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Un monde meilleur: citations

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien
(Edmund Burke, homme politique et philosophe irlandais du XVIIIème siècle).

 

La politique, c'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire
(Jacques Chirac, phrase de campagne lors de la présidentielle de 1995).

 

Ma génération a bâti les murs de l'UE; votre génération devra en décorer l'intérieur
(François Mitterrand, à Henri Emmanuelli, à l'occasion d'un entretien en tête-à-tête).

 

Dans les pyramides du pouvoir, les ovaires c'est comme l'oxygène: ça se raréfie avec l'altitude
(Isabelle Alonso, ancienne présidente des Chiennes de garde, mouvement féministe).

 

“A une juste guerre, préférons une injuste paix” (Samuel Butler)

 

“Les guerres surviennent toujours entre deux Etats de paix. Alors, supprimons la paix et nous n'aurons plus de guerre
(
Almanach de l'Os à moelle, pensée du 17 octobre 1980)

“C'est dans son coeur qu'il faut construire la paix” (Dalaï-Lama)

“Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit”
(
René Cassin, in "Déclaration universelle des Droits de l'Homme", 1948)

“Il est plus facile de
faire la guerre que la paix” (
G. Clemenceau, Discours de paix, 1919)

“Il n'y a jamais eu de bonne guerre ni de mauvaise paix” (Benjamin Franklin, Lettre à John Quincy, 1783)

“Deux coqs vivaient en paix: une poule survint,-Et voilà la guerre allumée”
(
Jean de La Fontaine, Fables "les Deux Coqs")

“On ne fait la guerre que pour faire enfin la paix” (Dictionnaire Le Littré)

“La paix, c'est de la
guerre ailleurs”
(
Jacques Prévert)

“S'irriter d'un reproche, c'est reconnaître qu'on l'a mérité” (Tacite, historien romain des Ier et IIème siècles après JC)

Petite présentation du blog... et de son auteur

Nouvelle DonneDe 2005 à 2012, j'ai tenu un blog intitué Jes6 ("Justice, Equité, Solidarité, pour une VIème République"), réagissant aux faits d'actualité et aux décisions de la présidence Sarkozy.

Homme de gauche, l'élection de François Hollande a été une bonne nouvelle, l'ouverture d'une nouvelle phase...

Mais, mon métier m'a éloigné de la blogosphère.

Déçu par la politique menée, mon militantisme socialiste s'est petit à petit éteint. Fin 2013, la création d'un nouveau parti, Nouvelle Donne, a rallumé la flamme d'un citoyen qui perdait son optimisme. Alors que 2014 est une année électorale, qui s'annonce donc passionnante sur le plan politique, j'espère reprendre le chemin de mon clavier pour alimenter un blog auquel je veux donner un nouveau souffle !

 
Né en Picardie en 1986, j'ai grandi, étudié et travaille toujours dans cette région: je suis aujourd'hui professeur d'Histoire-géographie dans un collège de l'Aisne et mon métier est ma passion ! La politique, qui permet aux uns de s'investir pour changer la vie des autres, m'attire depuis le plus jeune âge.

De 2006 à 2009, j'ai fait partie de la première fournée de CRJ (Conseillers Régionaux Jeunes) élue au suffrage direct par les jeunes de 16 à 25 ans de ma région: ce mandat de trois ans m'a donné l'expérience du travail d'équipe et l'opportunité de contribuer à des projets concrets.

 

De 2006 à 2010, j'ai été militant au PS, participant à la campagne présidentielle de Ségolène Royal puis aux municipales de 2008 au cours desquelles je fus, moi-même, candidat sur une liste d'opposition au maire sortant. A quelques voix, j'aurais pu être conseiller municipal !

Ecologiste convaincu, je me décris volontiers comme progressiste et humaniste: changer le monde, changer l'Europe, changer la France. Les défis sont nombreux. Placer l'homme au coeur d'un système gangréné par l'argent et les puissances hors-sol anti-démocratiques, quel défi !

 

La renaissance de mon blog n'est pas une rupture: dans la colonne de droite, vous pouvez accéder à mes "Archives Jes6" (où je souhaite garder la trace de ces pages de propositions Oiseau-bleu-de-Magritteque j'ai rédigé pendant ces années) ansi qu'aux principales communautés auxquelles je continuerai de contribuer, qu'il s'agisse de "Réformer la France", "La voix des Européens" ou "Pour un monde meilleur" que j'ai créé avec l'ambition d'en faire une plate-forme utopique où puissent s'exprimer les rêves les plus fous d'un monde pacifié, démocratisé et équitable des blogueurs optimistes.

 

Sur "AurelR le citoyen", je vous souhaite de bons moments de lecture.

N'hésitez pas à publier vos commentaires, à me suivre via la newsletter du blog, ainsi que les réseaux sociaux (notamment sur Twitter: @AurelienRoyer86 et les hashtags #reprendrelamain, #bonsenscitoyen, #mondemeilleur), ou à me contacter par mail (en attendant de la renouveler): contact@jes6-leblog.eu

1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 15:02

Vous connaissez l'histoire du gâteau que l'on partage?

Nombreux sont ceux à l'avoir utilisé et je me souviens de débats intéressants, il y a quelques années, sur ce même blog, pour évoquer le partage du temps de travail. Quand un pays comme le nôtre est confronté à un chômage de masse, qui continue de croître en mettant en danger nos systèmes de solidarité (retraites, assurance chômage, budget général de l'Etat, Assurance maladie), les solutions manquent. La droite réclame le fameux assouplissement des 35 heures, qu'elle n'aura pas eu le courage de mettre en oeuvre malgré dix années au pouvoir. La gauche ne semble pas y réfléchir. Et pourtant...

 

La question du partage du temps de travail est fondamentale. Chacun aura compris que le gâteau symbolise le total des richesses produites; l'objectif de l'Etat, surtout en temps de crise, est de garantir à chaque individu, à chaque citoyen une part de ce gâteau. Or, aujourd'hui, nous sommes confrontés à deux problèmes majeurs:

1- Les citoyens les plus pauvres reçoivent une part infime du gâteau, pendant que la part des plus aisés, elle, grandit.

2- La taille du gâteau reste stable, du fait de l'absence de croissance, voire la récession de ces dernières années.

  

Le but est de résoudre ces problèmes. Or, sans tomber dans le simplisme, il existe deux grands choix:

1- Soit on augmente la taille du gâteau pour que les citoyens qui en ont une belle part continuent d'avoir une belle part. Dans ce cas, tous les gains obtenus sont partagés entre les citoyens qui ont les plus faibles parts. Ca, c'est la version libérale, testée, à grands coups de subventions et d'exonérations, par tous les gouvernements, de droite comme de gauche, espérant que l'investissement des entreprises relance la croissance et, donc, la production de richesses. Or, ce n'est pas le cas. Ou, quand c'est le cas, les surplus de richesses tombent dans les poches déjà pleines et n'arrosent que très légèrement les plus pauvres. Cette théorie, dite du "ruissellement" (l'argent des plus riches coule, tel un flot d'engrais sur un champ en pente, vers les plus pauvres), ne marche pas !! Elle non plus.

2- Soit on part du principe que le gâteau n'augmentera pas (et s'il augmente, c'est une bonne surprise !) et qu'il faut redécouper les parts. Autrement dit, rétrécir la part des mieux dotés pour les redistribuer aux moins bien lotis.

C'est ce que propose @Nouvelle_Donne pour le temps de travail. Voyez plutôt:

 



Mais, il demeure une autre question: qu'en est-il du gâteau des richesses?

La même méthode doit pouvoir s'appliquer. D'emblée, disons qu'il est évident que l'utopie d'une part égale pour tout le monde est inatteignable... Je dirais même injuste: en fonction de la quantité et de la qualité du travail fourni, des efforts et du mérite de chacun, les parts seront forcément variables. Mais peut-on continuer de tolérer que les parts des uns soient plusieurs centaines de fois plus grosses que la part des autres? Pire, que cet écart s'accroisse, laissant de plus en plus de miettes aux plus affamés?

Les propositions existent: limiter l'écart entre le mieux payé et le moins bien payé à 1 pour 20 dans les entreprises (oui, mais, pas dans le privé !); augmenter progressivement le SMIC pour éloigner les travailleurs qui bossent à temps plein du niveau de pauvreté (oui, mais, ça va pénaliser les entreprises... qui préféreraient un SMIC intermédiaire !); réduire les cotisations sur les bas salaires pour redonner du pouvoir d'achat en transférant les économies ainsi réalisé vers le revenu net du salarié (ah ! Peut-être que la mesure viendra en 2015, selon M. Valls !).

 

Il est donc venu le temps qu'un mouvement politique fasse une proposition nouvelle (32 heures par semaine, sans perte de revenus), qui profiterait à l'Etat (plus de cotisants sur le marché de l'emploi), aux travailleurs pauvres (aujourd'hui maintenus, tels des apnéistes, la tête sous l'eau de la misère) et aux familles (avec un temps de loisirs accru, comme au temps du Front Populaire !). C'est ça, la #NouvelleDonne !

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 14:25

Au premier abord, le Premier ministre peut sembler rigoureux, sévère et froid. Son ton, son style, ses expressions: tout fait de Manuel Valls un homme à poigne, un meneur d'hommes, bref un "1er flic de France" charismatique. Sa nomination à Matignon, qui finit par de pas être une surprise, devaient permettre de redonner un nouveau souffle à une équipe gouvernementale pléthorique (moi-même, je ne connaissais pas tous les ministres de l'équipe Ayrault) qui a su prendre de belles décisions (le mariage pour tous) sans jamais donner aux Français l'envie de croire en avenir meilleur.

Or, donner confiance, vouloir construire un autre monde (plus humain, plus respectueux de la planète et mettant le progrès au service de tous), préserver les bons côtés du modèle social à la française, tout en bâtissant vraiment l'Europe des nations, c'est ce qu'attendent les Français.

Manuel Valls n'est pas encore parvenu à ces objectifs. Impossible, en si peu de temps. Difficile, tant que le chef de l'Etat - véritable chef d'orchestre - ne changera pas son cap. Et déjà, alors qu'il n'est en place que depuis un mois, les critiques pleuvent, les sondages baissent, les députés socialistes abstentionnistes deviennent une espèce en voie d'extension.

 

Mais, moi, sur la forme, je tiens à le défendre. Il sera parvenu, en peu de temps, à faire oublier Jean-Marc Ayrault et sa méthode de gouvernement (discrète pour les uns, molle pour les autres; consensuelle pour les uns, sans saveur pour les autres).

M. Valls incarne le Premier ministre que j'ai imaginé ces dernières années:

1- A la tête d'un gouvernement dit "resserré": certes, le gouvernement Valls à 16 membres (paritaire) n'a tenu qu'une semaine, renforcé ensuite par 14 secrétaires d'Etat (le portant à 30, avec des visages qu'on ne connaît toujours pas). Mais, l'équipe qui se retrouve à l'Elysée, pour le "vrai" Conseil des ministres du mercredi, comporte seize membres, auxquels s'ajoutent les éventuels secrétaires d'Etat concernés par un des thèmes abordés.

Du temps de Jes6, je suggérais la mise en place d'un Conseil des ministres complet une fois par mois pour faire le bilan des projets; les autres séances seraient consacrées à des Conseils restreints, où les ministres concernés par des dossiers seraient présents avec les chefs de l'Etat et du gouvernement.

 

2- Dirigeant une conférence de presse majeure: à l'issue du Conseil qui devait examiner le fameux plan d'économies, le porte-parole n'est pas intervenu, comme il en a l'habitude... mais c'est M. Valls qui a assuré cette charge, présentant son plan aux journalistes, avec les ministres concernés (avec une mise en scène ratée - photo). Le chef du gouvernement venait ainsi rendre compte, en personne, devant les Français, des décisions qu'il est amené à prendre, justifiant ainsi ses arbitrages.

Valls conf.

Du temps de Jes6, je proposais qu'à l'issue du Conseil des ministres mensuel, ce soit le Premier ministre (et non le porte-parole du gouvernement, dont le poste aurait d'ailleurs été simplement supprimé) qui explique ses choix et réponde aux questions des journalistes.

 

3- Réunissant son équipe à Matignon: quelques jours plus tard, voulant resserrer les liens entre les membres de son gouvernement et, surtout, pour garantir la solidarité de ses membres en évitant les "couacs", le Premier ministre convoquait, en son hôtel, les 30 ministres et secrétaires d'Etat, organisant ce que les journalistes appelèrent un "Conseil des ministres bis", sans le chef de l'Etat. Certains firent remarquer que, dans une grande salle, autour d'une grande table, M. Valls se voyait sans doute pousser des ailes de chef d'Etat... Quoi qu'il en soit, il montrait ainsi son autorité et sa décision de contrôler la prise de parole de ses ministres. La même réunion se tiendrait tous les quinze jours.

Du temps de Jes6, en suggérant des Conseils restreints hebdomadaires, je n'imaginais pas que cela puisse prendre la forme de réunions à Matignon. Mais, au fond, pourquoi pas?

 

4- Expérimentant une méthode de gouvernance: dans l'affaire du plan d'économies pour trouver 50 milliards d'€uros, on a beaucoup parlé de ces parlementaires qui ont fait défaut, se sont opposés (les écolos et les députés MRC) ou abstenus. Mais, sans juger le fond du projet (ce serait l'objet d'un autre article), c'est la méthode qui m'intéresse. Le Premier ministre a rendu des arbitrages, pris des décisions et annoncé les grandes lignes du projet gouvernemental. Les parlementaires socialistes, emmenés par leur président de groupe, ont ensuite été reçus à Matignon pour exprimer leurs réserves et faire des contre-propositions. Au final, le projet présenté par le chef du gouvernement a été amendé, prenant en compte certaines demandes des élus de la majorité, tenant fermement sur d'autres engagements.

Plutôt que d'y voir un recul, j'y vois personnellement l'application d'une discussion co-législative entre l'exécutif et le législatif, répondant à l'esprit de la Constitution. Le gouvernement propose, les élus de la Nation amendent, le gouvernement fixe la politique finale de la Nation... Pourquoi pas?

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 12:06

Mes activités professionnelles m'ont, ces derniers mois, beaucoup accaparé. Le 1er mai, jour férié, en plein milieu de mes vacances de Pâques, me donne l'occasion de réécrire.

L'une de mes nouvelles casquettes consiste à assurer des heures de colle (autrement dit, de passage à l'oral d'un étudiant pendant 30 minutes) en classe préparatoire en "Histoire économique": chaque vendredi après-midi (en alternance avec un autre collègue), j'écoute puis interroge un étudiant sur une question liée à cette matière. Récemment, c'est sur le New Deal du président américain Franklin D. Roosevelt que je les ai interrogés.

Un pays touché par une grave crise économique, provoquant faillite, chômage et misère. Un président persuadé que la situation reviendra à la normale, sans intervention abusive de l'Etat ("la reprise est au coin de la rue" disait le républicain Hoover). Une élection présidentielle et un espoir de changement. Le démocrate Roosevelt, président le mieux réélu de l'histoire des Etats-Unis, prend le problème à bras-le-corps. L'Etat doit intervenir et secourir une société en perdition, ne faisant nullement confiance à la capacité qu'a le marché de se rééquilibrer seul. L'Etat dépense, investit, crée des chantiers, répond aux attentes sociales des plus pauvres et relance la machine. Cette description, idéalisée, ne trace que les grandes lignes du processus (mais je ne méconnais pas les échecs ou les limites de la politique rooseveltienne !): ce fut le New Deal ! La Nouvelle Donne !

 

De l'autre côté de l'Atlantique, chez nous, 80 ans plus tard, le même cycle se met en place: une violente crise, venue des Etats-Unis, provoque une récession (une "croissance négative" disait, alors, le gouvernement de droite... nous promettant, aussi, je ne sais combien de fois, que "la crise était derrière nous"); le président en place refusait de faire intervenir l'Etat, pour des considérations libérales, pensant que la relance ne viendrait que de la stimulation des entreprises, via des aides, des exonérations et de l'investissement privé; aux élections, ce président fut battu par un concurrent promettant "le changement". Plus qu'une adhésion aux valeurs portées par le nouveau chef de l'Etat, le peuple de gauche espérait du mieux. Mais, la déception s'installa. Les élections intermédiaires furent un fiasco, l'abstention et le vote contestataire progressaient, les nouvelles décisions gouvernementales agaçaient et désespéraient les plus faibles, convaincus qu'ils allaient continuer de devoir se sacrifier, voir leur pouvoir d'achat se réduire et les problèmes de la France s'affaiblir...

Mais, le coeur n'y est pas. Le peuple de gauche ne vote plus pour des élus de gauche. Certains électeurs, dont je fais partie, ont perdu la flamme, l'espoir. Militant par le passé, je ne crois plus en la capacité de nos politiques à vraiment changer les choses. Qu'entends-je, par là? Redistribuer les richesses de façon équitable, lutter contre la précarité en France et la pauvreté dans le monde, ne pas épuiser une planète que l'on doit protéger comme un joyau pour nos enfants, assurer l'égalité des chances pour tous les enfants, refuser de voir continuer ce monde fou d'argent qui est, chaque jour, plus injuste.

Avec l'arrivée de @NouvelleDonne sur l'échiquier politique, j'ai eu une étincelle: l'espoir de voir les choses changer renaît. Certes, pour se lancer dans une telle aventure, il faut une grosse dose d'optimisme. Il faut espérer que les 2% promis par les sondages en 2014 grandiront, un jour. Il faut espérer que, malgré une exposition médiatique convenable, les faibles moyens dont dispose ce courant puisse l'aider à porter sa voix, ses solutions, sa philosophie. En 2014, c'est par les réseaux sociaux et les blogs que l'information peut passer. Je compte, en vue des prochaines européennes, mais avec les autres échéances futures en ligne d'horizon, apporter ma pierre à ce bel édifice.

 

Pour que les citoyens puissent #reprendrelamain !

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Published by Aurelien Royer - dans @Nouvelle_Donne
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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 17:58

Une heure après la fumée blanche, un homme, tout de blanc vêtu, peu connu du public, apparaît au balcon de Saint-Pierre. C'est le Pape François. Quelques minutes plus tôt, la liesse populaire fit place au silence de l'étonnement: le cardinal protodiacre, le Français Jean-Louis Tauran (dont on peine à interpréter l'attitude: physiquement affaibli ou d'une certaine manière, pétrifié par le caractère historique de sa posture?), annonça "l'Habemus Papam" en citant, en latin, le prénom, puis le nom de famille du cardinal élu, avant d'indiquer le nom de Pape que l'élu a choisi. (Re)voyez plutôt:

 

 

Ce que l'on retiendra de ce moment, c'est, d'une part, le silence du peuple romain qui, par milliers sur la place Saint-Pierre, n'a pas su mettre un visage sur le nom qui leur était annoncé; et, d'autre part, l'incapacité de la traductrice de donner le nom du cardinal élu Pape. En regardant ce seul extrait, on ne sait pas qui a été choisi ! Et, sur France 2, au même moment, il a fallu toute l'expertise des deux spécialistes présents en plateau (dont le rédacteur en chef du Monde des religions) pour nous donner l'identité du nouveau Pape... avant que David Pujadas n'avoue, en direct, que la rédaction recherchait une photo de ce cardinal. Preuve que son élection est une surprise absolue, à laquelle les médias n'étaient pas prêts, eux qui stockent, en amont, une série de photos des fameux "papabiles".

 

Challenger de Joseph Ratzinger en 2005 pour succèder au défunt Jean-Paul II, le cardinal argentin Bergoglio avait alors fait comprendre à ses pairs qu'il ne souhaitait pas exercer une mission pour laquelle il ne se sentait pas prêt. Au cours du conclave qui désigna Benoît XVI, il avait pourtant recueilli des voix lors des premiers tours, avant que le cardinal allemand ne soit, sans surprise, élu à l'issue de quatre scrutins. Cette année, il en aura fallu un de plus pour éliminer les favoris de la presse italienne qui, ne rasemblant pas une majorité forte sur leurs noms, et élire celui qui, tour après tour, gagnait de plus en plus de suffrages (confession de Mgr André Vingt-Trois, ce midi). Double surprise, donc, de voir les 115 cardinaux désigner un "troisième homme", connu d'eux pour des qualités qui éclatent désormais au grand jour, mais qui n'avait pas fait parler de lui auparavant.

 

On ne peut s'empêcher de comparer cette situation à celle qui, en 1978, après le bref pontificat de Jean-Paul Ier, permit à un cardinal polonais d'accéder au trône de Saint-Pierre. Cette année-là, l'annonce du protodiacre suscita le même silence interrogateur d'une foule qui ne connaissait pas Karol Wojtyla. Voici le moment en vidéo:

 

 

Le parallèle entre les deux situations est frappante et je dois avouer, moi qui me suis passionné pour cet événement historique et qui ait eu tant d'occasions de lire, dans la presse ou sur le Net, que je n'avais pas repéré le nom du cardinal Bergoglio. J'avais bien entendu parler de ce cardinal sud-américain qui avait été dormir avec un des prêtres de son diocèse, lequel était menacé par les trafiquants qui gangrènent les bidonvilles locaux. Façon de montrer que l'Eglise devait être unie pour lutter contre ce qui touche et menace les plus miséreux.

 

Autre conclusion de cette soirée historique (que j'ai suivi depuis la fumée blanche jusqu'à la fin du premier discours du pape François): le clan des conservateurs, caricaturalement résumé aux Italiens qui dominent le gouvernement de la Curie, a été laminé par le vent nouveau porté par nombre de cardinaux européens, influencés par ces cardinaux du Nouveau-Monde qui ont su les convaincre qu'un renouveau était nécessaire. Autant pour rénover l'Eglise dans son fonctionnement institutionnel, que pour lui permettre de porter un message simple, susceptible de redresser l'image de la Chrétienté et de susciter l'espoir de ces millions de fidèles non-Européens ! En 2005, la déception (l'élection de l'Allemand Ratzinger, un intellectuel austère et très traditionnaliste, avait vite réduit les espoirs d'un Pape noir - dont on parlait déjà à l'époque) avait laissé place à une ferveur logique pour le chef de l'Eglise qui fit de son mieux et, mine de rien, laissera une vraie trace dans l'histoire récente. Cette fois, l'étonnement fait place, depuis hier soir, à un grandissime espoir de voir ce Pape atypique écrire une nouvelle page de l'histoire vaticane. Pourquoi pas?

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 18:04

En 1978, un cardinal inconnu, un évêque polonais qui allait devenir l'un des plus grands Pontifes du XXème siècle, très pleuré au moment de sa mort, fut élu. Contre toutes attentes.

En 2005, le doyen du collège des cardinaux, principal collaborateur du Pape décédé et grand théologien respecté de tous, devint Benoît XVI. Sans véritable suprise.

En 2013, faute d'un cardinal véritablement charismatique, qui ferait consensus pour guider l'Eglise après la destabilisation que représente la renonciation du précédent, le Conclave paraît ouvert. La preuve? Depuis quinze jours, la presse (mondiale, relayant les indiscrétions venues de Rome) change ses favoris. Des noms, cités fin février, ont disparu de la liste des "papabili", tandis que d'autres noms ont fait surface. Alors que le Conclave vient de débuter, il est temps de faire le point. Et pour cela, j'ai choisi la forme du "quinté": à la façon des courses hippiques, la liste des potentiels futurs Papes alterne favoris et outsiders. L'occasion de faire mon pronostic.

 

Côté médias, voici la liste des cinq prétendants les plus sérieux (photo ci-dessous):

1- Angelo Scola, archevêque de Milan (71 ans), est l'ultra-favori. Cultivé et populaire, il a le handicap d'être Italien mais l'avantage de ne pas défendre le camp de la Curie (dont les représentants ont d'ailleurs progressivement quitté les rangs des "papabili"). Plus âgé des prétendants évoqués, il aurait l'autorité suffisante pour diriger l'Etat du Vatican et imposé une réforme interne dont il serait partisan. Bref, au regard des enjeux du Conclave, il a le profil !

2- Marc Ouellet, archevêque de Québec (68 ans), est un nom qui figure, depuis le début, parmi les prétendants les mieux placés. Francophone de par son lieu d'exercice (et de naissance), il incarne une Eglise plutôt ouverte, moderne. Nulle question de bouleverser le message religieux, mais il saurait changer l'image de l'Eglise par son charisme.

3- Odilo Pedro Scherer, archevêque de Sao Paulo (64 ans), incarne une forme de double consensus: non-Européen, ses origines allemandes permettent aux cardinaux du Vieux Continent (encore majoritaires dans le collège d'élection) de lâcher, par tout petit bout, un peu de sa prépondérance. Ni conservateur, ni progressiste, il incarnerait aussi l'entrée du Nouveau monde (en l'occurence, l'un des pays latino-américains les plus pratiquants) dans le coeur du pouvoir au Vatican.

4- Christoph Schönborn, archevêque de Vienne (68 ans) et ancien proche de Benoît XVI, est la figure du modéré qui pourrait effrayer les conservateurs (par ses positions plus que progressistes face à l'homosexualité ou la famille recomposée). Partisan du dialogue avec les orthodoxes, il pourrait faire consensus dans le camp des "anti-Curie".

5- Gianfranco Ravasi, ministre de la Culture du Vatican (70 ans), est le candidat, par défaut, de la Curie italienne. Cultivé et régulièrement mis en avant par Benoît XVI, il dispose d'un charisme suffisant pour peser... mais a le handicap d'être un Italien !

 

Pronostic_medias.jpg

 

Mais, ce quinté est une combinaison bien précaire. Depuis l'annonce de la renonciation de Joseph Ratzinger, devenu Pape émerite, les prétendants ont changé. Quelques Italiens, membres de l'influente Curie, ont été "éliminés"lorsque les cardinaux ont, majoritairement, voulu réduire leur influence. En revanche, d'autres noms sont apparus (voir le tiercé des inattendus ci-dessous):

1- André Vingt-Trois, archevêque de Paris (70 ans), serait très apprécié de ses pères, comme le prouve le grand nombre de cardinaux qu'il a accueilli, lors de visites officielles, dans sa cathédrale ! Pourtant, la chance des Français, ni charismatique, ni polyglote, est faible. En revanche, chaque Pape ayant un "second" (le secrétaire d'Etat), le nom du Parisien revient aussi pour exercer cette mission en cas de "victoire" de Mgr Scola.

2-Peter Edro, archevêque de Budapest (60 ans), est l'une des grandes figures non-italiennes de l'Eglise européenne. Plus jeune que les autres prétendants, il n'est pas prisonnier d'un camp et serait le "troisième homme" qui permettrait de sortir d'un éventuel bloquage.

3- Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille (55 ans), est la "figure montante" de l'Eglise, comparé à Jean-Paul II au point d'être parfois surnommé le "Wojtyla d'Asie". Trois atouts: sa jeunesse, son origine (il incarne l'un de ses continents où la foi chrétienne ne régresse pas) et sa modernité (il est très actif sur les réseaux sociaux) qui peut bouleverser l'image de l'Eglise. Ses handicaps? Ses atouts ! Il sera Pape... mais la prochaine fois !

 

Tierce_inattendu.jpg

 

Quoi qu'il arrive, preuve que les jeux sont ouverts, il suffit de taper le nom de ces "prétendants" dans Google pour constater que chacun est, selon les jours et les médias, "celui qui monte". Autre leçon des tous derniers jours: plus aucun Africain n'est désormais en lice. L'argument? Peu importe l'origine géographique du prochain Elu ou sa couleur de peau (les cardinaux sont insensibles aux symboles !). Ce qui compte, ce sont son message, son expérience, ses qualités. Finies, donc, les élections d'un Mgr Francis Arinze (Nigéria) ou d'un Mgr Peter Turkson (Ghana).

 

Et pourtant ! De mon côté, je place un autre cardinal africain en tête de mon pronostic papal. Voici la liste des cinq cardinaux sur lesquels je mise (voir les photos ci-dessous):

1- Robert Sarah: il y a dix jours, un papier très intéressant du JDD brossait un portrait particulièrement flatteur de ce cardinal du continent noir. A mes yeux, il a trois avantages majeurs: par son parcours, il a tenté de peser sur les affaires politiques de son pays et le sort de ses habitants; par son engagement intellectuel, il est porteur d'un message nouveau, emprunt de ces droits de l'homme dont il se veut un défenseur; et, même si ce n'est qu'un symbole, ce premier Pape noir me semble une nécessité pour redonner espoir à un continent qui se sent sous-représenté, mal  considéré... et qui se passionne pour ce conclave !

2- Marc Ouellet: même s'il a indiqué que son élection serait une "catastrophe" (tant le poids de la charge lui semble insurmontable), ce cardinal canadien, lui aussi non-Européen mais francophile, bénéficie d'un charisme qui me séduit.

3- Timothy Dolan ("pour rire"): evêque de New York, adepte des nouvelles technologies, il donnerait un bon coup de pied dans les pratiques poussiéreuses du Vatican. Sa désignation, en plus de changer l'image de l'Eglise, serait l'occasion d'aborder des questions qu'il n'hésitera pas à soulever.

4- Jean-Louis Tauran ("par chauvinisme"): des quatre cardinaux français, MM. Vingt-Trois et Barbarin m'ont "gonflé" par leurs propos dans le débat sur le mariage pour tous. Tant de mauvaise foi et de ringardisme me font les éliminer. Chargé de prononcer l' "Habemus papam", Mgr Tauran semble une candidature intéressante, malgré son état de santé. Coup de poker?

5- Reinhard Marx: c'est le nom que j'ai reçu par mail en m'inscrivant sur "Adoptacardinal.org". Sur ce site, les concepteurs proposent de parrainer un des 115 cardinaux électeurs. Il suffit de donner son nom et son adresse mail. Le site vous donne, au hasard, le nom du cardinal qui vous est attribué, sans que vous puissiez le choisir vous-mêmes ! Cet Allemand, plutôt jeune et sympathique, incarne une ligne pas trop conservatrice. Pourquoi pas?

 

Quinte-papal.jpg

 

Un résultat du quinté dès ce soir? Peu probable. A l'heure où les chaînes d'info braquent leurs caméras sur la cheminée Sixtine, la "Pap'Academy" continue. Ou comment suivre, de l'extérieur, l'élection en direct du Souverain Pontife !

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 15:50

La modernité contre la tradition.

Voilà le double enjeu de ce Conclave que le service public, en l'occurence France 2, diffuse depuis 16h. En attendant le premier tour de scrutin, qui devrait se tenir ce soir, les 115 cardinaux électeurs participent à ce rituel immuable, forgé il y a plus de 650 ans, à une époque où les cardinaux ne parvenaient pas à élire l'un d'entre eux. C'est donc en les enfermant dans la chapelle Sixtine (photo de la fermeture ci-dessous), nourris d'eau et de pain, que le dénouement fut accéléré, contraignant les deux camps à se mettre d'accord. En sera-t-il ainsi cette année? Le conclave se concluera-t-il par la désignation d'une sorte de "troisième homme", aujourd'hui outsider, pour sortir du face-à-face de deux camps? Il semblerait qu'en 1978, lorsque Karol Wojtyla devient Jean-Paul II, ce scénario ait permis de sortir d'un duel entre "conservateurs" et "progressistes" qui ne parvenaient pas à "imposer" leur candidat. Car, rappelons que, dans cette élection démocratique (les cardinaux votent, à toutes les étapes, pour choisir la date d'entrée en conclave ou encore le fait de procéder ou non à un scrutin dès ce soir), il faut deux tiers des voix (77 suffrages sur 115, cette année) pour devenir le prochain souverain pontife.

 

Conclave.jpg

 

A l'époque, les Cardinaux étaient effectivement coupés en deux clans: d'un côté, des conservateurs, attachés aux fondements de la croyance chrétienne et hostiles à toute évolution, notamment sur le front des moeurs; de l'autre, des progressistes, plus ouverts à la possibilité de débattre et de changer les positions de l'Eglise sur certains sujets. De nos jours, cette dualité n'explique plus: la plupart des cardinaux, "faits" sous Jean-Paul II ou Benoît XVI, sont conservateurs sur le front des moeurs, comme le prouvent les positions des cardinaux français (notamment Mgr Vingt-Trois et Barbarin) sur le mariage pour tous. De ce fait, l'enjeu du conclave de 2013 n'est pas vraiment de savoir si le prochain Pape sera progressiste, mais de savoir s'il saura ou non réformer la Curie, c'est-à-dire le gouvernement de l'Eglise. Dominée par les Italiens, celle-ci est au coeur des derniers scandales qui auraient précipité Benoît XVI dans son choix de renoncer et qui entâchent l'image d'une Eglise dominée par des affrontements politiques. Le nom de l'Elu permettra de savoir si des réformes internes seront menées; c'est ce que les cadres de l'Eglise semblent attendre...

 

Mais, ce n'est pas forcément ce que les fidèles (et les médias) attendent. C'est là l'autre décalage. D'un côté, la modernité: nombreuses sont les voix qui réclament (et espèrent) un Pape progressiste, qui saurait réformer l'Eglise, changer son image, mais surtout adapter ses pratiques aux réalités du XXIème siècle (préservatif, célibat des prêtres, volonté politique de lutter contre la pauvreté...). Evidemment, vu de l'extérieur, je suis de ceux qui pensent que le Pape, en tant que figure universelle, à la tête d'une "organisation" multiséculaire, respectée et respectable, doit avoir un poids politique. Doit faire entendre un message de tolérance, de paix, de partage, de lutte contre toutes les injustices et inégalités, de droits de l'homme ! Mais, de l'autre côté, il y a la tradition: pour beaucoup de prélats, comme celui qui se trouvait sur le plateau de France 2, ce qui compte, c'est de conserver le message originel des Evangiles. Peu importe l'époque dans laquelle nous vivons. Ce refus de la "modernité" s'incarne, d'une autre façon, dans le déroulement du rituel que nous suivons depuis deux semaines. Le temps des cardinaux n'est pas le temps médiatique: depuis la démission de Benoît XVI, il ne s'est écoulé que deux semaines, qui ont paru bien longues, tant les médias nous placent dans une sorte d'impatience... à laquelle le long rituel romain ne cède pas !

 

Avant d'entrer en conclave, les cardinaux ont participé aux congrégations générales, sorte de "pré-conclave" d'une dizaine de jours. Cette phase répond à deux objectifs: donner à chacun des 115 électeurs le temps de rencontrer et connaître ses homologues, le plupart des cardinaux ne se connaissant pas; discuter, entre eux, du profil du futur Pape, déterminant ainsi les priorités du prochain Pontificat. Et c'est là qu'on voit que le Pape, dont le rôle est de porter le message de l'Eglise, n'est au fond qu'un porte-parole, prisonnier d'une Curie toute puissante, que Benpît XVI n'aura pas su réformer ! De ce pré-conclave, il est ressorti que le "camp" italien de la Curie est minoritaire: ce camp aurait voulu convoquer un conclave au plus tôt pour élire un de siens... et éviter que trop de débats ne viennent menacer leurs positions. Or, en durant plus longtemps que prévu, ces congrégations générales ont permis aux cardinaux, notamment non-européens, de poser ces questions, de montrer leur mécontentement face aux scandales qui ont dégradés l'image de l'Eglise, de montrer leur poids. A l'issue de cette première phase, le profil d'un Pape, conservateur sur le plan des moeurs, mais réformateur pour changer le gouvernement de l'Eglise, semble se dessiner. Ce qui fait dire aux observateurs que le Conclave pourrait être plutôt court.

 

En effet, le scrutin de ce premier jour se soldera, vraisemblablement, par une fumée noire (signe d'échec). Il sera l'occasion, pour les cardinaux, d'estimer le rapport des forces. Il leur faudra quelques jours pour trouver un compromis. L'un des favoris, désigné par la presse italienne (nourrie des rumeurs qui bruissent place Saint-Pierre), sortira-t-il Pape? Un outsider devra-t-il être finalement désigné pour mettre tout le monde d'accord? Réponse dans les prochaines heures... Sans oublier mon pronostic: lire mon 2ème article du jour.

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 17:45

Mme Parisot, dont je peine, le plus souvent, à suivre les interventions médiatiques (elle fait partie de ces gens qui, à la façon d'un Copé, grignotent ma patience par leur mauvaise foi), est comparée à une sorte de dictateur(e). Coupable, au début, de vouloir changer les règles internes du MEDEF pour pouvoir prolonger son second mandat (étant donné qu'il aurait dû être le dernier). Coupable, ensuite, de vouloir se présenter à un troisième mandat, alors que les règles internes du courant patronal ne le lui permettent pas. Coupable, enfin, de vouloir instaurer une sorte de régime à vie... comme si elle refusait de laisser sa place !

 

Toutes ces accusations apparaissent, en réalité, sans véritable fondement. Comme beaucoup de gens attachés au renouvellement des élites par des règles strictes (comme le nombre limité de mandats, à la fois simultanément et dans le temps), je me révoltais de cette situation. Mais, à en écouter les raisons exactes, il semble que la présidente du MEDEF ne soit pas celle qu'on prétende: en effet, dans l'organisation patronale, le second mandat d'un dirigeant dure trois ans... alors que son premier est un quinquennat. Mme Parisot ne fait que s'étonner d'un système doublement injuste. D'une part, quel dirigeant, candidat à sa réélection, accepterait de ne rempiler pour un mandat amputé? Imagine-t-on Nicolas Sarkozy se représenter en 2012 pour un second mandat écourté? D'autre part, selon que les candidats à ce scrutin le sont pour la première ou la deuxième fois, la durée de leur mandat n'est pas identique: pas très équitable !

 

En fait, ce que l'on aurait pu reprocher à la "patronne des patrons", c'est de se pas s'être rebellée contre ce système inégal au moment de sa réélection en 2010, lorsqu'elle concourrait pour un second mandat dont elle devait savoir, alors, qu'il ne durerait pas cinq ans ! L'erreur est d'avoir attendue la fin de sa gouvernance pour le dénoncer. Pourquoi ne pas avoir changé les règles, en amont, à la fin de son premier quinquennat? C'est LA vraie question que les journalistes auraient dû lui poser, le mois dernier, au moment de la polémique. Personnellement, à défaut de soutenir ses positions idéologiques et sa stratégie pour la France, je la défends sur ce sujet "institutionnel" !

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 08:51

Sous Jospin, la gauche a permis une avancée majeure: le PACS a offert aux couples homosexuels une existence légale et juridique... à tel point que les couples hétéros sont plus nombreux à en profiter ! L'opposition avait alors été forte. On se souvient de Christine Butin en pleurs après avoir été sévèrement critiquée par le Premier ministre Lionel Jospin, ou brandissant la Bible, un autre jour, dans ce lieu laïc qu'est l'Assemblée nationale ! Pour revoir l'incident, cliquez ICI (vidéo non-intégrable à l'article).

 

Sous Hollande, la gauche donne une nouvelle occasion d'exister à la présidente du Parti chrétien-démocrate qui, pour cela, a besoin de trois choses: 1- A l'approche d'une présidentielle, se déclarer candidate puis finalement se ranger derrière le candidat de la droite en échange d'un gros chèque; 2- Créer son propre parti pour, en tant que présidente, avoir un accès aux médias; 3- Une proposition de la gauche, progressiste car cohérente (voire, en retard) par rapport à la société, sur laquelle elle puisse se déchaîner. Rien que pour cela, on pourrait détester l'actuel Président qui nous a ainsi infligé de voir et d'entendre Mme Boutin s'exprimer sur le fameux "mariage pour tous".

 

Maladresse ou désir d'égalité réelle? Quoi qu'il en soit, la formulation choisie par le gouvernement alimente le discours des "anti". Alors que les humoristes imaginent des mariages entre un homme et son animal de compagnie, les plus sérieux opposants à ce "mariage gay" y voient la porte ouverte. A la polygamie. A l'inceste. Autant de débordements verbaux, signés des plus hautes autorités religieuses (qui sont particulièrement douées pour se ridiculiser dans un pays qui perd foi), qui, comme dirait Laurent Ruquier, incitent à être "pour"... ne serait-ce que pour ne pas être dans le même camp que ces pauvres idiots !

 

Comme l'animateur de France 2 et Europe 1, mon avis est partagé. Je ne suis pas "contre" ce mariage ouvert aux couples de même sexe: d'une part, parce que chacun a le droit (et la liberté) de faire sa vie avec qui bon lui semble; d'autre part, parce que l'Etat se doit d'offrir à ces couples une reconnaissance légale qui leur accorde les mêmes droits qu'à n'importe quel couple hétérosexuel. Pourtant, je ne suis pas un militant de ce mariage: je considère que l'Etat a la possibilité de créer un outil (une sorte de "super-PACS") qui garantisse aux couples de même sexe des droits réciproques entre les conjoints. En clair, sans l'appeler forcément "mariage" (ce qui, symboliquement, heurte la conscience des opposants qui y voient, à juste titre, une institution multiséculaire entre "un homme et une femme" mais aussi "un père et une mère"), le gouvernement devrait proposer la création d'une "union civile", signée en mairie (et non plus au tribunal), offrant les mêmes droits qu'un "mariage civil" pour hétéros.

 

Sur l'autre grand sujet, l'ouverture de l'adoption aux couples homo me pose moins de problèmes. C'est une nécessité. D'une part, parce que le fait de bien élever un enfant, de le rendre heureux et de préparer son avenir, ne repose pas sur le fait d'appartenir à un couple hétérosexuel. Il y a tant de couples hétéros qui ne remplissent pas cette mission d'éducation. Il y a tant de personnes seules (ou de couples gays, en fait) qui, eux, y parviennent vraiment ! Et cette conviction est d'autant plus forte quand, au "Petit Journal" de Canal +, on entend un "anti-mariage pour tous" dire: "Un enfant a besoin d'un père pour lui foutre une baffe quand il a besoin et d'une mère pour le couver et le nourrir". Quelle horrible vision de notre société ! Je préfère une société qui permet à un couple de deux hommes ou deux femmes de bien élever un enfant qu'ils auront désiré !

 

Pourtant, il y a UN argument des "anti" qui m'avaient touché: ceux-ci affirmaient que, dans le projet de loi gouvernemental, la suppression des notions de "père et mère" allait bouleverser les livrets de famille où il n'existerait plus que les notions de "parent n°1 et parent n°2". Une telle modification serait, effectivement, choquante. Après vérification, il apparaît que cette intention n'existe pas: chaque couple devra choisir son livret de famille parmi les DEUX versions. Cette clarification étant faite, et même si l'usage du mot "mariage" ne gêne un peu pour ce type d'union, je suis clairement "pour" la mesure !

 

En fait, ce qui me dérange le plus dans cette histoire, c'est que le débat est actuellement minable. Rares sont les lieux, comme l'émission "On n'est pas couché" (hier soir), d'entendre un débat d'une bonne qualité, avec les deux camps représentants et l'affrontement d'arguments forts. Ailleurs, les deux camps sont caricaturés: la gauche toute entière serait "pour" au nom de l'égalité de tous, tandis que la droite "contre" ne serait peuplée que de catholiques intégristes. Que le chef de l'Etat applique une des promesses de son programme (son élection rend cette application légitime, huit mois seulement après le scrutin), c'est normal. D'autant que notre démocratie représentative permet aux parlementaires de mener le débat qui agite désormais la rue. Mais, vue la mobilisation des "anti" ce dimanche, François Hollande ferait preuve de hauteur et de volonté de préserver la cohésion nationale en lançant un vrai débat, aboutissant, pourquoi pas, à un référendum. Cette hypothèse ne me heurte pas car, bien mené, le débat pourrait être clairement passionnant... et permettrait de mettre d'autres sujets sensibles (comme la PMA) sur la table ! Pour ma part, en cas de vote, je me déplacerais... pour glisser un bulletin "OUI".

 

Voici la vidéo de ce débat chez L. Ruquier. Soyez patient, cela dure près d'une heure... preuve que ce débat (qui a, en termes d'audience, caracolé en tête en 2ème partie de soirée) a passionné et était nécessaire:

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 21:20

Outre les repas en famille, j'ai également consacré une bonne partie de mes vacances de Noël à rattraper mon retard dans la lecture du Nouvel Observateur auquel je me suis abonné fin août. Depuis, je n'avais lu qu'un numéro car, avec la reprise du boulot début septembre, le temps m'a manqué... Il m'a donc fallu quinze jours pour lire dix numéros (soit deux mois et demi d'abonnement). A lire un des derniers éditoriaux de Laurent Joffrin, le bilan d'un semestre d'hollandisme est mitigé: d'un côté, sur la forme, les maladresses, le culte du dialogue social ou encore l'absence d'omni-présence médiatique du Président ont rendu cette présidence illisible, expliquant le plongeon observé dans les sondages... mais, sur le fond, le gouvernement a déjà transformé en actes plusieurs promesses du candidat. Impression confirmée à la lecture d'un très vieux numéro des Inrockuptibles (acheté en mars 2012 !) dans lequel Laurent Fabius, chargé de préparer les 100 premiers jours par le candidat Hollande, expliquait ce que seraient les débuts d'une présidence socialiste. Avec une liste de propositions à l'appui (retour de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes, augmentation de 25% de l'allocation de rentrée, baisse du salaire du Président et des ministres, fin de la suppression de postes dans l'administration et embauche de nouveaux enseignants...). Or, six mois après, ces mesures ont effectivement été appliquées: on se doit de le reconnaître.

 

Après une année 2012, marquée par l'attente de l'automne (le Président expliquait ne pouvoir vraiment agir qu'avec la loi de Finances pour le budget 2013), l'année 2013 ne sera pas celle de l'embellie. Le chômage baissera en 2014. Le pays sortira de la crise en 2014. Les mesures, notamment fiscales, feront leur effet en 2014. La réduction du déficit, par la maîtrise des dépenses et de nouvelles recettes (dont la fameuse taxe, indispensable, à 75%... qui ne sera applicable, au mieux, qu'en 2014), interviendra pleinement en 2014. Bref, 2013 sera une année-charnière, celle de réformes structurelles qui n'apporteront pas d'effets visibles ("Je me prépare à être impopulaire" explique ainsi le chef de l'Etat) mais qui permettront à l'Etat de se moderniser. 2013 sera aussi l'année de réformes sociétales qui montreront qu'avec la gauche au pouvoir, des avancées majeures, parfois même historiques (en cela qu'elles seront dans les manuels d'histoire dans quelques temps), auront été permises. Autant de "bonnes" résolutions qui feront patienter les médias, à défaut d'amadouer des Français préoccupés par la crise et ses conséquences pour leur quotidien.

 

Parmi ces "bonnes" résolutions figure le "mariage pour tous" (auquel je consacrerai un prochain article), mais aussi le droit de vote accordé aux étrangers pour les élections municipales. Cette proposition, qui a déchaîne les passions (et les attaques de l'UMP et du FN pendant la campagne présidentielle), ne manquera pas d'animer le débat public dans les prochains mois. C'était l'engagement n°50 de son programme et, lors de la campagne, il a fallu au candidat socialiste approfondir sa proposition sous les coups de ses adversaires: oui, il faudra avoir résidé 5 ans en France; non, ces étrangers ne seront pas éligibles mais simplement électeurs; oui, cette avancée ne concernera que les élections municipales. Avant même que le projet ne soit déposé à l'Assemblée, les obstacles sont déjà nombreux: 1- la campagne interne de l'UMP a démontré qu'il s'agissait, pour la droite décomplexée façon Copé, d'un sujet sensible sur lequel l'opposition comptait se battre et mobiliser; 2- le Président, dans sa grande conférence de presse de novembre, avait expliqué qu'il ne présenterait le projet gouvernement qu'au moment où il serait sûr d'obtenir la majorité des 3/5 lors de la convocation d'un Congrès à Versailles (puisqu'il s'agit d'une réforme de la Constitution)... ce qui n'est pas encore le cas; 3- s'il veut le rendre applicable dès les municipales de 2014, un vote rapide en 2013 est nécessaire. Le calendrier n'est donc pas le plus approprié. Seul avantage: en tant que ministre de l'Intérieur, il reviendra au populaire Manuel Valls de porter le projet. Les attaques personnelles sont donc à exclure.

 

Reste que, si le projet n'obtient pas une majorité favorable, c'est que son principe est remis en cause jusque dans les rangs de la majorité. Moi-même, plus proche du PS que l'UMP, je ne suis pourtant pas favorable à la possibilité d'accorder le droit de vote aux citoyens étrangers. Le fait qu'ils soient installés dans notre pays, que leurs enfants y aient grandi et fréquenté l'école de la République, qu'ils y travaillent et paient des impôts: voilà des arguments en faveur du projet. Et je les juge recevables. Disons que le droit de vote qui leur serait octroyé serait un "droit" supplémentaire en échange des "devoirs" listés plus haut. Pourtant, ce "donnant-donnant" ne me convainc pas. Pour au moins deux raisons. D'une part, le fait que l'on crée une forme de citoyenneté partielle (avec un droit de vote limité à un seul type de scrutin) me gêne: la citoyenneté et le droit de vote constituent un "tout" qui ne peut être découpé. Je me demande, d'ailleurs, si le projet hollandais n'est pas anticonstitutionnel ! D'autre part, je considère que le droit de vote fait partie d'une citoyenneté "globale", qui ne peut qu'être associée à la nationalité. Pour voter en France, il faut être français: ce n'est pas plus compliqué.

 

D'ailleurs, mes lectures du Nouvel Obs' m'ont confirmé sur cette voie. Dans un des numéros parcourus dernièrement, Daniel Cohn-Bendit expliquait qu'il ne comprenait pas la position des opposants à cette loi. En Européen convaincu, pétri par son amour de deux pays, il se veut progressiste sur cette mesure et avance un argument: "Pourquoi refuserions-nous le droit de vote de citoyens étrangers intégrés alors que nos compatriotes français installés à l'étranger peuvent, eux, élire des représentants en France?" demandait-il. Ma position s'est alors confirmée. Si je pouvais lui répondre, je dirais: "Les citoyens français installés à l'étranger ont des représentants car ils ont la nationalité française": ce n'est pas plus compliqué. Bref, s'ils veulent voter en France, les citoyens étrangers n'ont qu'à réclamer leur naturalisation, sans renier leurs origines: il leur suffit d'avoir la double-nationalité (pays d'origine + France). Cette alternative me semble d'autant plus efficace qu'elle permettra à ces citoyens méritants, installés, intégrés, contribuables, de voter à TOUTES les élections.

 

Ainsi, s'il y avait un référendum sur ce sujet, je voterais NON !

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 18:09

24 heures plus tard: les faits me donnent raison. Hier, je dénonçais, dans un article consacré à la lutte pour la présidence de l'UMP, la tendance qu'ont les responsables politiques à commenter ce qui passe dans les autres partis. Et, en général, ils sont mauvais ! La preuve? Depuis sa désignation (je n'emploie pas le mot "élection" car cela me rappelle trop l'époque Second Empire quand le régime faisait élire ses candidats officiels) d'Harlem Désir au poste de Premier secrétaire du PS, on a peu entendu ce dernier. Rien sur le non-débat qui déchaîne le PS sur le projet d'aéroport de Nantes: débat interdit ! Rien sur le non-débat qui permet à ceux qui ont quelques nuances à apporter au projet de "mariage pour tous": débat interdit ! En revanche, quand il s'agit d'évoquer le "psycho-drame" ou la "crise interne" (dixit les médias, qui en rajoutent une couche bien indigeste) à l'UMP, y'a du monde !

 

Ainsi, ce lundi, M. Désir s'est empressé d'expliquer qu'au PS, on sait organiser des scrutins internes mais qu'à l'UMP, ils ne sont même pas capables d'organiser une primaire aussi réussie que celle de l'automne 2011. Et le numéro 1 socialiste d'ajouter que "l'UMP est trop tournée sur elle-même et sur sa guerre des chefs". Il est vrai que le bon Harlem n'a pas eu à souffrir d'une telle guerre. En fait, le Premier secrétaire me fait penser à celui qui regarde le bout du doigt de son interlocuteur qui pointe la Lune. Plutôt que de commenter les débats qui agitent la société, Harlem Désir préfère commenter ce qui se passe en face... A quoi cela sert-il? J'aimerais bien le savoir ! Mais passons.

 

Il y a encore mieux ! C'est la réaction du FN. L'incontournable Florian Philippot, porte-parole du "mouvement bleu marine", explique, sur les chaînes d'info continue qui l'invitent, que le FN enregistre une forte demande de nouvelles adhésions. En clair, comprenez que, depuis le début de cette crise (qui remonte à 24h), le parti d'extrême-droite croule sous les demandes de militants ou de sympathisants UMP, exaspérés par ce qui se passe à droite, pour intégrer son parti ! Est-on si stupide pour gober tel mensonge? Les responsables frontistes jubilent si fort et si vite pour colporter que leurs prédictions sont bonnes ("après une défaite de Sarko, l'UMP se divisera, explosera et nous ramasserons les miettes" disait Mme Le Pen entre les deux tours de la dernière présidentielle) qu'ils prennent leurs désirs pour des réalités. Certes, l'hypothèse d'un morcellement du principal parti d'opposition, malgré les appels à la réconciliation, n'est pas impossible (avec des conséquences politiques majeures). Mais, il est sans doute trop tôt pour s'en féliciter et le crier sur tous les toits... et plateaux télé !

 

Deuxième confirmation: comme je l'expliquais hier, les sondages sur les sympathisants n'avaient aucun sens !... Le vote des militants ne pouvait qu'être différent. Et le camp Copé a beau jeu d'expliquer que le duel 70-30 annoncé s'est transformé en 50-50. Sauf que, dans la phrase qui suit, les stupidités pleuvent. Nous expliquer que ce résultat ultra-serré, dénoncé par des accusations mutuelles de triches, est signe d'une démocratie militante vigoureuse, c'est nous prendre pour des idiots. Quand, au soir d'un scrutin, les deux candidats se proclament vainqueurs sans avoir le résultat final, on se croirait plus en Côte d'Ivoire qu'en France ! Bref, plus que jamais, l'UMP est divisée. Non pas pour des querelles d'idées. Mais pour la délicate question de la stratégie à appliquer pour reconquérir le pouvoir. D'un côté, les militants modérés soutiennent la ligne Fillon, qui consiste à jouer la carte de l'expérience, de la poursuite de l'idéologie sarkozyste et de la priorité donnée aux questions socio-économiques. En cela, l'ancien Premier ministre est plutôt en phase avec les sympathisants: voilà ce que prouvaient les sondages.

 

En face, les militants plus radicaux suivent la ligne Copé, qui repose sur une droitisation des idées: elle vise à prolonger la méthode et le style Sarko, tout en plaçant les thèmes clivants au coeur du débat (immigration, droit de vote des étrangers, identité nationale...) alors qu'ils ne constituent pas la priorité des préoccupations des Français. Ainsi, le décalage entre les résultats partiels et les sondages montre aussi un décalage entre les sympathisants de la droite et les militants qui, plus à droite, ont des positions souvent radicales... voire nauséabondes. Or, la stratégie droitière, adoptée par le maire de Meaux, prouve que ce dernier a longtemps travaillé son parti: à la différence de M. Fillon, il a compris que les militants, ceux qui ont leur carte, sont bien plus à droite que le peuple, bien plus préoccupés par les questions secondaires. Et, en fin animal politique, M. Copé a donc joué cette carte qui, au final, pourrait s'avérer gagnante. Gagnante pour diriger pendant trois ans l'UMP... gagnante pour une prochaine présidentielle? Pas sûr !

 

Quel que soit le résultat, l'UMP sortira affaiblie. Pour au moins trois raisons:

1- Après les invectives de ces dernières heures, il semble difficile de surmonter la division en deux parts égales du parti. Malgré les appels de M. Juppé, qui se croit l'incarnation de la sagesse et de l'expérience, le camp vainqueur sera forcément accusé de l'avoir emporté à 51% (suffisant, en démocratie, pour l'emporter !).

2- Si M. Fillon l'emporte, les militants radicaux jugeront le discours et la stratégie trop tièdes. Si M. Copé l'emporte, les militants modérés jugeront le discours et la stratégie trop droitières. Les premiers iront-ils jusqu'à quitter l'UMP pour aller au FN et les seconds pour rejoindre les rangs boorloistes? Le risque est faible, mais existera.

3- Les éléments de langue de bois, balancés sur les ondes par les seconds couteaux des deux chefs de rang, font de cet épisode important (moi-même je suis de prêt l'issue du scrutin) un désastre. Quand Jean Léonetti affirme que la présence d'huissiers dans les bureaux de vote est un gage de rigueur, on croit rêver. N'est-ce pas plutôt le signe que les deux camps ont besoin d'une aide extérieure parce qu'ils ne se font pas confiance pour encadrer un petit scrutin qui, après tout, ne concerne que quelques centaines de milliers de votes (contre plusieurs millions lors des primaires citoyennes)?

 

Personnellement, je préférerais une victoire de François Fillon. Pour une bonne et une mauvaise raisons. Je commence par la mauvaise: je ne crois pas qu'il soit le mieux placé pour battre François Hollande en 2017 car j'ai du mal à croire que les citoyens ne lui tiennent pas rigueur d'avoir été le n°2 d'un Président qu'ils ont évincé ! Quant à la bonne: elle permettrait d'éliminer, médiatiquement j'entends, l'insupportable M. Copé qui entrerait alors dans une phase de retrait politique. Je croise les doigts !

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Published by Aurelien Royer - dans Vers 2012
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