.jpg

 

Malheureusement, le feuilleton se termine mal. Très mal, même. Ivre de leur victoire, les Bleus ont copieusement arrosé leur victoire. Quelques heures après la remise des médailles, deux dérapages ont eu lieu:

- Interviewés par un journaliste de BFM en direct, Nikola Karabatic et Xavier Barachet ont déshabillé le journaliste, lui ôtant sa chemise.

- Reçus sur le plateau de L'EquipeTV, l'équipe de handball a littéralement détruit le plateau: Onesta et Karabatic, encouragés par d'autres joueurs, spectateurs amusés de la scène, ont cassé la plate-forme permettant les interviews, soulevant l'indignation de la journaliste présente. Les commentaires qui s'en suivent sont révélateurs d'un état d'esprit bien particulier: "Maintenant on peut discuter" puis "Personne n'est énervé ici" déclarent ainsi l'entraîneur après son méfait.

Pour voir les images, c'est ICI.

 

Personnellement, je suis scandalisé de voir de tels actes. Ma déception est à la hauteur de l'engouement que j'ai pu avoir pour cette belle équipe. Certes, les fauteurs de trouble, clairement alcoolisés au moment des faits, sont minoritaires. Il n'en demeure pas moins qu'après avoir fait rêvé leurs supporters, ces handballeurs ont, par leur comportement, sérieusement terni leur image en se livrant à un acte d'incivisime gratuit, bête... qui va coûter 20.000 €uros de réparation à la chaîne. Depuis, Karabatic a tenté de se justifier: la chaîne L'EquipeTV leur aurait demandé de faire le bazar sur le plateau. D'autres média s'expliquent ce comportement par une mauvaise critique, parue dans le quotidien L'Equipe au lendemain de la défaite dans les phases éliminatoires, qui aurait vexé le staff et certains joueurs ! Quoi qu'il en soit, c'est une bien mauvaise image que ces joueurs, dont on relevait 24h plus tôt toutes les qualités, ont donné aux jeunes dont ils sont les idoles.

 

C'est pourquoi je considère que ces agissements, gravissimes dans la mesure où ils constituent une forme de violence gratuite, stupide et profondément incivique, doivent être sévèrement punis. Je suggère au Comité national Olympique de ne pas verser aux acteurs de cette "destruction" (Karabatic, Onesta... voire d'autres) la prime qu'ils doivent toucher pour leur médaille d'Or, soit 50.000€ ! Pas de PITIE pour de tels comportements !

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 09:51

FERMETE: c'était, hier, suite aux événements qui se sont déroulés à Amiens-Nord, le mot du jour. Dans la bouche du Président de la République, du ministre de l'Intérieur (médiatiquement très présent) et même de certains ténors de l'opposition. Plus que les faits qui se sont déroulés dans ce quartier sensible de la capitale picarde (un quartier dont la - mauvaise - réputation ne date pas d'hier, puisqu'en quatre années d'études dans cette ville, je ne m'y suis jamais aventuré !), c'est la réaction des politiques qui m'intéresse. En particulier celle de l'opposition UMP. Bien mal placée, compte-tenu des suppressions de postes qui ont frappé la police dont lecaractère de "proximité" a été minutieusement détruit par M. Sarkozy (ministre puis Président), la droite supplie la gauche au pouvoir d'agir avec fermeté pour éviter un regain de violence. Je m'étonne que ni Copé ni Morano ne soit encore monté au créneau pour expliquer qu'avec la gauche (laxiste) au pouvoir, les quartiers populaires s'embrasent... alors qu'en cinq ans de sarkozysme, aucune émeute n'a frappé les banlieues françaises. Nul doute que, si d'autres incidents venaient à se dérouler, l'argument tomberait sur la table.

 

Or, ce qui s'est produit à Amiens est symptomatique d'une société qui va mal. Une société, à mon sens, affaiblie par cinq ans de sarkozysme et d'échec sur au moins trois plans.

1- Le lien de confiance entre la police et la population a été rompue: à entendre les habitants de ce quartier, victimes des voyous qui y font leur loi, la police ne les protège plus mais, politique du chiffre oblige, se montre parfois agressive pour calmer les ardeurs des délinquants. Or, c'est ce lien de confiance, non entre la police et les jeunes, mais entre la police et l'ensemble de la population, qui doit être retissé. Non pas en faisant en sorte que les flics apprivoisent les gosses en jouant avec eux au foot, comme l'expliquait naguère notre ex-Président, mais en renforçant les moyens d'intervention pour que tout acte d'incivilité et de délinquance soit immédiatement sanctionné... ce qu'il faudra faire, à très court terme, pour les événements de la nuit de lundi à mardi.

 

2- Les quartiers dits populaires sont majoritairement peuplés de familles d'origine étrangère, souvent des parents nés à l'étranger venus s'installer en France et dont les enfants sont nés dans notre pays. Il ne s'agit là que d'un simple constat... qui s'explique facilement: faute d'intégration réussie, ces populations sont pauvres, habitent dans des HLM, bénéficient des systèmes de solidarité à la française et en sont réduites à vivre dans des ghettos. La ségrégation socio-spatiale, que l'on apprend à l'école concernant les Etats-Unis, existe, de fait, en France ! Or, le sentiment d'être mis à part, dans des cités franchement moches et délaissées, favorise la délinquance qui se retourne contre l'Etat dont on attaque les symboles (école, centre de loisirs).

3- Les quartiers dits populaires sont majoritairement peuplés de familles pauvres, parfois monoparentales (des femmes seules élevant leurs enfants), avec un travail à temps partiel ou vivant des allocations diverses. La vie dans ces quartiers est minée: pas de services publics de proximité, pas d'emplois. Et malgré toutes les bonnes volontés, que ce soit des associations ou des municipalités, ces quartiers dépérissent. Le chacun pour soi l'emporte. Les bandes font leur loi. Les trafics en tous genres, qui permettent de gagner beaucoup sans effort, se multiplient.

 

La situation actuelle n'est que le résultat de ce mélange explosif dans une société qui perd ses repères. Les jeunes, gavés par des heures passées devant les télévisions, croient à l'argent facile et rêvent d'être Zidane: vieux de presque 15 ans (le Mondial victorieux date de 14 ans, déjà !), ce modèle d'intégration dans une France métissée n'existe plus. Le modèle de l'argent facile progresse. Les notions d'effort ou de travail se perdent... malgré les discours sur la "valeur travail" de l'équipe sortante ! Les jeunes, gavés par des heures passées devant leur ordinateur, Internet et leurs consoles de jeux, vivent dans un monde de violence. Violence parfois réelle, avec un mari qui bat sa femme ou une mère reléguée à un rôle qu'elle aurait pu jouer au Moyen Age. Violence très souvent irréelle, qui conduit à la pratiquer dans les cours de récréation sans se soucier des conséquences, que les jeux vidéos n'expliquent pas ! Ajoutez à cela une génération de parents débordés, qui n'a presque plus d'autorité sur des enfants dont elle laisse à l'Ecole le soin de les éduquer. Voilà le cocktail détonnant qui a pris feu à Amiens. Il a suffi d'une alumette ("une provocation de la police" pour les uns) pour que tout explose.

 

En lisant cet article, certains croiront que le discours de la gauche angélique est de retour. Avec toutes ces précisions, je ne tiens pas à excuser les actes qui ont été perpétrés à Amiens. Au contraire, après la phase de sanctions que le gouvernement entend appliquer (l'arrestation et la condamnation des auteurs de l'incendie de l'école est IMPERATIVE avec de très lourdes PEINES !!), une phase de "reconstruction" doit s'amorcer. En plus de la reconstruction de ce qui a été endomagé (dont la ville va devoir supporter le coût), il reste un travail de fond à mener pour les quartiers sensibles de toutes les grandes villes de France. A mon sens, la création de postes dans la police (engagement de la campagne électorale de François Hollande) ne suffira pas. C'est à une grande Conférence sur les Quartiers que le gouvernement devrait s'atteler: suppression des barres HLM pour les remplacer par des pavillons individuels, réouverture des services publics, patrouilles régulières de police, investissement dans la formation des jeunes issus de ces quartiers... Il existe des tas de leviers pour agir et mettre en place le "plan Marshall des banlieues" que la droite, aujourd'hui donneuse de leçons, n'a pas su mettre en oeuvre ! Logement, transports, éducation, formation, emploi, présence de l'Etat sous toutes ses formes, lutte contre tous les trafics pour les démenteler: l'Etat doit mettre tous ses moyens, avec tous les ministères concernés, pour redynamiser ces quartiers laissés à l'abandon. Certes, il est beau de proclamer que l'Ecole est l'institution qui doit permettre aux enfants de ces cités de s'en sortir. Le problème, c'est que seuls les politiciens y croient encore. Sans s'en donner les moyens, ils ne parviendront pas à en persuader les premiers concernés !

 

Pour finir, un petit mot concernant la politique à l'égard des Roms. Là encore, l'UMP a tenté un coup politique... sauf que, cette fois, ses ténors se sont eux-mêmes contre-dits: alors que, pendant la campagne électorale, elle suppliait la gauche, favorite, de ne pas tomber dans les travers de son supposé angélisme en matière de sécurité, la droite explique que le gouvernement mène approximativement la même politique que Nicolas Sarkozy, en la maquillant différemment ! N'y a-t-il pas là une légère contradiction? Ce qui est sûr, c'est que l'UMP semble gênée de voir que les socialistes peuvent mener une politique à la fois ferme et différente. Ferme parce que les camps illégaux de Roms ont donc été fermés par l'expulsion de ceux qui les occupaient. Différente parce que le ministre Manuel Valls a clairement expliqué que son rôle était aussi de trouver une solution à la situation de discrimination dans laquelle ces populations se trouvent dans leurs pays d'origine (Roumanie, Bulgarie, Hongrie). Alors que certains estiment qu'il est trop tard de faire pression sur ces trois Etats (tant qu'ils n'étaient pas dans l'UE, on pouvait faire une sorte de "chantage à l'adhésion"), le ministre estime que l'Union peut conditionner certaines aides financières à la fin de la discrimination à l'égard des Roms. Et l'ancien candidat à la primaire d'expliquer que les deux aspects (application stricte de la loi et résolution des causes profondes du problème) ne sont pas incompatibles. Je partage son avis... et j'espère que le gouvernement tiendra bon !

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Published by Aurelien Royer - dans Intérieur - police(s)
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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 19:33

Les 100 jours, c'est un concept journalistique... qui ne correspond en rien au temps politique ! C'est ainsi que les responsables de la gauche, gouvernement et majorité, évacuent les douloureuses questions, posées par les journalistes, pour tenter de faire un premier bilan du quinquennat "hollandais". A cette occasion, les médias reprennent les mêmes ficelles: au début de chaque nouveau mandat, on nous rappelle que chaque nouveau locataire de l'Elysée a souhaité marquer son temps en prenant une décision marquante, pour les contemporains et pour l'histoire. Majorité abaissée à 18 ans pour VGE, abolition de la peine de mort par Mitterrand, suspension du service militaire par Chirac, "choc fiscal" (avec bouclier à 50% et loi TEPA) par Sarkozy. En 2007, la majorité de droite avait été convoquée pour une session extraordinaire estivale au cours de laquelle les principales promesses avaient été mises en oeuvre. Cette année, après le retour de la gauche au pouvoir, on attendait donc  sensiblement la même logique...

 

Problème: aucune véritable grande mesure symbolique n'a été appliquée. Plusieurs dispositions injustes et inefficaces du précédent quinquennat ont été décousues. Mais, à part le bougisme présidentiel sur les grands dossiers internationaux, difficile de citer une mesure concrète validée par le nouveau gouvernement. Alors que le cap des 100 jours vient d'être franchi, les prix de l'essence s'envolent et la promesse d'un bloquage des prix refait surface dans l'esprit de tous les automobilistes... Promise pour la rentrée de septembre, cette mesure n'est pas encore devenue réalité. Si elle avait été initiée avant le départ en vacances, elle aurait peut-être été LA mesure du début de quinquennat. Car, ce qui pénalise François Hollande et son équipe, ce sont les attentes des citoyens sur la politique intérieure, en particulier la politique économique et sociale. La suppression de la hausse de la TVA voulue par la droite ne se ressent pas dans notre quotidien... car elle n'était pas encore entrée en vigueur. L'annonce du retour des soldats français d'Afghanistan ne change pas la vie courante des Français et, bien que chacun se réjouisse de cette accélération du calendrier de retrait, elle ne constitue pas un "marqueur" du hollandisme.

 

Au fond, si la gauche ignore le seuil des 100 jours, c'est peut-être (sans doute?) parce qu'elle n'en fait pas un objectif. Mesuré, François Hollande s'est préparé à sa fonction. Déterminé, il a su fixer le cap des priorités à mettre en oeuvre dans la première année de son quiquennat, tout en sachant qu'il faudrait de la patience pour sortir le pays de sa situation. Ainsi, pour lui, il n'apparaît pas nécessaire de faire un coup médiatique avec des mesures symboliques fortes. Ce qui compte, c'est de prendre les mesures adaptées, décidées par la concertation (et, par définition, sans la précipitation qui caractérisait son prédécesseur), pour atteindre les objectifs fixés. Dans un contexte morose, où les difficultés s'accumulent (hausse du chômage, plans sociaux destructeurs d'emploi), le gouvernement mise sur sa réforme fiscale, deuxième priorité hollandaise... après l'Education. Or, s'inscrivant dans le projet de budget pour 2013, cette politique n'interviendra qu'à l'automne. Un peu de patience, donc !

 

De la patience, il en faudra aussi pour résoudre le conflit syrien, sur lequel la droite attaque le Président et son gouvernement. Alors que la Chine et la Russie bloquent toute action de l'ONU, un autre frein risque de favoriser le pourrissement de la situation au pays d'el-Assad: la proximité de l'élection présidentielle américaine. Alors que les républicains se mettent en ordre de marche (Mitt Romney sera légitimé comme candidat et son co-listier devrait être officiellement désigné), Barack Obama prépare sa campagne. Il n'y a qu'à visiter le site deDecompte_Obama.jpg l'actuel locataire de la Maison-Blanche pour le voir: le décompte des jours nous séparant du 6 novembre (date de l'élection) est en route... Quand François Hollande passe le seuil des 100 jours, son homologue américain n'est plus qu'à 82 jours (capture d'écran ci-contre) de sa possible réélection. Or, cette perspective ne facilite pas la résolution des problèmes internationaux: désireux de faire le bilan de son action, notamment en matière de politique internationale (l'évaluation de l'aide médicale aux plus pauvres sera au coeur du débat), Barack Obama mettra les dossiers internationaux entre parenthèses. Rappeler que Ben Laden fut éliminé sous son mandat, d'accord. Engager l'armée dans une action militaire en Syrie, alors qu'il reste encore et toujours le dossier afghan sur la table, c'est moins sûr !

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 10:08

Numéro du 11 août:

 

Hebdo-du-11-aout.jpg

 

Mon éditorial: "Au revoir Londres ! Bonjour Rio ! A l'heure où les JO s'apprêtent à s'achever dans la capitale londonienne, nombre d'athlètes ont déjà les yeux tournés vers le Brésil, prochain organisateur des Olympiades d'été. Ceux qui ont échoué cette année, mais qui nous ont fait vibrer et qui auront eu la fierté de porter nos couleurs. Ceux qui ont brillamment réussi en remportant une médaille, quel qu'en soit le métal, et qui rêve de renouveler l'exploit (voire de l'améliorer). Ceux qui, tous jeunes, n'ont pas accéder aux Jeux Londoniens et qui seront les porte-drapeau de notre pays dans quatre ans.

Nous, Français, avons déjà les yeux tournés dans douze ans... Après une olympiade en Amérique latine en 2016, une ville ni européenne ni américaine devrait obtenir l'organisation des Jeux de 2020: Madrid, vaincue pour 2016, Istanbul et Tokyo sont en lice. Réponse l'année prochaine. Et, en 2017, c'est la ville hôte des Jeux 2024 qui sera choisi. La capitale française doit préparer un dossier en béton: retrouvez mes pistes, cette semaine.

L'autre grand dossier de la semaine, sur Jes6, c'est la réforme de l'Ecole. Voulue par le gouvernement, cette refondation appelle des décisions fortes. Sur la forme, le ministre vise juste, avec une concertation en ligne de tous les acteurs volontaires. Sur le fond, l'objectif semble intéressant: instruire puis éduquer, avec l'ambition de conduire toute une génération au même objectif... en maintenant donc le collège unique. Les pré-propositions sont, elles aussi, justes: rythmes scolaires, simplification du Socle des compétences, baisse des effectifs par classe.

Pour aller plus loin, je soumet aux lecteurs une liste de propositions, qui concernent aussi bien les rythmes scolaires, la place du sport ou des langues vivantes. L'occasion, pour moi, de synthétiser mes réflexions depuis quelques années et de susciter, je l'espère, le débat sur l'avenir de notre Ecole. Cette école où, tous jeunes, vous avez sans doute appris par coeur que l'événement de l'année 1515... c'est la bataille de Marignan ! Sans forcément savoir le nom du roi de France de l'époque, le nom de nos ennemis, le lieu de la bataille, ses conséquences, ni même sa date exacte ! Avec le dernier numéro de "France Info y était", replongez au XVIème siècle ! Suivez CE LIEN".

 

Et, à propos de liens, voici ceux qui vous permettront de retrouver mes cinq articles de la semaine... pour approfondir les thèmes de la "Une":

- Après la démission de K. Annan: les dictatures et le château de cartes;

- Mes propositions pour réussir Paris 2024;

- Réforme de l'Ecole: la lettre de V. Peillon... et mes propositions;

- Faire du sport? Ok, mais... (ou comment développer la pratique sportive).

Bonne découverte... et bonne semaine !

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Published by Aurelien Royer - dans Jes6 Hebdo
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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 09:24

Montrer tout l'enthousiasme que vous mettrez à accueillir le public. Etablir un budget maîtrisé et réaliste. Expliquer ce que vous ferez des installations, une fois les JO terminés. Voilà trois conseils donnés aux autorités françaises par le premier ministre britannique, David Cameron, dans une interview qu'il a accordé au correspondant de France 2 à Londres,Logo Paris 2024 Jacques Cardoze. Or, quelques jours plus tôt (le lendemain de la publication d'un article dans ce sens sur Jes6), le président français François Hollande annonçait qu'il envisageait la candidature de Paris pour l'organisation des JO d'été de 2024 (mon logo, ci-contre). En précisant qu'il n'y aurait dépôt d'une candidature qu'à une condition: que Paris ait toutes les chances de l'emporter... pour ne pas revivre la déception de 2005.

 

Depuis, j'ai consacré deux articles à ce sujet: pour annoncer ma proposition (cliquez ICI) puis pour développer les arguments favorables ou non à cette éventualité (cliquez LA).

 

Aujourd'hui, à l'heure où les JO de Londres s'apprêtent à fermer leurs portes (avec une cérémonie de clôture, diffusée sur TF1, dimanche soir), voici quelques pistes pour remplir le dossier parisien:

1- Bâtir des sites sportifs 100% écolo (toits végétalisés, panneaux solaires, récupération des eaux de pluie, mini-éoliennes, zone piétonne aux alentours, accessibilité par toute forme de transports en commun).

2- Bâtir des hôtels et village olympique facilement convertibles en logements sociaux, eux aussi à haute qualité environnementale.

3- Associer l'ensemble de la région parisienne à l'organisation des épreuves, en délocalisant certains sports dans toute l'Ile-de-France... de quoi améliorer l'ensemble du réseau de transport.

 

4- D'un point de vue sportif, proposer d'organiser les épreuves sur trois semaines au lieu de deux... en mêlant les calendriers des jeux valides et paralympiques, afin que ces derniers ne soient pas organisés plus tard... sans la même couverture médiatique. Ainsi, athlètes valides et handicapés alterneraient sur les sites olympiques, tout en participant à la même période de compétition.

5- A propos du décompte au tableau des médailles, suggérer que les médailles remportées par équipe comptent doubles. Comme, au scrabble, certaines cases permettent de doubler voire tripler les points, il serait intéressant de compter pour deux toute médaille (or, argent, bronze) remportée par équipe... dans la mesure où le sport collectif se cracatérise par de nombreuses étapes pour atteindre la finale (petite ou grande) !

6- Concernant les cérémonies d'ouverture et de clôture, proposer de ne pas l'organiser dans le stade olympique (on imagine le Stade de France de St-Denis) mais dans les rues de Paris... et pourquoi pas, tel le Défilé du 14 juillet, de l'Arc de triomphe au musée du Louvre. L'objectif serait de l'organiser, en plein air, pour un accès libre au public. Chaque délégation présente descendrait donc les Champs-Elysées pour rejoindre la maison qui lui est temporairement destinée dans le jardin des Tuileries, par exemple.

 

Toute autre idée est la bienvenue. N'hésitez pas à profiter de cet article pour faire des suggestions, dont nous pourrons débattre. A vos claviers !

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 06:55

L'autre jour, ma soeur et moi avons voulu renouer avec une "tradition" qui touchait à notre enfance: une fois arrivé l'été, nos parents nous payaient une "licence été" de tennis. Le principe? Le patron de la section de la ville, charcutier-traiteur de profession, vendait une licence officieuse (un petit carton avec nos nom et prénom + son tampon) et prêtait la clé permettant d'accéder aux cours de tennis, situés derrière la mairie. Je ne sais pas si ce système était ou non légal, mais il avait au moins trois avantages: 1- empêcher l'accès desdits terrains à ceux qui les dégradaient chaque année (quand ils étaient libres d'accès) en monneyant la clé; 2- donner aux enfants de la commune une occasion de s'amuser pendant les vacances et d'occuper deux mois qui pouvaient paraître long; 3- en effet, j'habitais alors Logo-tennis.jpgun quartier HLM, mes parents n'étant pas riches (mère au foyer et père intérimaire qui, à 50 ans passés, multipliait les périodes de chômage)... et les "clients" de cette offre "sociale" n'étaient pas riches. Autrement dit, pour combler ces deux mois au cours desquels nous ne verrions ni la mer, ni la montagne, ni une autre région que notre Picardie natale, le tennis était un moyen et de s'occuper et de jouer entre amis... et de faire du sport !

 

Or, pour quelqu'un comme moi qui ne suit absolument pas sportif (sauf pour suivre les JO dans le canapé !), sans cette offre, je n'aurais pas pu pratiquer le tennis... sauf les quelques années où, dans le cadre d'un partenariat avec un centre social (où les familles paient les activités réalisées au prorata de leurs revenus... autrement dit, une misère, dans mon cas), j'ai pu faire 1h30 de tennis par semaine, comme dans un club, avec une entraîneuse qui m'a fait incroyablement progressé. Le problème: de nos jours, cette offre-là n'existe pas. Pour accéder aux terrains municipaux, bien plus vides qu'il y a une dizaine d'années (où les prétendants se bousculaient aux grilles), il faut s'acquitter d'une licence officielle "non affiliée" (en gros, vous n'êtes pas licencié d'un club... et vous payez pour une période déterminée en tant que "visiteur") auprès de la FFT, soit 50€ me semble-t-il. Sauf erreur, à l'époque que j'évoque, il fallait payer, en liquide, 50 Francs ! Quel gouffre !

 

Mais, le tennis n'a pas été le seul sport que j'ai pratiqué. Pendant mes années de lycée, j'ai été adhérant d'un club de tir à l'arc. Champion de mon département par équipe et vice-champion en individuel, lauréat de plusieurs concours dans cette discipline, j'ai pu profiter duFF-tir-a-l-arc.jpg coût relativement modeste de la licence... coût que mes parents ont pu verser, pour mon frère et moi, pendant trois ans. Ce sont les seules expériences sportives de ma jeunesse. Même si la volonté n'a jamais été mon fort pour "me bouger", je reste persuadé aujourd'hui que le tarif est le principal frein, notamment pour les familles modestes, à la pratique d'un sport de leurs enfants (si la licence tennis n'est que 18€ pour un mineur, celle de tir à l'arc s'élève, en 2012, après vérification sur le site de la Fédération, à 70€ !). Bref, en dehors de l'école, nombre de jeunes Français n'ont pas accès à ce qui apparaît pourtant nécessaire ! A l'heure où les JO s'achèvent, ces jeunes écoliers rêvent de pratiquer tel ou tel sport, tant la médiatisation de certaines disciplines ou les médailles que nos athlètes y ont décroché vont leur donner envie. A l'heure où les spots télévisés rappellent, chaque matin, pendant la sélection des dessins animés, de "mangez, bougez", l'Etat ne se donne les moyens ni d'éduquer les enfants à la nourriture, ni de leur permettre de pratiquer un sport qu'ils aiment de façon régulière.

 

La meilleure preuve? Dans sa lettre aux personnels, le ministre de l'Education nationale consacre deux lignes au sport (paragraphe 9)... avec cette phrase vide: "Il doit être développé et valorisé". Cela me chagrine ! Je prends donc la plume (virtuelle) pour lister, ici, les mesures que je juge nécessaire de mettre en oeuvre pour changer les choses:

1- En lien avec la semestrialisation de l'année scolaire, je suggère qu'à l'école primaire, les enseignants d'EPS interviennent pour faire découvrir, aux enfants, une multitude de sports individuels au cours du 1er semestre et de sports collectifs au 2nd semestre. Un juste équilibre entre ces deux catégories, montrant d'un côté le dépassement de soi et de l'autre la solidarité par équipe, semble nécessaire. Personnellement, j'ai adoré mes années de tir à l'arc où tournois individuels (pour se valoriser) et concours par équipe (pour la fierté du club) alternaient.

2- Alors que l'école primaire permet de découvrir de nombreux sports, je suggère qu'au collège, le nombre d'heures d'EPS soit maintenu à 4h hebdomadaires en permettant aux élèves de pratiquer, tout un semestre, le sport de leur choix. Ainsi, l'enseignant ne serait plus attaché à une classe, mais à sa discipline de spécialité. Quant aux élèves, ils pratiqueraient avec enthousiasme un sport qu'ils ont choisi (sans avoir à subir les incontournables gymnastique, course d'endurance ou foot... où, personnellement, sans être de mauvaise volonté, je récoltais des notes honteuses !), avec obligation d'en changer au 2nd trimestre de l'année.

 

3- En parallèle, l'Etat doit impérativement favoriser la pratique en club d'un sport. Plus le nombre d'élèves pratiquant le sport de leur choix, en dehors du cadre de l'école, sera élevé, plus ces enfants garderont l'envie de "bouger" à l'âge adulte. Ma proposition est simple: pendant la période de scolarité obligatoire au collège (soit de l'entrée en 6ème jusqu'à l'obtention du Brevet ou équivalent), la licence d'accès à un club serait réduite: gratuite la 1ère année (idéalement, en 6ème) puis tarif "social" pendant les trois autres années (disons, versement symbolique de 2€ par mois pendant les 10 mois de l'année scolaire, soit 20€ l'an). Il resterait à maintenir un tarif réduit (aujourd'hui "tarif mineur" existant dans la plupart des sports) jusqu'à la fin de scolarité (universitaire comprise).

4- En parallèle, l'Etat doit également mener une politique TRES approfondie d'éducation à la santé par la nourriture. Petits-déjeuners équilibrés une fois par mois, amélioration générale de tous les repas servis (combien de fois entend-on, dans une cantine scolaire, "c'est pas bon"... sauf le jour des frites?), cours théorique sur les apports nutritionnels (à quoi servent les vitamines, les protéines, les lipides? Qu'est-ce que les calories, comment les mesurer, quelle proportion ne pas dépasser?): les outils sont nombreux. Ils existent aujourd'hui. Ils sont utilisés. Mais, pour comparer l'époque où j'étais collégien et l'époque actuelle où j'enseigne dans un collège, la situation ne me semble pas s'être améliorée...

 

5- Enfin, une dernière proposition incitative (que je viens d'imaginer) me paraît intéressante à creuser. Alors que nombre d'adultes pratiquent la course à pied, le vélo ou tout autre loisir sportif gratuit, il semble possible d'encourager la pratique d'un sport licencié chez les adultes... car "mangez correctement et bougez plus", ça concerne aussi les grands enfants ! Ainsi, en prouvant, chaque année, le paiement d'une licence sportive, un salarié pourrait bénéficier d'une 6ème semaine de congés payés. En effet, la pratique régulière d'un sport en club nécessite des entraînements réguliers, mais aussi parfois des entraînements préparatoires avant des compétitions. Elle nécessite aussi des déplacements, dans la même région ou en dehors, pour participer, le temps d'un long week-end, à un tournoi... ce qui peut supposer de poser des RTT (compétition le dimanche, trajet du retour et repos le lundi, par exemple). L'attribution de la 6ème semaine serait donc un avantage acquis pour les sportifs réguliers. Qu'en pensez-vous? Avez-vous vos propres suggestions à mettre sur la table? J'attends vos commentaires et réactions pour un sujet qui me tient à coeur ! Bonne journée.

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 08:14

L'école est pour moi ce que la potion magique est à Obélix: je suis tombé dedans depuis que je suis petit. En effet, depuis mon entrée en maternelle à l'âge de 3 ans, je ne l'ai jamais quitté: école primaire, collège, lycée, faculté en tant qu'élèves; puis, lycée et collège en tant que professuer... Ma vie se résume à cette école de la République qui permet, notamment via les bourses auxquelles j'ai eu droit toute ma vie, aux enfants issus de familles modestes de réussir leur vie ! Or, après cinq années difficiles (devenu professeur à l'été 2007, je n'ai connu que l'école sous l'ère Sarkozy, une ère de suppressions de postes et de réformes contestables), la nouvelle équipe au pouvoir ambitionne de refonder l'Ecole. Dans sa lettre aux enseignants, le ministre Vincent Peillon fixait le cap voulu par le chef de l'Etat, listait les domaines prioritaires de son action (et de la future loi prévue pour l'automne), sans entrer dans le détail de mesures pour lesquelles il attend la contribution des Internautes.

 

Soucieux de contribuer à ce débat, voici le résumé des propositions (parfois remaniées) que j'avance depuis la création du blog:

1- Une refonte des rythmes scolaires (avec une montée en puissance de l'école primaire au lycée): limitation du nombre d'heures journalières (5 heures en primaire, 6 heures au collège, 7 heures au lycée) avec une pause-déjeune d'au moins une heure pour tous; cinq jours de travail par semaine avec, pour l'école primaire et le collège, dominante d'activités intellectuelles le matin et d'activités manuelles, sportives et artistiques l'après-midi; alternance de cinq semaines de cours et d'une semaine de vacances; suppression des trois trimestres pour les remplacer par deux semestres; maximum de six semaines de congés en été avec départ en vacances aux alentours du 14 Juillet.

2- Une redéfinition de la période de scolarité obligatoire et, en parallèle, la fin du collège unique. Ma proposition-phare consiste à passer d'une scolarité obligatoire de 6 à 16 ans à une scolarité obligatoire de la grande section de maternelle (qui prépare au CP) à l'obtention du premier diplôme (Brevet ou équivalent), sans conditions d'âge. Dans le même temps, l'ambition que chaque élève atteigne un certain niveau de compétences minimales serait maintenue... même si les élèves ne seraient plus contraints de passer le même Brevet. Des procédures d'orientation précoce vers des dispositifs de pré-apprentissage, mêlant cours théoriques dans les matières fondamentales et cours pratiques pour l'acquisition de savoir-faire en vue d'une formation professionnelle, seraient renforcées. Ainsi, un élève à qui le collège ne convient pas pourrait, dès la fin de 5ème, être dirigé vers des structures au sein desquelles il continuera de suivre une scolarité généraliste (au terme de laquelle il passera un Brevet adadpté, mesurant ses compétences), associée à des pratiques professionnalisantes susceptibles de le motiver !

 

3- Une école qui instruit d'abord, mais qui éduque aussi en prenant en charge les élèves du matin au soir, sans les cantonner aux activités "traditionnelles". Même si le rôle de l'Ecole consiste, d'abord et avant tout, à donner aux élèves des connaissances, des capacités, des compétences, des savoir-faire qui leur serviront toute leur vie, elle peut aussi avoir un rôle social qu'il serait mauvais de négliger. Parce que certains parents, salariés, ne peuvent pas toujours récupérer leurs enfants aux horaires "habituels". Parce que d'autres parents n'effectuent pas, à la maison, ce rôle éducatif essentiel. Parce qu'il existe des situations où commençant plus tard le matin ou finissant plus tôt le soir, des enfants sont laissés seuls, parfois "traînant" dans les rues jusqu'au retour des parents. L'école doit pouvoir (mais, il n'y a là rien d'obligatoire):

- Accueillir les élèves une heure avant les cours (disons à partir de 7h30 quand les cours commencent à 8h30) pour un moment de détente et de petit-déjeuner équilibré (dans le cadre d'un renforcement de l'éducation à la santé);

- Accueillir les élèves deux heures après les cours (disons jusqu'à 18h quand les cours finissent à 16h) pour une aide aux devoirs, des cours de soutien, la participation à un club (pas forcément sportif, d'ailleurs) afin de décompresser et de mieux préparer le lendemain, quand le suivi n'existe pas à la maison.

 

4- Renforcer la maîtrise des fondamentaux et d'une langue vivante étrangère vont de pair: l'une de mes principales propositions, en matière de langue vivante, consiste à supprimer l'obligation d'en pratiquer deux au collège ! Malgré les "protestations" de certains de mes lecteurs, je reste attaché à MON constat: la plupart des élèves ne maîtrisant déjà pas assez bien le français pour en comprendre une autre, je préfère qu'ils bénéficient d'un apprentissage intensif d'une seule langue vivante plutôt que de mal en parler deux ! Ce qui n'interdit pas, pour les élèves qui le choisiraient, d'en pratiquer une seconde, dans le cadre d'une option accessible à partir de la 4ème !

5- Le même principe peut également s'appliquer aux arts: à la fois en tant que fils d'une professeure de musique et comme professeur principal d'une classe qui, cette année, prenait les cours d'arts (musique et arts plastiques) parfois pour des moments de détente, où tout serait permis, je crois qu'une revalorisation de ces matières est nécessaire. Et, pour cela, la proposition que j'avance depuis plusieurs années reste d'actualité: comme les langues, plutôt que d'imposer une heure de musique et une heure d'arts plastiques à tous les élèves chaque semaine, pourquoi ne pas envisager qu'ils n'en effectuent qu'une des deux, selon leur choix, à raison de 2h par semaine? On pourrait imaginer, en classes de 6ème et 5ème, deux heures de musique OU d'arts plastiques par semaine au cours de 1er semestre, puis deux heures de l'autre discipline au 2nd semestre. Puis, à partir de la 4ème, l'élève choisit celle des deux qu'il préfère pour en faire une pratique plus aboutie. Deux avantages: les enseignants pourraient ne plus se limiter à une heure hebdomadaire (qui s'avère souvent trop courte) tout en ayant, face à eux, des élèves motivés par l'art qu'ils auraient choisi !

 

Pour finir, j'entends traduire ces propositions générales à travers un schéma du nouveau "système éducatif" qui en découlerait:

A) Durant la scolarité obligatoire, trois "cycles" se succèderaient:

* le premier dit "des apprentissages fondamentaux" (de la Grande section au CE2 inclus, maximum de 5h par jour... avec beaucoup de français, de maths, d'histoire-géo, de sciences);

* le second dit "de découverte" (du CM1 à la 5ème incluse, maximum de 6h par jour... maintien des fondamentaux avec initiation aux sports, aux arts, à une seule langue vivante étrangère - anglais, allemand, espagnol, italien... - avec renforcement du nombre d'heures de pratique et création de groupes de niveau pour suivre le rythme de chacun);

* le troisième dit "d'orientation" (classes de 4ème et 3ème, maximum 6h30 par jour... avec choix d'une option obligatoire: 2ème langue, latin/grec, arts renforcés, découverte des métiers; clubs type "archéologie", "éducation à l'environnement", "scrabble"...).

B) A la fin de cette scolarité, l'élève passe donc le Brevet des collèges qui sanctionne la maîtrise des savoirs fondamentaux et du Socle commun.

 

Voilà pour l'essentiel. Il reste sans doute d'autres aspects à traiter... comme, par exemple, une sérieuse évocation de la place de la pratique sportive au sein de l'Ecole (voire, en dehors). Mais, je souhaite y consacrer un article spécifique que je publierai demain... En attendant, bonne journée à tous !

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 10:35

A chaque nouveau quinquennat, sa lettre aux enseignants. Début septembre 2007, le nouveau Président, Nicolas Sarkozy, adressait une "lettre aux éducateurs" (à retrouver ICI). Début juillet 2012, les deux ministres chargés de ce porte-feuille (Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale et George Pau-Langevin, ministre de la Réussite éducative) ont publié, sur le site de leur ministère, une "lettre à tous les personnels", consultable en suivant CE LIEN. Sur la forme, cette dernière s'apparente à un long catalogue de bonnes intentions, dont je vais analyser les principaux points (en vue de faire mes propres propositions dans un prochain article). Evolution intéressante: plutôt que le chef de l'Etat lui-même, ce sont donc les ministres qui prennent le plume. On peut y voir un bon signe (le Président laisse le gouvernement travailler et prendre des initiatives) ou s'en émouvoir (le Président ne prend pas la peine de s'adresser, en personne, à ce public qu'il a tant convoité lors de la campagne... en plaçant l'éducation et la jeunesse au centre de son projet quinquennal). Plus importante, la grande concertation lancée par M. Peillon, pour recueillir les opinions et idées de tous les citoyens volontaires (via un site Internet spécifique: refondonslecole.gouv.fr), apparaît comme une bonne idée: soucieux de remettre à plat le système pour le rénover (rythmes scolaires, contenu des examens, socle de compétences...), le gouvernement consulte. Et, même si ce temps de concertation paraît court (d'ici l'automne, un projet de réforme devra être sur la table), des changements perceptibles pourraient donc être appliqués dès la rentrée de septembre 2013.

 

Refondons-l-ecole.jpg

 

Déjà, la rentrée 2012 a connu une petite modification, le ministre ayant décidé de rallonger les vacances de la Toussaint de quelques jours (au lieu de 10 jours, elles dureront deux semaines, du 27 octobre au 12 novembre). Pour 2013, les deux ministres ont, dans l'introduction, rédigé une sorte de "discours de la méthode", déjà plein de bonnes intentions (qui sonnent creuses): ainsi, pour justifier l'appellation du ministère de la "Réussite éducative" (on imagine mal un ministère allant dans le sens contraire !), la lettre affirme qu' "il n'y a pas de fatalité de l'échec scolaire" puis, plus loin, que la réforme doit "permettre à chaque élève de trouver et de prendre le chemin de sa réussite". Qui peut aller contre? Ferait-on le contraire aujourd'hui?... Ce qui est intéressant, dans cette lettre, c'est que plusieurs objectifs, a priori évidents, sont rappelés: "l'objectif d'une refondation républicaine de l'Ecole et d'une refondation de la République par l'Ecole"; "elle porte une idée de l'homme, cu citoyen et un exigence de justice"; "l'amélioration des acquis scolaires et la réduction des sorties sans qualification"; "elle est un vecteur de promotion et un lieu de transmission des valeurs de la République". Evidemment ! Heureusement, il n'y a pas que des évidences. L'introduction rappelle, en fil rouge, que le projet éducatif du gouvernement est la 1ère des priorités du quinquennat: plus de moyens voulus par le Président, concertation nationale avant élaboration du projet de loi, appel à tous les personnels...

 

Différence notable avec la lettre de Nicolas Sarkozy, les parents ne sont pas évoquer. L'ancien président s'adressait aux éducateurs, rappelant que les parents ont une part active dans l'éducation de leurs enfants... ce que certains oublient, laissant à l'Ecole le soin de les éduquer. Cette fois, les auteurs ne s'adressent qu'aux personnels de l'Ecole, plaçant d'ailleurs le "personnel d'enseignement" en tête... sans oublier tous les autres personnels dont ils font soigneusement la liste ! Plus haut, cette primauté s'explique aussi par le rôle donné à l'école: en effet, dans une autre liste (de verbes, cette fois), les ministres rappellent les vocations de l'Ecole pour "instruire, éduquer, servir une certaine idée de la France, de la République et de l'humanité". On constate donc que l'instruction, soit l'apport de connaissances et de savoir-faire, est placée avant le principe d'éducation, qui n'est pas du seul rôle des professeurs. Sans oublier, plus loin, le rappel de la vocation laïque de l'école, on se croirait presque revenu au temps où le ministère était celui de l'Instruction publique... sauf que l'enseignement privé n'est, évidemment, pas remis en cause ! Bref, au milieu d'un préambule long et peu savoureux, la conception profonde de l'équipe au pouvoir apparaît. Et c'est la bonne !

 

Histoire d'être méthodique, je vous propose la liste des bons points de cette lettre:

1- Priorité à l'école primaire (maternelle et élémentare): accueil des enfants de moins de trois ans, création de postes pour réduire le nombre d'élèves par classe, classe de CP confiée prioritairement à des profs expérimentés, pause du midi d'au moins 90 minutes... Toutes ces dispositions vont dans le bon sens !

2- En maintenant l'objectif d'un maîtrise d'un minimum de connaissances et compétences à l'issue de la scolarité obligatoire (aux alentours du Brevet, donc), le ministre souhaite la simplification de ce Livret des compétences "inutilement complexe" en ce moment. Bravo !

3- Concernant le lycée, le gouvernement entend poursuivre les réformes Chatel avec trois nouvelles ambitions intéressantes: rétablir l'histoire-géo obligatoire en Terminale S; développer des lycées polyvalents pour placer dans un même site les lycées généraux et techniques afin que leur éloignement géographique actuel ne soit plus synonyme d'inégalité (les lycées généraux de centre-ville bénéficient de meilleures réputations...); enfin, une réorganisation des études professionnelles, pour éviter les sorties sans qualification et sans emplois garantis, sera mise en oeuvre.

4- D'autres domaines feront l'objet d'attention et de moyens financiers supplémentaires au service des élèves: la création de postes dans les Rased (réseaux d'aide pour les enfants repérés comme en difficulté), pour l'accompagnement des élèves en situation de handicap ou encore l'évaluation des résultats des internats d'excellence (dotés de moyens financiers importants à destination d'élèves eux aussi fragiles) permettront d'améliorer le suivi individualisé des élèves, même si celui-ci reste encore fragile tant les moyens dont disposent les enseignants pour l'aide aux devoirs demeurent insuffisants.

5- Enfin, plusieurs propositions concernant les enseignants et leurs conditions de travail sont avancées: la réforme de la formation initiale pour une entrée progressive dans le métier, la création de postes de surveillants pour rétablir la sécurité et l'autorité des adultes ("qui ne se décrètent pas") ou encore la suppression de l'évaluation des personnels par le seul chef d'établissement (comme le souhaitait la droite) sont déjà évoquées. Tant mieux !

 

Même si la plupart des orientations de son courrier me paraissent positives, il n'en demeure pas moins quelques points noirs que je dois d'évoquer... J'en identifie deux principaux:

 1- Pour maîtriser le Socle, les ministres veulent maintenir l'ambition essentielle du collège unique pour que chaque élève suive "un tronc commun obligatoire" et "qu'aucun dispositif d'éviction précoce ne détourne ces élèves de l'objectif de maîtrise du socle commun". A croire que les dispositifs actuellement existants, et dans lesquels les professeurs orientent ceux qui perdent leur temps au collège unique (en n'ayant pas les capacités de concentration pour suivre le rythme d'une classe dans laquelle ils s'amusent à faire le bazar !), sont des freins à la réussite de ces élèves. Les bonnes intentions des politiciens, enfermés dans leurs bureaux parisiens, sont donc loin des réalités du terrain: certes, l'idéal (ou plutôt, l'utopie) d'un collège permettant d'orienter et d'instruire tous les élèves est beau... mais il est concrètement irréaliste !

2- Les ambitions pour l'enseignement des langues m'apparaissent floues: dans un court paragraphe, le ministère évoque la nécessité d'une coopération accrue entre l'école élémentaire (où les élèves valident le niveau européen A1) et le collège (au terme duquel ils doivent valider le niveau A2, nécessaire à l'obtention du Brevet) pour un meilleur suivi des élèves. Mais, le faible niveau en langues vivantes ne trouve pas, ici, de solutions... Or, c'est un problème majeur et récurrent de notre système éducatif !

 

Bref, si l'exprit général de cette nouvelle politique éducative (instruire plutôt qu'éduquer, donner plus de moyens aux établissements et aux élèves en difficulté...) va dans le bon sens - à l'exception de l'utopie égalitaire - il n'en reste pas moins à transformer ces principes en propositons concrètes susceptibles de transformer l'école, sans qu'il ne s'agisse de poudre aux yeux et des réformettes électoralistes. C'est tout l'enjeu de la concertation menée jusqu'à l'automne... et à laquelle j'apporterai donc, dans les prochains jours, ma propre contribution. Avec deux articles listant mes idées de réforme, et un autre entièrement consacré au sport scolaire (l'oublié de cette missive), j'espère susciter votre attention !

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Published by Aurelien Royer - dans Education nationale
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