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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 17:24

Allumer sa radio. Entendre le correspondant de France Info à Jérusalem évoquer les tensions dans la bande de Gaza. Et, soudain, entendre, en fond sonore, le bruit d'une roquette tirée par les Palestiniens pour toucher les villes du sud d'Israël.

 

Alors que les caméras et micros du monde entier sont braqués vers le Proche-Orient, qui fait l'ouverture des journaux télévisés, les peuples israélien et palestinien vivent dans la peur. Peur de voir leur misère se généraliser dans les rues d'une Gaza-ville détruite par les raids de l'aviation israélienne qui font de jeunes victimes civiles innocentes. Peur des citoyens israéliens, victimes des décisions de leur gouvernement et contraints, en entendant les alertes, de gagner l'abri le plus proche en attendant que les défenses anti-aériennes ne détruisent les roquettes palestiniennes. Et, chaque jour, le décompte des morts se poursuit. Le nombre de bombes larguées et de dégâts matériels s'accroît. La tension monte: on choisit, dans les rédactions, de parler d'escalade... Mêmes causes, mêmes conséquences, mêmes limites. D'un côté, le gouvernement israélien mène des actions militaires, d'abord aériennes puis terrestres, visant à décapiter le mouvement Hamas en tuant ses responsables... sous des visées électoralistes que les journalistes en manquent pas de souligner, expliquant que le Premier ministre Netanyahu prépare le terrain d'une réélection au scrutin anticipé de janvier prochain. De l'autre, par vengeance, les extrêmistes palestiniens répliquent, enterrent leurs martyrs et promettent les portes de l'Enfer aux Israéliens.

 

Pendant ce temps, la communauté internationale cherche comment agir. Le jour même des premiers raids de l'Etat hébreu, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunissait. Depuis, silence radio. Preuve que Ban Ki-Moon n'a pas l'envergure suffisante pour stopper l'escalade. Preuve que l'ONU faillit, une fois de plus, à sa mission de préserver la paix en intervenant dès le début d'un risque de conflit. Mais, de ce côté-là, je n'attends rien: cela fait des années que cette instance, jugée illégitime par de nombreux Etats et bancale tant qu'elle ne sera pas réformée (dans sa composition notamment), ne pèse que sur les sujets consensuels comme la lutte contre les freins au développement des Etats pauvres.

 

Mais, dans cette nouvelle menace de conflit proche-oriental, il n'y a pas que l'escalade de la violence qui inquiète... Il y a aussi l'inaction de deux récents prix Nobel de la Paix, récompensés pour de mauvaises raisons. Que fait Barack Obama, fraîchement réélu, si ce n'est soutenir Israël dans son action militaire via sa représentante à l'ONU? Il fut un temps où le président américain a soulevé un immense espoir sur la scène internationale: le fameux discours du Caire, qui a servi à justifier son Prix, devait ouvrir une nouvelle ère des relations occidentalo-musulmanes; la rencontre Netanyahu-Abbas en septembre 2009 à Washington (photo) rappelait la rencontre Arafat-Rabbin devant le président Clinton.

 

Obama_Orient.jpg

 

Mais, après quatre ans à la Maison-Blanche, quel est le bilan du chef d'Etat américain? Un retrait programmé d'Afghanistan, certes. Des initiatives et des beaux discours, pleins de bonnes intentions: il en faut ! Mais bien peu d'avancées sur les gros dossiers diplomatiques. De ce point de vue, le tandem Obama-Clinton (qui n'existera plus en janvier, quand l'épouse de l'ex Président aura rendu les clés du secrétariat d'Etat) a échoué. Ce qui m'inquiète, c'est que les USA restent inaudibles... A moins qu'Obama ne comprenne que, libéré de l'objectif d'une réélection, il va devoir accélérer le mouvement pour que son second mandat ait plus de saveur et de succès que le premier ! Sur la scène mondiale, surtout.

 

Autre grand absent de ce dossier: l'Union Européenne. Récompensée cette année (2012) pour le succès d'un concept inventé il y a plus de 60 ans par des personnalités depuis longtemps décédées, l'UE ne pèse pas sur les affaires du monde. Ses trois dirigeants iront, le mois prochain, cherché le Prix Nobel de la Paix et s'auto-féliciteront d'être les héritiers de politiciens qui ont pacifié un continent longtemps déchiré par les guerres. En attendant, j'aurais beaucoup apprécié (mais, c'est mon côté euro-enthousiaste excessif qui ressort) que l'un de ses dirigeants (ou Mme Ashton dont, sauf erreur, c'est le boulot !) prenne enfin la peine d'exporter le concept de paix hors des frontières de l'UE. A quand une Union qui prenne des initiatives d'ordre diplomatique, qui interpelle les faiseurs de guerre des autres continents, qui monte au créneau chaque fois qu'un conflit menace d'enflammer une région et de tuer des innocents? Visiblement, ce sera pas pour 2012 !

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Published by Aurelien Royer - dans L'actualité de l'UE
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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 16:54

Je n'ai pas l'habitude de commenter l'actualité de la droite. Parce que je déteste quand la droite commente, souvent mal d'ailleurs, l'actualité de la gauche: me sentant de gauche, je ne veux donc pas faire ce que je reproche aux gens de droite. Pourtant, ce qui se passe en ce moment à l'UMP ne peut laisser indifférent. Car, à moyen terme, l'élection du président de ce parti, disputée aujourd'hui, aura des conséquences sur notre vie politique. J'ai donc envie, ce dimanche de scrutin, d'exprimer quelques remarques.

 

Le vote d'aujourd'hui clôture une campagne particulièrement longue et, au final, peu instructive. Plus qu'un combat d'idées, cet affrontement fratricide entre deux figures de l'UMP s'est surtout résumé à un combat de slogans ("la droite forte", "la France droite", "la droite décomplexée"... soit autant de micro-mouvements qui se rangent derrière l'un ou l'autre des candidats) et à un combat de style. Bref, la droite, orpheline de son président battu, doit se trouver un nouveau leader... qui pourrait n'être qu'un leader de transition en attendant de désigner le candidat à la prochaine présidentielle, scrutin pour lequel les candidatures se bousculent déjà. A croire que la droite se gauchise: le président du parti se sera plus, au lendemain du scrutin, le leader naturel et charismatique à la présidentielle; le parti se subdivise en multiples courants dont chacun est porté par un leader ambitieux (ici, Laurent Wauquiez, là NKM, ailleurs Bruno Le Maire...).

 

Le vote d'aujourd'hui, rappelons-le, est un vote de militants, qui concerne donc le coeur du peuple de droite, soit quelques centaines de milliers de personnes. Or, l'une des erreurs de nos commentateurs est de faire de ce scrutin un rendez-vous majeur, voire incontournable de la vie politique. 1- Les sondages, qui donnent M. Fillon populaire auprès des sympathisants, ne reposent pas sur les militants mais sur les sympathisants de la droite... Ce qui n'est pas pareil ! 2- Le duel télévisé, diffusé sur France 2, n'a intéressé que bien peu de téléspectateurs. Il faut dire que, contrairement à ce que disait M. Copé ("la gauche a eu droit à son débat sur le service public, alors pourquoi pas la droite?"), ce vote n'étant pas ouvert à l'ensemble des électeurs, comment espérer intéressé des téléspectateurs qui, au moment de départager les deux candidats, ne peuvent pas le faire s'ils ne sont pas militants? 3- Il semble y avoir un tel décalage entre l'intérêt des médias et la réalité du terrain: nombreux sont les élus locaux (maires de petits villages de province - il n'y a qu'à lire la presse régionale) à ne pas se reconnaître dans ce duel très parisien, entre des personnalités qui ont marqué l'histoire du parti.

 

Bref, pour ma part, j'attends de connaître le taux de participation. Alors que les médias s'interrogent sur les possibles fraudes ou un résultat plus serré qu'annoncé (par eux-mêmes, d'ailleurs), c'est le degré de mobilisation des militants qui en sera le principal enseignement. Reste, pourtant, que le résultat du vote aurait pu donner au principal parti d'opposition une orientation majeure... "Aurait pu" car, quelque soit le résultat, l'objectif (légitime) de l'UMP sera de gagner les scrutins locaux pour, telle la gauche ces dix dernières années, revendiquer l'opposition des Français à la politique du gouvernement. "Aurait pu" car, quelque soit le résultat, ce sont les primaires de 2016 qui détermineront la nature du projet présidentiel que l'UMP présentera pour incarner l'alternance au hollandisme. "Aurait pu" car, si le débat avait été mieux mené (sans envie de cliver ni de draguer un électorat restreint), la droite aurait pu choisir une ligne politique. A l'inverse, on nous a réduit ce duel à un affrontement entre "le bon et le mauvais cholestérol", pour reprendre l'excellente analyse de Natacha Polony dans "On n'est pas couché" (du 10 novembre dernier): au méchant Copé, au discours droitier qui chasse sur les terres du FN avec des thématiques extrêmes, s'oppose le gentil, posé et centriste Fillon qui espère être le mieux placé pour battre Hollande.

 

J'estimais, il y a quelques semaines, que la droite était parvenue à destabiliser et la gauche et le gouvernement. Avec ce scrutin interne, l'UMP s'est affaiblie: pas étonnant que nombreux soient les militants et sympathisants UMP à croire et espérer un retour de Sarko en 2017 !

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Published by Aurelien Royer - dans Les campagnes électorales
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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 10:04

La CSG augmentera-t-elle? La TVA restauration à 7% va-t-elle être prochainement enterrée? L'équipe Gallois aura-t-elle travaillé pour rien si, une fois présenté, son rapport est aussitôt enterré? Un coup sera-t-il porté à la loi sur les 35 heures, principal héritage de la gauche au pouvoir?

 

Autant de questions qui se posent dans un contexte où le plus grand flou semble règner au sommet de l'Etat. Force est de constater, en effet, que deux mois après la rentrée politique, l'exécutif est à la peine. François Hollande joue la carte de l'international, recevant à Paris les grands décideurs mondiaux: les patrons du FMI, de la Banque Mondiale ou encore de l'OMC, acteurs et défenseurs d'une mondialisation ravageuse, sont venus demander des comptes à notre Président, lequel a, une nouvelle fois, boté en touche... annonçant qu'il allait annoncer des mesures dans les prochains jours. "Le temps de l'échauffement est terminé, il va falloir passer au rythme de croisière" plaidait dernièrement Ségolène Royal, traduisant ainsi l'impatience des Français, et notamment des électeurs de la gauche, de voir des décisions prises. Le gouvernement nous demande de la patience. Il est clair que, depuis presque six mois, il en faut !

 

Il y a encore quelques semaines, je partageais pleinement la stratégie de M. Hollande et de son gouvernement. 1- Application de promesses de campagne parmi les plus symboliques, qui ne nécessitent pas d'attendre (comme, dernièrement, le remboursement à 100% des IVG); 2- Attendre l'examen du budget 2013 pour mettre en oeuvre la politique fiscale qui devait être l'une des principales réponses à la crise; 3- Laisser le temps aux partenaires sociaux de s'emparer des dossiers prioritaires pour faire leurs propositions (comme, dernièrement, sur les dépassements d'honoraires des médecins). D'une manière générale, cette méthode me convenait puisque l'équipe au pouvoir ne cédait pas à la tentation (sarkozyenne) de faire coincider le temps politique (qui nécessite réflexion, examen de la situation et confrontation des points de vue) et le temps médiatique (qui suppose une succession d'annonces aptes à alimenter les gazettes... et à nourrir l'appétit du monde économique). Il y a encore quelques semaines, j'acceptais d'entendre, dans la bouche du Président, que la crise n'était pas finie, qu'il faudrait au moins deux ans de travail et de réformes pour redresser la situation... et espérer voir le chômage baisser.

 

Désormais, j'avoue ne pas comprendre ce que veut le gouvernement. Du côté du chef de l'Etat, on se presse de nous faire croire que la crise est derrière nous et que l'on aperçoit enfin la fin du tunnel. Je me souviens d'une époque où Mme Lagarde, encore ministre de l'Economie, disait la même chose. De longs mois ont passé et il n'en était rien: pourquoi serait-ce différent cette fois-ci? M. Hollande est-il de ces politiciens qui choisissent de mentir au peuple en espérant que le retour de la confiance permette, presque par magie, de redresser le pays? Par ailleurs, le Président a récemment annoncé qu'il réfutait l'idée d'un "choc de croissance" (celui que tous les candidats à la Présidentielle promettent pour le lendemain de leur élection), préférant réaliser un "pacte de croissance". Sur le papier, c'est attractif... mais quand ledit pacte ne se traduit par aucune mesure concrète, on reste sceptique. Or, pendant ces temps où rien n'est décidé et où aucun objetif n'est fixé, les couacs (dont patronat et droite se régalent) se multiplient. Faute de savoir où le Président veut aller, les ministres parlent pour ne rien dire, se contre-disent, rattrapent leurs bourdes. Pendant ce temps, les Français attendent. Encore et encore.

 

Autre problème: le Premier ministre, qui devrait occuper tout son temps à redresser le temps et rendre des arbitrages en matière de politique intérieure, semble occuper à d'autres choses. Or, qu'a fait M. Ayrault en quelques mois? Inaugurer et clore des conférences sociales ou environnementales avec de beaux discours creux. Se rendre dans des pays étrangers où, à mon sens, un Premier ministre n'a rien à faire... car c'est le domaine de compétence du chef de l'Etat et du chef de la diplomatie ! Ou encore passer trois jours à Toulouse pour recharger ses batteries, attaquer la droite (ce qui ne sert à rien) et recharger ses batteries devant des militants sommés de valider les choix élyséens (pour la désignation de M. Désir, par exemple). Et, quand il revient à Paris, confronté aux réalités, il se contre-dit, lâche des petites phrases qui font le jeu de l'opposition et qui, montées en dérision, décrédibilisent sa parole dans les médias... Sans oublier d'appeler les Français à attendre ! Attendre que les rapports arrivent sur son bureau. Attendre que le gouvernement rende ses arbitrages et, là, vous allez voir ce que vous allez voir.

 

Sauf qu'en attendant, rares sont les commentateurs (ou même les citoyens avertis) à savoir ce que le gouvernement décidera ! En théorie, on sait que la réforme fiscale va matraquer les riches... pendant deux ans. Sans savoir ce qu'il adviendra après. En théorie, on sait que les mesures sarkozyennes seront détricotées les une après les autres... au détriment des travailleurs qui font des heures supplémentaires. Ce qui pêche, en ce moment, c'est le décalage extraordinaire entre la motivation intellectuelle du gouvernement (plutôt bonne... et validée par une majorité de Français de façon démocratique) et le bénéfice économique et social de sa politique. A cela deux exemples:

1- Les heures sup' refiscalisées: sur le papier, c'est une bonne idée. On incite ainsi les patrons à retirer des heures sup' aux travailleurs pour embaucher à la place de nouvelles personnes. Sauf que, dans la réalité, le patron maintient les heures sup' à ses salariés, lesquels gagnent moins... l'écart étant redonné à l'Etat sous forme d'impôts ou de cotisations sociales. Bilan: pas de créations d'emplois. Donc, une mesure ratée !

2- Relever la TVA dans la restauration: là encore, en théorie, c'est une bonne idée. Puisque le passage de 19,6 à 7% n'a pas apporté les effets escomptés (baisse des prix, embauches, hausse des salaires), le gouvernement veut faire machine arrière. Les patrons du secteur protestent: "Si on revient à 19,6%, on va détruire 100.000 emplois". Personne, au pouvoir, n'est capable de poser cette question: "Pourquoi alors ne pas avoir créer 100.000 emplois quand on a fait l'opération dans l'autre sens?".

 

Bref, seulement six mois ont passé. Et déjà le gouvernement est en grande difficulté, laissant une place vide que l'opposition parvient à occuper assez efficacement. Si bien que le résultat de l'élection du 6 mai est déja contesté. A droite, on se prépare à manifester. Du côté du patronat (comme Sophie de Menthon, sur le plateau du Grand Journal de Canal +, hier soir), on affirme que le programme sur lequel M. Hollande a été élu est infaisable et on l'appelle à en changer... Bref, à faire le contraire de la volonté d'une majorité de Français !

Messieurs les gouvernants, réveillez-vous... Le peuple s'endort !

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Published by Aurelien Royer - dans Economie et finances
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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 09:21

Ce sont les deux mamelles pour qu'un pays soit considéré comme développé. Ce sont les deux axes prioritaires sur lesquels les pays pauvres sont sommés de travailler pour améliorer le sort de leurs habitants. Ce sont donc les deux piliers de l'activité politique auxquels je suis attaché: la santé (lire mon article ICI) et l'école. Cela tombe bien: l'éducation a été décrétée, très tôt dans la campagne présidentielle, comme la première des priorités du quinquennat hollandais. Eduquer les jeunes pour leur permettre d'entrer, avec assurance, dans le monde du travail: c'est la clé de la réussite et de l'avenir de notre société. Sur ce point, je ne peux qu'être d'accord.

 

Reste à savoir comment le gouvernement entend traduire, concrètement, cette belle parole élyséenne. Nombreux sont les chantiers à devoir être ouverts... Et, ici plus qu'ailleurs, la méthode voulue par M. Ayrault semble nécessaire: les conséquences sont trop importantes pour décider dans la précipitation. Il faut donc prendre les sujets un par un, consulter tous les acteurs concernés (profs, élèves, parents, collectivités locales...) et trancher. Déjà la problématique des rythmes scolaires, ouverte sous l'ère Chatel, semble en bonne voie. Le ministre, Vincent Peillon, semble déjà avoir acté le retour à la semaine de quatre jours et demi pour les écoles primaires (soit le même rythme que les collèges), à savoir un travail les lundis, mardis, mercredi matin, jeudis et vendredis. La cause? L'expérience montre que les arguments avancés par les chronobiologistes, préférant une pause en milieu de semaine pour limiter la fatigue des enfants, n'étaient pas valables dans la mesure où les quatre journées étaient plus chargées, donc plus épuisantes. Au final, on semble donc préférer cinq journées de travail, moins chargées, avec un gros moment de repos le week-end. Pourquoi pas?...

 

... Sauf qu'à mon sens, la question des rythmes scolaires ne peut pas se limiter à cette seule considération. Il va aussi falloir trancher sur d'autres aspects; parmi lesquels:

1- Combien de semaines doivent durer les vacances d'été? Six semaines, selon moi, à compter des alentours du 14 juillet, la fête nationale devant clôturer l'année scolaire avec des manifestations festives comme des kermesses, des remises de diplômes...

2- Faut-il accepter que certaines périodes de travail entre deux congés scolaires puissent durer jusqu'à huit semaines? Là encore, une alternance de six semaines de cours et une semaine de vacances semble un bon compromis. Avoir huit semaines consécutives de cours, c'est trop: chaque enseignant peut témoigner que, lors de la semaine précédant les vacances de la Toussaint, nos élèves sont plus énervés, moins concentrés... en un mot: fatigués.

3- Comment structurer, exactement, une semaine de cours... pour faire en sorte qu'entre les cours et des devoirs, cette semaine ne dépasse pas les 35h de travail? Aujourd'hui, un collégien qui fait bien son travail y passe bien plus de 35h !

 

En plus des nombreuses propositions que j'ai déjà avancé sur ce thème, en voici une nouvelle. Voici la journée-type qu'il faudrait appliquer en école primaire et au collège (soit pendant la durée de la scolarité obligatoire). Elle commencerait à 8h par l'accueil des enfants souhaitant prendre leur petit-déjeuner dans l'établissement. La semaine dernière, mon collège organisait son "opération petit-déjeuner": une fois dans l'année, les enfants de 6ème peuvent prendre un petit-déjeuner équilibré, l'infirmière, le cuisinier et les professeurs de SVT faisant un travail sur l'équilibre et l'importance de ce repas. Pourquoi l'institution ne crée-t-elle pas les conditions pour que les enfants des familles qui le souhaitent (notamment celles qui n'ont pas les moyens financiers) puissent venir une heure plus tôt et profiter d'un petit-déjeuner équilibré toute l'année? Dans ce schéma, les cours commenceraient donc à 9h, ce qui permet aux élèves de se lever plus tard et de profiter d'une vraie nuit de sommeil... sachant qu'ils vont se coucher de plus en plus tard. La matinée comporterait trois heures de cours. La pause du midi serait d'une heure et demie (par toujours respectée, notamment au collège où, l'an dernier, elle pouvait se réduire à 45 minutes).

 

Pour ce qui est de l'après-midi, les cours s'étendraient de 13h30 à 15h30, puis laisseraient place, en fin de journée, à deux possibilités: aide aux devoirs encadrée par des enseignants ou pratiques sportives ou artistiques (en rendant celles-ci obligatoires au moins trois après-midis sur cinq). Dans mon esprit, le mercredi deviendrait un jour travaillé sur l'ensemble de la journée, après-midi incluse. Ainsi, la durée maximale de travail serait de 5h de cours par jour (soit 25h sur la semaine), 3h d'aide aux devoirs encadrés et 4h30 de pratiques sportives ou artistiques. Ainsi, les élèves partiraient de leur établissement en ayant fait leurs devoirs... Pour être efficace, ce dispositif doit s'accompagner d'une remise à plat du volume horaire des différentes disciplines, comme le préconise depuis quelques temps: fin de l'obligation d'une seconde langue vivante (pour ne pas embrouiller l'esprit des élèves qui maîtrisent déjà mal le français et leur LV1); obligation de choisir une pratique artistique (arts plastiques ou musique) pour faire une fois 2h au lieu de deux fois une heure actuellement; obligation de pratiquer deux fois par semaine le sport... en vue d'être inscrit, avec une aide financière de l'Etat, dans un club; etc.

 

Pour être complet, il reste une mesure fondamentale que je souhaite rappeler: l'Etat, qui ne doit pas être un champion de la précarité (qu'il dit vouloir combattre quand il s'agit d'entreprises privées... mais auquel il a lui-même massivement recours), doit faire en sorte de supprimer tous les contrats précaires (temps partiels, statut de vacataire très désavantageux, recours aux étudiants sous-payés) pour les transformer en contrats pérennes. Pour cela, la création de nouveaux postes, permettant au corps enseignant de n'être composé que de personnels titulaires ayant réussi les concours, va dans le bon sens... Mais l'Etat doit aussi se préoccuper de titulariser les précaires qu'il a lui-même généré: pour cela, il lui suffit de payer des formations de mise à niveau des contractuels dont il (ab)use en ce moment, afin de permettre à ces personnes de passer un concours leur permettant de devenir titulaire et, ainsi, de gagner une certaine garantie d'emploi qu'ils n'ont pas. Pour l'équilibre et le bon fonctionnement de l'Ecole, c'est IMPERATIF.

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Published by Aurelien Royer - dans Education nationale
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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 18:45

Ca y est, c'est fait: la volonté des éléphants a été validée par la démocratie militante ! Harlem Désir est devenu Premier secrétaire du Parti Socialiste, succédant ainsi à Martine Aubry (l'une des plus mal élues... mais aussi l'une des plus efficaces à ce poste depuis bien longtemps). S'il faut être mal élu(e) pour bien agir, espérons que le fait d'avoir été bien élu n'annonce pas le naufrage de M. Désir à ce poste. En même temps, son bilan risque d'être bien fragile: après la ras-de-marée socialiste sur les régions (en 2004 puis 2010), les prochaines élections régionales (dont on ne sait toujours pas si elles auront lieu, à quelle date et sous quelle dénomination !) pourraient ne pas connaître la même issue.

 

Il faut dire que le Parti socialiste tombe, avec liesse et auto-satisfaction, dans une période bien terne. Après cet épisode du congrès de Toulouse, j'ai une certitude: si je dois (re)prendre la carte d'un parti politique, ce ne sera sans doute pas celle du PS ! A cela plusieurs raisons que je préfère donner en vrac:

- Le Congrès a été l'occasion de recharger les batteries du Premier ministre, qui s'est mis en scène comme chef de la majorité... A mon sens, le chef du gouvernement ne doit pas Desir-Ayrault.jpgretomber dans la basse politique politicienne qui consiste à défendre et incarner son "camp". Il doit travailler, comme les Français, à l'intérêt général. Et, même s'il est issu de ce camp, il n'a pas vocation à faire des coups médiatiques pour le seul plaisir de taper sur l'autre "camp": ça, c'est le rôle des dirigeants dudit parti. Pas de la deuxième tête de l'exécutif ! Ainsi, la connivence affichée entre M. Ayrault et Désir (photo ci-contre) me semble à la fois malsaine et anti-démocratique.

 

- Les élus du parti s'apprêtent à combattre une promesse du candidat Hollande sur le non-cumul des mandats: partout, les sénateurs ou députés cumulards annoncent, dans la presse locale (et dans l'Aisne, c'est très marqué), qu'ils sont engagés devant leurs électeurs et qu'ils ne renonceront donc pas à l'un de leurs mandats !

- Le mode de désignation, soi-disant démocratique (mais, avec un taux de participation loin de celui du congrès de Reims), du Premier secrétaire me pose un problème. Que le PS applique la méthode UMP (le Président choisit celui qui lui fera le moins d'ombre et qui dirigera, en bon petit soldat, un parti sommé de suivre le gouvernement sans broncher) me catastrophe !

- Le fait qu'un homme politique, condamné par la justice (même si c'était il y a quinze ans), accède à un poste de responsabilités (médiatiquement exposé) me chiffone. Je ne récuse le droit de changer... mais, en matière politique, où les responsables ont un devoir d'exemplarité, j'aurais préféré l'élection d'une personne irréprochable.

 

- L'orientation clairement assumée de la motion majoritaire, qui consiste à accompagner le gouvernement en votant ses projets sans devenir une force de propositions qui puisse un jour contre-dire les ambitions du Président, ne me convient absolument pas. J'estime que, pour bien gouverner, une majorité a besoin de débats, de confrontations. Que l'appareil Caricature_congres_PS.jpgdirigeant du PS soit plus à gauche ou plus à droite que le gouvernement ne me choque pas... Que l'exécutif ait pu le craindre me gêne.

Je crois, même, qu'il aurait été profondément nécessaire d'avoir un PS orienté plus à gauche: avec une personnalité forte, qui aurait des principes aussi solidement accrochés que Mme Aubry, le parti majoritaire aurait remis dans le droit chemin un pouvoir qui va, compte-tenu des pressions et de la volonté de trouver des compromis, recentrer sa politique. Or, si la gauche mène une politique tiède, sociale-libérale, qui se rapproche en certains points de la politique de la droite, c'est l'échec assuré pour les scrutins intermédiaires... voire en 2017 (voir la caricature ci-contre, tirée du site Rue89) !

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Published by Aurelien Royer - dans La vie du Parti Socialiste
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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 13:59

Une fois de plus, l'affaire a été montée en mayonnaise par les médias: il y a quelques semaines, une mère accouchait de sa petite fille, grande prématurée, dans la voiture qui la conduisait vers les urgences les plus proches... à plus d'une heure de trajet du domicile. De façon tout à fait légitime, les médias se sont donc emparés du fait divers pour montrer qu'il existe encore des déserts médicaux et que les conditions d'accès aux soins sont à ce point insatisfaisantes qu'elles peuvent provoquer des drames. La population ne pouvait qu'en être choquée... et partageait la conclusion de cette polémique: la carte hospitalière française est à revoir. Et peu importe si la mère en question s'est exprimée, quelques jours plus tard, pour dénoncer la récupération politique du drame qu'elle avait vécu, expliquant que, même avec un service d'urgences plus proche, la prématurité de son enfant était la cause réelle de son décès !

 

Il n'en demeure pas moins que notre système de santé est déréglé. Vanté comme l'un des meilleurs au monde (dans l'une de ces envolées lyriques par lesquelles nos politiciens tentent souvent de nous anesthésier), il ne nécessiterait qu'une petite mise à jour. Ainsi, à droite comme à gauche, on se satisfait d'avoir un système solidaire et encore assez juste (il est sûr qu'en comparant avec des pays comme les Etats-Unis, c'est le jour et la nuit !) sans se préoccuper de ce qu'il pourrait devenir. Pour ma part, je pense que ce n'est pas en se comparant aux autres pays qu'on avance: il ne suffit pas de se cacher derrière ce qu'il y a de pire hors de nos frontières pour s'en dire satisfait. Je pense qu'il faut comparer le système à ce qu'il était avant et se poser la bonne question: est-il toujours adapté à la France telle qu'elle est aujourd'hui? Or, à cette question, la réponse est "non".

 

Certes, les réforme(tte)s successives, menées essentiellement par la droite, ont apporté des transformations utiles à ce système: la mise en place de franchises (1€ sur la consultation et 0,5€ sur chaque boîte de médicaments) vise à limiter le recours systématique au médecin de famille pour n'importe quelle raison; la création du médecin traitant dit "référent" en dehors duquel le remboursement est réduit permet d'apporter un meilleur suivi des patients; l'informatisation des dossiers médicaux à travers la puce des nouvelles cartes vitales va également dans le sens d'un meilleur suivi (même si, pour l'instant, l'Etat ne s'est pas encore donné les moyens d'équiper toute la population); le fait d'encourager les médecins généralistes à prescrire davantage de médicaments génériques, tout aussi efficaces et moins chers, a produit les effets attendus. On pourrait poursuivre la liste. Quoi qu'il en soit, l'orientation choisie depuis le second quinquennat de Jacques Chirac me semble la bonne... Mais, il n'en demeure pas moins qu'il reste beaucoup de chemin à parcourir pour perfectionner ce système, qui ne doit pas être le meilleur d'Europe, mais le meilleur à offrir aux citoyens français !

 

Car, les sources de mécontentement ne manquent pas: forte proportion de médecins d'origine étrangère (utilisés par l'Etat pour compenser le manque d'embauches... ce qui lui permet de généraliser la précarité jusqu'à l'hôpital), allongement des durées d'attente pour accéder aux soins de spécialistes, fermeture de cabinets médicaux en milieu rural, augmentation du temps de transport pour atteindre un service d'urgence, creusement du déficit de la Sécurité sociale, dépassements d'honoraires toujours tolérés. Chacun, en fonction de son expérience personnelle, pourrait allonger la liste de ces dysfonctionnements que l'Etat semble tolérer, mais qui dégradent, petit à petit, la qualité du service rendu à la population. Fort de ce constat, le gouvernement doit prendre le taureau par les cornes. Impossible, selon moi, de se contenter de petites mesurettes pour résoudre, un par un, ces problèmes. Impossible, également, de s'en remettre à la bonne volonté des praticiens.

 

Il est temps que l'Etat, dirigé par une équipe de gauche, fasse de la santé un véritable service public, uniquement public, orienté vers le patient-citoyen et non vers la rentabilité. Cela ne signifie pas qu'il faille soigner au risque d'accumuler un déficit abyssal. Cela signifie qu'il faut prendre des mesures radicales pour équilibrer les comptes tout en rendant à la population le service dont elle a besoin au quotidien. Pour cela, il ne saurait être question de mener une politique tiède, basée sur la concertation et la quête du consensus. L'Etat doit prendre ses responsabilités:

1- Augmenter le nombre de recrutements aux concours en France;

2- Diminuer le nombre de praticiens d'origine étrangère, souvent mal-payés, parfois moins bien formés... qui, quoi qu'en dise la bien-pensance, ne savent pas toujours communiqués avec les patients ou leurs familles (je suis personnellement concerné pour pouvoir en témoigner);

3- Mettre en place une obligation d'installation dans les zones sous-médicalisées pour les débutants, de la même manière que les jeunes profs sont envoyés, sans demander leur avis, dans les zones où on a besoin d'eux;

4- Favoriser la création de maisons médicales (au moins une par canton) regroupant, dans un même bâtiment, des médecins généralistes (qui organiseraient leur permanence en bonne entente), quelques spécialistes parmi les plus consultés (dentistes, gynécologues, pédiatres...), un bureau-Conseil de la Sécu (avec aide au remplissage des formulaires et autres démarches administratives);

5- Fixer les tarifs de tous les médecins et de tous les actes (selon une grille rendue publique sur le site de la Sécu) pour qu'ils ne varient pas selon le lieu de résidence des patients;

6- Installer un hôpital dans chaque arrondissement (dans la préfecture ou sous-préfecture) de façon à ce que chaque citoyen soit, promesse de M. Hollande, à moins de 30 min d'une structure pouvant apporter les premiers secours... avant de l'envoyer, si besoin, dans une super-structure hospitalière, bénéficiant de tous les équipements (dans l'idéal, une par département) !

(7- Dans l'idéal, fusionner cliniques et hôpitaux pour le service soit uniquement privé).

 

Dans ce dossier, j'adopte des positions volontairement radicales (dignes d'une économie administrée, diront certains) car, avec l'école, la santé est l'un des deux piliers fondamentaux d'une société équilibrée. Pas étonnant qu'il s'agisse des deux piliers de l'IDH, cet indice utilisé par les géographes pour mesurer le niveau de développement d'un pays !

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 11:09

Je n'achète pas Libération (ni aucun autre journal, faute de temps pour le lire). Je n'aime d'ailleurs par toujours l'orientation très à gauche de ce journal... Mais, j'adore le travail qui a été réalisé, depuis l'arrivée de Nicolas Demorand à sa tête, sur les "Unes".

 

Or, en ce mois d'octobre, la palme de "l'image du mois" (je me questionne sur la possibilité de créer une rubrique à ce nom) revient assurément à ce quotidien qui, sur l'affaire du départ de M. Arnault vers la Belgique, a réalisé deux cartons. En terme de buzz, d'abord: les commentaires ont plu pour dénoncer ou se féliciter de ces deux coups de génies. En terme d'humour, ensuite: personnellement, c'est le genre de "Une" qui m'inciterait à acheter le journal, plutôt que les "Unes" raccoleuses dont (ab)usent certains magazines hebdomadaires.

 

Deux Unes Libé

 

Le mérite de ces deux "Unes" est double:

- Commenter un fait d'actualité jugé majeur pour le mettre sur la place publique et provoquer une confrontation très clivée entre gauche et droite: de ce point de vue, c'est un plein succès... même si, temps médiatique oblige, le débat est vite passé, pour ne déboucher sur rien !

- Associer un personnage "sarkozyste" à deux épisodes marquants du "sarkozysme" au pouvoir. Le choix des deux slogans ("Casse-toi riche con!" rappelant l'épisode du salon de l'agriculture, puis "Si tu reviens, on annule tout!" évoquant le texto présidentiel destiné à son épouse de l'époque, Cécilia) relève du génie. Génie qui pousse les uns à s'en délecter et les autres à pousser des cris d'indignation (là où, du temps de l'ex-Président, ils ne s'en émeuvaient pas plus que cela !).

 

Le coup médiatique de Libé aurait été réussi si le gouvernement avait profité de ce merveilleux exemple d'exil fiscal pour parfaire ses choix en matière de politique fiscale. Ici, le journal est dans son rôle: plus à gauche que le gouvernement, il oblige l'équipe au pouvoir à clarifier ses positions. C'est ce type de presse dont la France a besoin. Dommage, au final, qu'aucune décision n'ait été mise sur la table... Car, dans l'idéal, confronté à ce phénomène du départ des hyper-riches qui ont fait de l'argent et qui refusent l'effort national, le chef de l'Etat aurait dû frapper fort avec des mesures-choc: création d'un salaire maximal, primes incluses; hausse du SMIC; retour des droits de succession au nom de l'égalité des chances... Les idées ne manquent pas. Quand au but d'une telle politique, il serait de mettre fin à l'écart ahurissant des salaires entre les très-très riches qu'il faudrait préserver comme des êtres exceptionnels et les très-très pauvres qui ne vivent pas décemment ! Cet écart est insupportable et la France, pays des droits de tous les hommes, se grandirait de laisser partir ces ultra-riches que l'on saura remplacer par des entrepreneurs tout aussi talentueux mais moins voraces ! Chiche?

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Published by Aurelien Royer - dans Culture(s) et médias
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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 15:23

L'UDI, c'est le retour de l'UDF. La preuve? Le nouveau parti de M. Borloo, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles au nom de "l'autre droite", est parrainé par deux figures qui ont fait émerger la droite centriste des années 70, à savoir VGE et Simone Veil. Voilà résumée la pensée des observateurs politiques qui ont assisté à la naissance de ce nouveau parti (l'Union des Démocrates et Indépendants), qui devrait unifier les courants du centre-droit, pour redonner vigueur à ce courant de pensée qui a pris ses distances de l'UMP version sarkozyste. Il faut dire qu'entre le Nouveau Centre, qui n'a été qu'une plate-forme pour l'ambition ratée d'Hervé Morin, et les micro-partis qui gravitaient autour de l'UMP (Gauche moderne et compagnie), le centre-droit était devenu un objet politique mal identifié. Rien que pour cela, l'initiative de l'ancien maire de Valenciennes, qui cache mal ses ambitions pour rafler la mairie de Paris en 2014, est à saluer. Toute décision qui permet la clarification du jeu politique me plaît. La dernière concernait Europe Ecologie Les Verts qui transforma le parti écologiste en une plate-forme plus large, apte à faire bouger les lignes et à peser dans le débat d'idées (comme ont pu le montrer les européennes de 2009, par exemple). D'une façon générale, tout ce qui permet de rassembler, sous une même étiquette, des courants de pensée voisins (dont seuls les fins connaisseurs peuvent apprécier les subtiles divergences), de façon à ce que les électeurs puissent le soutenir dans les urnes en espérant être vraiment représenté, me convient.

 

La naissance de l'UDI est d'autant plus nécessaire qu'elle répond à un vide que le contexte politique a créé. Après sa cuisance défaite aux législatives, le MoDem est plus que jamais l'outil de la conquête solitaire du pouvoir par M. Bayrou qu'une rumeur disait non-candidat à la présidentielle de 2017. Sa chance, celle de 2007, est passée: politiquement, il semble difficile au "vrai centre" de se refaire une santé. De l'autre côté, l'UMP est engagée dans une guerre des chefs qui, quel qu'en soit le vainqueur, débouchera par la remise en place d'un discours très à droite (très très à droite pour Copé; bien à droite pour Fillon). Avec UDI Borlooce glissement, dont le but avoué est de récupérer les voix des électeurs frontistes, un espace s'ouvre donc au centre. Jean-Louis Borloo (photo), qui aurait pu se lancer dans la présidentielle 2012, l'a donc bien compris. Il pense, à juste titre, qu'un discours modéré, basé sur des valeurs de droite (libéralisme économique, ordre, respect des valeurs traditionnelles comme la famille ou le travail) mais assurément progressiste (plaçant l'humain au centre), peut recueillir l'adhésion du peuple. D'où l'habillage subtil auquel il a eu recours pour présenter son mouvement... Habillage dans lequel il n'a pas oublié la pointe de vert, rappelant son passage au ministère de l'Ecologie et montrant sa part de modernité quant à la prise en compte du soucis écologique.

 

Bref, le lancement de l'UDI a été une réussite. Ne serait-ce que sur le plan médiatique. Ce congrés fondateur, relayé aux JT et sur les chaînes d'info, a donné à l'ancien ministre son heure de gloire. Reste un gros travail sur le fond, sur le projet qu'il veut incarner. Reste à transformer l'essai politique en une victoire dans les urnes. De ce côté-ci, l'ambition de M. Borloo et ses soutiens me semble un peu excessive. Qu'il puisse emporter la mairie de Paris, face à une gauche parfois contestée sur certains projets (le péage urbain de M. Delanoë pourrait être la goutte d'eau) et face à une droite qui peine à incarner un projet clair et alternatif, c'est possible. Qu'il fasse parler de lui dans un scrutin aussi ouvert que les européennes, c'est d'autant plus probable que le centre-droit incarne une tradition européiste forte qui saura convaincre les électeurs. Mais, s'imposer dans d'autres villes, gagner des régions ou encore enlever la Présidence de la République semblent bien plus complexes. Que l'UDI devienne la seconde jambe d'une majorité de droite équilibrée, avec l'UMP, m'apparaît plus vraisemblable qu'une UDI dominatrice, qui dominerait la même coalition de droite en devançant l'UMP !... L'enjeu principal consistera à former un parti de militants, à l'image de la société (avec des jeunes, notamment) et capable de mobiliser l'électorat. D'intéresser des citoyens qui, vu le score du débat Copé-Fillon sur France 2, ne se passionnent pas pour la politique politicienne. Dur, dur, donc.

 

L'avenir de l'UDI dépend, à mon sens, de deux choses: la capacité du gouvernement actuel à effrayer l'électorat modéré des centres (en menant une politique très à gauche) doit se combiner à une droitisation marquée de l'UMP.

Scénario le moins probable, non?

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Published by Aurelien Royer - dans Les campagnes électorales
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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 10:08

C'est LE débat du moment. A la fois incontournable et symbolique.

Incontournable car il est présent dans toutes les émissions, de radio comme de télévision, permettant aux commentateurs de délivrer une petite dose de bien-pensance.

Exemplaire car c'est assurément le thème qui, en France, cristallise le plus de tensions et provoque une gêne bien palpable.

 

Or, dès le début, les bases du débat n'étaient, me semble-t-il, pas les bonnes. Les animateurs et journalistes qui le résument à cette question ("Pour ou contre les caricatures publiées par Charlie Hebdo?") l'empêchent. Quiconque répond "Non" à cette question est immédiatement traité comme un opposant aux libertés fondamentales. Ecoutez Marine Le Pen, présidente du FN, qui, sur France 2, défend la liberté absolue d'expression et de presse quand il s'agit de caricaturer le Prophète de l'islam... mais traîne en justice Laurent Ruquier pour avoir diffusé, dans son émission du samedi soir, des caricatures du même hebdomadaire qui bafouaient son image et celle de son courant ! Liberté à deux vitesses?

 

J'ose le dire (et l'écrire ici): pour ma part, je ne suis pas franchement "pour" la parution de telles caricatures. Non pour les raisons avancées par les membres du gouvernement, pour qui ces caricatures jettent de l'huile sur le feu... ce qui induit que, en fonction du contexte, la liberté de caricaturer serait variable. Etrange. Je pense, au contraire, que le droit de caricaturer doit être permanent et ne pas dépendre de l'actualité, dans la mesure où le boulot des journalistes, c'est précisément de réagir à l'actualité. S'ils ne publient pas leurs caricatures maintenant, quand le feraient-ils?

 

Mais, je ne me positionnerais pas dans le camp de ceux qui, favorables auxdites publications, expliquent que toute religion étant une croyance, chacun est libre de ne pas y adhérer... et, donc, de la critiquer. On trouve là l'une des bases du principe FONDAMENTAL de laïcité. Le problème, c'est que ce beau principe, dont la France peut s'enorgueillir, repose sur DEUX bases: liberté de choisir et pratique (ou non) la religion de son choix + obligation de respecter le choix d'autrui et sa croyance. Ainsi, ce qui me chagrine, c'est que, dans le débat actuel, il y a un mot qui n'est jamais prononcé: "respect". De mon point de vue, les caricaturistes, dont le rôle est de critiquer le message absurde des intégristes de toutes les religions, ont tendance à user d'une violence graphique et écrite qui blessent les croyants honnêtes et pacifistes de ces religions.

 

Je cromprendrais parfaitement que Charlie Hebdo caricature un imam, revêtu de tous les signes extérieurs de l'islam, pour mieux dénoncer l'imbécilité et la dangerosité de son message. En revanche, je ne cromprends qu'un dessinateur choisisse de dessiner le Prophète, personnage sacré (qu'il convient de respecter), au risque de heurter les fidèles. A mon sens, la caricature consiste à dessiner des personnages publics actuels (le Pape, un évêque sous les traits de M. Barbarin, un imam, un rabbin...) sans s'en prendre aux personnages passés ou imaginaires sur lesquels reposent la foi des pratiquants. C'est, selon moi, une simple question de respect.

 

La laïcité est une valeur complexe, qui évolue en même temps que la société... au point que, régulièrement, les politiciens se posent la question de mofidier la loi de 1905. Complexe, elle l'est aussi à expliquer aux élèves: cette semaine, en classe de 6ème, j'ai eu l'occasion de l'aborder dans le cadre du programme d'éducation civique. "Je ne peux pas refuser d'assister aux cours d'histoire parlant de religion car ils me permettent de comprendre les principales religions sans en favoriser une en particulier": voilà l'une des phrases que je fais inscrire dans les cahiers. En effet, la laïcité, c'est à la fois la nécessité de connaître toutes les religions pour ne pas critiquer, sans savoir, la croyance des fidèles, mais aussi de pouvoir choisir, en toute connaissance de cause, celle qui convient à chacun !

 

L'enseignement des religions, qui suscite parfois les foudres des parents (qui, eux mêmes, n'y connaissent pas grand chose, s'enfermant dans des préjugés... dont se nourrissent d'ailleurs les caricatures !), m'apparaît comme un rempart à l'irrespect dont la société française est actuellement tapissée ! Or, le débat actuel est un symptôme bien inquiétant: l'absence de connaissance des religions conduit à cet amalagme permanent entre musulmans et islamistes, au développement d'une peur de l'islam (dont Véronique Genest a fait les frais, cette semaine) alors que les citoyens éclairés devraient craindre l'islamisme (sans assimiler les deux !), ou encore au développement de réflexes racistes que le ping-pong de provocations entre islamistes et anti-islamistes (parfois maladroits) accentue !

 

Bref, dénoncer les dérapages des intégristes de toutes les religions est une ABSOLUE nécessité: pour cela, j'approuve le droit (voire le devoir) de caricaturer les propos qui pourraient conduire, si nous n'étions pas dans une démocratie "mature", à une guerre de religion... comme les tensions dans le monde musulman en témoignent. En revanche, utiliser les traits des personnages religieux (qui traversent les siècles et au nom desquels plusieurs interprétations radicalement différentes ont pu se faire selon les époques) ne me semble pas utile. Renforcer la laïcité, promouvoir le respect des croyances et des non-croyances: voilà deux bases complémentaires pour maintenir une forme de "cohésion sociale" sans laquelle notre pacte républicain se fissurerait dangereusement ! Avec des conséquences que je n'ose imaginer.

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Published by Aurelien Royer - dans Cohésion sociale
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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 12:16

Numéro du 8 septembre:

 

 Hebdo-du-8-septembre.jpg

 

Mon éditorial: "Semaine de rentrée des classes. Semaine riche en événements politiques. Aussi bien en politique intérieure française qu'à l'international. Mais, malheureusement, les occasions de s'indigner se sont accumulées... Pour moi, le mot de la semaine: "Mensonge".

Mensonge quand l'entourage de Johnny Hallyday (super-star dont la tournée des hôpitaux de la région caraïbe est trop suivie !) ose affirmer que ses trois hospitalisations successives sont la seule conséquence d'une simple bronchite. Attrapée dans une des régions les plus chaudes du globe? Avec la nécessité de multiplier les examens de contrôle pendant trois à quatre jours d'hospitalisation?... On peine à le croire.

Mensonge quand François Hollande, président normal, décide de remettre à Paul McCartney (1ère super-star étrangère à accéder au grade d'Officier) une Légion d'honneur qui continue de perdre la légitimité originelle voulue par Napoléon. L'actuel chef de l'Etat ne sera donc pas celui qui réduira le nombre de décorations pour ne récompenser que les citoyens, célèbres ou anonymes, véritablement méritants !

Mensonge quand, dans leurs discours anesthésiants prononcés devant des foules partisanes et enthousiastes, les deux épouses des candidats prononcent les discours d'ouverture des conventions intronisant leurs maris. Amour, gloire et beauté: on est bien loin de la politique qui nous passionne... A croire que les citoyens américains sont si stupides !

Mensonge, enfin, quand certains experts continuent de croire qu'un régime fort à la Poutine, même illégitime et imparfait, est loin des totalitarismes passés. Procès politiques, peines de prison inhumaines, absence des libertés fondamentales: le peuple russe est muselé... sans que l'indignation internationale ne soit à la hauteur !

Bref, les mensonges s'accumulent. Les politiciens échouent, sauf à nous convaincre qu'à l'avenir, ils feront mieux. Qu'il faut attendre. Qu'un avenir meilleur est encore à porter de main, malgré les efforts qu'il faudra fournir... La preuve? Ecoutez M. Hollande dimanche soir sur TF1 !".

 

Liste de mes articles de la semaine pour (re)découvrir les "immanquables":

- L'indignation de la semaine: Quand les politiques nous prennent pour des c...

- Le nouveau PS: remake de l'ex-UMP?

- L'analyse politique de la semaine: Gauche molle contre droite folle !

- Découvrez, enfin, un article du 31 août que je viens de finaliser: Le duel Romney/Obama.

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Published by Aurelien Royer - dans Jes6 Hebdo
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