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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 09:31

Romney/Obama: le duel des prétendants à la présidence des Etats-Unis est désormais sérieusement engagé. Les deux conventions se sont déroulées: après la grand-messe républicaine en Floride, les démocrates se sont réunis à Charlotte (Caroline du nord) pour introniser le président sortant comme candidat à sa propre succession en novembre. Face au ticket Romney-Ryan, le tandem Obama-Biden rempile... avec ce constat: la parité au sommet de l'Etat, non appliquée par le sortant, ne sera pas plus concrétisée en cas de victoire de Mitt Romney, qui a donc choisi un homme blanc comme co-listier. Plus les symboles, le millionnaire mormon a préféré avoir à ses côtés un conservateur pur et dur, apte à capter l'électorat que Sarah Palin devait également apporter à John McCain il y a quatre ans !

 

Plus que le profil du possible futur vice-Président américain, c'est le mensonge révélé en cette fin de semaine qui m'intéresse. Désireux de passer pour le gendre parfait, capable de séduire l'électrice-ménagère, Paul Ryan a défendu les valeurs traditionnelles (le travail pour les hommes, la gestion du foyer et des enfants pour les femmes, l'importance de la foi, le refus de toutes les mesures progressives qui piétinent les valeurs traditionnelles...). Et il s'est vanté d'avoir couru le marathon de New York en 2h50, soit une bien belle performance pour un parcours de 42,2 km (ce qui ferait une moyenne de 15 km/h). Après vérification, M. Ryan a franchi la ligne d'arrivée 4h10 après son départ... soit une moyenne de 10 km/h). Bref, ce candidat à la vice-présidence montre qu'il possède déjà l'une des qualités nécessaires pour faire de la politique: mentir !...

 

L'autre grande qualité nécessaire pour réussir au plus haut niveau, c'est de vendre aux électeurs une vision tout aussi mensongère de la société et un projet politique déconnecté des réalités. Vendre du rêve. Jouer sur les émotions. Nier la réalité. Faire croire que tout est possible et que le monde idéal est à portée de main... C'est le message que Barack Obama a déjà commencé à vendre, via sa charmante épouse. Michelle, extrêmement populaire (où l'on voit qu'une élection, outre-Atlantique, est d'abord une campagne de communication qui peut se gagner avec la popularité d'une épouse), s'est chargée de transmettre aux militants en délire (déjà convaincus avant même qu'elle n'ouvre la bouche) l'amour qu'elle a pour son mari, d'expliquer qu'il a fait tout ce qu'il a pu et qu'il est le seul à pouvoir achever son projet. Encore quatre ans, et c'est bon ! Ce show, qui me ferait presque détesté la politique, n'est qu'une succession de bonnes intentions et de grosses ficelles que le "Petit journal" de Yann Barthès (hier soir, sur Canal +) a décortiqué.

Regardez la vidéo qui suit:

 

 

Quel cinéma ! Quelle mise en scène ! Et dire que des millions de gens vont tomber dans le panneau... et voter pour le mari de celle qui les aura le plus touché ! C'est répugnant !

 

Malheureusement, de ce côté-ci de l'Atlantique, nous avons les mêmes spécimens. Sauf que, chez nous, les conjointes ne sont pas mis à contribution. Nos hommes politiques se chargent, eux mêmes, de mentir, de travestir la vérité et de distiller leurs bons sentiments, sans réfléchir à ce que cachent leurs propos. Hier soir, toujours sur Canal +, Jean-Michel Apathie (chroniqueur politique du Grand Journal, en même temps qu'éditorialiste à RTL) analysait les derniers propos de M. Copé, candidat à la présidence du parti dont il assurait l'intérim. le député-maire de Meaux, soucieux de montrer qu'il représente une alternative crédible et une opposition franche au gouvernement, a déclaré sur France Info tout le mal qu'il pense de la politique actuellement menée (c'est de bonns guerre !) en précisant que, s'il était en responsabilité (ce que je ne souhaite pas pour la France), il "supprimerait les dépenses inutiles pour rééquilibrer le budget de l'Etat". Hip, hip, hip... Qui peut être contre? Le problème (comme le précise M. Apathie), c'est que le budget actuellement appliqué, le budget 2012, a été voté par la majorité UMP battue en juin. M. Copé, en tant que député et patron de cette majorité, a voté toutes les dispositions de ce dernier budget du mandat sarkozyste... Donc, il est l'un des co-responsables de ces dépenses inutiles qu'il critique aujourd'hui ! CQFD.

 

Autre exemple de mauvaise foi en politique: le cas Jean-Claude Gaudin. Interrogé depuis quelques semaines sur la situation dans sa ville, il a eu la sagesse d'appeler le gouvernement à discuter avec tous les partenaires, sous-entendu avec la mairie UMP de Marseille... sans que l'équipe Ayrault ne se contente de renforcer les effectifs policiers dans les arrondissements contrôlés par le PS. Sur ce point, M. Gaudin a parfaitement raison et l'actuel gouvernement s'honorerait de ne pas poursuivre une méthode qui, par le passé, a pu être pratiquée ! Sauf que, pour minimiser l'ampleur du problème marseillais (mélange de trafics de drogue, d'armes et de rivalités de bandes qui gangrènent des quartiers entiers), le maire de la cité phocéenne a développé deux arguments: 1- C'est la faute des médias qui braquent leurs projecteurs sur Marseille dès qu'il s'y passe quelque chose, même si l'événement se déroule dans une commune voisine de l'agglomération... et ne font pas le même travail quand il s'agit de Lille ou de Strasbourg. (Sauf qu'à Marseille, les règlements de compte en pleine rue, qui peuvent tuer des citoyens honnêtes et innocents par des "balles perdues", se multiplient); 2- Entendu sur Europe 1 dans les premiers jours de la polémique: "On ne parle pas des autres problèmes qui concernent d'autres gens dans d'autres villes". Sauf erreur, je retranscris la phrase exacte de M. Gaudin qui, dans la même pensée, utilise trop fois le mot "autres". On voudrait faire plus vague qu'on ne pourrait pas.

 

Bref, quand on voit la qualité des interventions, la pauvreté des argumentaires des uns et des autres et ces grosses ficelles qui visent à polluer un débat qui n'est pas toujours de qualité, on se demande ce qui motive nos politiques, si ce n'est la paie qu'ils touchent, en fin de mois, pour occuper les postes qu'ils se partagent depuis des décennies ! Le peuple serait-il si stupide pour que nos élus se permettent d'être aussi médiocres? Ca fait peur !

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Published by Aurelien Royer - dans Actualités diverses
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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 19:24

D'ici quelques semaines, les deux grands partis français auront changé d'équipes dirigeantes. Côté UMP, le duel Fillon/Copé devrait tourner à l'avantage du premier... après une campagne que les deux favoris ont capté et suite à un vote des militants. Côté PS, le duel Désir (actuel n°2) / Cambadélis (ex-soutien de DSK) tournera à l'avantage... de celui que Mme Aubry aura choisi. En attendant, les médias comptent les points (ainsi, ce vendredi, France Info titrait: "Désir 3-Cambadélis 1", comptant les soutiens ministériels des deux hommes)... et tentent de décrypter dans quelle mesure le futur Premier secrétaire gênera ou non l'Elysée !

 

Qu'en pensent les militants? Qui sont les autres candidats (il me semble avoir entendu que Gaëtan Gorce était lui aussi prétendant)? Y aura-t-il un vote des adhérents du PS pour choisir, démocratiquement, leur chef? Il semble que non ! Car, depuis l'élection de François Hollande, le tandem Ayrault-Aubry (hostensiblement affiché pour montrer qu'il n'y a pas de dissensions dans la majorité) semble avoir verrouillé le parti: une motion commune, à laquelle les ministres ont priés de souscrire sans réserve, sera présentée. On affirme déjà qu'elle obtiendra la majorité... sans que l'on sache si d'autres motions seront soumises au vote (libre?) des militants ! Et, maintenant, le nouveau Premier secrétaire, qui succédera à la maire de Lille (dont le bilan, tant interne que politique, est plutôt bon), sera désigné dans quelques jours quand la sortante aura fait le choix de celui qu'elle soutiendra.

 

Je suis révolté ! Le PS version 2012, sera-t-il le pendant de gauche de l'UMP version 2007? A savoir, un parti godillot, qui soutient sans réserve son Président, vidé de son essence démocratique et dans lequel les militants ne sont plus les seuls à décider? Un parti dont le fonctionnement sera uniquement décidé à Paris, dans les bureaux de la rue de Solférino, entre gens civilisés qui se partagent les miettes de pouvoir? Un parti qui n'aurait plus rien à envier au PC chinois, au sein duquel les dignitaires (seuls aptes à décider à la place d'une base qui n'en aurait pas les compétences) choisissent le meilleur d'entre eux et où les places s'obtiennent par cooptation (l'ancien chef choisissant son successeur)?

 

Il est tout de même curieux qu'après avoir été un parti exemplaire, le PS tombe aussi bas ! Certes, le congrès de Reims a, médiatiquement, été décrit comme un désastre... Alors qu'en réalité, il a été un grand moment de démocratie, où les motions et les personnes se sont affrontées dans une compétition qui a permis à Mme Aubry et ses soutiens de diriger le parti et de la conduire au pouvoir ! Après la période de débat et de confrontation, tous les socialistes se sont attelés au projet présidentiel de M. Hollande... choisi par des primaires citoyennes inédites, qui ont enclenché la dynamique victorieuse du 6 mai dernier ! Bref, après avoir innové en installant l'idéal démocratique dans ce qui était jusque-là une compétition partisane, le PS s'apprête à régresser... en adoptant des pratiques qu'il condamnait à l'époque où Sarkozy nommait les têtes de l'UMP !

 

Et dire que j'hésitais à reprendre ma carte au PS pour reprendre une implication politique plus marquée... Si ce funeste scénario se confirme, j'irai sans doute voir ailleurs.

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Published by Aurelien Royer - dans La vie du Parti Socialiste
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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 18:27

Outre-Atlantique, le duel Obama/Romney est en marche: d'un côté, le président en exercice va tenter de convaincre les électeurs qu'il a fait de son mieux, que la crise (et l'absence de majorité au Congrès depuis deux ans) l'a (ont) empêché d'appliquer pleinement le programme qu'il aurait voulu mettre en oeuvre pour son pays; de l'autre, son challenger républicain tentera d'obtenir le soutien d'une majorité d'Américains qui penseraient que les recettes solidaires et dépensières de la gauche ne fonctionnent décidément pas.

 

En France, la rentrée politique est marquée par un sentiment curieux: alors que les défis sont importants et qu'en début de mandat, l'enthousiasme devrait donner des ailes à la majorité, un pessimisme général règne... rendant l'actualité pesante, voire ennuyeuse. Il faut dire que:

- du côté des ténors de la rue de Solférino, on est plus occupé à deviner qui Mme Aubry choisira, autoritairement, comme son successeur... bafouant une démocratie militante qui aurait pu faire la fierté du PS;

- du côté de l'UMP, on est plus occupé à préparer la lutte finale entre les deux camps Fillon et Copé, les sondages donnant un avantage au premier;

- du côté des élus UMP, on est plus occupé à critiquer, sans réfléchir, les décisions ou les tergiversations du gouvernement, histoire d'occuper le terrain médiatique;

- du côté de l'Amicale des amis de Nicolas Sarkozy (dans laquelle les battus des dernières législatives trouvent des postes qui doivent leur assurer de survivre malgré le chômage !), on est plus occupé à défendre le bilan de l'ancien Président et de s'enfermer dans l'admiration du gourou disparu par la volonté d'une majorité de ce peuple français si ingrat !

 

Ainsi, parmi les fidèles de l'ancien chef de l'Etat, on a pu entendre Claude Guéant (qui a pour point commun avec son ancien mentor d'avoir été battu démocratiquement en juin dernier) justifier que Nicolas Sarkozy puisse être grassement rémunéré (250.000€ pour un discours de 45 min... ce qui lui permettra de toucher l'équivalent d'un SMIC net - 1118€ - toutes les 12 secondes !) en donnant des conférences à travers le monde. 70 propositions auraient été faites à l'ancien Président. Alors que les Français seraient en droit de s'indigner des montants annoncés, les fidèles de l'ancien locataire de l'Elysée s'insurgent que leurs concitoyens ne se réjouissent pas qu'un de leurs anciens Présidents soient ainsi sollicités, ce qui prouverait qu'il a été un excellent dirigeant, dont les conseils et les analyses sont attendus par les décideurs encore en place ! Il faut dire que le décideur en question, qui a proposé les 250.000 €, c'est la banque d'affaires américaine Morgan Stanley !... Preuve, plutôt, que le président battu reste un modèle pour ces milieux qui sont à l'origine de la crise et qui n'en paient pas les mêmes conséquences que les citoyens smicards ! Et dire que l'Assemblée aurait pu compter, dans ses rangs, un politicien aussi déconnecté que M. Guéant. On l'a échappé belle.

 

Mais, notre époque est étrange: alors que l'opposition n'est pas en mesure de convaincre puisqu'elle aborde une période de reconstruction (nécessaire après une défaite comme celle de 2012), la majorité au pouvoir ne convainc pas davantage. L'indice de popularité de François Hollande dégringole. Signe que ses électeurs, enthousiastes après la fin de la parenthèse sarkozyste, s'impatientent de le voir prendre les bonnes décisions. Signe, aussi, que la seule volonté anti-sarkozyste (ne pas se précipiter et prendre le temps de la concertation) ne suffit pas... car, après le quinquennat précédent, les Français sont devenus impatients, encouragés en cela par une presse qui n'épargne rien au nouveau chef de l'Etat. Comme si l'on pouvait croire que la fameuse période des 100 jours aurait pu être suffisante pour résoudre les problèmes du pays (croissance en berne, explosion du chômage, hausse du prix de l'essence...).

 

Comme beaucoup de Français, mon sentiment est partagé. D'un côté, je me dis que la démarche hollandaise est meilleure que celle de son prédécesseur: mener des concertations, ne pas se précipiter, attendre l'examen du budget 2013 pour mener la réforme fiscale qui doit corriger les inégalités croissantes... Tout cela est bien. Mais, dans la réalité, j'ai le sentiment que le Président ne sait pas fixer le cap et n'a pas l'autorité suffisante pour diriger son équipe. Chaque fois qu'un sujet fait la une de l'actualité, plusieurs ministres annoncent des décisions différentes... obligeant le Premier ministre, peu audible, à trancher... obligeant, désormais, M. Hollande à venir à la télévision. Que dira-t-il ce dimanche soir? Qu'il mesure l'ampleur de la tâche mais que, pour sortir de la crise, il faut être patient? Que le débat et la confrontation des points de vue est nécessaire pour faire vivre une démocratie et prendre les bonnes décisions? Qu'il dispose de cinq années pour changer la France et appliquer son programme? Tout cela est juste... mais, parce que la crise a été violente et que ses conséquences continuent d'assombrir l'avenir du pays, les citoyens ont besoin de signes forts. Ils veulent qu'un homme politique applique, enfin, pleinement, ses promesses. Ils ne veulent pas que M. Hollande soit le énième président à réculer parce que le contexte et l'état réel de la France l'empêche de concrétiser ces promesses. Ils ne veulent pas que l'espoir soulevé en mai soit, encore une fois, détruit par une politique qui se voudrait réaliste...

 

Au fond, ce que les citoyens ne supportent plus (surtout venant de la gauche), c'est le gouffre entre les engagements des campagnes électorales et les décisions finalement prises. Car, avec le temps et le travail journalistique (qui peut parfois apparaître comme une forme d'acharnement), ce gouffre est de plus en plus visible ! Confirmant, aux yeux de certains, que droite et gauche sont aussi incapable l'une que l'autre de changer leur quotidien...

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 11:59

Après une semaine de vacances en Charente-maritime (riche en découvertes historiques, notamment), c'est la rentrée pour Jes6. Votre rendez-vous hebdomadaire du samedi consacre sa dernière parution au développement durable... ainsi qu'au premier article d'une série consacrée à la présidentielle américaine.

 

Numéro du 1er septembre (publié le 2):

 

Hebdo-du-1er-septembre.jpg

 

Mon éditorial: "La grande conférence environnementale, prévue à la mi-septembre, sera-t-elle le pendant hollandais du Grenelle de l'environnement sarkozyen? Trois mois après le retour de la gauche au pouvoir, il serait temps, en effet, que l'Ecologie et le Développement durable devienne une véritable priorité de la nouvelle équipe. Mal placée dans l'organigramme gouvernemental, cette thématique n'a pas eu droit à l'attention des médias.

En cette rentrée, Jes6 met donc l'Environnement à l'honneur. Comment aider les citoyens à adopter des comportements plus éco-responsables? Quels moyens l'Etat doit-il donner à cette priorité? Quelles énergies faudra-t-il favoriser à l'avenir? Comment sortir (et dans quelle proportion) de la dépendance au pétrole ou au nucléaire? Autant de questions fondamentales, qui obligent à réfléchir à long terme, au-delà des clivages partisans, auxquelles il est nécessaire de répondre... et autour desquelles il faudrait débattre !

L'essentiel est de ne pas se laisser enfermer dans le faux débat de savoir si le PS et les Verts risquent de rompre. Le président Hollande va devoir montrer qu'après une grande concertation (qui est sa marque de fabrique), il saura trancher... et vite ! Les socialistes vont devoir montrer qu'au-delà de leur majorité à l'Assemblée, ils savent prendre en compte les remarques et suggestions de leurs partenaires.

Et si, pour éviter le clash (qui, médiatiquement, masquerait le contenu des décisions prises), le gouvernement décidait de soumettre les grandes questions écologiques à référendum? Pour décider de la part du nucléaire, débattons de ses avantages et de ses inconvénients, puis laissons aux Français le soin de décider. Voilà ma première grande contribution au débat: bonne lecture !".

 

Pour prolonger cette analyse, (re)lisez les articles concernés:

- Pour une politique durable: Protéger la planète... avant les amendes;

- Vidéo: Aréva et la part du nucléaire;

- Vidéo: les prix de l'essence chez Leclerc;

- Exercice de politique-fiction: si j'étais ministre des Affaires étrangères;

- Mon article sur le duel Romney/Obama.

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 10:10

6 centimes de baisse sur le prix du litre d'essence, sans plomb et gazoil: voilà l'engagement pris par le gouvernement, par la voix du ministre de l'Economie, en cette rentrée politique et... médiatique ! C'était un engagement de François Hollande et, sur le fond comme sur la forme, on sent une pointe de déception chez les citoyens français: sur la forme, on avait cru comprendre, pendant la campagne, que les prix seraient bloqués dès qu'ils attendraient un seuil jugé intolérable... en réalité, après quelques mois d'une légère baisse des carburants (au cours des fameux "100 jours"), ces derniers repartaient à la hausse pendant l'été, obligeant le gouvernement à agir vite. Finalement, la procédure de blocage a été abandonnée pour des raisons essentiellement juridiques... ce qui ne garantit pas que, dans quelques mois, l'essence reparte à la hausse puisque, même en abandonnant une partie de leurs bénéfices, l'Etat et les distributeurs répercuteront toute hausse du cours du pétrole: ainsi, un gazoil qu'ils auraient dû vendre 1,50€ sera vendu 1,44€, soit le prix avant la décision ! Bref, en fonction des cours boursiers, le "seuil intolérable" pourra revenir !

 

Sur le fond, les négociations menées par le ministre ont été plutôt réussies. Se refusant à supporter seul l'effort, l'Etat est parvenu à mettre les producteurs et distributeurs à contribution. Avec quelle contre-partie, mystère ! En tout cas, le Président Hollande a tenu un de ces engagements de campagne puisqu'il affirmait que l'Etat ne devait pas profiter des hausses du cours du pétrole pour s'enrichir via les taxes qu'il fait peser dessus. On comprenait alors qu'une sorte de TIPP flottante, dont le montant varie en fonction du prix de l'essence, allait être appliquée, comme lors des années Jospin. Ce mécanisme, d'ordre fiscal, sera sans doute adopté, dans des dispositions qu'il reste à fixer, dans trois mois... quand le mécanisme provisoire, actuellement en vigueur, aura été épuisé. Car, pour l'instant, c'est une baisse de 6 centimes, équitablement partagée, qui est appliquée: 3 cts de baisse sur les taxes perçues par l'Etat + 3 cts de baisse sur les profits des distributeurs... qui n'ont pas tous accepté. On sait, par exemple, que Total fera l'effort minimum... pour ne pas rogner les gigantesques profits qu'elle enregistre chaque année !

 

A l'opposé, le médiatique patron des magasins Leclerc a sauté sur l'occasion pour faire parler de lui. A peine la décision gouvernementale annoncée, il reprenait son épée de chevalier au service du pouvoir d'achat des ménages en déclarant, le 27 août dernier sur RTL: "Nous devons accompagner la rentrée des Français. Nous nous engageons à répercuter intégralement la totalité des déductions fiscales dont l'Etat veut leur faire bénéficier. Nous avons décidé d'être plus offensifs et nous allons donc mettre tous nos carburants à prix coûtant pendant tout le mois de septembre, c'est-à-dire en ne faisant ni marge, ni profit". Bingo: il était alors le seul à prendre cet engagement, expliquant que, dès le 1er septembre (au pire), tous ses magasins appliqueraient cette décision... Une stratégie de communication très efficace, comme l'explique un journaliste du Nouvel Obs' (vidéo ci-dessous). 

 



S'agit-il d'un bon coup de pub (dont Michel-Edouard Leclerc est si friand) ou d'une promesse réellement tenue? Vérification, ce matin. A la station Leclerc la plus proche de mon domicile, le prix du litre de gazoil a perdu plus de 10 centimes en une semaine ! Alors qu'avant l'annonce gouvernementale, il s'élevait à 1,459€, son prix a légèrement baissé durant la semaine (atteignant encore hier un timide 1,429€... soit une baisse ne correspondant qu'aux 3 cts de l'Etat !) pour finalement atteindre 1,356€ ce matin. Ainsi, au 1er septembre, la station de Beautor appliquait une baisse de 7 cts supplémentaires, ce que j'imagine être la marge que l'enseigne réalise en temps normal. Inutile de préciser que des dizaines de voitures faisaient la queue pour faire le plein ! Reste, maintenant, à savoir si l'Etat trouvera un moyen pérenne d'encadrer le prix de l'essence, sans fragiliser son budget... même si, comme le précisait le candidat Hollande, toute hausse du prix de l'essence (qui n'est pas du ressort de l'Etat) entraîne une hausse (imprévue dans les prévisions de budget) des taxes qu'il perçoit ! Autrement dit, en rognant sur la TVA ou la TIPP, l'Etat peut parfaitement ne pas perdre de l'argent sur ses prévisions...

 

L'autre question essentielle reste de savoir s'il ne serait pas plus judicieux de consacrer le surplus d'argent encaissé à la recherche et à l'innovation pour préparer, avec plus de force, l'après-pétrole... En favorisant le développement d'automobiles propres dont il va falloir proposer une large gamme, financièrement accessible, au plus grand nombre possible de citoyens. Ce qui n'est pas encore le cas ! Un nouveau chantier pour le quinquennat?

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Published by Aurelien Royer - dans Economie et finances
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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 11:50

Obama tombera-t-il? Sera-t-il le prochain dirigeant politique d'un pays occidental à faire les frais de la "méga-crise économique mondiale"? Voilà, globalement, l'enjeu de la prochaine présidentielle américaine, dont le coup d'envoi a été donnée par la tenue des deux conventions intronisant les candidats des deux camps. Côté républicain, le mormon Mitt Romney incarnera l'alternative à l'obamisme sortant... à l'issue d'une compétition sans suspense (lors des votes de causus et primaire, il a rapidement tué la concurrence) et, conséquence, sans passion. L'une des interrogations de la convention de la droite américaine, réunie en Floride, était de connaître le nom du colistier et candidat à la vice-Présidence du pays. Il y a 4 ans, M. McCain, se présentant en modéré, choisissait Sarah Palin, exemple vivante du conservatisme le plus réactionnaire et moralisateur. En 2012, M. Romney allait-il favoriser une femme? Une personnalité issue d'une minorité (au moment même où  la part des WASP, les "Blancs protestants", est tombée sous la barre des 50% !)? Raté ! Il a, lui aussi, fait le choix d'un colistier capable de lui amener la manne électorale que représentent les citoyens conservateurs, ultra-libéraux, anti-Etat, anti-Obama.

 

Et pour séduire cette franche ultra-droitière de la population américaine, il fallait donc un ultra-conservateur dont le discours contiendrait tous les clichés de la droite dure américaine: non au mariage gay, non aux impôts qui freinent la liberté d'entreprendre, non à la couverture maladie qui transforme les fainéants en assistés, non au droit à l'avortement... L'occasion, pour les citoyens du reste du monde, de redécouvrir qu'existent toujours ces Paul_Ryan_officiel.jpgpositions extrêmes, qui vont à l'encontre d'une société américaine pourtant métissée et dont les moeurs évoluent plus vite que la pensée de conservateurs pourtant jeunes (le colistier en question n'a que 42 ans !). Paul Ryan, c'est son nom (ci-contre: sa photo officielle au Parlement), a été choisi à la fois pour son âge, son charisme (faisant de lui le gendre idéal qui saura séduire, par son physique et ses discours, les ménagères conservatrices du pays) et ses positions. Représentant de l'Etat du Wisconsin depuis 1999, il est surtout le président de la commission du Budget à la Chambre des représentants depuis qu'en 2011, les républicains y ont obtenu la majorité.

 

Bref, il est l'un de ceux qui mettent les bâtons dans les roues d'Obama. Car, l'un des enjeux du scrutin du 6 novembre prochain (dans un peu plus de huit semaines) est de savoir si les Américains entendront les "circonstances atténuantes" que le camp démocrate entend mettre sur la table. En effet, après la convention de Charlotte qui a confirmé la candidature du tandem Obama-Biden pour un second mandat, les démocrates vont devoir expliquer à des Américains toujours frappés par la crise et ses conséquences sociales que l'équipe sortante a fait tout ce qu'elle a pu. En clair, les démocrates vont tenter d'expliquer que le pays ne s'en sort pas si mal, qu'avec les républicains la sortie de crise ne serait pas assurée et, exemples à l'appui, que l'économie repart (doucement). Argument supplémentaire: l'entourage d'Obama expliquera que, depuis le mi-mandat, le président ne peut pas mettre en oeuvre sa politique puisque l'opposition républicaine, majoritaire au Congrès, bloque ses projets de loi... en particulier fiscaux. Ainsi, si les riches ne sont pas plus taxés et contraints à un effort de solidarité, c'est de la faute du camp Romney et, en particulier, de Paul Ryan, qui mène ce combat en première ligne. L'argument sera-t-il efficace? Le résultat le dira.

 

Quoi qu'il en soit, cette campagne électorale américaine confirme une chose (qui serait également vraie de ce côté-ci de l'Atlantique): quand elle est au pouvoir, la gauche n'est jamais aussi radicale et n'applique que partiellement ses promesses révolutionnaires. Car, avec les mains libres dont il disposait au début de son mandat, Barack Obama aurait pu faire bien plus que ce qu'il a fait. Certes, son projet-phare d'assurance maladie, couvrant les besoins des plus pauvres et instaurant une dose jusque-là inconnue de solidarité, s'est concrétisé... au point d'être maintenant attaqué par le camp adverse ! Mais, au-delà de cette réforme érigée en symbole, le bilan est maigre. La lutte contre la spéculation et ses ravages tant pour l'économie que pour les citoyens n'a pas été menée. A l'échelle mondiale, les grands dossiers n'ont pas été réglés. La crise continue. Et les électeurs de gauche n'ont pas pu apprécier l'efficacité des mesures audacieuses pour lesquelles ils avaient voté... puisqu'elles n'ont pas été testées !! Reste, maintenatn, à savoir si le peuple américain se contentera de ce qui a été fait, renouvelant sa confiance à une équipe progressiste pour qu'elle achève ce qu'elle a commencé... ou s'il choisit de renverser la table en donnant les clés du pays à une vision sans doute trop libérale pour aller dans le bon sens ! Un choix bien complexe.

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 12:41

Pour attaquer la rentrée politique, médiatique (et bientôt, scolaire), j'ai décidé de consacrer cette dernière semaine d'août à la problématique du Développement durable. Or, heureux hasard, plusieurs occasions me sont offertes par l'actualité:

1- La "sortie" de M. Montebourg sur le nucléaire (voir mon article ICI);

2- La maîtrise du prix de l'essence en attendant un mécanisme plus abouti pour, peut-être, préparer, l'après-pétrole;

3- Le retour, dans les tablettes du gouvernement, d'une proposition d'EELV que je soutiens depuis quelques années: la mise en place de tarifs progressifs sur les énergies que sont l'eau, l'électricité et le gaz. Dans le projet initial, déjà porté par Mme Voynet à la présidentielle de 2007, il s'agissait de rendre les premières consommations, dites de première nécessité, gratuites (quelques litres d'eau, quelques kWh d'électricité... par personne) puis de faire payer, à un tarif supérieur à celui d'aujourd'hui, toute consommation supérieure pour inciter les citoyens à faire des économies ! A priori, le projet de l'actuelle équipe gouvernementale sera l'égèrement différent: les premières consommations seront facturées à un tarif inférieur à celui pratiqué actuellement et tout dépassement à un prix supérieur...

 

A mes yeux, une telle disposition, favorable aux consommateurs qui maîtrisent leur usage de ces énergies et pénalisante pour ceux qui ne font pas attention, va dans le bon sens. Même, elle n'est pas suffisante... J'attends, en effet, de l'actuelle majorité que ce quinquennat soit celui de l'application audacieuse de véritables politiques durables, faisant de la protection de l'environnement non pas une fin en soi, mais le moyen de créer des emplois utiles et, pourquoi pas, de rééquilibrer les finances de l'Etat. Or, après plus de trois mois au pouvoir, le bilan est mince... Alors que, sous Sarkozy, le ministère du Développement durable avait, symboliquement, une belle place dans l'organigramme gouvernemental et qu'une multitude d'actions a été entamée (notamment le célèbre Grenelle de l'Environnement, porté par M. Borloo), la ministre hollandaise de l'Environnement, Mlle Delphine Batho, est bien silencieuse. Absente, même, de cette rentrée politique. Or, à défaut de la voir parmi les porte-feuilles prioritaires du nouveau Président, j'attends qu'elle se montre, qu'elle agisse, qu'elle lance des réflexions, qu'elle convoque de grandes conférences, qu'elle fasse peser la notion de développement durable dans un maximum de choix gouvernementaux !

 

Or, en la matière, il y a de quoi faire... et des idées existent. Offensive sur ce terrain pendant les primaires, Ségolène Royal avait avancé une philosophie du développement durable que Mme Batho, qui a hérité de sa circonscription dans les Deux-Sèvres et qui fut sa porte-parole en 2007, ferait bien de reprendre à son compte. Il s'agit d'inventer des dispositifs fiscaux incitatifs (favoriser les "bons" comportements et pénaliser les "mauvais") dès lors que les citoyens ont pu se voir proposer différents dispositifs, souvent subventionnés, pour réduire leur "empreinte écologique". En clair, avant de pénaliser financièrement les citoyens les plus pollueurs, l'Etat doit les aider à investir dans des outils qui leur permettent d'atteindre cet objectif. Premier exemple concret: il serait intéressant d'envisager de faire payer aux contribuables une taxe d'enlèvement de leurs ordures proportionnelle au poids des déchets ramassés (ce qui existe déjà, me semble-t-il, dans certaines communes). Avec deux conditions préalables: 1- que les marques mettent tout en oeuvre pour proposer des produits avec moins d'emballages (ce qui n'est pas encore le cas); 2- que chaque ménage soit équipé de poubelles indentifiables (par un système de code-barres) qui puissent être pesées par le camion de ramassage. Ainsi, plus un ménage jette d'emballages, plus il paie d'impôts... ce qui l'inciterait à surveiller ses achats et sa gestion des déchets !

 

Deuxième exemple concret, tiré d'une expérience récente. Suite à un démarchage par téléphone, EDF m'a proposé de modifier mon installation de chauffage. Le commercial qui est venu chez moi m'a averti d'une situation peu médiatisée: dans le cadre du Protocole de Kyoto, tout ménage n'ayant pas fait en sorte de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre via des dispositions écologiques pourra être sanctionné. Ce n'est pas le texte qui le dit en ces termes. Mais, l'Etat considérant que son engagement d'une réduction de 20% à l'horizon 2020 devant être également le fruit des efforts de ses citoyens, il serait envisagé d'augmenter les impôts directs des ménages n'ayant pas atteint cet objectif dans leur logement. En clair, un diagnostic énergétique permettrait de voir si le propriétaire d'une Aerothermie_schema.gifmaison a investi dans des dispositifs lui permettant de réduire ses émissions de CO2 (isolation, source de production de chauffage, gestion de l'eau...). Dans le cadre de ce démarchage, le commercial m'a proposé d'équiper ma maison d'un système d'aérothermie (voir schéma).

 

Le principe est simple: la pompe à chaleur capte l'air extérieur, collecte les calories qu'il contient et les transforme en énergie permettant de chauffer un fluide qui alimente les radiateurs et chauffe l'eau, avant de rejeter à l'extérieur l'air épuisé. La pompe remplace alors la chaudière à gaz. Coût du dispositif: le financement de la pompe remplace la facture de gaz (annulée, puisque cette énergie n'est plus du tout utilisée... sauf, semble-t-il, pour faire fonctionner une gazinière) sur 10 ans. Dans mon cas, au lieu de payer 115€ de gaz, je paierai 160€ sur 120 mois, incluant la facture d'électricité (qui connaît une légère hausse, liée à l'énergie nécessaire pour faire tourner la machine). A l'issue de ces 120 mois, il ne restera qu'une facture d'électricité... puisque la nouvelle machine fonctionne sans autre énergie payante ! Au final, cette pompe (coût global: 19.200 €) permet de sortir de la dépendance au gaz, énergie non renouvelable dont le prix ne fera qu'augmenter à l'avenir.

 

Plus que le système lui-même, c'est la démarche qui m'intéresse. Elle correspond exactement à ce que j'attends: une entreprise propose un dispositif écologique dans lequel le client peut investir pour diminuer, à long terme, sa facture et sa consommation énergétique... tout en permettant au logement de passer de la catégorie D à la catégorie B, ce qui lui apporte une belle plus-value en même temps que de participer aux objectifs nationaux de réduction des gaz à effet de serre ! L'important est que tout le quinquennat hollandais suive cette orientation, encourageante à court terme puis pénalisante à long terme !

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 08:19

Sans mauvais jeu de mots: l'actualité nucléaire est... explosive, si bien que les médias commencent à entrevoir une possible scission entre la majorité socialiste et ses amis Verts. Deux ministres très en vue du gouvernement Ayrault ont, en effet, froissé EELV: Arnaud Montebourg a ouvert le bal, rejoint ensuite par Manuel Valls, pour affirmer que l'énergie nucléaire devait être "une filière d'avenir". Il faut dire que l'ancien candidat à la primaire s'exprime en tant que ministre du Redressement productif et que le nucléaire, porté par l'entreprise Areva (et bientôt par EDF qui s'y engouffre de plus en plus), est une énergie qui reste compétitive. D'ailleurs, dès l'automne 2011, l'ex-député de Saône-et-Loire expliquait sa position: "Ce qui est en jeu, c'est l'industrie française, les centaines de milliers d'emplois de l'industrie nucléaire (...) Ce qu'il faut organiser, c'est d'abord la sortie du pétrole, pas celle du nucléaire. L'atome est justement l'outil pour assumer cette transition. C'est le moyen d'avancer sur le chemin de la réindustrialisation" (source: site du journal Le Monde).

 

Il faut dire que malgré l'accident de Fukushima, cette industrie conserve de sérieux atouts. Non seulement, grâce à Areva, la France est leader dans ce domaine (ce qui lui garantit des emplois stables pour les prochaines décennies), mais, en ces temps de crise, l'électricité produite par le nucléaire reste la plus compétitive, bien moins chère que celle produite par les énergies renouvelables... ce qu'il faudra savoir inverser dans les prochaines années. Car, au fond, l'enjeu des prochaines décennies (et donc du quinquennat de François Hollande), c'est d'organiser, de manière concertée, réfléchie et progressive, la transition énergétique. Baisser la part du nucléaire dans la production nationale. Fermer les plus vieilles centrales, rénover celles qui gardent du potentiel et construire les réacteurs du futur, plus puissants et plus sécurisés... qui devront supporter la part future du nucléaire. Et, dans le même temps, investir dans la recherche sur les énergies propres pour qu'elles deviennent plus rentables et qu'en les proposant aux consommateurs, elles gagnent leur part dans la production nationale.

 

Or, cette transition, elle ne se fera pas du jour au lendemain. Pour qu'elle soit réussie, elle suppose de se faire en douceur, garantissant à la filière nucléaire française de ne pas être destabilisée... Ainsi, pendant une période qu'il reste à déterminer, les emplois créés dans les énergies renouvelables viendront s'ajouter aux emplois conservés dans le nucléaire pour l'entretien, le démantèlement ou la construction des centrales. C'est la stratégie voulue par Arnaud Montebourg (que la presse et l'opposition ont résumé à une phrase plus "osée"). C'est aussi une stratégie que le nouveau patron d'Areva, Luc Oursel, ne reniait pas il y a quelques mois sur France Info... dans une vidéo que j'avais alors sauvegardé dans un article que je n'avais pas eu le temps de publier à l'époque. Voici l'occasion de la ressortir:

 



 

On le voit: la bonne santé économique d'Areva, pourvoyeur d'emplois tant en France qu'à l'étranger, mais aussi porte-parole de la France dans un domaine d'excellence, n'est pas forcément opposée au développement des énergies alternatives. Investir dans l'éolien, le solaire ou l'aérothermie (voir un prochain article) peut se faire tout en restructurant le parc nucléaire français, avec le double objectif d'en diminuer la part sans la faire disparaître de notre territoire. On touche là à un vrai sujet durable (mêlant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux), sur lequel François Hollande devra rendre des arbitrages et fixer un cap... A mes yeux: un bon test pour sa crédibilité !

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 06:31

Exercice de politique-fiction, ce dimanche, pour aborder la riche actualité étrangère et diplomatique de ces dernières 72 heures. Je me mets dans la peau d'un chef de la diplomatie française, locataire du quai d'Orsay, revenant d'une tournée au Proche-Orient, de la Turquie au Liban en passant par Israël et l'Egypte. A mon retour, j'accorde l'interview suivante à un quotidien réputé de la presse écrite.

 

"Le Quotidien : ce vendredi, la justice russe a condamné à deux ans de camp de travail les trois chanteuses d'un groupe qui avaient dénoncé la politique de Poutine dans une église orthodoxe. Que pensez-vous de cette condamnation?

M. le Ministre : Malheureusement, ce n'est que la confirmation de ce que nous savons depuis longtemps. La Russie de M. Poutine n'est ni une démocratie, ni un régime qui respecte les droits de l'homme. Et cette affaire le prouve. Que le pouvoir politique puisse influencer une décision de justice, c'est choquant. Que la condamnation prononcée soit une atteinte à la liberté d'expression, ça l'est également. Que les jeunes femmes ait été condamnées à des travaux dans un camp, on se croirait revenu aux heures sombres de l'URSS. Pour toutes ces raisons, la France condamne cette décision avec indignation et fermeté.

 

Ne craignez-vous pas que les réactions internationales ne froissent M. Poutine, dont vous avez par ailleurs besoin pour gérer le dossier syrien?

Vous savez, il n'est pas interdit, en matière diplomatique, de vouloir remettre dans le droit chemin un pays ami quand il dérape. C'est au nom de l'amitié entre nos deux peuples et pour voir la Russie s'inscrire pleinement dans le XXIème siècle qu'il est de notre responsabilité de la critiquer. Les grands dirigeants de ce monde ne se gênent pas pour critiquer certaines décisions de l'UE; pourquoi ne ferions-nous pas de même?

Dans ce cas, il s'agit tout de même d'un régime autoritaire qui a déjà utilisé des représailles par le passé.

C'est aussi une raison pour laquelle il ne faut pas céder. Pour régler le dossier syrien, il nous faudrait, dans l'idéal, l'aide de la Russie et de la Chine. Ces deux pays bloquent tout processus depuis des mois et des mois. Il arrivera un moment où la diplomatie sera impuissante. Avant cela, que l'on agisse avec ou sans la Russie, il faudra agir. A M. Poutine de savoir de quel côté il veut se placer: s'il choisit le camp Assad, nous n'aurons pas de scrupule à être dans l'autre !

 

Comment comptez-vous agir en Syrie? Une intervention militaire est-elle à l'ordre du jour? Et peut-elle se faire hors de l'ONU?

Le diplomate que je suis préférerait une solution négociée. Mais, depuis des mois, force est de constater que les pressions, qu'elles soient politiques ou économiques, ne changent rien à la situation. La communauté internationale est clairement fragilisée et impuissante: quoi que l'on fasse, le régime syrien continue ses exactions et enfonce le pays dans une guerre civile dramatique. Plus le temps passe, plus l'hypothèse d'une intervention militaire se renforce. Or, sans l'accord du Conseil de sécurité, une telle intervention serait entâchée d'illégitimité. A moins que nous trouvions une alternative: l'OTAN ou l'UE pourraient être un cadre d'action. Mais, là encore, nous devons faire l'unanimité avec nos partenaires de bonne volonté. Mais, plus nous attendons, plus la situation se complexifie. Nous sommes dans un cercle vicieux des plus dangereux, dont il est difficile de sortir.

 

Le président vous avait demandé de vous rendre dans les pays voisins, Turquie et Liban notamment. Pourquoi avez-vous prolongé votre tournée en vous rendant en Israël puis en Egypte?

Justement, j'ai considéré que le dossier syrien n'était que le nouveau maillon d'une situation régionale bien plus explosive. Depuis des décennies, les problèmes s'accumulent dans cette zone: conflit israélo-palestinien, régime autoritaire à Téhéran, menaces du Hezbollah au Liban et sur Israël, instabilité de l'Irak, révolte du peuple kurde. Longtemps, la région ne s'est pas enflammée; on croyait qu'un régime fort en Egypte ou qu'un régime moderne en Syrie empêcheraient la montée de l'islamisme et l'embrasement général. Depuis, l'aspiration des peuples nord-africains à la démocratie se propage... Au final, le Proche-Orient est un baril de poudre, au même titre que les Balkans à la veille de la Première guerre mondiale. Il faut donc éviter qu'une allumette ne vienne tout embraser. Or, si le conflit syrien n'est pas endigué, il peut être cette flamme ! Nous avons donc besoin de tous les partenaires de la région pour agir. A long terme, il s'agira d'organiser une grande conférence régionale, sous l'égide de l'ONU et de l'UE, pour régler les racines du mal (tracé des frontières, statut de Jérusalem). Mais, avant cela, il faut que les pays concernés se démocratisent. Nous devons encourager les régimes locaux à inventer un modèle démocratique qui ne soit pas celui de l'Occident. L'Egypte peut être à l'avant-garde. Les régimes amis (Arabie saoudite, Jordanie) doivent se lancer avant que la révolte ne les frappe. Les régimes dangereux (Iran, Syrie) doivent être renversés et remplacés !

 

Cette grande conférence se fera-t-elle avec l'Iran? Comment la France réagit-elle aux dernières déclarations du président Ahmadinejad, qui souhaite éradiquer le "cancer israélien" dans les plus brefs délais?

L'Iran est un problème. Je dirais que c'est le véritable "cancer" de la région. Ce pays n'aura sa place autour d'une table de négociations que lorsqu'il devriendra démocratique. Le jour où M. Ahmadinejad, par une révolution interne que nous pourrions soutenir, sera chassé et remplacé par un régime plus stable, l'Iran deviendra un partenaire incontournable. Quant à l'actuel président, il veut montrer qu'il existe: cette sortie médiatique, qui est une gesticulation de plus, doit tout de même nous inquiéter.

Pour conclure, pouvez-vous nous dire quelle sera la place da diplomatie européenne dans ce processus? La France sera-t-elle à l'avant-garde ou partagerez-vous ces objectifs avec Mme Ashton, par exemple?

Mon souhait le plus cher serait que l'UE soit à l'avant-garde. Non pas en tant que somme de 27 pays qui mèneraient une déiplomatie commune (quoique, sur la Syrie, on doit pouvoir atteindre l'unanimité), mais en tant qu'institution à part entière. Or, dans l'état actuel des choses, cela semble inenvisageable ! Je m'en désole. La France fera tout pour que cela arrive un jour... peut-être d'ici à la convocation de ladite Conférence."

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Published by Aurelien Royer - dans Affaires étrangères
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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 10:19

Numéro du 18 août :

(attention: pas de "parution" le 25 août !)

 

Hebdo-du-18-aout.jpg

 

Mon éditorial: "Lu, dans le Courrier des lecteurs d'un journal local, un commentaire du style: "François Hollande avait promis qu'il redresserait la situation de la France dans les cent jours; raté !" Soit l'auteur de cette remarque est stupide, soit, hypothèse plus probable, il n'a pas suivi avec attention la dernière campagne électorale ni lu avec précaution le projet présidentiel du candidat Hollande. Inquiétant, pour notre démocratie, que des citoyens puissent encore croire que les politiciens, aussi déterminés soient-ils, puissent changer les choses, sur le plan social et économique, en si peu de temps !

Les 100 premiers jours de François Hollande, c'est l'histoire d'une incompréhension: alors que le Président normal prend le temps de la concertation et de la réflexion, les Français attendent des décisions fortes qui puissent transformer leur quotidien. Malgré le vote de mesures jugées symboliques par la majorité (essentiellement, des retours en arrière... sur la TVA sociale, les droits de succession, la défiscalisation des heures sup'), les Français ne perçoivent pas de changement. La plus symbolique des mesures (la baisse du salaire de nos dirigeants) ne concerne d'ailleurs pas les citoyens... Ainsi peut-on sans doute expliquer la faible popularité du chef de l'exécutif, le pessimisme des Français et la faible confiance qu'ils accordent à la gauche au pouvoir !

Dès lors, que faire? Bloquer les prix des carburants? Attendons début septembre. Lutter contre le chômage? Le gouvernement tente de limiter l'hémorragie... mais le contexte fragilise les grands groupes qui multiplient donc les plans sociaux. La situation est donc critique et plusieurs ministres, attaqués par l'opposition droitière, sont sur le terrain. Ces ministres hyperactifs, Jes6 les avait identifié début juin: Arnaud Montebourg a porté les premières semaines en concrétisant ce qui sera le grand "changement" du quinquennat, le dialogue social (bientôt constitutionnalisé?) ou encore Christiane Taubira, qui a mis son franc-parler au service d'une autre conception de l'enfermement pour lutter contre la récidive des mineurs (bel échec du sarkozysme !).

Le 3ème, c'est Manuel Valls, "hyperministre" de l'Intérieur qui a eu l'occasion d'être sur le terrain ces derniers jours: comparé à l'un de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy, il subit lui aussi les attaques de la droite. Conseiller à la sécurité au sein de l'UMP, Eric Ciotti appelle à "différencier l'action et la communication", estimant que le gouvernement s'enferme dans la seconde... Il est vrai que, du temps de super-Sarko, la communication n'était pas une priorité. Les déplacements présidentiels, extrêmement réactifs, sur les lieux de tous les faits divers, ont-ils permis de réduire la délinquance? On croit rêver !".

 

Comme d'habitude, voici la liste de mes articles de la semaine:

- 100 jours en Hollandie: faux départ?

- L'actualité de Manuel Valls: Amiens-Nord, Roms: la Loi doit être plus forte !

- Polémique sur le mariage homo: Politique familiale: 2013, année zéro?

- Une idée lecture pour la fin de l'été: "Monsieur le Commandant" de Romain Slocombe;

- Pour faire suite à cet éditorial, vous pouvez aussi revoir la "Une" du 2 juin dernier sur laquelle je mettais à l'honneur les trois ministres dont il est question ce jour: cliquez ICI.

 

Je vous annonce, par ailleurs, que Jes6 fait une pause la semaine prochaine: en vacances dans la région de La Rochelle pour la semaine (une belle semaine, chaude et normalement ensoleillée, pour un vrai repos... avant la reprise des cours dans deux semaines !), je ne publierai donc pas d'articles avant lundi 27, au mieux. Mais, le rythme des publications devrait baisser: avec la reprise du boulot, mon emploi du temps redeviendra bien chargé ! Bonne semaine à tous !

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Published by Aurelien Royer - dans Jes6 Hebdo
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